DATES DU CULTE DES STATUES
plaçàt son image ou celle de son père dans un ancien temple ou dans un temple neuf, comme parèdre des dieux ou comme leur président : dès lors cette image possédait un nom propre ! et une personnalité distincte ; elle était objet d’adorations, de rites, et d’offrandes ?.
La mort du roi ne donnait pas l'impulsion au culte : elle ne l'arrètait pas davantage. Au palais, élle changeait le titulaire du culte; au temple, elle ne modifiait rien: c’était un incident sans importance. Le rituel continuait à prescrire de « connaître les dieux parèdres du temple », dont la liste se terminait, jusqu'aux temps ptolémaïques, par les statues des rois du sud et du nord*. Ces statues étaient indifféremment celles d’anciens rois ou de rois vivants, celle de Pépi [* à Dendérah, celles de Ramsès I, de Séti [I et de la reine Sit-Rà, près de la barque sacrée, dans la chambre de Séti au grand temple d’Abydos”, celles des rois Sénouserit If, m& krôou, et Sénouserit Ill, dnkh zéla, d’après l'inventaire de Kahoun‘. Pour s’en occuper, en sus du personnel ordinaire des temples, et particulièrement des « chefs des mystères de la salle d’ado- » ration ? »,il y a des « prêtres divins des images du roi ».
Le culte des statues royales remonte d’ailleurs, bien plus haut que le nouvel empire thébain : le premier empire, l’époque mem-
1 Par exemple celles de Ramsès II (supra, p. 395, n. 4; infra, p. 400, n. 4), de Thotmès III (note suiv.), de Ptolémée V (infra, p. 401), de la princesse Bérénice (Décret de Canope, 1. 30-31).
2 « Qu'on présente... un tas d'offrandes muni de toutes les bonnes choses » avec 6 des pains de proposition à la statue des millions d'années de Ma Majesté, » laquelle est transportée pour ce service d’offrandes en ce temple qui est sur le » champ de ce dieu auguste et laquelle a nom Man-akhopir-ri, le grand d’'offrandes. » (Stèle de Karnak, 1. 16-17; Maspero, loc. cit. LeGraIN, Ann. Serv., III, 107-110; VIT, 184; Serue, ÜUrk., IV, 769). — Une autre statue de Thotmès III portait le nom de « Man-akhopir-ri offrant des fleurs à Amon de Karnak » (LeGrain, 60., V, 34; VII, 183: Catal. Statues, n° 42,056).
3 Chapitre IV du Æituel des fêtes d'Osiris en Khoïak à Dendérah (A. Tr., IE, 54).
4 MarrerTE, Dendérah, p. 54; IL, pl. 67 8; III, 39.
5 MarierTEe, Aôydos, I, pl. 32. Cf. Foucarp, Ann. des Htes E1., 1900, p. 85.
6 Aprés celles des rois, l'inventaire énumère celles de la reine-mère, de la reine, des princes et princesses et de plusieurs fonctionnaires (Borcaaror, Æ. Z., XXXVII, p. 95-96; Foucarp, eo. rel., juillet 1901, XLII).
7 Mariette, Maslabas, p. 116, 185, 270, 312, 420, 456, 547.
8 Neskhem (Akhmim, Bourianr, 2. Tr., NII, 162); Khonsaardis pt son pire Pen- Sokhmit (L. D., III, 271 c »}.
phile, même l’époque archaïque en ont laissé des traces. Les statues de Pépi I* à Dendérah dataient sans doute des premières fondations faites par ce roi. Les archives du grand temple d'Héliopolis attestent encore l'existence des idoles de Sénouserit HT dans le temple de Rà-Toum-Harmakhis'. Dans tout temple, la salle d’adoration (pé douaït) renfermait des statues du double du roi, parfois en nombre, sur lesquelles, en l'absence du roi même, on procédait quotidiennement aux cérémonies voulues. De ces statues du double royal un seul exemplaire complet”, avec son hiéroglyphe sur la tète, est parvenu jusqu'à nous, celui du roi Aoutou-ab-Rà*: mais tableaux et formules des salles d’adoration en attestent l'existence constante et le titre des « chefs des mystères » de la saile d’adoration », fréquent sous les dynasties memphites * prouve l'antiquité de cette partie du culte royal” . Pour les statues honorées dans les fêtes sed par les rites de l’adoration développés, notamment le repas sacré sous le double pavillon du sud et du nord et des processions solennelles, nous sommes plus riches : outre les figurations, comme celle d'Osorkon IT à Bubastis, de Séti [°° à Gournah?, d’Aménôthès IT à Lougsor*, et de Pépi I au Ouady-Magharah”, nous avons pour trois époques les statues ornées de la tunique osirienne de Ramsès Il à Alexandrie, de Sénouserit [IT à Abydos"'. de Montouhotpou V à Déïr-el-Hoçan'”?, et de l’archaïque Khäsokhem à Hiéracônpolis".
1 « Les samerou royaux répondirent à leur dieu {le roi) : « … Ce qui est à l’intérieur, » ce sont tes images pour joie éternelle. » Parchemin de Berlin (Srern, Æ. Z., 1874, 82-96; CHapas, Choix de textes, p. 9).
? Au Musée du Caire, il en existe une douzaine de mutilées, provenant des tombeaux de Thotmès [IT et Aménôthès II (Renseignement donné par M. Maspero).
% De Morcan, Dahchour, I, p. 91-93 et pl. 33-35; Maspero, Guide, 0 p. 95-96, fig,
4 Voir supra, p. 397, n. 7.
5 Morer, Royauté, p. 224-298.
6 Navizze, Bubastis, pl. 23 et 27.
7L. D., Ill, 132.
8 Gayer, Louxor, pl. 71.
9 L. D., Il, 445 a.