‹ Le Régime Pharaonique: Dans Ses Rapports Avec L'évolution De La Morale En ÉgypteChapitre 65 sur 433 · FORCE DU ROI · texte numérisé non relu

FORCE DU ROI

à Deïr-el-Bahari se prètent à tout examen’. Toutefois la taille de ces potentats ne répond pas toujours à leur renommée ?.

Plusieurs pouvaient s’enorgueillir de leur valeur musculaire. Amonemhäït [* était capablé de se tirer d'affaire tout seul dans une révolte du palais *. Aménôthès IT * était comme les héros d'Homère un athlète, chef de ses soldats non seulement par droit héréditaire, mais par la supériorité de ses avantages physiques ; comme Achille, il devançait dans la mèélée ses compagnons et faisait coin dans les bataillons ennemis: comme Ulysse, il n'avait pas son pareil pour décocher une flèche au loin et pouvait défier tout rival; son are n'aurait pu être bandé « par aucun dés guerriers de son armée, non plus que » par les rois des nations étrangères, ni par les guerriers de » Routen ° ».

Ils aimaient à dépenser leur force dans les exercices du

1 MaspPero, Momies royales, B. Eg., 1, 264-281; M. M. C., I; Guide, p. 323, 324, 337-348, 347.

2? Le plus grand et le plus ancien est Soqnounri III Tiouakhen (Räskenen), de la xvie dynastie. C'était un gaillard de 4" 85. Se fiait-il trop à sa force personnelle et se laissa-t-il entraîner par sa témérité au milieu des ennemis, ou fut-il enveloppé dans un désastre? Toujours est-il que cet Hector des guerres de l'indépendance périt sur le champ de bataille d’un coup qui lui fractura le crâne. Le grand conquérant, Ramsès If, le Sésostris des Grecs, dominait ses sujets du haut de 1" 80. Thotmès IT a encore 4" 77, et Séti Ier 4n 75. Les rois-prêtres de la xxre dynastie, Masahirti et Pinozem III ne mesurent plus que 4" 70 et 1" 72. Mais plusieurs descendent au-dessous de cette moyenne. Le roi libérateur Ahmos Ier, fondateur de la xvie dynastie, atteignait seulement 4 67, un peu plus petit que sa femme, la reine Nofritari, qu'égalait leur fils Amonhotpou I avec 1"69. La momie de Thotmès IT, qui renouvela les prouesses et les conquêtes de Thotmès Ier n'a que 4n 60 : füt-ce une des raisons pour lesquelles sa sœur Hatchopsou le tint si longtemps éloigné du trône? Brisée en plusieurs endroits dès l’antiquité, peut-être a-t-elle perdu de sa taille dans les restaurations. Enfin le roi Pinozem If, qui réunit toute l'Egypte sous son sceptre, était un tout petit vieillard de 1"54. Parmi les rois petits, il faudrait ranger encore Mirinrà Sokarimsaf de la vie dynastie, retrouvé dans sa pyramide à Saqqarah, mort jeune, il est vrai, et haut de 14" 66. Mais la taille ne donne pas le trône (quoi qu’en dise Villon), et le prince Zodfptahefônkh, tout « fils royal de Ramsès » qu'il s'intitule, quoique grand de 4" 77 et descendant des anciennes dynasties, vécut en simple particulier, sous le Bubastite Chéchonq.

3 « Ce fut après le repas du soir, quand vint la nuit, — je pris une heure de joie. — » Je m'étendis sur les couches moëlleuses de mon palais, je m’abandonnai au repos, — » et mon cœur commença de se laisser aller au sommeil; — quand voici, on assembla » des armes pour se révolter contre moi. — et je devins aussi faible que le serpent des » champs. — Alors je m'éveillai pour combattre moi-même, de mes propres membres ; » et je trouvai qu’il n'y avait qu'à frapper qui ne résistait pas. — Si je prenais un assail- » lant les armes à la main, je faisais retourner cet infâme ; — il n'avait plus de force » même dans la nuit ; on ne combattit point, — aucun accident fâcheux ne se produisit » contre moi. » (Pap. Sallier IT, pl. 1, 9, à nt, 3).

4 Sa momie a été retrouvée par Loret dans son tombeau inviolé, mais laissée en place.

5 L. D., TI, 65, 2. CE Odyss. ch. xx1; Cnapas, Ef., 393.

corps. Jeunes, ils s’exerçaient à la natation ! et à l’équitation?. Ils excellaient à monter en char.

Soit comme image de la guerre, soit simplement comme sport récréatif et hygiénique, la chasse * leur plaisait beaucoup. Les rois rivalisaient d’ardeur avec les particuliers. Amonemhäâït [* fut grand chasseur‘. Comme la cour de la 1v° dynastie”, celle de la xu® dynastie comptait un grand veneur°. Les Thébains reprirent encore sur ce point les anciennes traditions : Aménôthès 1*7,

1 Khiti Ier, prince de Siout, élevé à la cour d'Héracléopolis, apprit à nager avec les enfants royaux. (Inser. de Siout, 1. 22 : Marmæerre, M. D., pl. 68 b ; ne RouGé, Z. Æ., pl. 288: Brucsen, Thesaurus, p. 1904 ; Grirriru, Siut, pl. 15; Masrero, Rev. cril., 1889, H, 415. A. O., I, 456). — Le Livre des Pyramides suppose ce talent aux rois : « O! nocher...., ce Pépi est juste pour cette île de la Terre vers laquelle ce Pépi a nagé » et qu'il a atteinte. » (Pyr. Pépi Eer, 1. 400 ; Mihtimsaf, L. 570 ; Masrero, À. Tr., VII, 162; XI, 41: XIV, 188).

2 S'il faut reconnaitre un prince dans le cavalier du bas-relief Palagi à Bologne (Rosez- Li, Mon. civ. 120 ; Cnapas, Z4., pl. IL, p. #30-2). Cf. la figure mutilée de roi à cheval, dans le temple de Séti Ier à Radésiéh (L. D., IIT, 138 o); et les épithètes de Ramsès IT et Ramsès II (énfra, p. 129, n. 2 et 7). Voir Danessy, Ann. Serv., 1905, VI, 97-98, fig.

3 Dès l’ancien empire, la chasse nous apparaît comme un plaisir très goûté. Les tombeaux de Saqqarah, de Béni-Hassan et de Thèbes contiennent un certain nombre de scènes de pêche et de chasse, soit au boumerang, soit à l'arc, soit au filet, soit même à courre. Cf. Tombeaux : de Nibemkhout (Saqqarah, iv d.: L. D., IT, 12) ; — d’Ourkouou

(ve d.: Zbid., 43); — de Pehenouka (/bid., 46, bêtes du désert); — de Rachopsès (/b., 60); — de Snozemab (/b., 77); — de Ptahhotpou (/b., 96; Dümicaen, Aesul-

tate I, pl. 8-9; Masrero, 7. O. I, 63 fig.); — de Khounes (L. D., II, 1406); — de Ti (Saqqarah, vie d. : DümicHen, Resultate, t. 11, 10; Maspero, À. O. I, p. 62, fig.); — de Mererouka (Daressy, Mém. Inst. Egypt., 1898, 523); — de Sabni (Assouan, vie dyn.: ZX. Tr., 185; — de Khnoumhotpou (Béni-Hassan, xue dyn. : L. D., I, 430,

131, 132, 136, au marais et au désert) ; — de Rekhmaràä (Thèbes, xvime dyn.: M. M. C., N. 169); d’Amonemhabi {xvure, M. M. C., N, 273-274; Cnapas, Mél. IN, 297); — de Pehsouker (M. M. C., V, 305-306); — de Menkhoper (M. M. C., N,

33-336; — d'Amounizeh (M. M. C., V, 353 et R. Tr. VII, p. 44-45); — de Nakhti (M. M. C., NV, 479-481, fig. 4); — de Sénemaah (xvire, Cheikh-abd-el-Gournah, À. Tr, XII, 174); — d'Harmhabi (#. M. C., V, 429, pl. 6; Wizxinson, fig. 361, p. 102); — de Nébamon (xvmie Drah-aboul-négah : À. Tr., IX, 98-99); — Poignard de Nhiman, suivant du roi hycsos Apépi (Danessv, Ann. Serv. Antiqg., NIL, 115-120 et pl); — Sarcophage d'Ounnofir (MarieTTe, M, D., pl. 59, p. 19. — Cf. Erman, Ægypten, 322-334 ; WiLxisoN, Manners, 1878, Il, ch. 8, 78-135; Masrero, Lectures, 106-117, et A. O., I, 60-64. — Les deux déesses Sokhit et Heb présidaient à la pêche et à la chasse dans les marais (A. M. C., V, 106-107 et 273). k

# Devenu vieux, il se rappelait avec fierté et bonheur ses chasses au lion et au crocodile (Znstructions : Pap. Sallier IL pl. IL, L. 9).

5 Amden (Maten), au nombre de ses titres, quand ses charges l’appelaient près du désert, en porte un figuré hiéroglyphiquement par un chasseur tenant un chien (Stèle, L. D., II, 3; Masrero, £t., Il, 192; Serue, Urkunden, I, 2 et Ga).

6 Le « préposé aux marais de plaisance » qui préparait et suivait la chasse de son maître, et « posséda le cœur du souverain, lorsque $S. M. voulait se distraire et » se réjouir à son heure, en parcourant les marais de To-ché, et en naviguant sur » les lagunes, tuant (les fauves), chassant les poissons et les oiseaux, car il est le » Chasseur royal ». (Incr. de Sobek-hotpou : Musée Borély : 2. Tr., I, 108-110). Cf. Inscr. de Khnoumhotpou).

7 Aménôthès [er chassa le lion (Stèle du Louvre : RoseLzini, Mon. Stor. III, p. 110 et pl.2e; Masreno, Æ. Or. IL, 577 fig.)

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