ROUTES NOUVELLES, CITERNES, KHANS
pelles'. De même, en Nubie, de Koubân part une route qui mène aux mines d'or de l'Etbaye, autrefois l'Akaïta : Séti y avait vainement creusé un puits de 120 coudées; mais, recevant les doléances des convoyeurs qui « meurent de soif avec leurs ânes », Ramsès IT, « le souverain au nom duquel l'or sort de la mon- » tagne, à qui l’eau des Enfers obéitet qui tire l’eau des rochers », qui n'a qu'à dire à l'eau : « Viens sur la montagne » et au Nil : « Monte l’eau jusqu'ici » pour voir jaillir les eaux célestes, Ramsès Il réussit”. À plusieurs reprises les Pharaons se préoccupèrent d'ouvrir au commerce, entre la mer Rouge et la Méditerranée, une autre voie que celle des caravanes à travers le désert oriental. Les Grecs ne crurent pas à l’exécution du canal par les Égyptiens : selon Aristote’, Sésostris en conçut l’idée, mais \ renonça parce qu'on lui remontra que, le niveau de la mer Rouge étant supérieur à celui de la vallée d'Égypte, il faudrait craindre
Ælteste Landkarte (Sitz. Akad. Münch, 1870, I, 337-372; 1871, 1, 190-238 ; IT, 204-210); Bincx, Znsc. of Radesieh and Kubän (Rec. Past., 1ts., NUI, 69-75); Brucsca, Gesch., 475-477; ScHrAPARELLI, Catena, 1890, 82-85; GoLéniscHerr, £xcursion à Bérénice, 1890 (R. Tr., XIII, 75-96, 8 pl.; Masrero, H. Or., I, 374-375). Il me semble impossible de confondre, comme Brrca et Caapas (B. Eq., IX, 61), les citernes et les mines de Radésiéh, avec celles de Kouban et de l'Etbaye.
1 Stèle de l'an IX à Radésiéh : « Les générations futures viendront se louer de moi à » cause de ma générosité... Il commanda des ouvriers pour établir une citerne sur les » rochers, afin que se ranimât le fatigué et que se rafraichît celui que brülait l’ardeur » du soleil... L'eau m'est venue des rochers par la protection des dieux; le chemin qui » en manquait sera excellent pendant mon règne. Ce sera un bienfait pour les pâtu- » rages du berger. Le roi rafraichit l'étendue de la terre toutes les fois qu'il étend les » bras. » (L. D., IT, 140 8 ; Cuasas, B. Eq., IX, 42-44. C£. Erman, Æg., 617). « ….. Il nous » a ouvert pour le passage le chemin qui était fermé pour nous : maintenant nous le » traversons et nous restons bien portants, nous l’atteignons et nous restons vivants. Le » chemin abominable tel que nous l’avions en notre mémoire, est devenu un bon che- » min. I à fait que l'exploitation de l'or soit comme le regard de l’épervier (c.-à-d. ra- » pide). Les générations à venir se confieront en lui pour des siècles... Il à tiré des » rochers l’eau qui manquait aux hommes. Tout passant parcourt (maintenant) le désert » par la grâce du roi... » (Ouady-Miâh, près Radésich : L. D., IIT, 140 D; GOLÉNISCHEFF, R. Tr, XII, TT et pl. r. Cf. CuapAs, /nsc. de Séti, B. Eg., IX, 51-52 ; Masrero, H. O,, IL, 374). — Les citernes s'obstruérent ou se lézardèrent ; les Grecs attribuaient tout le travail à Philadelphe : « Il employa le premier une armée à ouvrir cette route qui était » sans eau et il y construisit des stations pour les voyageurs à pieds et pour ceux » qui se servent de chameaux... Jadis les voyageurs... emportaient l’eau qui leur » était nécessaire; à présent l’eau à été recueillie dans des fosses profondes, et les » pluies, malgré leur rareté, alimentént des citernes. » (STRABON, Géogr., XVII; CHABas, B. Eg., IX, 27).
2 Stèle de Kouban : Prisse, Mon., pl. xxr; Bircu, Arch., XXXIV, 357-399 et Rec. Past, 44 s., VIII, 76-80 : Cnagas, Mines d’or (Soc. Ghälons, 1863); Laura, Landkarte ; Baucscu, Gesch., 531-537 ; Viney, À. Tr, XIV, 96-99 et Rec. Past., 245, V, 1-16; Enman, Æg., 90-94 et 617-618: Masrero, À. Or., IT, 408.
3 Arisrore, Météor, I, 14 (éd. de Berlin, 352 8, 26).
une inondation! ; selon Hérodote?, Nikhao [° après avoir perdu 100,000 hommes abandonna l’entreprise. En réalité, le canal fut creusé par Séti [°° et servit un siècle; Darius” le rouvrit, et Philadelpheÿ n'eut qu'à le nelloyer pour en accaparer la gloire.
De tous les grands travaux qui ont lieu dans le pays, aucun ne s'exécute, aucun n’est possible que par l'initiative directe du roi, Où avec son autorisation et son concours. Lui seul est assez puissant pour réuair par la corvée le nombre d'ouvriers nécessaires aux grandes entreprises. Lui seul peut envoyer, dans la montagne etle désert, des armées de travailleurs extraire les matériaux de belles constructions. Lui seul possède en quantité suffisante dans ses chantiers les bois d'Asie, les granits, les grèsbrèches, les calcaires blancs et durs, réunis des points opposés de l'Égypte, les métaux et minerais précieux du Sinaï pour fabriquer les couleurs et les ornements décoratifs. Grâce donc à lui seul, les villes sortiront de terre, grandiront et s'embelliront de monuments. Tous les grands rois ont été bâtisseurs, et une recrudescence d'activité dans les mines et les çarrières signale toute période de prospérité. Longtemps le royaume n'eut point de capitale; chaque dynastie honorait sa ville originaire, mais chaque roi choisissait un point quelconque de la vallée pour s’y bâtir une résidence toute neuve et de là surveiller l'érection de sa pyramide. Ainsi s’éleva Memphis même. Plusieurs villes perpétuaient le nom de leur fondateur, telles Pi-Sahouri, « Demeure de Sahouri », créée près d'Esnéh sous la v° dynastie’, Æirou-Khakert, « Voies de Sénouserit IT », au sud d'Éléphantine, sous la xu*, et sous la xix° cette /-Ramsès-Aänakhtou « Demeure de
1 Diopore (Bibl. I, 33) place les débats sous Darius.
2 Iéropore, I, 158 et IV, 42. — Cf. WienEmanN, Herodots 2tes Band, p. 360-561.
3 Maspero, H. À., p. 228; H. O. III, 532.
4 Stèles trilingues de l'isthme : Descr. de l'Eg. Ant., t. N. pl. 29 et p. 150-153, VIII. p. 27-47. — Sitèle de Chalouf: ManieTTe, Rev. Arch., 1866; etc... Cf. Maspero, A. O. III,-742: ;
5 Srragon et Diopore, loc. cit., p. 265.
6 CF. Maspero, Og. inscr. d'Amonemhait Je, p. 13; Foucarr, Ordre Lotiforme, p. 183-185.
7 DümicHen, Gesch., I, 61; pe Roucx, Six 1res dyn. 93; Maspero, H. O. I, 390, n. 2.
8 L. D., IL, 1436; Masrero, H. O., I, 480.