‹ Le Régime Pharaonique: Dans Ses Rapports Avec L'évolution De La Morale En ÉgypteChapitre 252 sur 433 · PROTECTION AUX FAIBLES · texte numérisé non relu

PROTECTION AUX FAIBLES

dieu même, Hor-Behoud « qui protège le faible contre le fort »!. C'est Antef qui « fait retomber la violence sur qui violente les » pauvre paysans; ...redouté dans le repaire du malfaiteur, il » protège le pauvre ; il est le sauveur de celui qu'un plus puissant » à dépouillé de ses biens »*. C’est sous le deuxième empire Thébain, Rekhmarà qui « protège les faibles de bras » et « réprime les auteurs de troubles et de violences »°, « retourne » à son auteur le mal fait au pauvre, au vieillard, à laffligé » {. C'est, au temps de la xxn° dynastie, Zodkhonsou qui, « protège » le bien des misérables, leur donne la force de son seigneur, re- » poussant la main qui s’en empare »°. C’est, sous Psammitik, Horarää « un protecteur qui sauve le misérable du puissant » 6. C’est encore Ounnofris, fils de Néftis, « qui défend les pauvres » contre les puissants pour aider tout le monde à passer en paix » 7. C'est Ouzahorrisinti qui a « protégé le faible contre le bras du » fort »°. Ce sont enfin tous ceux qui accueillent, écoutent, et « font prospérer les suppliants »°.

Contre l’ennemi du dehors, les grands aident le roi à protéger l’habitant du pays. Ils portent la guerre au loin; ils repoussent l’invasion. Mais les heures sombres viennent aussi : l'étranger pénètre sur le sol égyptien ; il réussit à implanter sa domination. Alors le devoir des grands est d’arracher aux fantaisies de l’ennemi triomphant les misérables vaincus, de sauver ce qui n’est pas irrémédiablement perdu. Les Pasteurs autrefois abattirent la monarchie et s’installèrent solidement au moins dans la Basse Égypte pendant plusieurs siècles. Les Assyriens parsemèrent de ruines

la contrée jusqu’en Thébaïde. La conquête des Perses l'éprouva à plusieurs reprises et pour plus longtemps; surtout Cambysès et

1 Nez mar m user : Edfou (Naville, Textes, xxx, 18; Mél. d’arch., I, p. 300). 2 St. d’Antef (Louvre C 26, 1. 17-18).

3 Tomb. de Rekhmarä, xviue d. (NewBenrry, Aekhmarä, pl. vir, 20-21, p. 19). 4 Jbid. (Virey, M.M.C., V, p. 13 et 165 ; supra, p. 485, n. 8. 5 Stat. de Zodkhonsouaoufânkh à Lougsor (2. Tr., XVI, 59). 6 Stat. d'Horaräà, xxvre d. (MarierTre, M. D., 29, À 38 et C 6-7; Peu, Æ. Z., 1887, 122). 7 Sarcophage d'Ounnofris (Mariette, M. D., pl, 59, p. 19; Bnucscm, Dict., p. 829). 8 Statue naophore du Vatican (Rev. Egq., p. 16; infra, p. 49,8). 9 Roud nekh : lorméhhâti, xme d. (Marerre, M. D., pl. 30, p. 11). Cf. supra, p. 484-485.

Artaxerxès-Okhos se rendirent odieux par leur tyrannie, leurs persécutions, leurs attentats contre la tradition, les mœurs et la religion nationale. Des patriotes se rebellèrent et tentèrent, parfois avec succès de chasser les envahisseurs. D’autres cherchèrent dans la soumission un point d'appui pour défendre, avec les leurs propres, les intérèts de leur clientèle. A lune et l’autre conduite, plusieurs princes locaux gagnèrent la couronne royale, ce qui montre bien qu’un bienfait n’est jamais perdu. Sans s’insurger, ni flatter, il y en eût qui usèrent de leurs restes d'autorité et d’influence pour résister pied à pied au vainqueur par des moyens pacifiques : ils ne perdirent pas toujours ni la vie, ni leurs biens, ni leur considération, et gagnèrent la reconnaissance de leurs compatriotes. Tel Zaho, fils d'Ouahabrà :

» chef dans sa ville, grand dans son nome, résident du TFanitique (Sokhit-Zan) un » brave défenseur de son nome, qui a protégé son nome après la conquête. Il a rempli » le cœur des chefs de sa ville, protégé celui qui n’est rien ; faisant appliquer les lois » sans prendre de milieu entre l'amour du vrai et la haine du mal. C'est un illustre, » grand premier de la ville, donnant la récompense à chacun. Palmier qui fait vivre

» tous les gens, asile de qui vient du dehors, le désir du craintif devant les supérieurs » est de le voir tel quel (?). Palme d'amour, grand donateur... 1. »

Tel aussi, sous Cambysès et Darios, le grand prêtre de Saïs Ouza-Hor-risi-nti. Il a souffert la persécution et l'exil, puis obtenu la faveur et la confiance : il en a usé pour faire le bien autour de lui, en commençant il est vrai par ses proches, mais ensuite aussi en étendant ses services à tous ceux qu'il put de ses compatriotes :

« J'ai sauvé, dit-il, ses habitants dans la très grande calamité qui a eu lieu sur la » Terre-Entière, telle qu'il n’y en a jamais eu de semblable dans ce pays ; arrachant le » faible de la main du fort, sauvant par ma crainte ce qui en restait et leur permettant » d'exister, bref leur faisant tout le bien au moment convenable pour le leur faire. Je » leur ai conféré la dignité de prophètes (à mes frères). Je leur ai donné la meilleure » terre, selon l’ordre du roi à tout jamais. — J'ai fait des tombeaux à ceux qui n’en » avaient pas. J'ai élevé leurs fils. J'ai rétabli leurs maisons. Je leur ai fait tous les biens » comme un père le fait pour son fils, pendant la calamité qui eut lieu sur cette terre 2, »

À l'intérieur aussi, même dans les temps de paix et de prospé-

1 Statue de Zaho, fils de Ouahabrä, 1. 3, ép. ptol. (Marrerre, M. D., pl. 107, I À; Brucscx, Dict. géog., p. 303 ; Danessv, À. Tr., XY, p. 153).

? Statue naophore du Vatican, côté droit (Brucscx, Thes. LI, 636-642; ne Roucé, Rev. arch. 1851 ; ReviccLour, Rev. Egq., 1880, I, 29 et 76).

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