TITRES À LA FAVEUR
Le capitaine Montou-nsisou fidèle serviteur des deux premiers rois de la xn° dynastie « fait tout ce qui leur plait au cours de » Chaque jour » !. Antef, le baron gouverneur d’Abydos, « satisfait
le souverain par toutes ses actions »°. Aux beaux temps du second empire Thébain, ae « fait de belles choses pour
» le maitre des deux terres » *; Amonemhabi est un ami « Rte » le plaisir du dieu bon nl le cours de chaque journée » # De même le prince Râmès « a fait ce qu'approuve le roi en son
temps »°. Nakht-Khem « a exécuté fidèlement tout ce qui lui
plaisait ». Le résultat répond aux intentions : « le souverain » se réjouit de nos actions » dit le prince Rà’.
En passant en revue tout ce qui plaît au roi, ce qu'il loue et ce qu'il récompense, on a les devoirs des sujets dans leurs rapports avec le roi.
Certains qualificatifs étalés comme tilres à la faveur du roi indiquent vaguement des qualités très générales, Qu'est-ce au juste qu’un « serviteur qui fait honneur à son maitre » ? Nous n'apprenons pas grand chose sur Khâï, quand il se dit « l’unique,
le sage, le parfait de son maître » *, quelque avantageuses que soient ces épithètes. Nous ne serions pas beaucoup plus avancés avec Amonembhâit, fonctionnaire sous Thotmès II, « lunique, le » sage, aimé des hommes. favori des dieux pour son mérite »"°, Si nous ne savions rien de plus sur son compte. Le prince Râ
1 Arr hosst sn nb gart nt hru neb (Louvre C 1}. — Cf. Stèle de Merri (Louvre C 3, I. 3: Prerrer, Rec., Il, 404); — Stèle d’'Iritisen (Louvre C 14, 1. 4); — Inscr. de Ouah, her ar hosst neb-f, etc. (Mon, Ann. Serv., 1905, 15).
2 Stèle, Louvre C 26 (pe RouGé, p. 89).
3 Ar khou n neb tooui (M. M. C., V, 355 et 358), stèle L. 4. — Cf. : ar khet khouou : Tenna (loc. cit.), khou hdti n souten : Amonemhabi, Stèle, 1. 1 (M. M. C., V, 238-281); — ar Hchout n Hor-f : Amonhotpou-Houi (Marrerre, Xarnak, pl. 36, 1. 16).
& Ar hosstu (M. M. C., NV, 281). — Cf. Ahmès ar hoss nt sulen m gart nt hru neb : Cheikh-abd-el-Gournah (Preuz (Æ.7.,1883, 131).
5 Ar-nt hosstu stn n rek- : Gournah (Æ. Z., 1883, 127).
6 Louvre C 55 (ne Roucé, Cat., p. 102; Prenner, Rec., IN, 10 ; Preu, 7. Æ., pl. 1x).
7 Rà, M. du Caire (Æ. Z., 1888, 48). L
8 Bok ou hon khoun neb -f (supra, p. 420, n. 1). — Cf. Khou häti n souten ou bat (supra, ch. vx, p. 324, n. 7; 325, n.2 et 3).
9 Qui ager monkh n neb-f, hosin ntr nfr : Khâï, xviue d., Mus. Vienne (RHEINISCH, Die stele, p. 11). — Cf. Harmhabi « Aost dû n nuter nofir, ou ager, meri neb-f (Louvre C 68-70: M. M. C., N, 487); — oud monkh n neb-f. — Nakht-Khem (M. M. C., NV, 317); Amounizeh (M. M. Qu N1392),
10 Stèle d'Amonemhäit, xvine d. (2. Tr., XIV, 72).
nous instruirait insuffisamment par ces mots : « Vers lui le roi » tourne son affection à cause de la grande perfection de son » cœur!. » En se donnant pour « favori du dieu bon » et en ajoutant : «c'est le mérite et la sagesse qui l'ont introduit à chaque » place »?, le scribe royal Amonhotpou suggère une appréciation favorable sur l'avancement en son temps, bien plutôt qu'il ne se fait connaître. De même Péhsoukher que « le roi mit à la pre- » mière place à cause de son excellence, dont les qualités firent » le rang », et qui fut « agréable au seigneur de la double terre » par son mérite »”, où Amounizéh « que ses perfections mirent » à la première place »‘, ou Sénemaah, « loué du dieu pour » son mérite »°. À peine sortiraient de cette imprécision, si rien ne précédait, ces indications de Nakht-Khem : « Mon maitre m’a » loué à cause de ma perfection, lorsqu'il a vu fa vigueur de » mes mains ; C’est mon cœur qui m'a introduit à la première » place, ma sagesse qui m'a mis dans sa salle du conseïlf. »
Mais qu'est-ce encore que ce mérite, cette perfection, cette sagesse, qui font bien venir du roi ? Pas plus que l’épithète d’unique, ces termes ne désignent une qualité : on les emploie adverbialement pour exprimer les superlatifs ; ils marquent donc seulement le degré éminent des qualités possédées.
Il en va déjà autrement avec le terme md. Quoique encore de sens vague et flottant, qu'on le traduise par « droiture, équité, » Justice, devoir », ou même « vérité », il se rapporte à une qualité du caractère. Que par là on entende la conformité dans la conduite aux lois de l’État et à la loi morale, le tact et la science dans l'interprétation du droit judiciaire, l'esprit de soumission aux
1 Stèle de Rà, Musée du Caire (Æ. Z., 1888, 48).
? Stèle d'Amonhotpou, Louvre C 64 (Prerrer, Rec., II, 24; Maspero, Æ. Z., 1879, 51).— Sur le mérite baat, titre aux faveurs, cf. ch. vu, p. 322).
8 S-khent sulen her monkh-f, ar n ageru-f, …. her n neb tooui her bat-f : Tombe de Péhsoukher (M. M. C., V, 299, 1. 12-14).
# Skhent n monkhu-f ast-f : Amounizéh (M. M. G., NV, 342, 1. 9, et 361, 1. ALMRNTRA VII, 36).
5 Hos n nouter her baat-f : Stèle de Sénemaah, trésorier d’'Hâtchopsou (BourtanT, R. Tr., XIII, 174; Serme, Urkunden, IV, 495)
8 Stèle de Nakht-Khem, Louvre C 55, 1. 45 (Perret, Zec., I, 90; Masrero, Æ. Z., 1879, 51 ; Peur, Z. Æ., pl. 10, p. 438).