‹ Le Régime Pharaonique: Dans Ses Rapports Avec L'évolution De La Morale En ÉgypteChapitre 179 sur 433 · MOBILIER FUNÉRAIRE · texte numérisé non relu

MOBILIER FUNÉRAIRE

» de double... une chambre d’occident, dans sa demeure cons- » truite à toujours, une place d’éternité, grâce aux faveurs du » roi »’. Plus tard l'usage subsista de ces concessions royales préventives, comme il ressort, entre autres preuves, des inscriptions de Hagi-Qandil pour le règne de Khouniaton, qui fonda une nouvelle nécropole en même temps qu’une nouvelle capitale, et y assigna des emplacements de choix à ses favoris?, qui après sa chute se firent enterrer ailleurs.

Un seul mot de Sinouhit rappelle les libéralités du roi relatives au « mobilier nécessaire » de la tombe, D’autres documents ne se retranchent pas dans une généralité si discrète. Comme la maison du vivant, celle du mort peut être plus ou moins complètement et luxueusement meublée ; le roi se montre plus ou moins large selon les mérites de chacun et les disponibilités de ses magasins. Inscriptions et peintures mentionnent ou énumèrent les pièces de ce mobihier*. Les bénéficiaires attirent l’attention sur les détails qui les flattent le plus. Presque toujours ils ont reçu des sarcophages de prix‘ : coffres de pierre ou de bois et gaines momiformes peintes et dorées”, qui s’emboitent plus ou moins nombreux l'un dans l’autre. Certains d’entre eux parlent des pierres de choix, calcaire fin, granit, albâtre, que le roi leur a données ou permis de quérir au loin pour faire les portes de leur mastaba ou de leur syringe, leurs statues, leurs stèles, leurs sarcophages ;

1 Khefl hosou nt kher souton. Inscr. de lhypogée de Khnoumhotpou, son fils, xue d. (REA, 167).

2 « Il (le roi) me donne une bonne sépulture de par son ordre dans le nome de Khouit- » Aton » (Tombe anonyme, Hagi-Qandil; À. Tr. XV, 41). — « J'ai le don d’une bonne » sépulture, par ordre de ton double, dans le château où tu m’ordonnes de reposer, dans » la montagne de Khouït-Aton. » (Aï : À. Tr., XV, 47).— Cf. p. 352, n. 2.

# Les tableaux du tombeau d'Amonemhabi le montrent « assis dans sa maison ter- » restre à Thèbes..., pour regarder ses ustensiles funéraires et recevoir ses monuments » sépulcraux, les statues en pierre, consacrées pour les temples, par la faveur du roi » (M.M.C., N, p. 264 et 265; Preus, Z, À., pl. 126-127, p. 91).

4 Snozémab-Anda possède un sarcophage tiré, par faveur du roi, des carrières de Tourah, vre d. (L. D., Il, 76€; Serme, Urk., 1, 65-67). — Le majordome Anoui se vante des faveurs et des beaux cadeaux du roi qui lui a donné une belle caisse-image par décret : ai m hotep m hosou souten outou-f ni krast nofert: — et: petra na nofriou ar pa hiq nofer n paif än outhou, outou-f krasil nofrit m Khouit-Alon (xvine d. Stèles du Caire, nos 694 et 29.746 : Æ. Z. 1896, 64-66).

5 Le mot kras (krasit) désigne les uns et les autres et même tout ce qui à trait à la sépulture, selon que l’indiquent les déterminatifs, cuve cubique, coffre à dôme, boite à figure, même simple tertre ou signe des étoftes.

tels Sokhmitniônkh, médecin de Sahouri!, et Ouni ministre des Pépi®. D'autres ont reçu des bois précieux, bien ouvrés, peints, incrustés, pour leur cercueil et tous les coffrets qu'on enfermait dans la tombe*. Le roi y pouvait joindre des canopes pour les viscèrest, des étoffes fines et des parfums pour la dernière toilette de la momie, des litières pour le transport, des vases, el les bonnes provisions de toute espèce que mentionnent les prières funéraires.

Tout bien préparé dans la nécropole, il faut s’y rendre, « au » jour d'aborder l’autre rive ». Nouvelle grâce que l’on implore du souverain, comme récompense de bons services et complément de faveur ! « Moi j'ai été agréable au souverain, qu'il me soit

donné de me reposer dans la demeure durable, de rejoindre fa » retraite mystérieuse de l’éternité® », « de traverser en paix » vers cette tombe de l’occident en qualité de féal » 7. Le souverain salisfait accorde cette grâce. Dans le rescrit qui rappelle Sinou-

1 « C’est l’ordre divin de ton double, à ami de Rà (Sahouri}! qui m'a donné une stèle- » porte de pierre pour ce tombeau de l'Amenti », rapportée de la même carrière que les stèles destinées par le roi à sa propre pyramide (Marretre, Mast., 202-205; Masrero, Qq. termes d’arch., Proc. S.B.A., 1889 — B. Eg., NII, 335 ; Morer, 2. Tr., XIX, 132).

2 « Sa Majesté (Pépi I) accorda qu’on m’'apportât une pierre blanche pour sarcophage » des carrières de Tourah, et S. M. fit partir en bateau un homme au collier du dieu, » avec un peloton d'hommes... On m'apporta ce sarcophage du Tourah. Il vint avec lui, » dans un grand chaland de l'administration royale. avec son couvercle, une stèle- » porte, l'encadrement, deux blocs pour le fond et le soubassement. Jamais pareille » chose n'avait été faite à aucun serviteur. » Inser. d'Ouni, 1. 68 (Maspero, Qg. termes d'arch., Proc. S.B.A., 1889 — B. Eg., NIII, 339-348; Monet, À. Tr., XIX, 132).

3 « En don du roi, un sarcophage en bois de cèdre vert, peint et sculpté, comme pour » un chef de la bonne demeure, un lit funéraire en or fin, incrusté (khakérou) de lapis » vrai, comme on fait à un mâne bien équipé ». Stèle de Mour-kaou, xme d. (Louvre C 15, L. 8; Gaver, pl. 54; Masrero, Wél. d’Arch.,.IIT, 457, n.8 : Morer, À. Tr., XIX, 135).

4« Le roi Monhotpourt me fit faire mes 4 canopes, avec mon sarcophage en albâtre, il » fit faire pour moi tout ce qu'on fait à un homme de qualité (ma godnou), et me donna » des offrandes. » (Ostracon de Florence 2.616-2.617; Gocexrscugrr, 2. Tr., III, 6; Maspero, Contes, 293).

5 « J'ai mis au cercueil mon père, le commandant Zaou, avec tout son attirail qui était » celui d’un commandant, et jy ai pourvu selon ce qui avait été décidé avec la Majesté » de son maître, le roi Nofirkéri (Pépi Il) donnant la vie à jamais, de fabriquer un » cercueil, du linge funéraire, des parfums de fête pour ce Zaou. Sa Majesté fit apporter » par les terrains boisés, le bois, le parfum de fête, 200 pièces de toile, de tissu de » îre qualité (?):et de belle toile du midi (?}), ainsi qu'il convenait, tirées de la double » maison blanche du palais royal, à ce Zaou:; jamais n'avait été faite à un autre homme » chose pareille à ce qui lui a été fait. » (Inser. de Béni-Mohammed-el-Koufour : Sayce- Maspeno, À, Tr., XIII, 66-69; Davies, Deir-el-Gebrari, pl. 13; Serne, Urkunden, I, 145).

6 Stèle de Péhsoukher, 1. 46 (M.M.C., V, 300-302).

7 Stèle de Tepmänkh (MaRIETTE, Mast. 195; Morer, 2. Tr., XIX, 133).

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