DIRECTIONS. JUSTICE
» exécuter tels travaux » qu'il énumère!. En un sens plus moral, AUCE 1 Û : :
c est leur donner des conseils de conduite, des exemples de vertus des directions contre l'ignorance : tels étaient les services que croyait rendre Zod-Khonsou :
« Khnoum m'a modelé avec un cœur de penseur accompli Chacun me consulte à » cause de ma perfection... Ceux qui possèdent de la terre je les conseille dans la vallée. » Tous se conforment à mon inclination ; ayant détesté la médisance, j'ai aimé l'équité ; » j'élève la voix contre elle, pour repousser d'eux le mal... Le mauvais intendant n’est » pas favorisé, celui qui transporte ses biens, je ne le laisse pas donner ses biens à un » autre ; pour reprendre le dessus de la mauvaise direction qu’il a prise, je suis heureux » d’ [éclairer] ses intentions, je lui donne més conseils pour ne pas perpétuer l’igno- » rance ; on ne vient pas derrière ce que j'ai fait en toute chose 2. »
Initié par un maître habile, son père le plus souvent, aux secrets de la doctrine antique, le grand sait en quoi consiste l'idéal de sa mission : maintenir toujours ou rétablir le règne de la justice. Son maître lui à dit :
« Si tu as qualité de directeur, en sorte que tu décides la destinée d’un grand nombre » d'hommes, cherche la ligne de conduite la plus parfaite, pour qu'il n’en rejaillisse » aucun reproche sur ta (propre) destinée. Grande est la justice, invariable et assurée ; » elle n’a pas été troublée depuis l’époque d'Osiris. Faire obstacle à la légalité, c'est » (ouvrir) la voie aux violences. Ce qui eët bas se relèvera-t-il sans intrusion de l’injus- » tice, qui dit : « Je prends pour moi, de par ma volonté », mais ne dit pas : «Je prends » par mon autorité » ? Les limites de la justice sont invariables 5. »
Cet idéal, qu’on lui rappelle à son entrée en charge, inspirera toute son administration, et en particulier le guidera dans ses fonctions judiciaires.
Il aime et sert la justice ; il fait régner la légalité. Cette pratique constante et cet amour de la justice l'ont désigné au roi pour la place qu'il occupe‘. Il continuera, une fois gouverneur ou titulaire de toute autre fonction, à se montrer l’homme de la loi.
Rarement, sans doute, un sujet, pour puissant qu’il soit, rencontrera l’occasion de « donner des lois » et, comme Montouhot-
1 Thoti, Stèle Northampton, 1. 5 et 17 (Serne, Urk., IV, 429-421; SPieGELBERG, RAETTe XXII, 419-122),
2 Statue de Zod-Khonsou-aouf-änkh, à Louqsor (Daressv, À. 7r., XVI, p. 58-60). C£. infra, Patience du supérieur, p. 487-488.
3 Pran-Horpou, Préceptes, $ v (Pap. Prisse, pl. u, L 3-7.
4 Cf. supra, ch. x, p. 422-424; ch. x1, p. 465-467.
pou, s’intitulera législateur‘. Mais, s’il ne fait pas la loi, un grand veille à ce qu’elle soit exécutée et respectée de tous*. Rekhmarä, nomarque de Thèbes sous Thotmès III, se représente comme le chef vigilant de la conservation sociale en collaboration avec le roi :
« Bon gouverneur, en qui nous conservons MenkhopirRà (Thotmès III), toutes les situations s'appuient sur toi; les temples, les lois, les principes qui font marcher (la société) tout reste inébranlable sur sa base ; les enfants des nobles ont la situation de leurs pères ; il renouvelle, donnant l'apparence des milliers d'années. C'est lui qui assure fa stabilité sur le trône d'Horus, dont il fait la suppléance. C’est en bienvenu qu'il est arrivé, comme rempli de l'esprit de Pharaon (donnant) vie-santé-force (à l'Égypte) 3. » — « J'ai fait monter la justice jusqu'à la hauteur du ciel, et circuler le bien sur toute l'étendue de la terre 4. »