‹ Le Régime Pharaonique: Dans Ses Rapports Avec L'évolution De La Morale En ÉgypteChapitre 256 sur 433 · SUBSISTANCE AUX AFFAMÉS · texte numérisé non relu

SUBSISTANCE AUX AFFAMÉS

une place parmi les plaisirs de la vie, à la libéralité pour les meurt de faim :

« Donne du pain à qui n’a pas de champ, et tu auras un bon nom pour toujours 1. »

Enfin Phibefhor ressaisit la chaîne des anciens préceptes et la relie au christianisme. Il renchérit sur ses devanciers ; il prône la charité qui non seulement prend de son superflu, mais sacrifie de son nécessaire :

» On n’est pas coupable seulement si on fait avoir faim à son prochain, mais si on ne » le fait pas vivre. — Que des approvisionnements soient laissés pour les dons à tous les » hommes. — Bonne est la misère de celui qui est satisfait de rassasier (les autres) de la

» nourriture qui est son surplus. — Bonne est la faim de celui qui sait rassasier ; la » honte ne lui parviendra pas 2. »

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L'enseignement est constant. Aussi lisons-nous fréquemment, sur les stèles funéraires, cette formule : « J’ai donné du pain à » l’affamé » *, qui se retrouvera au Livre des Morts“. Les variantes

abondent; par exemple : « Moi, j'ai donné du pain aux sans » pain” », ou plus énergiquement encore, par une figure hardie : « Je fus le pain de l’affamé » , ou « la nourriture de l'abattu » 7. Plus explicitement d’autres, après : « J’ai donné du pain à l’af- » famé », ajoutent : « J’ai rassasié celui qui n'avait rien »°; ou bien « Je fus l’eau de l’altéré » °: ou « J'ai donné de l’eau à celui » qui avait soif » !, « des viandes et de l'huile à celui qui en man-

» quait »!!. Sous d’autres formes, la même idée s'affirme en ces

mots : « J'ai fait vivre les hommes des biens de ma maison »",

4 Chant du harpiste, in fine (Masrero, B. Eq., VII, 406).

2 Sentences de Paiserxor, ch. vi, 16-17; ch. vin, 22 et 42-44 (J. As,, 1905, p. 200, 295, 232).

3 Rdu-nt tau n haker : Stèle de Khouou, f. d’Antouf,1x-x1° d. (2. Tr., XI, 83) ; — Stèle d'Amonemhäit, f. d’Antouf, xue d., Musée de Hanovre, n° 41 (2. Tr., XVII, 4) ; — Statue d'Haroua, xxive d. (Louvre À 84; Prenv, Z. cit., 171) ; Anonyme (Danessy, Ostraca, p. 97, ne 25,374).

4 Livre des Morts, ch. cxxv, 1.

5 Stèle de Pahâ à Akhmim, ép. saïte (BourranT, M. M. C., I, 374).

6 Stèle de Pétharpekhrodi, ép. S. (Dümicen, Xalendar. Inscr., pl. 42 ; BERGMANN, Ho pl. vi-vis; trad. Caapas, Æ. Z., 1869, p. 42-43 — B. Egq., XII, 52),

71 Stèle de Montounsisou, IL. 44 (Louvre C 1; B. Eq., VII, 158).

8 St. de Nakht-Khem, xvie d. (Louvre C 55 : Preu, Z. Æ., pl. 9, p. 12).

9 Stèle de Pét-Harpekhrodi (supra, n. 6).

10 Stèle de Pesnozemhâtinach, Akhmîm, ép. S. (BourranT, M. M. C., I, 377); — Stèle d'Horarâà (MarierTe, Mon. div., 29 A, 3; Preu, Æ. Z., 1887, 122).

11 Inscr. de Rekhmarûâ (Newserry, Life of R., pl. vi, L. 22).

12 Sarc. de Pnohemisit (BERGMANN, p. 11).

« J'ai fait vivre les pauvres » !. € Palmier qui fait vivre tous » les gens » *.

L'assistance aux pauvres et indigents se bornait-elle à des distributions sportulaires à la porte des riches ? Ou bien l'Égypte, terre bénie des scribes, a-t-elle connu quelque organisation rudimentaire analogue à l'inscription des bureaux de bienfaisance ou à une caisse corporative d'assistance mutuelle ? On serait tenté de le croire en relevant dans les papyrus du moyen empire au Fayoum l'expression de « pauvresses des carriers du canton » nord » appliquée à une veuve et à des enfants d'ouvriers”, puis en retrouvant celle de « pauvresse de la ville » au temps des Ramessides ‘, en voyant noter, parmi des comptes du Ramesséum, des pains distribués aux pauvres de Paasir *, en découvrant mème l’exemple d’un employé pensionné pour infirmités ©.

En tout cas, tout administrateur de ville ou de nome considère comme le premier de ses devoirs de ne laisser périr de misère aucun de ses subordonnés 7. Dès l’ancien empire, le baron Henkou a été Le bienfaiteur de son nome : il « a donné des aliments à tout » affamé de Douf, élevant des digues pour les gros bestiaux, ou- » vrant des bassins pour les petits bestiaux ». Montounsisou, gouverneur de Thèbes, sous la xu° dynastie se dit « la nourrice » des enfants, le pain des affligés, qui jamais ne fit défaut à la » ville du midi »°., Un gouverneur du nome Panopolite aux premiers temps de l’ancien empire Thébain, Antouf fils de Bouta, résume ainsi l’histoire de son administration :

1 Sänkh ket : Stèle d'Hor, fils d’Arit-Horou, ép. $. (Louvre C 412 : Prerrer, Rec. II, 53 ; PreuL, /nscr. II, p. 21). — Cf. Boknikhonsou, (supra, p. 478, n. 3).

2 Statue de Zahà fils d’'Ouahabrà, 1. 2, ép. Gr. (Caire : Daressy, 2. Tr., XV, 152).

5 Pap. hiérat. de Kahoun (Grrrrrs, pl. x1, 1. 1-7, p. 19-23; Maspero, B. Eg., NII, 197-431).

#(MareTre, Abydos, Cat., 854; Max Muirer, Æ. Z., 1888, 89, n. 1), — Cf. infra, Re : Pap. de Leyde I, 350, v, 8 (SrigceLBerG, 2. Tr., XVII, 160). et IV, xix° d. (MAspero, Notes, $ 8: Pr. S.B.A., 1890-91, p. 423-496 ; A. O.,

7 Un anonyme se vante d'avoir nourri Sa « ville, une année de disette, par amour, et » ee paysans, car il fut un bon chef de sa ville » (MARIETTE, Abydos, Cat., p. 97, s 8 Tombeau de Henkou à Déir-el-Gebrawi, 1. 11-12 (Davies, D. el G.. III, 24; Sera,

APT TEE 9 Stèle de Montounsisou, xu° d. (Louvre C 4 : Maspero, B. Eg., NIL, 158 ; H. O., I, 338),

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