‹ Le Régime Pharaonique: Dans Ses Rapports Avec L'évolution De La Morale En ÉgypteChapitre 194 sur 433 · SERMENT. STATUES ROYALES · texte numérisé non relu

SERMENT. STATUES ROYALES

celui des dieux ; la pesée de l'âme s’en ressentirait. Dès ce monde on s'exposerait à subir les sanctions humaines et divines : la police veille et les dieux frappent le sacrilège. En présentant sa fille à ses sujets, Thotmès [® menace l’irrespectueux de mort subite !. L'ouvrier Mosou scandalise un surveillant de la nécropole par ses jurons : « Sainteté d’Amon ! Prospérité du souverain v.s. f. dont » la grandeur des esprits tue ! » mais le bon policier a pitié du pauvre diable et ne veut pas le faire châtier ?. Cependant on invoque solennellement le nom royal pour donner créance à sa parole ; et le serment par le roi crée des obligations civiles comme le serment par les dieux ?. En justice, le serment peut être déféré tant en matière civile à des parties pour prouver leurs droits #, qu'en matière criminelle à l’accusé pour se défendre, aux témoins pour le charger ou le décharger”: des procès-verbaux relatent le « serment royal », déféré ou prêté, et en donnent les termes qui se ramènent à cette formule : « Par Amon ! par le prince ! » Si je mens, si..…., que je sois multilé, etc. » ©. La mort, la mulation, la transportation puniraient l’abus du nom du roi *.

L'image du roi, statue en bas relief, recevait les mêmes honneurs que la statue des dieux. Le colosse royal placé dans le

1 «Si quelqu'un parle contre le nom de S. M., les mains des dieux le tueront sur le » champ. » Inscr. de l'intronisation d’'Hâtchopsou, 1. 27, cf. 1. 15-16 (Navirze, À. Tr., XVIII, 100 etpl. u; Serne, Urk., IV, 260 et 257).

2 Pap. Turin, pl. xzux, 1. 6-10 (CuaBas, Tr. S. B. A., 1872, 1, 177-182 : Mél., IV, 47-48).

3 Thoutmosou, gardien du temple de Menpéhtiri, rappelle à un collègue qu'il doit lui livrer un âne; devant la menace de le déférer à la justice, il a supplié et promis de rendre : «Tu me juras par le maître (dnkhi art ädnkh neb) disant « je te le ferai amener » ; » et voici que tu ne l'as pas fait amener » (Pap. Boulaq : Masrero, Æ. Z., 1881, p. 119).

4 Dropores, 1, 77 et 79; Révizcour, Rev. Egq., L, 94 et 101-107, serment de la veuve sur ses apports; [, 180-182; IT, 15-18 et 72-74, serments décisoires; IV, 133-146; V, 23-29, lecon du Louvre.

5 SPrEGELBERG, Studien zum Rechlwesen, p. 71-81; Reviczour, /nterrogatoire, R. Eg., 4897; CaparTt, Droit pénal, p. 25-36; supra, ch. vu, p. 306-307.

6 Pap. Abbott, p. v, vi (CHagas, Mél, LIT, 80, 95, 405). Pap. Salt 124 (d., III, 180, 187). Pap. Mayor A et B de Liverpool, Pap. Harris 4 (A) et 499 (C). (SrrsGELBERG, 0p. cét., p. 73, 75, 11; RevizLour, Actions, passim).

1 SprecezserG et CaparT, loc. cit. (supra, p. 307 et 312) — Cf.: « Il fit un Vie du Seigneur royal, en disant: « Prospérité du roi! vie du souverain dont les volontés » donnent la mort! Si j'ai retourné une parole en cela, qu'il m'arrive souffrance ». Plainte de Kenna : Ostracon du British Museum (Brrcn, Znscr. of Brit. Mus., pl. xu; Cuagsas, Mél., IIL, 204).

temple d’un dieu n’était pas un ornement ou un simple ex-voto, mais une idole. En effet le roi introduit dans une triade ou dans une ennéade participait à la divinité et au culte des dieux associés, et cela de son vivant même. Parfois mème ils sont seulement ses parèdres dans le temple consacré au roi comme divinité principale ‘.

On à pensé que ce culte du roi vivant était né de la raison d'état en pays conquis ?. En effet, à Tounipa et dans une autre ville de Syrie, on adorait des statues de Thotmès HE et de Ramsès IT à côté de celles d’Amon’. La Nubie aussi se trouvait toute jalonnée de ces temples royaux. À Gerf-Hosséïin *, à Derr”, à Ibsamboul”, des colosses de Ramsès IT gardaient l'entrée du temple; puis, au fond du sanctuaire, un groupe trônait composé du roi avec deux ou trois autres dieux, Amon, Ptah, Horus ou quelque déesse. Aménothès [IT était adoré à Soleb7; son épouse Ti à Sédémga* ; Thotmès [IT et son fils Aménôthès IT à Semnéh°?; Aménôthès [° au canton de Kari"”. Ces princes n'avaient point innové ; à Semnéh, Thotmès IT restaurait le temple et le culte de Sénouserit HI", également adoré avec Amon et les dieux de Nubie, Didoun, Khnou-

4 Au Ramesséum, Ptah et Sokaris étaient qualifiés « dans le temple de Ramsès II » (Pyramide de Vienne : BERGMANN, 2. Tr., IX, 51). — Voir ci-dessus, p. 366, n. 1, et cidessous, n. à ef 6.

2 Cf. En. Meyer, Gesch. Alt., I, 268-269; Gesch. Æg., 251-9252; Erman, Ægypten, p. 93. Contra : Maspero, 7. O., 1, 266, n. 1; Morer, Royauté, p. 279-280.

3 Sur la statue de Thotmès : Bezozn-Bunce, T'ell-Amarna Tabletts n° 41, p. Lxx-Lxxr; Harévy, Rev. Sem., I, 319-382; II, 15-16; Derarrre, Pr. S° B. À., 1892, XV, 16-20. — Sur celle de Ramsès II : Brucscu, Rec., II, pl. Liv, 2; Gesch., 514. — Cf. Masrero, H. O., ITAOTAE

4 Pa-Ptah, Tutzis. Dans une des 4 niches de la {re salle, la triade Ramsès II, Satit, Tafnouït (CHampoLLION, Mon.).

5 Dans l’adytum de Derr : Ptah, Amon-Râ, Ramsès, Harmakhis (CnampoLuioN, Mon. ; L. D., III, 1845).

6 Dans l’adytum d’Tbsamboul : Hor, Ramsès, Amon, Ptah, et la triade Amon, Ramsès, Maout (CHaurozzioN, Mon. Not., p.72; L. D., III, 188-190).

7 Temple de Soleb (Hâit-Khâämmäit) : (Lepsrus, Briefe, 256 et 415; L. D., III, 83-89: Lerésure, Æîtes, p. 38-41; Maspero, H. Or., II, 300-302).

8 Sédéinga (Lepsius, Briefe, p. 257; L. D., III, 80, c-1; Maspero, A. O., II, 303, n. 3).

® Semnéh (L. D., 11, 1368; Lepsius, Æ. Z., 1877, p. 21; Brucscn, Géog. Inse., I, 46; De RouGé, /nsc. de Semnéh, p. 2-3, R. Arch., 1e s., N, 311; VI, 360; WIEDEMANN, Gesch., 253; Maspero, À. O., Il, 300).

10 Bélier du Musée de Vienne (BERGMANN, 2. Tr. IX, 50; Wienemann, Gesch., 321; Maspero, H.0., II, 100 et 300).

1 Graffites de Râsenb et de Thotmès III (loc. cit., et L. D., III, 55, 1. 3-4: CAILLAUD, Voyage, t. II, pl. xxx, 3; pe RouGé, Mém. sur qq. phénomènes, p. 22, R. Arch. Les, t. IX; Crum, Sfele from Wady-Halfa, Pr.S.B. A., 1893, XVI, 16-17; MasPero, À. O., 1, 479).

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