‹ Le régime sec dans les suppurations bronchiques chroniquesChapitre 21 sur 25 · INTERPRÉTATION DES RÉSULTATS · texte numérisé non relu

INTERPRÉTATION DES RÉSULTATS

Le régime sec, comme traitement des suppurations bronchiques chroniques est tombé dans l'oubli depuis quelques années, surtout depuis que les beaux résultats de la chirurgie pulmonaire font entrevoir une guérison possible pour des maladies comme la bronchiectasie, jusque-là considérées comme incurables.

Cependant, le régime sec compte à son actif des améliorations durables au cours de maladies désespérantes par leur chronicité ; mais il ne faut pas vouloir en faire une panacée et vouloir en obtenir plus de résultats qu'il ne peut donner ; il ne peut que soulager pour un temps indéterminé, les troubles fonctionnels qui accompagnent des lésions constituées.

L'expérimentation du régime see amène aux constatations suivantes :

1° Il n’agit efficacement qu'en cas de grosse expectoration (plus de 100 cc.), et il la ramène, pour ainsi dire constamment, à 10 ou 20 cc., mais ne la tarit que rarement et il reste presque toujours une légère expectoration résiduelle.

2 L'amélioration se poursuit pendant des semaines, parfois pendant des mois, rarement pendant des années, et souvent, malgré la reprise d’une alimentation normale.

3 Les premiers jours de soif s’accompagnent d’une diminution impressionnante de la quantité des crachats, et l'amélioration se continue même si l’on redonne rapidement à boire au malade.

Les essais entrepris chez des adultes ou chez des enfants, dans des conditions d'âge, de milieu social, d’étiologie très différentes, incitent à diviser très schématiquement les suppurations bronchiques justiciables du régime sec en deux groupes.

1° Dans les cas favorables, le régime sec réussit toujours, et pendant un temps très prolongé. Ces cas favorables ne sont pas exceptionnels : ce sont ceux qui ont une tendance spontanée à la guérison ; telles sont les quelques rares bronchiectasies de l'enfance ; ce sont surtout les suppurations bronchiques « sine materia », entretenues à la faveur d’ingestion exagéré de liquide, au cours de troubles cardio-rénaux ou d’irritations locales. Chez ces malades, le régime sec amène une amélioration qui peut être durable, pour peu que le sujet continue à restreindre de lui-même l’usage des boissons. En général, le régime sec influence favorablement les expectorations très abondantes et très fluides, mais il demeure presque toujours une légère quantité de crachats irréductibles.

do Dans les cas défavorables, le régime sec n'apporte que des résultats illusoires. Tel est, malheureusement, le cas de presque toutes les bronchiectasies de l'enfance. Tel est, aussi le cas des expectorations de faible abondance, pour lesquelles le régime sec ne peut rien.

Le régime sec reste, malgré touf, un adjuvant utile de la médication pulmonaire ; il mérite d’être plus souvent essayé et devrait compléter plus souvent l'action des autres thérapeutiques pulmonaires ; enfin, il devrait jouer un rôle important dans le traitement hygiénodiététique de ces malades.

Page 1