NILOMÈTRES, LAC MOERIS, CATARACTES
rique Moœæris'! et la bévue de donner le nom de lac, miri, au souverain constructeur.
Nécessaires à l’agriculture et à la production des denrées, le Nil et les canaux le sont encore aux transports et à la circulation de la vie dans le pays. Le Nil établit dans toute la longueur de l'Égypte une grande voie naturelle de communication: les canaux doublent le bienfait pour la navigation. On voit par certains textes des pyramides qu'il entrait dans le programme des fonctions royales, même dans l'autre monde, et par conséquent d’abord en celui-ci, de « mettre en état les voies et les canaux » ?. En effet, l'ancien empire entreprit même des travaux plus difficiles que les canaux à travers la plaine : c'était besogne commune et dont on ne parle guère; mais 1l s’occupa de canaliser la première cataracte afin d'ouvrir pour la batellerie, le commerce et le service des carrières une voie de pénétration en Nubie. Pépi [°° avait envoyé Ouni « pour creuser cinq canaux dans le sud », construire une flotte et rapporter des matériaux pour sa pyramide *; vraisemblablement, 1l pratiqua cinq chenaux dans un seul bras. Tant d'importance s’attachait à ce travail que, pour l’inspecter lui-même, Pépi « vint, se leva sur le pays et vit ce qu’il y a dans le pays »‘.
-Sénouserit IIE, en l’an 8, fit une campagne en Éthiopie’; à cette occasion, « l’an 8... il ordonna de remettre à neuf le canal », long de 150 coudéesf. Enfin Thotmès IIF, « lan 50,.... ordonna » de creuser le canal qu'il avait trouvé obstrué de rocs qui em- » pêchaient les bateaux d'y passer.…..: les pêcheurs d'Éléphan- » tine creuseront ce canal chaque année » ?.
En outre les rois se préoccupent d'ouvrir des routes commodes
1 Diodore donne une variante de Mœris dans Marrhus, un des souverains auxquels on attribuait le labyrinthe (1, 97).
2 « Assis sur ton trône de fer, portant ta matière au ciel pour toi, tu as mis en état les » voies et les canaux (2)... le maître des chargements (offrandes) te rassasie comme le » chacal emplissant les canaux (?), comme Anubis qui est dans la terre de purification... » T’asseyant sur ton trône, soulevant ton couteau, c’est le Pskhent, maître des canaux » qui te prodigue tes provisions. » (Pépi Ier, 76, 80, 81: R. Tr., V, 169. CF. supra, p. 261).
3 Incr. d’Ouni, L. 45-48.
4 Pernie, À season in Egypt, 1887, pl. xur, n° 338.
5 Stèle d'Éléphantine au British Museum (Bmcn, Æ. Z., 1875, p. 50-51).
6 Graffito de Séhel (Wizsour, À. Tr., XIII, 202).
7 Jbid. (p. 202-203).
et sûres, en particulier vers les points où n’atteignent pas les voies d’eau, mines et carrières dans la montagne ou ports sur la mer Rouge. Certains s’en font gloire comme des plus belles œuvres de leur règne. Sur la route de Syrie, où va et vient un service régulier de courriers !, la xvnr° dynastie a posté des garnisons, Séti [, Ramsès IT, Ménéptah, Ramsès [IT ont créé ou réparé des citernes ?. Le val de Rohanou relie la vallée du Nil à la mer Rouge au point de leur moindre écartement*; en sus il fournit d'excellentes carrières de granit et de grès-brèche : dès l’ancien empire, Ounas, Assi, Imhotpou, Ati et Pépi [* y font prendre des pierres pour leurs pyramides‘; sous le roi Montouhotpou IT Nibtaouiri, de la x1° dynastie, une expédition aux carrières se vante d'y avoir établi des citernes et même un canal°; à son tour, après l’âge des grandes constructions thébaines, Ramsès IV, de la xx° dynastie, envoya 2,968 hommes fonder une station nouvelle dans la montagne du Château-fort (Boukhni)°. Plus au sud, une autre route relie aussi le Nil et la mer, et traversait des régions aurifères”: Séti [° la jalonna de citernes, de khans et de cha-
1 Pap. Anastasi II, 6-5 vo (Caapas, X7Xe d., 95-97).
2 Jbid. et Pap. Harris, p. 77, 1. 6-9 (Canvas, X/Xe d., 56-59, 96, 106).
8 Entre Qoubti (Coptos, Qouft) et Touâou (Qocéir). Cf. Masrero, Monum. de Hammamät : Rev. Or. et Améric., 1877, 1, 327-341 — B. Eq., NUIT, 1-14; Goréniscugrr, Résultats épigraphiques d’une excursion à l’Ouady-Hammamaät, 1887; Une excursion à Bérénice, R. Tr., XIII, 75-96, 4890.
4 Inscr. d'Hammamät (L. D., 115, a-m; Serne, Urkunden, I, 93, 148-150; Masrero, B. Eg., NII, 2-6; R. Tr., XNVH, 56-64).
5 40 Inscr. du ministre Amonemhäâit : « J'ai changé cette région montueuse en » canal, et les vallées supérieures en voie d’eau. » (L. D., H, 449 e; Maspero, Mon. de Hammamät, Rev. Or., 1877 — B. Eg., NII, 11); — % Inscr. officielle : « La volonté » de Khem a permis aux mortels de changer cette terre de montagne en un lac, que » l'eau montât sur cette, terre ignoble de la pierre rouge, que chaque citerne dans la » vallée, ayant 10 coudées sur 10 coudées en tout sens, fût remplie d’eau pour les ter- » rains ensemencés qui se trouvent autour d'elle, et que la purification ainsi opérée » dans la vallée, fût un grand (bienfait) pour les animaux du désert, un (bienfait) inconnu » pour les (autres) lieux des pays de montagne.» (L. D., Il, 149 r; Laura, Cambysestext; Maspero, 120id., p. 12); — 3° Inscr. du général Sônkh, chef des ouvriers des canaux : «J'en ai changé (de ce pays) les vallées en canaux, les hauteurs en lacs d’eau. » (L. D., 11, 449 6; Maspero, tbid., 13). — L'an VIII de Sônkhkeri, l'ami unique Hannou, qui explora le Pouanit, fora de nouvelles citernes et de nouveaux puits dans la même région (L. D., IT, 450 4, etc; Masrero, H. Or., IL, 494-495).
65 Inser. d'Hammamät : « Il a ouvert un chemin inconnu vers la Terre-Divine. Aupa- » ravant il existait une route; mais l'accès pour les gens, au gré de leur cœur, en était » impraticable. Alors S. M. dirigea un chemin au gré de son désir. » (L. D., III, 249 &: PrerreT, 2. Arch., 1869, p. 276-277.
7 Par le Ouady-Miah entre Radésiéh et Bérénice (Cf. L. D., I, 439-141; CHaBas, /nscr. de Séti Ie, 1856 (B. Eg., IX, p. 21-68) et Znscr. des mines d'or, 1862, p. 5-6; Laura,