‹ Le Régime Pharaonique: Dans Ses Rapports Avec L'évolution De La Morale En ÉgypteChapitre 286 sur 433 · ENREGISTREMENT DES ESCLAVES · texte numérisé non relu

ENREGISTREMENT DES ESCLAVES

les arbres qui se trouvaient sur les immeubles. Anna, qui inspecte le domaine d’Amon, est « scribe des jeunes gens du cadastre! ». Quand Bokniamon veut retrouver le cultivateur? syrien de son père Râmès, il s'adresse d’abord à une administration, celle d’un « préposé de la chancellerie » ? ; là, il apprend le nom syrien du fugitif, celui de ses père et mère, celui de son nouveau maitre‘. Les autres exemples cités par Chabas sont moins probants. Il y est bien question d’une déclaration faite à propos d’esclaves disputés : l'adversaire d'Enna « fit enregistrer pour lui le rôle dans » le temple de Ramsès Mériamon » *. Les esclaves réclamés pour Atéfamon et déjà arrêtés « furent contrôlés à Memphis»f. Les travailleurs de la nécropole de Thèbes, reconnus innocents dans la violation des sépultures royales, se voient. aussitôt après libération, consignés sur un registre (aouli) qui est déposé dans un des bureaux du gouverneur’. Mais dans ces trois cas, ne s’agit-il pas de pièces judiciaires, d’expéditions d’une requête ou d’une sentence, non de déclarations faites au moment de l'acquisition ou de l’embauchage? Quelle que fût d’ailleurs la nature de ces actes, l'enregistrement des esclaves n’en est pas moins certifié par ce mot d’un scribe moraliste : « On enregistre les samdotou: on » prend leur recensement » ‘. Seulement. la constatation de cet usage ne nous renseigne pas sur la question de l’esclavage ou du travail libre.

Mais tout en Égypte était inventorié, recensé, enregistré”. Terres et esclaves ne subissaient pas seuls cette formalité. Dans une lettre à son patron, Pentaour lui décrit ses occupations :

1 An neferou n pa apou (Brucscu, Æg., 269).

2 Honou écrit par la triple fleur (Cf. supra, p. 563, n. 5.

3 Mir khetem-pi.

4 Pap. de Bologne 1086 (Caapas, Mél. TITI, 232).

5 Snha-nt aouti : Pap. Anastasi VI, pl. x, 1. 5 (CuaBas, Mél., III, 15).

6 Neznez : Leide I, 368, pl. 179 (Caps, 1, 5 et 11).

7 Pap. Abbott, in fine (Cnapas, IIT, 132, 142; Masrero, Mém. Ac. Insc.), 1874.

8 Paisenou ndou, ou häou : Pap. Anastasi V, x, 5, et Sallier }J, im, 7 (Masrpno, G. Ep., p. 75). |

9 Un scribe du trésor, « yeux du roi pour la terre entière », s'intitule aussi « scribe du » recensement des redevances de la Double Terre » ; dn hoseb bok tooui (Stèle de Thotinofri, Turin : Oncunmi, ne 46; Liebe, Noms, n° 583; Pienr, À. Tr., IV, 122; Maspero, À. Tr., IV, 126).

entre autres, il « inscrit les ânes et les blés que l’on moissonne chaque jour »‘'. Dans les scènes d’apports, si fréquentes aux tombeaux de l’ancien empire, on voit des scribes prendre note non seulement des objets apportés, mais encore des vassaux qui les apportent. Les chefs de domaines sont comptés et enregistrés, comme le bétail et les grains*. Un papyrus de Leide conserve un ordre donné par le scribe Bokniptah à son collègue Kaouisar « d'établir une liste nominative? » : il devra « voir le nombre » des samdotou etdu personnel subalterne d’un temple, peut-être celuide Ptah, à Memphis, dont suit une liste assez désordonnée oùfigurent des ouvriers et employés de toutes sortes pêle-mêle avec des scribes, des conducteurs de travaux, le grand majordome, le chef des militaires etc., quelques-uns esclaves peut-être, la plupart libres sans doute “.Un papyrus deLondres parle de colons volontaires venus de l'étranger. Après avoir mentionné, dans son rapport de l'an VIII de Ménéptah, l’acccueil fait à des bédouins Édomites en quête de cultures et de pâturages, le scribe ajoute qu'il « les a fait porter » sur le rôle (smou) » avec « d’autres noms, à la date de leur » entrée »°. Au même papyrus, un scribe en mission à Éléphantine « passe en revue les fantassins et cavaliers des temples, ainsi que » les domestiques (samdolou) et jeunes gens (menhit) qui sont » dans les demeures des officiers de Sa Majesté », et il fera ensuite son rapport au roi. Parmi les papyrus de Kahoun, plusieurs portent des extraits de recensement des miliciens du canton nord de la ville? : chacun contient la déclaration d’un milicien pour lui et tous les membres de sa famille, mère, tantes, sœurs, enfants ainsi que des serfs s'il en a°, après avoir comparu et prêté

: Penraour, Lettre à Amonemantit (Pap. Sallier 1, 1v, 44-12: Guieysse, À. Eg., VI, 26-27). RUE A TON Poe een ons ciou Matae de 6600 LA

tabas de Râchopsès (L. D., IT, 61-62) et de Snozemab (L. D., II, 74 ci).

3 Dena: c'est, au déterminatif près, le nom du registre de lAmonium produit au moment des acquisitions d’Aouarod.

4 Pap. Leide I, 348, p. 1x,1. 6, sqq. etp. x, ve (Lepmans, pl. 449; Cnapas, Mél, IV,430-137).

5 Pap. Anastasi IV, pl. :v (Cuasas, Mél., II, 156).

6 Jbid., pl. 1v, 1. 8-40 (Masrero, G. Ep., p, 20).

7 Grirriru, Pap. Kahun, p. 20-23, pl. 1x; Masrero, J. des Sav., 1898, p. 98-113 — B. Eg., VIII, 447-451.

8 Avec la famille d’un khri-habi sont dénombrés les zaatiou, serfs perpétuels attachés aux domaines funéraires qu’il dessert lui-même, hommes, femmes et enfants.

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