‹ Le Régime Pharaonique: Dans Ses Rapports Avec L'évolution De La Morale En ÉgypteChapitre 192 sur 433 · CLERGÉ, ADORATIONS · texte numérisé non relu

CLERGÉ, ADORATIONS

L'Æymne à Ra, tout à l'heure cité, rappelle de même le rôle céleste du roi et invoque à la fois l’appui du Soleil pour le Pharaon et celui du Pharaon pour le Soleil :

« Que le fils du Soleil, le Pharaon, soit vénéré pour tes mérites ; qu’il soit adoré quand » tu te lèves bienfaisant à l'horizon oriental du ciel! C’est lui qui dirige ta course, ren- » verse tes ennemis devant toi, repousse tous tes adversaires, examine pour toi l'OEil en » son lieu !. »

Mais aussi on adresse au roi un culte direct.

De son vivant même, il a un clergé préposé à son culte. Près de lui exercent leurs fonctions des prètres royaux ?, des officiants?, des prophètes”, et des « prophètes de l'Horus dans le palais ». Ce dernier nom écarte bien toute équivoque avec un culte funéraire°. Au temple, son culte est assuré par des fonctionnaires de la Salle d’adoration (pa doudit)'. Nous savons que les prètres royaux se relayaient de mois en mois*. Cependant on peut dire que le clergé royal se confond avec celui du dieu principal de chaque temple, jusqu'au temps des Ptolémées qui créent pour lui une classe spéciale, la cinquième dans tous les temples”.

Les termes dont on se sert pour désigner les hommages que rendent au roi les courtisans et les peuples, sont les mêmes que pour désigner les hommages aux dieux; leurs associations et leurs substitutions en démontrent l’équivalence.

Ce sont des adorations (douaou), mot déterminé par l’homme debout, les deux bras levés. Quand Aménôthès II approche en

1 Pap. de Berlin (L. D., VI, 117; L. c.).

2 Souton ouabou (Marrerre, Mast., 151,154, etc.) —Une variante intéressante est celle de Ti qui, dans le tombeau de dame Hon-m-Rà, préparé d’abord pour lui, s’intitulait « prêtre » du fils du Soleil » Si Aa ouab (1b., p. 140).

3 Khri-habi (Mast., 238, etc.).

4 Masrero (4. O., I, 266, n. 1) cite comme prophètes de rois vivants, ceux de Khéops (Toudi: Mast., 88-89), de Sondi (Chiri : /bid., 92-93), d'Ousirkaf (Tapoumäânkhi : /btd., 198-200) etc.

5 Hor her ab äha nouter hon : Kaï (Mast., 228).

6 Un nombreux personnel était attaché d’abord à la construction du temple funéraire du roi, puis au culte qui s’y rendait: ce dernier commençait sans attendre le décès du roi.

1 Voir supra, p. 311 et 378, n. 5, infra, p. 398.

8 Un papyrus du 2 fond de Kahoun nomme les deux « prêtres royaux en leur mois » de service », souten ouab am abod-f (Borcnarpr, Æ. Z.. 1899, 94).

9 Décret de Canope, Stèle de Tanis, L. 12-13 (Lersius, 4866; Prenrer, Le décret, p. 9-10 ; Brucscu, Thesaurus, VI, p. xiv sq., 1554 sq.).

vainqueur de la ville de Ni, « voilà que les Asiatiques de cette » ville, tant hommes que femmes, étaient sur leurs murailles » pour adorer Sa Majesté » !. Ainsi font tous les barbares: «leurs » chefs et leurs tribus m’adorent » ?, dit Ramsès IT dans le récit de ses victoires sur les envahisseurs. Mais les sujets du pharaon s'unissent à ses ennemis : « T’adorent l'Égypte et la Nubie, ? » disent à Ramsès IT ses conseillers réunis à Abydos. Thotmès [* usait du même mot en présentant sa fille comme son héritière et en indiquant aux grands de l'Égypte leurs devoirs envers elle : «Si » quelqu'un l'aime dans son cœur et l’adore chaque jour, son » champ prospère. » C’est ce que fait Nakht-Khem, prophète et intendant des greniers sous la xvm® dynastie, « veillant à son poste » pour exalter les esprits du roi, matinal pour l’adorer chaque » jour »°.

Un autre terme, aaou, avec le même déterminatif, se rapporte aux acclamations, oraisons, chants dont on honore pareillement dieux et rois. « Les chefs de tous pays te font des adorations », dit Amon à Séti [*5. Dans un texte de l’ancien empire, le médecin Sokhmit-ni-âänkhou, admis comme féal de Sahouri, le remercia aussitôt et « fit adoration au grand roi » ’. « Tout le monde m’'ado- » rait, » dit Sénouserit IT, pour marquer que dès l'enfance il était un vrai roi. Un autre terme analogue sert encore à Nakhtkhem pour exprimer son culte, « il connaît son Dieu », c’est-à-dire le roi, et « il le révère »°.

L’adoration se fait plus profonde dans le proscynème, sen-{o, ou flairement de la terre. Le sujet se précipite sur les genoux, puis

1 Her douaou hon-f: Stèle d'Aménôthès II à Karnak (Cnampozuion, Mon., Il, 145 : Maspero, Æ. Z., 1879, 55-58 — B. Egq., VIII, 201 ; LecraiN, Ann. Serv., 1903, IV, 130).

? Médinet-Habou, Ramsès TT, an VIIT, 1. 26 (Caapas, Z1., 252; Daressy, M.-H. 86).

3 Duaou-tou-k Kamit, henaä Docherit (Inscr. dédicatoire d'Abydos, 1. 69 (Masrero, 47).

# Déir-el-Bahari, Inscr. de l’intronisation (Navizze, 2. Tr., XVII, p. 100 et pl. mn, 1. 27; D.-el-B., TL, pl. 61; Serae, Urk. IV, 26 4).

5 Res-n-1 hér ast-i r ska biou-f, duau-n-i r duau-f hrou neb. Stèle de Nakht-Khem : Louvre C 55 (Pieux, Znscr., pl. 10, p. 12).

6 Hymne des 4 points cardinaux, Karnak, mur N., 1. 42-13 (R. Tr., XI, 66).

7 Rdi aa n souten äà : Stèle de Sokhmit-ni-änkhou (Mamerre, Mast. 204).

8 Bou ouaou-na: Parchemin d’Héliopolis, L. 8-9 (Srenx, Æ. Z., 1874, 87; Cuapas, Choix de textes, p. 7; Masrero, A. Or., I, 504).

9 Rekh nouter-f, terr biou-f : Statue de Nakht-Khem à Gournah (R. Tr. XVI, 43).

PROSCYNÊME AU ROI 385

s'étend le nez dans la poussière, rampe sur le ventre et baise la terre, ou du moins en respire l'odeur. L'étiquette l’exige en présence du roi'; mais c'est aussi une pratique cultuelle dont on use devant son image ou son double invisible. En célébrant l'office de son dieu, le prêtre songe à son roi et les unit dans son hommage. € J'ai flairé la terre, dit-il, pour que vive le Pharaonet soit adoré » le maitre des deux terres”. » Agissent de même les visiteurs d'un temple quelconque, dévots ou pèlerins. A Silsilis, le capitaine [oui « fait adoration à Amon, Ptah, Sokhmit, Toum, et pro- » scynème au roi »°. La tradition s'en perpétue jusque dans les proscynèmes grecs de Philæ“.

Toutes les offrandes par lesquelles se traduit le culte se font au roi comme aux dieux. Les conseillers de Ramsès IL, réunis à Abydos, en marquent bien le caractère quand ils lui disent:

« Toi, tu es un dieu pour tous les hommes : ils veillent pour te faire l’offrande de » l’encens selon l’ordre de ton père Toum ; t’'adorent l'Egypte et la Nubie 5. »

La formule du souton di hotep, qui résume toutes les offrandes, pouvait s'adresser aussi bien au roi vivant qu’aux rois défunts de Thèbes et aux dieux. Roï, grand prêtre d’Amon, grand pontife des dieux et de toute l'Égypte, par surcroît chef des travaux pour tous les monuments du roi, dédiait ainsi une stèle à Harmakhis, à Ptah et au « double divin du roi Ménéptah », dont 1l était le ministre”.

$ 83. — Le culte du roi non présent.

On adorait le roi en son absence, aussi bien qu’en sa présence. C’est qu’alors le culte s’adressait à quelque dédoublement de la personnalité du roi.

1 Par exemple dans la stèle de Piänkhi. — Cf. supra, p. 368-9, 371, 375.

2 S'en-i, dnkh piräd, aaou n neb taoui : Rituel d'Amon, ch. 12, 1v, 9 (Morer, p.57).

3 Aaou et sento. Silsilis, spéos ouest, Inscr. d’Ioui (L. D., IT, 201 »).

4 Lerronne, Rec. des Insc. grecques et latines d'Egypte, 1848, passim.

5 « Tu[k] m nuter n bu nebu; nehäs-tu er rdd-nak nuter-sen…: rdû duau-tu Kamit » hend Docherit. » Inscr, dédic. d’'Abydos, 1. 69 (Maspero, p. 47).

6 Dans le mastaba ne 41 de Dachour, le souton di hotep adressé par Khentkhitiémsaf à Sénouserit III, dont la pyramide est voisine, a dû être rédigé du vivant de ce roi traité en dieu (Daressy, 2. Tr., 1902, XXIV, 163). De même le souton di hotep à Hâtchopsou par sa nourrice Sitrà (Stèle de Vienne : BerGmanN, 2. Tr, IX, 49).

1 Inscr. de Roï, Silsilis (L. D., IL, 200 A).

En mème temps que le roi et en face de lui, on adorait déjà son double (ka) ou son esprit (b&). Ainsi, en Conseil du roi, ses courtisans « lèvent les bras pour adorer son double » !. Mais doubles et esprits se transportaient et résidaient dans des temples où jamais on n'avait vu le roi en chair et en os. Il partageait ce privilège avec les dieux. Nous venons de voir Roï unir le double du roi et les dieux dans les hommages de sa stèle”. Même puisque la personne du roi, plus riche que le commun des mortels, se subdivisait en plusieurs esprits et plusieurs doubles, quatorze comme ceux du Soleil son père, tous ses doubles et tous ses esprits jouisaient ainsi du don d’ubiquité. Des temples s’élevaient en l'honneur des doubles du roi, des bas-reliefs les représentaient, des statues les incarnaient et recevaient les honneurs royaux et divins. Les « supérieurs du mystère dans la salle d’adoralion » élatent les prêtres des doubles royaux‘. Le culte des statues auxquelles s’unissaient les doubles empruntait ses rites au culte osirien ?.

De même pour les âmes ou esprits royaux, au nombre de trois ou de sept : ils participent intimement de la divinité du rot :

« On jure par le nom du roi dans lous les pays à cause de la grandeur des esprits de » Sa Majesté 6. »

Ce sont ces esprits, grands? et redoutables, qui protègent les habitants de l'Égypte et terrifient les ennemis :

« Exultent tes clans par ta prudence, car tes esprits ont pris l'administration de leurs » fortunes, » chante l’ode à Sénouserit III 8.

1 Stèle de Ramsès IL à Kouban, 1. 12 (Prisse, pl. xx1; CHapas, Mines, p. 23; supra, P. 373.0. 2).

2 Supra, p. 385, n. 7.

$ Sur les 14 doubles de Rà. Cf. Décret de Ptah (Thbsamboul, L. 43 : L. D., III, 4894: Médinet-Habou est indistinct}. Sur les 14 doubles et les 7 âmes du roi, texte de Philæ (MarrerTre, Dendérah, texte p. 219, n. 3), tableaux d’'Ombos (pe MorGan, Kom-Ombos, 1, 186-188), de Louxor (L. D., III, 74-75; Gaver, pl. 76-77) et d’Abydos (Marrerre, 1, pl. 29). — Cf. Masrero, Æ. O., I, p. 259 et 251, fig.; Morer, Royauté, p. 57 et 226, fig. 8-9, 64, 75).

4 Her secheta n pi douaout (Marrerre, Mastabas, p 1476, 185,1970 819 206 Cf. Morer, Royauté, p. 226).

5 C£. Morer, 0p. cit., et infra, p. 393 sqq., 399 sqq.

5 Stèle de Thotmès I à Tombos (L. D., II, 5 4; Preur, P. Æt., p. 5).

7 À Ramsès [IT les chefs enchainés disent : « Tes esprits sont grands, Ô roi vain- » queur! » Médinet-Habou, forteresse, tour nord (Daressy, p. 51). Cf. Poème de Pentaour, Louqsor, 1. 83 (pe Roucx, 2. Tr., 1, 7, infra, p. 387-388).

8 Ode de Kahoun (Pap. Petrie, 1, pl. 1; Maspero. B. Eg., VIII, 407).

DOUBLES Ef AMES OU ESPRITS ROYAUX 387

« L'esprit de Sa Majesté a étendu les frontières du pays ? » raconte-t-on de Thotmès Ier 1.

« Ses esprits enchainent les méchants », dit de Ramsès Il un poëte courtisan. ? »

« Votre salut dépend de mes esprits », dit Ramsès III à ses sujets solennellement assemblés 3.

Dans un hymne, Amon même est censé le lui certifier :

«Tes grands esprits mettent l’affliction en tout pays étranger. 4 »

Aussi les Égyptiens les adoraient-ils, soit en présence du roi, soit dans les temples. Dès l’ancien empire, le ministre Ouni faisait « construire un édifice... pour invoquer les esprits du roi de » la Haute et de la Basse Égypte » 5. À Thèbes, un autre ministre, Amon-hotpou-Houi, « célébra ses âmes et adora Sa Majesté en » tout temps »°. À l’époque des dissensions religieuses, le prophète Nakht-Khem « exalte les esprits du roi »”, et le père divin Aï déclare qu'il « a vécu en adorant son double »*.

À plus forte raison, exige-t-on des étrangers les plus humbles louanges. Les conquêtes de Thotmès IIT ont un caractère religleux autant que matériel : après la bataille de Mageddo, « les » princes de ce pays vinrent, avec ce qui leur appartenait, se » prosterner devant les esprits de Sa Majesté et implorer le souffle » pour leur narine » *. Presque avec les mêmes termes, la stèle apocryphe de la princesse de Bakhtan narre que Ramsès IT allait en Asie chaque année recevoir les hommages de ses vassaux, «et » les princes de toute la terre venaient courbés sous le poids des » offrandes qu'ils apportaient aux âmes de Sa Majesté »"°. Devant le même Ramsès I[, Pentaour en son poème montre les princes d'Asie prosternés : « tous les révoltés vinrent se courber devant » les esprits du roi »; et il lui fait dire par le messager du roi des

4 St. de Tombos (op. cit., PIEHL., p. 4).

2 Pap. Anastasi II, pl. m1, L. 6 (Masrero, G. Ep., p. 82).

3 Pap. Harris, p. 80, 1. 1.

4 Hymne des parallèles, Médinet-Habou, de pylone (DümicHen, 7. THODALIEISE Daressy, A1.-H., p. 61).

5 Inscr. d'Ouni, vre d., 1. 47-48 (ne Roucé, Six dyn., pl. vu, p. 143).

6 Base de statue à Karnak, xvarre ., 1. 49 (Manerre, Karnak, pl. 36).

7 Stèle de Nakhtkhem : Louvre C 55, xvrrre d. (Prerrer, IL. 90 ; Pre, Z. A, pl. 40, p. 12).

8 Tombeau d’Aï à Hagi-Qandil, L. 43 (2. Tr., XV, 47-49).

9 Annales de Thotmès III à Karnak (Masreno, À. Tr, II, 149 — B. Eg., VIII, 229, 238).

10 Stèle de Paris, xxe d. (Prisse, pl. 34; Maspero, Contes, p. 216).

Khétas : « Ne l’empare pas de nous, à toi dont les esprits sont » grands! Il t'adore : calme ta colère! » Et semblablement les sculpteurs de Médinet-Habou prètent aux chefs vaincus par Ramsès [II cette prière: « Accorde-nous les souffles, afin que... nous » puissions célébrer tes esprits ?. » Pareilles adorations aux esprits du roi sont un lieu commun qu'on rencontre à toute époque * .

Le même respect religieux s'adresse au nom du roi. Part importante de la personnalité du roi, son nom est regardé comme redoutable et protecteur. Intimement lié aux esprits du roi, 1l participe à leur divinité et à leur souveraineté. Aussi on le vénère en tout lieu, on le craint, on l’invoque et on jure par lui :

« Son nom pénètre jusqu'au pourtour du ciel; il traverse le double pays jusqu'au » Douaout ; on jure par lui dans tous ies pays, à cause de la grandeur des esprits de Sa » Majesté; on l'a vu dans les Mémoires des Deux Pleureuses depuis le temps des suivants » d'Horus #. »

Le nom royal ne résulte pas de l'arbitraire des hommes, mais procède d’une prédestination divine. Ainsi lorsque la chancellerie royale compose le protocole (nekheb) ou la série officielle des noms (an our) d’un nouveau roi, elle ne fait que consacrer sans s’en douter la décision antérieure du divin père qui a formé ces noms avec les paroles de bienvenue échangées entre la reine et lui”, voire même d'un décret rendu au temps fabuleux du règne

1 Poème de Pentaour, Lougsor, 1. 10, 83 et 87.

2 Médinet-Habou (Daressy, p. 46).

3 « Toute terre saluait ses esprits. » Stèle de Toutänkhamon, 1. 12 (Lecran, 2. Tr, 1907, 167). — « Leurs chefs se prosternent devant mes esprits. » Ramsès IIL, Médinet- Habou, forteresse, tour sud (Daressy, 51). — « Les septentrionaux viennent en rampant » devant tes esprits. » Hymne des parallèles (Daressy, p. 62). — « Je t'ai donné que » l'Occident et l'Orient s’inclinent devant tes esprits. » Nectanébo, table de Ficoroni (Maspero, ap. Larave, Divinités d'Alexandrie, p. 333). — « Tous les pays se courbent » devant tes esprits. » Ptolémée IT, stèle de Pithom, 1. 28 (Navizze, Æ. Z., XL, 75, pl. rm).

4 Stèle de Thotmès Ier à Tombos, 1. 14 (L. D., II, 5 À; Serne, Urk., IN, 85 ; PrenL P. Et., p.48). |

5 & Is (les cérémoniaires khrikabiou) rédigèrent ses noms royaux (d'Hätchopsou) selon » (l'inspiration du) dieu qui mit en leurs cœurs de faire ces noms comme il les avait » faits auparavant. » (Inser. de l’intronisation, L. 34-35 : Navisce, 2. Tr, XNIII, p. 400, et Deir-el-Bahari, pl. 62. — Cf. pour le nom d’Aménôthès IL, les textes de Louqsor Bourianr, À. Tr., IX, 84; Morer, Royauté; supra, ch. 1, p-. 40. 1

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