‹ Le Régime Pharaonique: Dans Ses Rapports Avec L'évolution De La Morale En ÉgypteChapitre 298 sur 433 · DISTRIBUTIONS, SOLDE · texte numérisé non relu

DISTRIBUTIONS, SOLDE

Pentaour'. C’est par mensualités que l’on donnait aux ouvriers de la nécropole de Thèbes, des fèves, des cruches de bière, du bois et des grains ; ce sont les retards sur la livraison du blé au bout de chaque mois qui provoquent grèves et émeutes. D’autres papyrus relatent des distributions mensuelles (er fennou pa abod) : en particulier, celui qui assimile sous ce rapport les soldats mercenaires et les Apouriou qui trainent la pierre ?. Hérodote indique la ration journalière des militaires de service en son temps; mais il indique une moyenne, sans affirmer que la solde fut payée chaque jour ou chaque mois. Sous les Ptolémées, les Macédoniens en garnison à Memphis, et non dotés de terre, recevaient une paye mensuelle de 150 drachmes et de trois artabes de grains dont deux rachetables en argent?.

A côté de la rétribution en nature, on entrevoit, dans l’antiquité mème, l'emploi des métaux précieux. Avant que les mercenaires grecs reçussent, en paiement de leurs services, des drachmes ptolémaïques ou des dariques perses, avant qu’en Égypte on connût la frappe de la monnaie, on s’y servit, dans les échanges, de métaux précieux sous des formes diverses, estimés au poids *. Le paiement en métal, dont le réemploi reste libre, est une espèce de rétribution supérieure à la rétribution en nature qui peut ne correspondre qu’à la nourriture strictement nécessaire et immédiatement consommable. Or il semble avoir été usité en Égypte, non seulement pour les mercenaires des armées, mais même pour les classes inférieures de la population, et cela depuis

longtemps *.

1 Pap. Sallier I, 1v, 11 (supra, p. 589, n. 4). !

2 Kaouisar, Lettre à Bakniptah : « Je leur ai donné leurs grains chaque mois, selon » les intentions bonnes que m’a dites mon seigneur ». (Pap. de Leide T, 348, p. vi: Caapas, Mél., II, 144; IV, 125).

8 Voir B. Peyron, Papiri Greci del Museo Britannico, p. 33; Cmaras, Poids, mesures et monnaîes, p. 40, n. 1; W. Orro, Tempel, p. 379; Boucaé-Lecrerco, Lagides, IV, 44.

4 Les objets donnés en paiement de locations de services à Ghorab, sous la xvie dyn., sont estimés et ramenés en poids de métal à une sorte d'unité de compte, deben de 42 kit (Grirrirm, Pap. Kahun, pl. 39, p. 92-94; Maspero, B. Eg., NII, 457-460; Garnier, Æ. Z., 1906, XLIII, 45-47). Il en est de même des fournitures faites sous la xx° dyn. par des tenanciers du temple d’Amon (Pap. Mallet, Masrero, 2. Æg., VIII, p. 24-25; ErMAN, Æ9., 179). A RAONNEE

5 « Certains employés à la solde des temples recevaient 5 debenou par mois; il était » fait aux manœuvres (samdotou) des distributions en debenou de bronze. » (Pap. hiérat.

Le taux des rétributions en nature, pour ne parler que de celleslà, ne se lient pas uniformément aux environs de la ration minima. Il varie et souvent de beaucoup, suivant diverses circonstances. Le plus ou moins grand intervalle des distributions de vivres, la coïncidence de répartitions d’autres objets non mentionnés en même temps, peuvent expliquer certaines inégalités, mais non toutes les variations. Ainsi les papyrus de Turin montrent en deux pages de très grandes varialions !. Au papyrus de Leide 1, 350, des individus de toutes sortes reçoivent chacun par jour son pain blanc ou ses deux pains cyllestis, à l'exception toutefois des scribes qui touchent en sus une demi part de faveur*. [ei au contraire, il y a double inégalité. Dans une mème distribution les parties prenantes sont traitées différemment : leurs parts varient de quatre mesures * à un quart. Dans une seconde distribution, les parts augmentent dans des proportions variables ; mais les variations n’ont nullement pour but d’atténuer les différences qui croissent encore très sensiblement, quoique les rapports extrèmes reviennent de 1/16 à 1/14.

Dans ces variations entrent en ligne de compte de nouveaux éléments. On n'a pas voulu simplement fournir la nourriture ; mais on à considéré la quantité du travail exécuté. À une recrudescence de travail correspond sans doute une allocation supplémentaire. On a considéré, d'autre part, la valeur du travail. A

de Turin, p. 91,2; — Pap. Anastasi IIT, vi, 12 : Cnapas, Mél., I, 2: Poids, mesures et monnaies, p. 20; Maspero, G. £p., p. T1).

1 Un jour, on distribue les quantités suivantes de grains : aux portiers, À grande

mesure, — aux sergents (houtiou) 4, — aux hommes placés sous leurs ordres 2, — aux esclaves 1/4. Dans une autre distribution, aux portiers toujours 4, — aux sergents 7, — aux hommes 4 1/4, — aux esclaves 1/2. Une autre fois, les portiers

reçoivent 2 1/2. Tandis que la part des portiers ne change pas de la première à la deuxième fois, celle des esclaves monte au double sans atteindre la leur ; celle des hommes dépasse un peu le double; celle des sergents ne double pas tout à fait. de iv pl. 108, L. 4; pl. 109, 1. 46 et 23 ; pl. 409, 1. 21, 22 et 24 (CrHaBas, Poids, etc., p. 40-41).

2 Cf. supra, p. 589, n. 6.

$ La grande mesure étant évaluée à 60,73 litres par CHapas, « l’allocation minimum » d’un quart de grande mesure correspondrait à 18 litres de grain environ. Si la distri- » bution était faite pour un mois, la ration de l’esclave n’aurait été que de 0 L. 60 par » jour, c’est-à-dire inférieure à celle que les Corinthiens donnaient à leurs esclaves, au » dire d'Athénée, une chénice. Il n’y aurait là toutefois rien de bien invraisemblable ». (CHapas, Poids, mesures, monnaïes, p. 40-41).

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