‹ Le Régime Pharaonique: Dans Ses Rapports Avec L'évolution De La Morale En ÉgypteChapitre 159 sur 433 · PEINES, MORT, TORTURES · texte numérisé non relu

PEINES, MORT, TORTURES

en Éthiopie !. Des papyrus de comptes font connaitre des détenus au Ramesséum ?.

La peine de mort pouvait être exécutée par le feu ou par le fer*. Les Éthiopiens brülaient les hérétiques‘. La femme adultère d’Oubaouanir est aussi brûlée, ainsi que l’épouse de Phéron et ses semblables f. Dans le conte de Sénosiris, le héros livre aux flammes le sorcier d'Éthiopie devant le roi, la cour et le peuple”. Toutefois il se peut que le criminel ne fût pas brûlé vif, mais que seulement son cadavre fût livré aux flammes. Pour le mème erime que la femme d’Oubaouanir celle de Bitiou périt par le glaive*. Anoupou tue la sienne avant de la jeter aux chiens°. La décollation était le supplice le plus usité pour les grands crimes. On voit des décapités dans les Enfers'"!. Le condamné nu, à genoux et les mains liées derrière le dos, était attaché à un pieu, puis décapité, de la même façon que les serviteurs de Rà « passaient au fil de » l'épée les têtes des ennemis de Rà.!!» Des scènes du mastaba de Merrou-ka, découvertes par M. Daressy, confirment l'induction suggérée par certains hiéroglyphes'. |

Il ne semble pas que les Égyptiens aient pris plaisir à la vue de la souffrance, ni qu'ils aient cru utile d'ajouter à la répression des crimes des raffinements de cruauté. Relativement, leurs péna-

1 Dropore, II, 12-14.

2 « Donné aux scribes qui étaient détenus (nti sdhuu), pains à manger... Libération » du scribe Ptahmés, du serviteur Ptahemmennou, et de Bok. Par la suite fut relâché le » scribe Hordanour, à midi. » (Pap. Leide, [, 850, col. nr, LL. 44-44 : 2. Tr. XNIT, 147).

3 L'existence d’autres supplices capitaux est douteuse : on ne connait de pendaison que celle du panetier dans la Genèse (XLI, 43) ; la strangulation de victimes humaines au tombeau de Montouhikhopchouf (M.M.C., V, 452) relève du temple non du tribunal; le supplice de Pentaoïrit enseveli vivant (Æ. O., II, 480) est hypothétique ; le supplice d'être mis sur le bois » di her khet, où Erwan (Gerichtsverfahren, Æ. Z., 1879, p. 83) ct Masrero (H. O., I, 337 ; II, 539) voient le pal, ne serait selon SrrsceuserG (Studien, 76-78 et 125-126) qu'un mode de question.

4 Stèle de l'excommunication (Manærre, Mon. div., pl. 10; Masreno, 2. Arch, 4874, IT, p. 329 sqq.; Scaærer, Urkunden, III, 111-113).

5 Khoufou el les magiciens, Pap. Westcar (Contes, p. 63).

6 HéroporTe, II, 441.

7 MaspEro, J. des S'avants, 1901, p. 489; Contes, 3 6d., p. 155.

8 Les deux frères (Contes, p. 20).

9 Zbid. p. 17.

10 Description de l'Égypte, Ant., I, pl. 86. Tombeau de Séti ler. Livre de l'Amdouat. Livre des morts, passim.

M Livre de l’Amdouaït, 8 heure (LeréBure, Séti Ze, M.M.C., NN, 1v° p. pl. 47-49; Masrero, Bibl. mgq., 11, p. 111-119; Jkourer, Hadès, p. 105-106).

12 Cf. J. Caparr, Æ. Z., XXXVI, 125-196.

lités étaient douces. La bastonnade infligée aux accusés et aux témoins nous choque ; mais elle n’étonnait pas des gens habitués à la voir distribuer sans intention infamante au scribe novice et à l’ouvrier négligent. La mort était prompte et sans tortures préalables. Encore est-il permis de saisir ou de soupçonner certains adoucissements dans l'application des peines apportés au cours des siècles. Diodore cite l'abolition par Actisanès (?) de la peine de mort, transmuée en travaux forcés, pour les voleurs". Hérodote mentionne une mesure analogue prise par Chabakou à l'égard de tous les condamnés à mort?. La punition de l’adultère de la femme semble s'être dégradée avec le temps : le feu dans un conte de l'ancien empire thébain et un autre rapporté par Hérodote, le glaive dans un conte du nouvel empire, l’ablation du nez d’après Diodore*. Un traitement barbare, assimilant l’homme à une bête fauve, aurait disparu à l’âge historique, s'il faut, d’après l'aspect d’un crâne trouvé par M. de Morgan, croire au supplice de lanneau passé à travers la mâchoire‘.

Le roi, qui a le droit de punir, a le droit aussi de grâcier ou de commuer la peine. Son droit sur les criminels est le même que sur les ennemis de guerre; il tue ceux-ci, à son gré, ou leur accorde les souffles de vie ; il peut aussi remettre leur peine aux ennemis de l’État et de la société. Le procès des conspirateurs sous Ramsès [IT donne des exemples de commutation de peines. Le capitaine Païas et cinq autres condamnés « seraient morts en » personne, s’il n'avait été fait exception (£aÿ) pour eux »; plus loin on retrouve Païas dans le lieu de déportation où sont envoyés les femmes et les mutilés, qui eux-mêmes peut-être jouissent d’une grâce, car 1l est dit d’eux : « leurs abominations leur furent » enlevées »”. Mais rien n'indique sûrement que le roi fût l’auteur de la commutation. Selon Diodore, Sésostris préluda à ses con-

1 Diopone, I, 60.

2 Iéropors, Il, 437. Cf. Diovors, 1, 65. — C’est cependant sur une stèle de ce même roi Chabakou, qu’on lit le décret de Ptah instituant la peine de mort (Cabas, Mél. III, 269 : infra, p. 317, n. 2).

3 Cf. supra, p. 312.

1 Squelette n° 10 d'El-Amrah (D Fouquer, ap. pe MorGan, Age de pierre, p. 264-265).

5 Pap. judic. de Turin, v 4 et vi, 1 (Devéria, p. 29, 33; Cnapas, 44).

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