NOMS INTERCHANGEABLES
des astiou!. Cependant il y a des miratiou tisserands ?, des samdotou métallurgistes® , des astiou ouvriers de toute sorte, maçons * , mariniers ° avec des chemsou®. C’est le chef des miralou qui porte l'ouvrage des bokitou’. Enna* réclame des serviteurs, qu’il appelle tantôt bo/ou tantôt miraltiou”, et des femmes acuaailou" volées, comme Atéfamon des chemsou fugitifs!!. Certains des voleurs de la nécropole ont fait enlever leur butin par des serviteurs qu’ils appellent successivement honou, chemsou et bokou®. Ramsès III met au dernier rang de la population de l'Égypte conjointement les chemsou.les honou et les samdotou* : le rapprochement de ces dénominations, décèle entre elles quelques nuances, mais ne ravale pas la condition des individus, car le roi ne laisse pas d'adresser à tous son grand discours du trône, ce qui ferait bien de l’honneur à de simples esclaves.
Des personnages de toutes conditions, ministres et parents du pharaon comme humbles travailleurs, se disent indifféremment chemsou, honou, bolou, soit des dieux, en ce monde aussi bien qu'en l’autre, soit du souverain, soit de particuliers". Les prêtres les plus relevés sont des noutir-honou. Le roi lui-même se nomme le serviteur (kon ou chemsi) des dieux. Même parmi
1L. D., I, 51, 61-62, 107; — Satire des métiers, $ 8. — Ostracon de Florence 2625 (Æ. Z., 1880, 97-98).
2 L. D., II, 126, scènes de tissage; III, 30 8, livraison d’étoffes; — Abvydos, Inser. dédic,, 1. 88.
3 Pakhar, Pap. Abbott, 1v, 13-14.
4 Satire des métiers, $ 9, etc.
5 Tomb. de Râäsokhemkha (L. D., II, 42 5) etc.
6 Ramsès III : Pap. Harris, 77, 1. 68.
7 Pap. 3230 du Louvre (Masrero, Pap. du L.).
8 Lettres d'ENNA : Pap. Anastasi VI, pl. 11, L. 8-9 : « 11 à pris les miratiou du temple » de Nebit-hotpou »; 1v, 4-5 : «les aouaaitou qu'il a prises et ne sont pas ses bokou »: iv, 9 : «les bokou qu'il a prises au temple de Nebit-hotpou » (Cnapas, HMeél., 15-16; J. Baiser, Noms, p. 21, n. 1).
9 Cf. le sacrilège menacé de la fuite de ses miratiou (Stèle d'Aouarod, loc. cit., p.564).
10 Pour aouaou — ouvriers, aoudit = atelier, voir Pap. Anastasi II, pl. vir, L. 1-3, et Pap. Salt I, vu, 3 (ct. Cuapas, Mél., III, 14-17); — paysans organisés militairement : Baucscu, Æg., 233 et 255: Dict., Suppl., 504-507; Enman, Æg., 186; — Cf. supra, ch. xux, p. 528, n. 5).
#1 Pap. de Leide I, 368, loc. cût.
12 Pap. Harris 499, v°, col. 1, 3-4 etc. (Revizzour, Actions, 145, 147-149, 155).
13 Grand Pap. Harris, p. 75, J. 2.
4 Cf. J. Baizzer, Noms, p. 5-9, 10-15, 24-26.
16 Au Rrtuel du culte d'Amon, ch. n (Pap. de Berlin, p. x, 1. 7 : Morer, p. 16), le prêtre qui officie au nom du roi dit : « Moi je suis le hon vivant de Râ! » — Dans une stèle de
les êtres divins, il y a des astiou, macons! ou mariniers ?, et des chemsou *. On dit indifféremment : un suivant (chemsi) qui sert el travaille (bok) pour tel ou tel maître, ou «un serviteur qui suit tel » maître» : et dans l'expression fréquente «un serviteur qui fait » honneur à son maître » ou autres analogues, bok et hon se rencontrent aussi souvent Fun que lPautre. Enfin, un mot unique désigne le maître que servent honou, bokou. etc., à savoir 726b, mot qui comporte aussi bien la simple direction que la pleme possession.
L'inscription sur les registres officiels dénoncera-t-elle l’esclave et le distinguera-t-elle de l’homme libre ?
Au premier abord, on peut croire qu’on tient le signe critique. En effet, on voit inscrire Les biens fonciers des propriétaires égyptiens sur une sorte de cadastre“. Aouarod, voulant transmettre un domaine à son fils, fait constater par Amon même que, après les ventes opérées pour le constituer, les scribes des grains de l’Amonium ont apporté les listes des champs de l’Amonium, qu'ils ont enregistré la nouvelle propriété entre le domaine d’Amon et celui du Pharaon, que les actes régulièrement dressés dans les bureaux administratifs du temple, mentionnaient les noms de chacun des vendeurs et le prix remis par l’acheteur*. Déjà, sous Amonemhâït 1, Khnoumhotpou rendait au roi témoignage de ce qu'il fixait les droits de chacun d’après des écrits antérieurs.
Il semble bien établi que les propriétaires d'esclaves fussent assujettis à une déclaration et une inscription analogues. Les employés du cadastre notaient les gens comme les têtes de bétail et
Karnak, le roi, Thotmès III probablement, offre l’encens et l’eau à une triade composée d’Amon, Aménôthès [er et la reine Ahmos Nofritari : il est désigné comme « suivant » du dieu » (nowtir chemsou : Navie, Ann. Musée Guimet, XXX, 1, pl. vi, p. 21)
{ Edfou (Dümicuen, Æ. Z., 1870, 3, pl. x, 1. 20).
2 Livre des Morts, c, 4, etc.
3 Notamment les Chemsou d'Horus, esprits de Pa et Dep, et 7 Lumineux.
4 Apou. Cf. le scribe chef du cadastre, sekha our n pa apou (Mamierre, M. D., pl. 81 ; Brucscx, Æg., p. 269); ou sekha-ahitou : cf. bureau du cadastre, asf sekha ahitou (Edfou, an 19 de Darius : Brucscn, Thes., 531, L. 5; Ægypt., p. 267).
5 Stèle d’Aouarod, 1. 4-8 (Æ. Z., 1897, 13-24).
6 Inscr. de Béni-Hassan (supra, Ch. vir, p. 276, n. 3).