Jbid., 1. 31 A
8 Zbid., 1. 26 8.
9 « La rétribution atteint l'acte mauvais (la rapine) de l'homme sans vergogne qui » prend pour lui-même ce qui vient à lui ». PaiBernor, Pap. moral de Leide, ch. vi, $ 18 (Revizzour, /. 4s. 1905, p. 200).
ront, jugeront, châlieront. Le roi même, s’il le faut, interviendra. Les dieux à leur tour appliqueront leurs sanctions. Tôt ou tard, la puissance légitime réfrènera la force déréglée.
Si haut que l’on se voie placé, on dépend toujours de quelque autorité qui demandera des comptes. Le vulgaire s’imagine que le grand fait tout ce qu'il veut'. Interrogez ce grand lui-même : il se plaint d’avoir au-dessus de lui quelqu'un, devant qui il lui faut courber le dos ; il voudrait se livrer à ses passions ; la lot, le roi, la divinité le gènent. Mais cette gène est utile à l'ensemble de l'humanité, et lui-mème celui qui la subit à regret en profite d’autres fois :
« Tu es attaché à la maison du roi; ta maison est solide en sa fortune, et tes profits » sont comme il convient. (Cependant) on est gêné d’avoir une autorité au-dessus de » soi et l'on passe le temps de sa vie à en être ennuyé. « Ne pille pas (te dit-on) la » maison des voisins; ne prends pas de force les biens qui sont à côté de toi. » Ne » t'exclame pas alors contre ce que tu entends et n’en sois pas humilié. I] faut réfléchir » quand on est entravé par elle, que la gène de l'autorité se fait sentir aussi au voisin 2.» Belle leçon de solidarité sociale ! Ce n’est pas seulement la consolation mesquine par la considération du mal d'autrui. Ne croiraitont pas plutôt un pressentiment de la formule Kantienne du devoir : « agis de telle sorte que tu souhaites que ta volonté » serve de loi universelle » ?
La force n’est pas sa fin à elle-même. L'emploi auquel elle sert la fait juger. Brutale, capricieuse, égoïste, on la hait, on la honnit. Au contraire, mise au service de l’intelligence et de la justice, on la loue comme un mérite.
Avant tout, le rôle du puissant est un rôle protecteur. La force lui est donnée pour repousser la violence coupable, non pour l'exercer. La délégation d’une part de la toute puissance royale ne va pas pour lui sans une participation correspondante à la divine bienfaisance. Son devoir est donc de mettre à l’abri de l’injustice, non le détenteur de la force, mais le faible, le déshérité, qui ne peuvent se défendre eux-mêmes. Tous les grands, s’ils comprennent leurs devoirs, se vantent d'agir ainsi à limitation du
1 C£. Pran-Horrou, $ 7 (supra, p. #70).
2 Pran-Horrou, $ 31 (Pap. Prisse, x11,40 à x1v,4).