SANTÉ ROYALE
Thotmès INT! et Thotmès IV?, Aménôthès IIL*, Ramsès III“ et Ramsès [V° laissèrent des souvenirs de leurs exploits. D'ailleurs la destruction des fauves et animaux dangereux rentrait dans le devoir et le rôle du roi protecteur de son peuplef.
Pharaon jouit de la santé des dieux, aussi bien que de leur longévité? et de leur plénitude de forces vitales. Osiris complimente Séti [ de posséder « la valeur, la force, la puissance, la santé de » ses membres comme Rà dans le ciel »f. Un scribe poète de cour adresse des vœux à Ménéptah comme à un simple mortel, mais un mortel favorisé de la nature : « Mène une vie agréable » jusqu'à ce que tu atteignes l'âge vénérable, ta lèvre saine, tes » membres robustes, ton œil voyant de loin »°. Fort bien, en théorie ! mais on cache la réalilé où, pas plus que le sage d'Horace, la maladie ni la mort n’épargnent Pharaon, præcipue
! Comme Sobekhotpou, Amounizeh gagna la faveur et « S’approcha de la personne du » dieu » (Thotmès III), grâce à ses talents cynégétiques, car «il courait les montagnes » et faisait la chasse, poussait en tirant de l’arc les bêtes sauvages » (#4. M. C. V, 355). Thotmès III profita de sa campagne sur les bords de l'Euphrate pour chasser les éléphants et en abattit 120 (Inser. d'Amonemhabi, 1. 22-93).
2 C'est « un jour qu'il faisait une chasse pour son plaisir sur la montagne du nome Memphitique..…. aux lions et aux gazelles » que Thotmès IV eut un songe mémorable où il entrevit sa grandeur future et à la suite duquel il désensabla le grand Sphinx. — (Brucscu, Æ. Z., 1876, 89-95 ; L. D., III. pl. 63).
3 Aménôthès III eut la passion de la chasse et voulut qne le monde en conservät la mémoire : stèles et scarabées racontent qu'il tua de sa main 102 lions. L'Egypte vivait tranquille sous son règne, Asiatiques et Africains se rappelaient les grands coups des Thotmès et pour remporter les triomphes traditionnels, il fallait provoquer la Nubie; mais Aménôthès se rattrapa contre les fauves, en sorte que l’on peut se demander s’il se reposait de la guerre par la chasse ou si la chasse l’attirait comme son but vrai, et si la guerre aux nègres servait seulement de prétexte à ses exploits cynégétiques. (RosELLINI, Mon. Stor., pl. xurv; YouxG, Hiéroglyphics, pl. 43 ; MarrertE, Catal. Mus. Boulaq, p. 196; Album, pl. 36 ; Abydos, WI, 538; MaccranNr, Catal. Mus. Florence, p. 87; Cnapas, £t., p. 391 ; Brrcu, Scarabæi, Rec. Past, I, XII, 40 ; WrïeDEMANN, Ægq. Gesch, 381, n. 6 ; Mas- PERO, Guide, p. 96 ; Æ. Or., II, 298, fig.)
4 Ramsès III s'était fait représenter à Médinet-Habou (2 pyl., flanc extérieur $. : Daressv, p. 183-184 et 190; Caparr, L'art ég., pl. 73) chassant en char dans la montagne ou près des marais et frappant gazelles, antilopes, onagres et taureaux sauvages.
5 Ramsès IV, moins hasardeux, faisait garder ses chasses; sans doute il préférait le rabat et ordonnait des battues dans la campagne (Pap. Mallet, fe 2: Masreno, 2. Tr., I, $ 1) pour son compte ou celui de ses grands officiers.
6 Plusieurs d’entre les fauves sont des incarnations de Sit, qu'un Horus doit combattre (cf. supra, p. 82). Tous les rois d'Orient, ceux d’Assyrie autrefois, ceux de l'Inde et de lIndochine encore aujourd'hui sont fiers de remplir ce devoir de guerre aux fauves.
7 Cf. supra, ch. 1, p. 14-15.
8 Inser. dédic. d'Abydos, L. 102 (Masreno, p. 63). Cf. « Toum te décrète sa durée de » vie en qualité de roi ; la vigueur et les forces sont réunies derrière toi, » (/bëid., 1. 105, p. 64).
9 Pap. Anastasi IV, pl. IT, I. 4.
sanus nisi cum pituita molesta est. Nous n'avons point de bulletins médicaux du double palais : mais la momie de Thotmès II porte encore sur sa peau les traces de la maladie éruptive qui le fit envoler au ciel! ; sur celle de Ramsès V papules et bubons décèlent la petite vérole qui lui fut fatale ; enfin, malgré la beauté divine de tout Pharaon, une indiscrète inspection de médecins modernes révéla que Siptah était pied-bot*.
$ 2, — Le roi protecteur de l'Égypte et vainqueur des étrangers.
Par sa force et sa vaillance le roi protège l'Égypte.
Attaquer l'Égypte est un sacrilège ; la sauver, une œuvre pie ; écarter de l'Égypte tout péril, la protéger contre ses criminels envahisseurs, la purifier du contact des impies qui l'ont souillée de leurs regards et de leur présence, c’est l'office du roi qui combat tout mal, du roi à la foi dieu et héros”. Sous sa tutelle, le pays peut vivre heureux, sûr que le roi le défendra contre ses ennemis, repoussera et anéantira quiconque violerait ses frontières, et les passera lui-même pour répandre au loin la terreur de son nom parmi les peuples qui ne le connaîitraient pas.
Le protocole des rois exalte leur puissance protectrice et rappelle leur victoires. Symboles, titres solaires ou mentions historiques concourent à inspirer à la fois du respect pour sa grandeur et de la confiance en sa protection victorieuse.
À plus forte raison, les légendes des bas-reliefs, les poésies chantées enl’honneur du maître, les-récits rédigés pour être lus sur les stèles ou la surface des pylônes, les discours sulennels prètés aux dieux ou prononcés par des sujets prosternés, traduiront-ils avec emphase la confiance du pays, les promesses d'assistance du roi ou la glorification de ses exploits sauveurs.
1 Masrero, À. Or., II, p.249, n. 3.
2? Maspero, Journal des Débats, 30 décembre 1908.
3 Voir l'anathème de Sénouserit LIT contre un successeur qui ne défendrait pas la frontière du Sud (supra, ch. un, p. 84).
PROTOCOLES PBELLIQUEUX 119
À son lever le soleil culbute et anéantit ses ennemis par lavertu du mü-khrôou. La victoire sur ses ennemis fait partie de l'héritage d'Horus et de celui du roi qui est un Horus. Qu'il l’obtienne par la vertu de sa parole toute puissante ‘ou par la force de ses armes, c’est le signe et la conséquence de sa divine souveraineté. Aussi là mention de victoires, escomptées ou réelles, s’incorpore-t-elle souvent au protocole des rois. Plusieurs inscriptions du Sinaï, illustrant des scènes où un roi sacrifie un ennemi, le qualifient « Zor-dm, V'Ho- » rus égorgeur » *. D'autres le nomment « le dieu grand qui frappe » tout pays * et massacre tous les barbares » ‘, ceux-ci désignés par leur nom : bédouins Monitiou, ou indigènes Anou refoulés par les légendaires compagnons d’Horus. Tantôt ces titres suivent le cartouche, tantôt ils s’en détachent pour encadrer le personnage royal.
Les protocoles des premiers Thébains rappellent plutôt les bienfaits du soleil. Ceux du nouvel empire, au contraire, manifestent souvent des idées belliqueuses : leur extension permet d'y introduire des souvenirs ou des promesses de triomphes sur les ennemis. Tantôt ils usent des mêmes expressions et nomment les mêmes barbares qu'autrefois ; tantôt de nouveaux adversaires y figurent. Un texte des pyramides disait : « Un grand taureau qui » frappe la Nubie, c’est Ounas, certes” ». Plusieurs rois, en tant
1 Thotmès III est « fort et juste de voix pour terrasser son ennemi : #2 ouser m md » khréou r skhert kher pef » (Annales, 1. 16 : L. D., IIT, 31 8; Brucscn, Dict., 579; Devénia, R. Tr., I, 14; Maspero, B. Eq., 1, 111 ; Morer, Rifuel, p. 164; Royauté, p. 298); — Ramsès II, « puissant, fort, juste de voix contre ses ennemis, nakhf ouser ma khrôou r keftou-f (Ramesséum : L. D., I, 162 ; cf. III, 135 8; IV, 25; Srerx, Æ. Z., 1877, 121-192). — Ménéptah, après sa victoire sur les Lybiens et les peuples de la mer, est mâti [khrôou] r kheftou-f (Stèle d'Israël, L. 14 : Srrscezserc, Æ. Z., 1896, XXXIV, 5, 13 et 19, n. 36). — Ramsès IIT a reçu « la voix juste de Min contre ses ennemis au ciel » et sur terre » (Médinet-Habou, Æymne à Min : Daressy, p. 125). — Voir supra, p. 82, n. 4.
2 Khoufou (Ouady Maghara : L. D., II, 2 8); — Pépi Ier : nutr nofr neb tooui Pepi Hor dma di àänkh neb (L. D., IX, 116 À; Serxe, Urk., 1, 91). — Plus tard : Thotmès IV : Xor dm ar khet (Konosso : L. D., IT, 69e); — Séti Le : or dma neb ar khet (Radésiéh : L. D., II, 140) ; — Ramsès II, Ibsamboul (Caampozcion, Mon., 17; Gureysse, À. Tr., VIII, 124).
3 Noutir aa da khastiou, Snofrou (Mus. Caire, ne 158 bis: L. D. II, 2 A; Brucson, Thesaurus, 1492 ; Serne, Urkunden, 1, 7). — Noutir à da Monitiou khastiou nebt, Pépi Ier (L. D., IT, 116 4).
£ Noutir dà sak Anou, Khoufou (L. D., II, 2 c). — Moutir dà da khastiou nebt, sak Monitiou nebt, Sahouri (L. D., II, 39 Fr; Brucscn, Thes., 1494; Serre, Urk., 1, 32). — Noutir dà da khastiou nebt, sak Monitiou, Ousirniri (L. D., II, 152 A; Brucscu, Thes., 4495: Serne, Urk., I, 53) ; sak noutir à Monitiou neb (Mus. Caire, n° 158). — Da khastiou
neb; Sak[Monit] da khast, Dadkari (Braucscn, Thes., 1494; Serue, Urk., I, 56).
* 5 Pyr. Ounas. L. 179 (R. Tr, IIL., 496).
qu'Horus d’or, s'appellent « le taureau puissant » ou « victo- » rieux » !. D’autres s’intitulent : «le taureau dompteur des pays » ?, le « chef puissant abatteur des Nègres »*, © l'Horus d'or battant » les Neuf-Ares » ‘, l'Horus d’or, grand du cimeterre, battant les
» Asiatiques » *, le « grand de vaillance frappant les Neuf- » Ares, le « seigneur de vaillance frappant les Asiatiques »’, le « seigneur du cimeterre, destructeur des Neuf-Arcs »°, le « fils de Rà assommant les centaines de mille »°, 1” « Horus
» d’or... brave contre les millions, victorieux des centaines de
» mille, massacrant les Syriens, assommant les Ethiopiens »",
le « Fils du Soleil écrasant le pays de Khéta »"”, et « assommant » les grands de la vile Ethiopie »"*, ou bien, en général, le « taureau fort qui frappe tout pays, qui réduit les terres » rebelles au néant », celui « qui frappe les princes des pays » éloignés de lui »"*, celui qui « saisit toutes les terres par sa » vaillance » ”.
Opposer les désastres des étrangers au bonheur de leurs sujets plait à Ramsès IT et à ses successeurs. Ils s’intitulent «le souverain » protecteur de l'Égypte, qui enchaîne les pays étrangers » ‘,
1 Ka nakht. Par exemple Ramsès ]IT (supra, p. 1; infra, p.125). Ahmès excepté, presque tous les rois des xvirre, xixe et xxe dynasties commencent ainsi leur nom d’'Horus.
2? Ka ouäf toou, Aménôthès [er : Porte de Karnak (LeGrai, 2e rapport, Ann., 1903, p.15).
8 Hiqg nakht sak Nehesou, Thotmès Ier : Graffitte de Tombos (L. D., EI, 5 8).
4 Hor noub hou Petti, Thotmès Ier : Obélisque de Karnak (L. D., II, 6).
5 Hor noub äa khopech, hou Satiou, Aménôthès I : Karnak, L. 70 (MarrerTe, Æ., pl. 35); Silsileh (L. D., IIT, 81).
6 Ad pouhti, sak Pettiou, Thotmès III : Karnak, salle des fêtes (Serne, Urk., IV, 556).
7 Sokhem pouhti dar Satiou, Aï: Stèle de Saqqarah (2. Tr., XVI, 193); Inscr. de Panopolis et Chataoui; Stèle de Berlin (L. D. III, 114); cf.: [dar] S'atiou, Aménôthès IT : Scarabée Ménascé (R. Tr., XVI, 62).
8 Sokhem khopech, dar Pettiou, Séti Ie : Inscr. de Radésiéh (L. D. III, 438 À, &, 4, 140 8 ; CHapas, B. Æq., IX, 31); Autel de Vienne-{R. Tr., XII, 6).
9 Si Ra, petpet hefennou, Séti Ier : Karnak, mur N. (L. D., III, 129). — Aha hefennou, Thotmès IIT : Scarabée (Perrre, Aist. Se., 1066; Serue, Urk., IV, 557).
10 Tanouro ni hebou, kent ni hefennou, smam Kharou, petpet Kaïichou, Séti Ier : Silsilis est (L. D., LIT, 141 6.).
#1 Ramsès IT : Ibsamboul, façade (L. D., III, 495, cf. énfra, p. 142).
12 Ramsès IT : Ibsamboul, scène d’immolation (L. D., III, 495 c).
13 Ramsès II : Stèle de Tell-el-Maskhouta (Maspeno, À. Arch., 1877, II, 233 — B. Eg., NII, 49.
4 How hiqou khastiou pehou sou, Thotmès III : Médinet-Habou (L. D., II, 38 A}, Karnak, {. c. (Serue, Urkunden, IV, 555), obélisque de New-York (Serae, 593, 599).
15 Di toou nebou m pouhti-f, Thotmès III ; Karnak, [. c. (Serue, Urk., IV, 556).
16 Ramsès II: Tell-el-Maskhouta (loc. cit.) ; Ibsamboul (L. D., XII, 195); Pap. mag. Leyde I, 348, p. rv et v; Lezmaxs, pl. 148; Cuaras, Mél. IV, 122.
PROMESSES DIVINES u 121
« le protecteur de l'Égypte, dompteur des Libyens » !, ou « des » nations » *, ou « des Neuf-Ares » *, « celui qui tient en respect » des centaines de mille, l’'épervier d’or très valeureux... qui » calme véritablement, qui donne la paix au double pays » ‘, le « chef suprème qui prend soin de l'Égypte et qui dompte les » nations » ?. Le nom des adversaires change suivant les époques et les règnes, ou même d’une inscription à l’autre. Ainsi, outre les exemples précédents, Ramsès Il « réduit le pays de Kouch » (Ethiopie) au néant, et fait cesser dans le pays de Khéta toute » opposition à ses ordres » °. Ménéptah « dompte Kazar, » empoigne les Libyens, endort la Syrie, taureau puissant contre » l'Éthiopie pour égorger le pays des Mâzaiou’ ». Ramsès I € à fait prisonniers les Asiatiques... a massacré les Neuf-Arcs » frappés dans leur propre pays »°; il « dépouille les Ta- » mahou et les Machaouacha devenus un monceau de morts » ?; il « agrandit l'Égypte et repousse les barbares » ©; « il » agrandit l'Égypte... et massacre les Tahonnou, sa crainte » est un bouclier pour l'Égypte » ‘’. Au contraire, Psammétik s'applique à frapper Anou et Satiou *, comme les rois archaïques.
Ces épithètes correspondent à une partie des discours des dieux dans les scènes de remise de la khopech". Le décret divin est l’origine des victoires et par suite des qualifications du roi. Dans les
1 Séti II : Tombeau (CHampozzioN, Mot. p. 459 ; XZXc d., 125.
2 Mäk Kamit, oudfou khastiou, Séti II : Stat. de Turin (Saarre, Æg. Zns., IL, 43 ; CHapas, XZXe d., 126) et Stat. de Karnak (R. Tr. XIV, 30).
3 Oudfou Pettiou : Ramsès IV : Obélisque de Karnak (L. D., IT, 6); Stèle d’Abydos (Prerrer, ev. Arch, 1869, p. 273).
4 Ramsès XII, Pap. Turin (CHapas, £f., p.141).
5 Atimäk Kamit, Ramsès II : Stèle de Médinet-Habou (L. D, IT, 218 ; Cuagas, #1, 290); Médinet-Habou, an XII, Décret de Ptah (Dümicuen, H. Z., 1, 7; Daressy, 64); an XI (Dümicuen, 13, Daressy, 69); « L'Hor d’or, etc. » (Danessy, p. 206).
6 Jbsamboul, façade (L. D., IIT, 195).
ITA URKTEARION CE Lefa Robu, sezer Khar, ka nakht r Kuch, r sma lo Mäzai. Temple d’Amada (Bourranr, R. Tr., XVIII, 159).
8 Médinet-Habou, an VIII (CuaBas, 246 ; Danessy, 92).
9 Zbid. an XI, 1. 14 (DümicHeN, pl. 18 ; LiepzeN, R. Tr., I, 96).
10 Zbid. an XI, 1. 24 (DümicHEN, pl. 18 ; Daressy, p. 82).
1 /bid. an V, 1. 1-3 (Daressy, 108).
12 Sak Anou, dar (?) Satiou : Sphinx d'Alexandrie (Daressv, Ann. Serv. Antiqg., 1905, p. 14, ne 39).
18 Cf. supra, p. 84sqq..
légendes des bas-reliefs, avant une expédition le dieu décrète le salut pour l'Égypte, la mort aux ennemis par les mains royales. Ainsi à Radésiéh, Amon dit à Séti [°:
« Prends ta Æhopech, roi fort, Hor puissant par tes arcs, pour abattre les grands de Kouch » la vile et couper leurs têtes ; tes âmes entrent anéantir leurs corps, comme Sokhmit » forte en sa tempête 1 ».
Sur un sphinx de l’isthme de Suez, Rà-Harmakhis dit à Ramsès IT:
« Je te donne... que ton sabre protège l'Egypte, élargissant ta frontière, que tu prennes » la Syrie, l'Ethiopie, les Libyens, les Arabes, les îles au milieu de la Grande Verte par » les prouesses de ton sabre [et que tu les amènes] vers PEgypte..…. Braves, forts, » [terribles] sont tes deux bras, et ta vaillance est comme celle de Sit; tu protèges » l'Egypte de tes deux cuisses et tu châties toutes les terres ?. »
La guerre terminée, au retour du roi, le dieu le complimente de ses actions, conquêtes et massacres. Par exemple :
« Amon-Rà... dit à... Ramsès II: Viens en paix, dieu bon, maître du glaive, qui t'es » emparé des barbares ; tu as été fouler les nations, tu as tranché la tête de leurs chefs : les étrangers qui s'étaient approchés de tes frontières sont abattus sous ton couteau. Des nations qui ignoraient l'Egypte viennent à toi, leurs tributs sur leur dos par suite des victoires que j'ai décrétées pour toujours Ÿ ».
D’autres désignations dans le protocole disent encore la puissance du roi. De par ses droits solaires et à l'instar de son père Amon, le roi est « taureau fort » “, titre qui d'ordinaire suit immédiatement celui d'Horus. Ce symbole signifie la vertu créatrice qui répand partout la vie ; mais il évoque aussi l’idée d’ardeurs belliqueuses, et tout naturellement s’y associe celle des combats et des victoires. Le roi s'appelle donc le « grand de forces » ou « de » victoires »°, le « grand de victoires en tout pays », le « grand » de forces, roi omnipotent »?, le « maître de la victoire qui s’em- » pare de tous pays »*, le « prince vainqueur »°, le « grand de