OU A QUATRE FEUILLETS BRANCHIAUX
Sont sans comparaison les plus nombreux. Toutes les coquilles biyalyes, et quelques genres de multiyalves leur appartiennent. Leur corps qui renferme le foie et les yiscères, est placé entre les deux lames du manteau ; en ayant , toujours entre ces lames, senties quatre feuillets branchiaux striés régulièrement en trayers par les yaisseaux ; la bouche est à une extrémité, l'anus à ftkutre; le cœur du côté du dos; le pied, lorsqu'il existe, eit attaché entre les quatre branchies. Aux côtés de la bouche sont quatre autres feuillets triangulaires , qui sont les extrémités des deux lèyres , et servent de ten^ules. Le pied n'est qu'une maise charnue, dont les mouvemXts se font par un mécanisme analogue à celui de la langue des Mammifères. Il a ses muscles attachés dans le fond des yalves de la coquille* D'autres muscles, qui forment tantôt une tantôt deux masses, se rendent transversalement d'une yalve à l'autre pour les tenir fermées; mais quand l'animal relâche ces muscles, un ligament élastique placé en arrière de la charnière, ouvre les valves en se contractant.
pensent que les très petits bÎTalves qui remplissent dans certaine tes de l^Anodonte et de la Moule, n*en dont pas la progéniture,
(1) Quelques naturalistes saison les branchies externes
mais une espèce différente et parasite. Voyez à ce sujet la Dissert, de Jacobsen. Les observations de sir Everard Home semblent répondre à cette difficulté.
(2) Lamarck avait d^ahord changé mon nom ^Acéphales en celui à* A céphalée. De Blainville fait de mes A céphalée et de mes Brachiopodet y une classe qu*il nomme Acépha-
LOPHORES.
(3) Lamarck, dans son dernier ouvrage, a fait de mes Acéphales teêtacés, sa classe de&, Conchifèreê; et de Blainville son ordre des Acéphalophoreê lamoUibranchee ; mais c^est toujours la mémo c^hose.
Un assez g^rand nombre de bivalres possède ce qu'oa appelle un byssus, c'est-à-dire un^faisceau de fils plus ou moins délies^ sortant de la base du pied , et par lesquels l'animal se fixe aux difiërents corps. Il enploie son pied pour diriger ces fils et pour en coller les extrémités; il reproduit même des fils quand on lui en a coupé ; néanmoins la nature de cette production n'est pas encore bien constatée. Réaumur les croyait une sécrétion filée et comme tirée d^ans le sillon du pied ; Poli pense que ce n'est qu'un prolongement de fibres tendineuses.
La coquille se compose essentiellement de deux battants, auxquels s'ajoutent dans*certains genres , quelques pièces surnuméraires , et dont la charnière est tantôt composée d'un plus ou moins grand nombre de dents et de lames qui entrent dans des fossettes correspondantes.
Le plus souvent ces coquilles ont Ters la charnière une partie saillante que l'on nomme sommets ou nates.
La plupart ferment entièrement quand l'animal les rapproche ; mais il en est plusieurs qui ont toujours une ou plusieurs parties bâillantes , soit en avant, soit aux extrémités.
La première famille des Acéphales testacés , ou
Les Ostrag£s ,
A le manteau ouvert et sans tubes ni ouvertures particulières.
Ces MoUusq^s manquent de pied, ou n'en ont qu'un petit, et sont pour la^lupart fixés ou par leur coquille ou par leurs fils aux rochers et aux autres corps plongés sous l'eau. Ceux qui sont libres ne se meuvent guère qu'en choquant l'eau par une fermeture subite de leurs valves.
Leur première subdivision n'a qu'une masse musculeuse allant d'une valve à l'autre , ce qui se voit à l'impression laissée sur la coquille.
On croit devoir y placer des coquilles fossiles dont les valves ne paraissent pas même avoir été attachées par un ligament, mais se recouvraient comme un yase et son couvercle, et tenaient l'une à l'autre seulement par les muscles. C'est le genre
Ac^RDB, Bmg. oa Osteacitb, La Peyrouse,
Dont Lamarck fait une famille qu'il nomme Rvdistbs. Les coquilles en sont épaisses, et d'un tissu solide ou poreux : on y distingue aujourd'hui
ACfPHALES TESTACÉS. 75
Les Radiolites , Lamarck.
Dont les valves sont striées du centre à la circonférence. L^une est plate , Tantre épaisse, à peu près conique et fixée (1).
Les Sphérulitbs , Lametherie.
Dont les valves sont hérissées par des feuillets qui se relèvent inégalement. Et Ton croit pouvoir y ranger
Les Galcboles ,
Dont la valve est conique , mais libre , et Pàutre plane et même un peu concave , en sorte qu^ils rappellent la forme d^un soulier ; et même
Les HippuRiTBs ,
Dont une valve est conique ou cylindrique , et a en dedans deux arêtes Ion-
Situdinales mousses ; sa base paraît même divisée en plusieurs chambres par es cloisons transverses (2) ; Tautre valve fait comme un couvercle.
Les Batolithes , M ontf. 334.
Sont les Hippurites cylindriques et droites; elles s^alongent souvent beaucoup. Mai«ûl reste beaucoup d^incertitude sur tous ces corps (3).
Quant aux Acéphales testacés que l'on connaît bien à l'état Tivant , Linnaeus avait réuni sous le genre
Des Huîtres, (Ostria, L.)
Toutes celles qui n'ont à la charnière qa*un petit ligament logé de part etd*aatre dans line fossette , et sans dents ni lames saillantes.
Les Huîtres proprement dites (Ostrba, Brug.)
Ont le Ugament tel que nous Pavons indiqué , et leurs coquilles sont irrégulières, inéquivalves et feuilletées. Elles se fixent aux rochers, aux pieux, et même les unes sur les autres , par leur valve la plus convexe.
L^animal (Piloris, Poli) est un des plus simples parmi les Bivalves; on ne lui voit de notable qu'une double rangée de franges autour du manteau , lequel n^a ses lobes unis qu^au dessus de la tête , près de la charnière ; mais il n*y a nulle apparence de pied.
(1) LVspèce de Brug., 173, f. 1 , 23 , qui forme le genre A carde, Lam.^ ne paraît qu'une double épiphysede vertèbres de Cétacés. Les Discinss , Lam., ne sont que des Orbiculbs; on croit que les Gsaiiiis doÎTont aussi s*en rapprocher : les Jodamibs de De Franœ , ou BitosTams, Lam., ne sont que des Moules de SphéruliUê ou du moins des corps que Ton trouve toujours dans leur intérieur, bien qu'ils ne s'adaptent pas à leur forme. A^oy. Tessai de Charles Desmoulins sur les Sphérulite». #
(S) f^oytfs Deshayes, An. des Se. nat., juin 1825; et Ch. Desmoulins, Ipo., cit. Plusieurs HippuriU» ont été décrites par La Peyrouse , sous le nom impropre d'ÔrikocératUêt. Le Coîmucopiœ de Will. Thomson, Journ. de phys., ventôse an x, pi. u-, en est aussi une.
(3) Il y a même tout lieu de croire d'apra les obsenrations de Deshaies et de Audouin ^ qu'une partie de ces coquilles , avait deux impressions musculaires.
Tout le inonde connaît V Huître vulgaire (Oêtrea edulis. L.), que Ton Ta recueillir sur les rochers , et qu^on élève dans des viviers pour en disposer au besoin. Sa fécondité est aussi étonnante que son goût est agréable.
Parmi les espèces voisines on peut remarquer
Là petite Huttre de la Méditerranée, ( Ottrea cristala. ) Poli , 11 , xx.
Parmi les espèces étrangères , on doit noter VHuitre parasite, {Ostrea paras itica, L.) Ghemn. VIII, lxxiv, 691.
Ronde et plate , qui se fixe sur les racines des mangliers et des autres arbres de la Zone-Torride , que les eaux salées peuvent atteindre.
L^ Huttre feuille, ( Ostrea folium, L. ) Ib. lxxi , 662-666.
Ovale , à bordé plissés en zig-zag , oui s^attache par des dentelures du dos de sa valve convexe , aux branches des gorgones et autres lithophytes (1).
Lamarck sépare sons le nom de • Getphéis (Geyphaa, Lam. )
Certaines Huîtres, la plupart fossiles, d^anciennes couches calcaires et tchisteuses, où le sommet de la valve plus convexe saille beaucoup et se recourbe plus ou moins en crochet ou en portion de spirale. L^autre valve est souvent concave. La plupart de ces coquillages paraissent avoir été libres , quelquefois cependant il y en a qui semblent avoir eu le crochet adhérent (2).
On n^en connaît qu^une espèce vivante ( Griph, tricarinata.)
Les PiiGNBS , PÈLERINES OU Manteaux, ( Pbcten, Brug. )
Séparés avec raison des Huîtres par Bruguières , quoiqu'ils en aient la charnière, sont aisés à distinguer par leur coquille inéquivalve, demi-circulaire, presque toujours régulièrement marquée de côtes , qui se rendent en rayonnant du sommet de chaque valve vers les bords , et munies de deux productions anguleuses appelées oreillettes , qui élargissent les côtés de la charnière. L'animal (ârgds. Poli) n'a qu'un petit pied ovale (3) , porté sur un pédicule cylindrique au devant d'un abdomen en forme de sac pendant entre les branchies. Dans quelques espèces , reconnaissables à une forte échancrure sous leur oreillette antérieure , il y a un byssus. Les autres n'adhèrent point ; elles^ nagent même avec assez de vitesse , en fermant subitement leurs valves. Le manteau est entouré de deux rangées de filets, dont l'extérieure en a plusieurs terminés par un petit globule verdâtre. La bouche est garnie de beaucoup de tentacules branchus au lieu de quatre feuillets labiaux ordinaires. La coquille des Peignes est souvent teinte des plus vives couleurs.
(1) Les espèces d^Huttres sont difficiles à distinguer i^ cause de leur irrégularité; à ce> Mure se rapportent les Ostr, orbictdaris; — Fornicata, — Sinenêis; — Forakahlii; — Roêtrata; — f^irginica; — Comucopiœ; — Senegalensia; — Stellata ; — Ovalis; — Papyracea et les My têtus critta GaUi; — HyotU; — Frons, de Gmel. j et celles que Bruguières a représentées dans TEncycl. méthod., pi. 179-188.
Hais il est presque indubitable que plusieurs de ces prétendues espèces sont des variétés Fane de Tautre.
Ostr, semiaurita, Gualt., 84; H. est une jeune Aronde oiseau.
(9) Foy, Brug., Encycl. méthod., vers., pi. 189.
(3) Cest ce que Poli nomme mal à propos trachée alniominale.
La grande espèce de nos côtes ( Ottrea maxima, L. ) à valves convexes Taoe^ blanchâtre, l'autre roiissâtre, chacune à quatorze côtes, larges et striées sur leur longueur , est connue de tout le monde sous le nom de coquille de Saint' Jacques , de Pèlerine, etc.
Elle se mange.
On peut aussi remarquer la Sole de TOcéan Indien ( OUr. solea) , Chemn. VII , Lxi , 695 , à valves extrêmement minces , presque égales , Tune brune , Tautre blanche , à côtes intérieures , fine comme des cheveux , rapprochées deux k deux (1).
Les Limes (Lima , Brug.)
Diffèrent des Peignes par une coquille plus alongéç dans le sens perpendiculaire à la charnière, dont les oreillettes sont plus courtes, les côtés moins égaux , et oui forme ainsi un ovale oblique. La plupart ont les côtes relevées d'écaillés. Les val^s ne peuvent se joindre dans Fétat de vie , et Tanimal a à son manteau une quantité innombrable de filets de différentes longueurs sans tubercules , et plus intérieurement un large rebord qui ferme Pouverture de la coquille , et forme même un voile en avant. Le pied est petit comme dans les Peignes, et le byssus peu considérable. Les Limes nagent très vite au moyen de leurs valves.
Il y en a d^un beau blanc dans la Méditerranée ( Ostrea Lima, L ) Chemn. VII , lxviii , 661 (2).
Elle se mange. W
Les HocLBTTEs (Pbdvm., Brug. )
Ont la coquille oblongue, oblique et à petites oreillettes des Limes; mais leurs valves sont inégales , et la plus bombée a seule une écbancrure profonde pour le byssus. L'animal est assez semblable à celui des I^mes , mais son manteau ne porte qu'une seule rangée de petits tentacules, grêles. Son byssus est plus considérable.
On n'en connaît qu'une , de la mer des Indes (5).
On peut placer ici quelques coquilles, fossiles qui ont la charnière, leligament et le muscle central des Huîtres, des Pèlerines, des Limes, mais elles se distinguent par quelques détails de leurs lests.
Les HiHHiras, Defr.
Semblent des Huîtres ou des Pèlerines à petites oreillettes et à coquilles adhérentes , irrégulières et très épaisses , surtout la valve convexe. Il y a à la charnière une fossette pour le ligament (4). ^
(1) Ajoutez les qnatre-vingt-onxe premières espèces d* Ostrea de Gmel.; mais il s'en faut de beaucoup que toutes soient établies sur une bonne critique. Pour les espèces fossiles, consultez Sowerby (Minéral, concholog.), et Brongniart, ap. Cuvier, Oss. fo8ê,, t. 3,
eny. de Paris.
(2) Ajoutez Ottrea glacialia, Chemn., Vil, ixviii, 652-653; — Oatr. excavata, ib. 654 ; — Oêtr. fragiliêy ib., 650; — Ostr, Mans, Gualt., lxxxvmi, FF. G. Consultez pour les espèces fossiles, Lamarck, Ann. du Mus., VIII, p. 461; Brocchi, Gonch.foss., et Sowerby. min. Concb.
(3) Oêtrea spondylotdea, Gmel. Chemn. VIII, lxxxu, 6696-70.
(4) Tout récemment on a rapporté au genre Hinnile de Defr. quelques espèces viTtntes.
Les Plagiostohis , Sowerby.
Ont la coquille oblique des Limes , aplatie d*an côte , de très petites oreillettes, les valves plus bombées, striées, sans écailles, rouyertore du byssus plus petite (1). On les trouve dans les terrains antérieurs à la craie.
Les Pachttis, Defir.
Ont à peu près la forme des Pèlerines , la coquille régulière, de petites oreillettes; entre leurs sommets est un aplatissement transversal, qui, dans une des valves, a une forte échancrure triangulaire, au travers de laquelle passait ou se logeait le ligament. Ils se trouvent dans la craie (2).
liCs DiAifoioRBs , Sowerby.
Ont des valves inégales , obliques, dont une est adhévute, et a le sommet percé ; l'autre est libre , et a des oreillettes (S).
Les Posopsnss, Lam.
Ont des valves régulières, striées, sans opercules; Tune des deux a le sommet plus saillant, tronqué et adhérent; souvent ce sommet est tort épais , et forme à leur coquille une espèce de piédestal (4).
^^ûn doit rapprocher des Huîtres , quoique muItiTalves.
Les AifOHiEs, (Anohia, Brug.)
Qui ont deux valves minces , inégales , irrégulières , dont la plus plate est profondément échancrée à côté du ligament , lequel est à peu près comme dans les Hui|res. La plus grande partie du muscle central traverse
Poli) a un petit vestige de pied semblable à celui des Pèlerines, qui se glisse entre Féchancrure et la plaque qui la ferme , et sert peut-être à fiedre arriver Teau vers la bouche , qui est très voisine (5).
On trouve ces coquilles fixées à différents corps , comme les Huîtres. Il y en a dans toutes les mers (6).
Gray ( Ann. of. philos., août 183C) , en a décrit une sous le nom d'Hinniia gigantêa; Sowerby (Zoolog. journ., n** IX, p. 67), en a ajouté une seconde sous le nom d'il. conUiina; enfin, Deshaies rapporte à ce genre VOstrta êinuoêa, L. ; et il décrit une quatrième espèce Tirante, sous le nom d'Hinniieê Defraneii; Defrance a admis deux espèces fossiles, H, d9 Corteêi, BlainT. Malac. pi. lu, f . i^ et H, de DuhuUaon.
(1) Plagiosioma gigas, Sowerb. Encycl. méthod. test. PI. 258, f. 3, PI. kgvtgatum, Pnrkins. org. rem. 111 , pi. xiii , f. 6 ; et les autres espèces données par Sowerby, miner. conch.pl. 113, 114 et 383.
(3) Pachgioê Spinoêus de Fr. Sowerb. Cut. ossem. foss. II , env. de Par. PI. iv , 2 , a , b , c , et BlainT. malac. pi. ly , f. 2 : — Pach, hoperi, Sow. 380.
(3) Dianch. striata; — D. lata^ Sowerb. min.conch. pi. 80.
(4) Podopê, iruncatOf Encycl. pi. 188, f. 2, 6 et 7.; Cut. ossem. foss.j II , env. de Paris pi. y,f. 2.
N. B, De Blainyille regarde ces quatre derniers genres comme plus Toisins des Térébra" tuhêm Deshayes, au contraire , Ann. des se. nat. déc. 1 828 , les rapproche des Spondyles.
(5) Ce pied a échappé à Poli.
(6) Anomia ephippium, Gm. ; — À, cepa ; — A. elecfrica ; — A. squamula; — A.
ACÉPHALES TESTAGÉS. 79
Un petit genrevoisin de ces AnQinies est celui des
PiACimis, (Plagura, Briig.)
Qui ont des yalves minces , inégales et souvent irrégulières comme les Anomies , mais entières Tune et l'autre. Près de )a charnière en dedans, Ton Toit à l'une des deux , deux côtes saillantes formant un chevron.
Leur animal n'est pas connu , mais il doit ressembler à celui des Huîtres ou à celui des Anomies (1).
Les Spoiibyles, Vulg. Huîtres épineuses (Spondtlijs, L.)
Ont comme les Huîtres , une coquille raboteuse et feuilletée , souvent même elle est épineuse ; mais leur charnière est plus compliquée ; outre la fossette pour le ligament, analogue a celle des Huîtres, il y a à chaque valve deux dents, entrant dans des fosses de la valve opposée; les deux dents mitoyennes appartiennent à la valve plus convexe , qui est ordinairement la gauche, et qui a en arrière de la charnière un talon saillant et aplati comme s'il avait été scié. L'animal a, comme celui des Peignes ^ les bords de son manteau garnis de deux rangées de tentacules , et dans la rangée extérieure il en est plusieurs de terminés par des tubercules colorés ; au devant de son abdomen , est un vestige de pied en forme de large disque rayonné , à pédicule court , pouvant se contracter ou se développer (2). De son centre pend un filet terminé par une masse ovale dont on ignore l'usage.
On mange les Spondyles comme des Huîtres. Leurs coquilles sont très souvent teintes de couleurs vives. Elles adhèrent a toute sorte de corps (8).
Lamarck sépare des Spondyles ,
Les Plicatules, Lam.
Qui ont à peu près la même charnière , mais point de talon , et des valves plates , presque égales , irréguliéres , plissées et écailieuses comme dans beaucoup d^Huitres (4).
' Les Marteaux (Malleus, Lam.)
Ont une simple fossette pour le ligament, comme dans les Huîtres avec lesquelles Linnœus les laissait, d'autant que leur coquille est de même inéquivalve et irrégulière ; mais ils se distinguent par une échancrure à côté de ce ligament pour le passage d'un byssus.
L'espèce la plus connue (Ostrea malleus. L. Gbemn. Vlll, lxx , 655, 656), et qui est au nombre des coquilles n^rcs et chôrcs , a les deux bouts de la
aculeata; — yf. squama; — J . Punctata; — A, undulata , elles espèces ajoatéespar Bruguières , Encycl. méthod. vers. 1 , 70 et suivantes ; et pi. 170 et 171 . Les autres y^nomtes de Gmel. sont des Placunes, des Térébraiules et des IlyaleB,
(1) Anomia placenta , Chemn. VIII , lxxix , 716 j — An. sella y ib. 714. A'oy. aussi les planches 173 et 174 de TEncyclop. raéth. vers.
(2) Cest ce que Poli nomme trachée abdominale , dans le Spondyloj la Pèlerins ^ etc.
(3) Spondyluê gœderopus ^ Chemn. VII, xuv et suivantes, IX, cxv. — Sp. rsgiuê, id. xivi, 471.
(4) Spondylui plicatuê, L. Chemn. VII, xlvii, 479-482. — Plt'cat. JEgyptia, Savig. Ef^pt. Coq. pi. xiy , T. 5.
charnière étendus , et formant comme une tête de marteau, dont les valves , alongées dans le sens transverse, représentent le manche. Elle vient de PArchipel des Indes.
Il y en a d^aiitres qui , peut-être , ne sont que des jeunes , où la charnière n^est point prolongée. Il ne faut pas les confondre avec les Vulselles (1).
Les Vulselles (Vulsella. Lam.)
Ont à la charnière, de chaque côté, une petite lame saillante en dedans, et c'est d'une de ces lames à l'autre que se porte le ligament , semblable d'ailleurs à celui des pitres. A côté de cette lame est une échancrure pour le byssus comme danWes Marteaux.
La coquille s'alonge dans le sens perpendiculaire à la charnière. L^espèce la plus connue vient de la mer des Indes (2).
Les Perhes (Perita. Brug.)
Ont en travers de leur charnière plusieurs fossettes parallèles , opposées d'une valve à l'autre, et logeant autant de ligaments élastiques ; leur coquille est irr^gulière et feuilletée comme celle des Huîtres ; elle a du côté antérieur , au-dessous de la charnière , une échancrure par où passe le byssus. Linnœus les laissait aussi parmi les Huîtres (3).
On a récemment distingué des Pernes
Les Grbnatulbs, (Crbnatula. Lam.)
Qui , au lien de fossettes transversales sur une large charnière , en ont de petites ovales tout au bord , où elles occupent peu de largeur. Il ne paraît pas qu^elles aient de byssus. On les trouve souvent logées dans des éponges (4).
On a cru pouvoir rapprocher des Pernes quelques coquilles fossiles , qui ont de même à la charnière des fossettes plus ou moins nombreuses , se répondant et paraissant ainsi avoir donné attache à des ligaments; ainsi
Les Gervillibs, Defr.
Ont la coquille presque comme les Vulselles; mais avec une charnière en quelque sorte double ; l'extérieure k fossettes opposées , recevant autant de ligaments ;* Pintérieure garnie de dents très obliques à chaque valve. On en trouve les empreintes avec les Ammonites dans le calcaire compacte (ô).
(1) Oatrea vuhella, Cheron. VIII , lxx , 657 , dont VOatrea anatina, ib. 658-659 , n^est probablement qu^une Tariété accidentelle.
(2) Mya vuhella j Cheran. VI , ii , 10-11 ; — F, spongiarum, Lam. Sayig. Égypt. Coq. pi. xnr , fig. 3 ; — f^, Hians , Lam. Sav. t6. f. S.
(5) Oatrea iaognomum , Chemn. VII , lix , 584 ; — O. pema , ib. 580 ; — O. legutnen , ib. 578: — O. ephippiutn, ib. lvui, 576; — O. mytiloîdea, Herm. nat. de Berl. Schr. II , IX , 9.
(4) Oatrea picota , Gm. Chemn. VII, lviu, 575, ou Crenatula phasianoptera , Lam. Encycl. méthod. test. pi. 316, f. 2 ; — Crenatula avicularia, Lam. Ann. du Mus. III , p). Il, f. 3, 4; — Cr, mytiloîdea, id. ib. f. 1 et 2. Foyes aussi la Descr. de TEg. coq, pi. xu.
(5) Gertilia aoUnoïdea, Defr. Blainv. Malac. lxi , 4. — G. pemoïdea, Deslonchamps, soc. lin. du Calvados, T. 116. — G. ailiqua, id. ib. etc.
Les IivocÉRAMis, Sowerb.
Se font remarquer par réiévation et Tioégalité de leurs valves, dont le
sommet se recourbe en crochet vers la charnière , et dont la texture est lamelleuse (1).
Les Gatillbs, Brongn.
Ont, indépendamment des fossettes pour le ligament, un sillon conique, creusé dans un bourrelet qui se reploie à angle droit, pour former un des bords de la coquille. Leurs valves sont à peu près égales ^ et de texture fibreuse. Us paraissent avoir eu un byssus (2).
Les PuLviNiTBS , Defr.
Ont une coquille triangulaire régulière ; et ses fossettes, eu petit nombre , divergent en dedans du sommet. On les trouve en empreinte dans la craie (3).
La seconde subdivision des Ostracés^ ainsi que presque toutes bÎTalyes qui suivront , a , outre la masse musculaire transverse unique des précédentes , un autre faisceau allant d une yalve à l'autre et placé en avant de la bouche.
C'est dans cette subdivision que paraissent devoir être placées
Les Ethéries, (Ethbria. Lam.)
Grandes coquilles, à valves inégales, autant et plus irrëgolières que les Huîtres , dont la charnière n*a point de dents, et où le ligament, en partie extérieur , existe aussi intérieurement. Elles diffèrent surtout des Huîtres , parce qu'elles ont deux impressions musculaires. On ne voit pas que leur animal produise de byssus (4).
On en a récemment découvert dans le haut Nil (5) .
Les Aroitdks (Avicula. Brug.)
Ont une coquille a valves égales , à charnière rectiligne , souvent alongée en ailes par ses extrémités , munie d'un ligament étroit et alongé , et quelquefois du côté de la bouche de l'animal, de petites dentelures. Le ê&té antérieur, un peu au-dessus de l'angle du côté de la bouche , a une échancrure pour le byssus. Le muscle transverse^ntéfleur est encore excesiivement petit.
On nomme Pintadinbs , Lam. (Margarita, Leach.), les espèces à oreilles moins saillantes.
La plus célèbre est VAronde aux perles (Mytilus margaritiferus , L.), Ghemo. VIII, lxxx, 717-721. Sa coquille est à peu près demi-circulaire
(1) Inoceramuê conceniricus, Parking, Cuv. Ossem. foss. Il, pi. vi , f. 11 ; — In, Sultabu, id. ib. f. 19.
(3) CatiUuê Cuvieri, Brong. Cut. Osa. foss. II, pi. iv , f. 10. (5) Pulvinitea Adantonii j Dcfr. BlainY. Malac. LXii, bis, 3.
(4) Etheria elliptica , Lam. Ann. du Blas. X, pi. xxix et xxxi ; — Eth. trigonula, ib. pi. JXxi — Eik. temilunarû, ib. pi. xxxii, f . 1 , 9 ; — Eih, tramveraa ^ ib. f. 3 et 4.
(5) Etheria CaiUaudi, Voyage de Caillaud a Méré, tome II , pi. lxi , f. 2 et 3.
verdâtre en dehors . et du plus beau nacre en dedans. On emploie ûé Dacre pour toute sorte de bgoux, et ce sont ses extravasions qui prodillsent les perles d^Orient , ou perles fines , dont la pèche se fait par des plongeurs , principalement à Geyian , au cap Gomorin , et dans le golfe Persique.
On réserve le nom d^ÂvicuLss pour celles dont les oreillettes sont plus pointues et la coquille plus oblique. Il y a à la charnière , en avant du ligament, un vestige de dent dont au reste on apercevait déjà la trace dans les Pintadines.
Nous avons dans la Méditerranée Vjirontie oiseau , {Mytilus hirundo, L.) , Cli«mn. VIIl , lxxxi , 722-728. Singulière par les oreillettes pointues qui prolongent sa charnière de chaque càté. Son byssus est grossier et robuste; il ressemble à un petit arbre (1).
Les Jahbonneaux (Pinna. L.)
Ont deux valves égales, en forme de segment de eercle ou d*ëyentail à demi-ouvert, lesquelles sont étroitement réunies par un ligament le long d*un de leurs côtés. L'animal (CniHiSRA , Poli) est alongé comme la coquille; ses lèvres , ses branchies et toutes ses parties suivent cette proportion. Son manteau est fermé le long du côté du ligament ; son pied est en forme de petite langue conique et creusée d*un sillon ; il a un petit muscle transverse dans Tanglc aigu des valves , vers lequel se trouve la bouche , et on très grand dans leur partie élargie. A côté de son anus , qui est derrière ce gros muscle , est attaché un appendice conique, particulier à ce genre, susceptible de gonflement et d*alongement , et dont on ignore Tusage (2).
Le byssus de plusieurs espèces de Jambonneaux est fin et brillant comme de la soie , et s^emploie pour fabriquer des étoffes précieuses.
Tel est principalement celui du Pinna nobilis, L., Ghemn. YIII, lxxxix, qui se reconnaît de plus à ses valves hérissées d^ccailles relevées et demitubuleuses. Ges coquilles se tiennent à demi-enfoncées dans le sable et ancrées au moyen de leur byssus (3).
Les ÂRCHKS (Arca. L.) (4)
Ont des valves égales , transverses , c'est-à-dire dont la charnière occupe le long côté. Elle est garnie d'un grand nombre de petites dents qui engrènent dans les intervalles les unes des autres , et comme dans les genres qui vont suivre , deux faisceaux de muscles transverses , insérés aux deux bouts des valves , et à peu près égaux , servent à rapprocher les valves.
Les Arches proprement dites (Arca. Lam.)
Ont la charnière rectiligne , et la coquille plus alougéc dans le sens parallèle à la charnière. Leurs sommets sont généralement bombés et recourbés au dessus de la charnière , mais écartés l'un de Tautre. Le milieu des valves ne ferme pas bien, parce que l'animal (Daphne, Poli) a au devant de l'abdomen
(1) On en fait aujourd'hui plusieurs espèces, f^oyes Lam. An. sans yerl. VI, première part. p. 14G et suivantes.
(2) Poli lui donne encore le nom de trachée abdominale , tout aussi improprement qu*aux vestiges de pied des Peignée et des Spondyles,
(3) Tout le genre Pinna peut rester tel qu'il est dans Gmel. en obseryant toutefois que quelques espèces rentreront peut-être les unes dans les autres, f^oycs aussi Lam. An. saus vert. VI , première part. p. 130 et suivantes, et Sowerb. Gen. of. Sb. 26" livr.
(A) De Blainville fait du grand genre Arca, sa famille des Arcacées ou Polyodontes.
une placpie de substance cornée , ou un ruban tendineux , qui lui tient lieu de pied , et par lequel il adhère aux corps sous-marins. Ces coquilles se tiennent près des rivages , dans des endroits rocailleux. Elles sont ordinairement couvertes d^un épiderme velu. On les recherche peu pour la table. Il y en a quelques espèces dans la Méditerranée (1) , et un grand nombre d^espèces fossiles dans les terrains antérieurs à la craie , surtout en Italie.
Lamarck sépare , sous le nom de Cdccllées , quelques Arches , où les dents des deux bouts de la charnière prennent une direction longitudinale (2).
On devra probablement aussi en séparer les espèces à côtes bien marquées , h bords complètement fermants et engrenants; car on doit croire que leur animal n^est pas fixé , et ressemble plutôt à celui des Pétoncles (3).
Il faut encore plus sûrement en écarter Vjdrca tortuosa , Chemn. VIII, lui, 524 , Ô25, à cause de sa figure bizarre et de ses valves inégalement obliques (4).
Les PÉTONCLES ( Pectuncclus. Lam. )
Ont la charnière en ligne courbe , et la coquille de forme lenticulaire. Les valves ferment toujours exactement , et ont leurs sommets rapprochés Tun de Pautre. L^animal (Axinea, Poli) a un grand pied comprimé , à bord inférieur double, qui lui sert à ramper. Elles vivent dans la vase. Nous en avons quelques-unes sur nos côtes (5).
V Les NucuLES de Lam.
Sont des Arches où les dents sont rangées sur une ligne brisée. Leur forme est alongée et rétrécie vers le bout postérieur. On ne connaît pas leur animal , mais il est probable qu^il s^éloîgne peu des précédents (6).
Depuis long-temps nous avions placé ici
Les Tbigohies, Brug.
Si remarquables par leur charnière munie de deux lames en chevron , crénelées à chaque face , pénétrant chacune dans deux fossettes ou plutôt entre quatre lames du côté opposé , crénelées de même sur leurs parois internes. La coquille faisait déjà juger par ses impressions intérieures qu'au moins l'animal n'avait pas de longs tubes.
Quoy et Gaymard viennent de découvrir ce genre à l'état de vie. L'animal a , en effet , comme les Arches , un manteau ouvert sans orifice séparé, même pour l'anus. Son pied est grand , tranchant et en forme de crochet à sa partie antérieure.
(1) Arca Noœ, Chemm. YII, lui, 529-551 ; — Arca barbota, id. liv, 535-537; — J. ovata , ib. 558 ; — A. mageUanica , ib. 539 ; — -^. reticulata, ib. 540 ; — ^. candidat id. LV, 542-544; — A. indica, ib. 6AZ;—Arcacancellata, Schrœt. inlr. Ill, ii, 2.
(2) Arca cucuUata, Chemn. VII , lui , 526-528 ; — Cucullœa crassatina , Lam. Ann. du mus. VI, 358.
(3) Arca antiquata, L. Chemn. VII , lv, 548-549; — A, senilis, id. lvi, 554-556 ; — A. granoaa, ib. 557; — A. corbtcutata, ib. 558-559; — A. rhomhoîdea, ib. 5^3; — A, JamaîcensU, List. 229, 64.
(4) Oken en a fait son genre Trisis.
(5) Arca piloea, L. Chemn. Vil, lviii, 665-566; — Arc. glycimeris , ib. 564; — A, deeusêatOf ih. 561 ; — y/, œquilatera, ib. 562; — A. undata, ib. 560; «- ^- *'"*'^ morala,ïb. 563; — Arc. pectunculua, id, hYiu ^^6S-0 ; — Art. pectinata, nf. 570-571.
(6) Arca peilucida, Chemn. VII , liv, 541 ; — Arca roêirata, L. id. lv, 550, 551 ; — A. ptUa , ib. 546; — Arc. nucleus, id. lviii, 574.
Les Trigonies vÎTantes ressemblent aux Bucardes par la forme de leur coquille et les côtes qui les sillonnent. Leur intérieur est nacré (1).
Les Trigonies fossiles sont assez différentes. Leur coquille est aplatie d^un côté , oblique , plus longue dans le sens perpendiculaire à la charnière , et traversée en sens contraire par des séries de tubercules (2).
La deuxième famille des Acéphales testacés , ou
Les Mytilagés ^
A le manteau ouvert par devant , mais avec une ouverture séparée pour les excréments.
Tous ces Bivalves ont un pied servant à ramper, ou au moins à tirer , à diriger et à placer le byssus ; on les connaît vulgairement sous le nom générique de Moules.
Les Moules propres ou Moules de mer (Mttilus, L.)
Ont une cocpiille close , à yalves égales , bombées , en triangle. Un des côtés de l'angle aigu forme la charnière et est muni d*an ligament étroit et alongé. La tête de l'animal est dans l'angle aigu; l'autre côté de la <^ quille qui est le plus long , est l'antérieur, et laisse passer le byssos ; î\m termine par un angle arrondi , et le troisième côté remonte vers la charnière, à laquelle il se joint par un angle ohlus ; près de ce dernier est l'anus, ▼is-à-vis duquel le manteau forme une ouverture ou un petit tube particulier. L*animal (Cailitriche , Poli) a les bords de son manteau garnis de tentacules branchus vers Tangle arrondi , parce que c'est par là qu'entre l'eau nécessaire à la respiration. Il y a un petit muscle transverse en avant près de l'angle aigu , et un grand en arrière près de l'angle obtus. Son pied ressemble à une langue.
Dans les Moules proprement dites , le sommet est tout près de Tangle aigu. Il y CD a de striées et de lisses.
La Moule commune ( Mytilus edulis. L. )
Est répandue en abondance extraordinaire le long de toutes nos côtes, où elle se suspend souvent en longues nrappes , aux rochers , aux ^ieux , aux vaisseaux , etc. Elle forme un article assez important de nourriture , . mais elle est dangereuse quand on en prend trop (3). On en trouve quelques-unes à Fétat fossile (4).
(1) La trigonie nacrée y Lam. An. du mus. IV, lxvii, 1.
(2) Trig, scabra, EncycL. mélhod. pi. 237, f. 1; Tr, noduloaa, ib. 2; — Tr. navù^ ib. 3 ; — Tr, aspera , ib. 4. f^oyes aussi Parkius, Org. rem. III , pi. xn.
(3) Ajoute» Mytiluê barbatus, L. Chemn. VIII, lxxxiv, 749; — M. angulatuêy ib. 756; — Af, bidens, ib. 742, 745; — M, afer, ib. lxxiiii , 75»-74l ; — M, smaragdinua, ib. 775; »— M, vereicolor, ib. 748; — M, Uneatus, 753 ; — iW. exustus, ib. 754;
— M, striatulus^ ib. 744; — M, bilocularis , ib. Lxixii , 730 ; — M- vulgarité ib. 732;
— AT, saxatilisy Rumph. Mus. xLVi , D. ; — Af, fulgidus, Argenv. xxii , D. ; probablement le même que Mya pema, Gm. Chemn. VIII , lxxxui , 738; — M- azureuê , ib. H.; — M, murinus, ib. K. ; — if. puniceus, Adans. I , xv , 2; — 7^f. niger, ib. 3 ; -- Jlf . tovigatus ^ ib. 4, etc. ; mais il faut remarquer que plusieurs de ces espèces pourraient bien rentrer leff iines dans les autres.
(4) Brongniart a cru devoir en faire un sous-genre qu^il nomme Mytiloîde. (Ap. Cav. ossem. foss. tome II , pi. III , f. 4.)
Lamarck a séparé des Moules
Les MoDioLEs, (MoDioLus. Lam. )
Où le sdtnmet est plus bas et vers le tiers de la charnière. Ce sommet est aussi plus saillant et plus arrondi , ce qui rapproche davantage les Modioles de la forme ordinaire des Bivalves (1).
On pourrait en séparer encore
Les LiTHODOMss, ( LiTHODOMvs. Cuv. )
Qui ont la coquille oblongue presque également arrondie aux deux bouts , et les sommets tout près du bout antérieur. Ils se suspendent d^abord aux pierres , comme les Moules communes , mais ensuite ils les percent pour s^j introduire et y creusent des cavités, dont ils ne sortent plus. Une fois qu^ils y ont pénétré , leur byssus ne prend plus d^accroissement (2).
L'un d'eux (MytHus lithophagus. L.), Chemn. VIII, lxxxii, 729, 730, est fort commun dans la Méditerranée , où il fournit une nourriture assez agréable , a cause de son goût poivré. .^
Il y en a un {Modiola caudigera , Encycl., pi. 221 , flP) , qui a au bout postérieur de chaque valve un petit appendice très dur, qui lui sert peut« être à creuser sa demeure.
Les ^l'ODOims ( AiioDoifTEs. Brug. ) Vulgairem. Moules d'étang.
Ont l'angle antérienr arrondi , comme le postérieur ^ et l'angle voisin de Faniis obtus et presque rectiligne ; leur coquille mince et médiocrement bombée , n'a point de dents du tout à la charnière, mais seulement un ligament qui en occupe toute la longueur. L'animal ( Litnnœa y Poli ) manque de byssus : son pied , qui est très grand , comprimé , a peu près quadrangulaire , lui sert à ramper sur le sable ou sur la vase. Le bout postérieur de son manteau est garni de beaucoup de petits tentacules. Les Anodontes vivent dans les eaux douces.
Nous en avons ici quelques espèces , dont une fort grande ( Mjrtilus cy' gfieuif L.) , Chemn. YIII, lxxxv, 762, qui se trouve dans toutes nos eaux à fend vaseux. Ses valves minces et légères , servent à écrémer le lait. On ne peut la manger, à cause de son goût fade (3). Lamarck distingue sous le nom uIbidine (Ibidina) une espèce oblongue
(1) Mytiluê modiolusy Chemn , YIII , lxxxv, 757-760 , et celui de Mûll. Zool. dan. II , im , qui parait d^une autre espèce; — M, discors, Chemn. VIII , lxxxxiv, 764-68; — M. lêstaeeuê , Knorr. Yergn. lY , v , '^ , etc.
(2) Sowerby a contesté ce fait, qui a cependant un bon garant dans Poli, témoin oculaire ; Test. neap. II, p. 915. La pi. xxxii du même ouvrage, fig. 10, 11 , 12, 13 , prouve «usfi que Tanimal du Hthodome ressemble aux Moules et non pas aux Pkolades, ni aux Pétricoleê.
La matière dont les Ltikodomes, les PIkoJades, les Pétricoles et quelques autres Bivalves creusent les pierres , a donné lieu à des discussions ; les uns croient y voir Teffet de Taction mécanique des valves; d^autres celui d*une <^olution. Voy. le mém. de Fleuriau de Bellevue , Joum. de phys., floréal, an x, p. 3w; Poli, Test. neap. II, 315 et Edw. Osier. Trtns. phil. 1826, 3« part. p. 342. Tout examen fait, la première de ces opinions , quelques difficultés qu^elle présente, nous parait encore la plus probable.
(3) Aj. M. anatinus, Chemn. YIII , lxxxvi , 763; — M, fluviatilis, List, clvu, 12; -« M. stagnait*^ Schrœd. fluv. 1,1; — M, Mollensis , ib. 11^ 1 ; — Af, dubius, Adans. XYII , 21 ; et les pi. 201 . 202, 203 et 205 , de l*EncycI. méthod. Test.
dont la charnière est grenue sur toute sa longueur (1) ; son animal a le manteau un peu fermé vers l'arriére (2) ;
Et Leach , sous celui de Dipsade , une autre espèce qui a les angles plus prononcés , et un vestige de dent à sa charnière. «
Les MvLÈTEs (Uifio. finig. ) Vulgairement Mouleê de peintres,
Ressemblent aux Ânodontes par Tanimal et par la coquille , si ce n'est que leur charnière est plus compliquée. La valve droite a en avant ane courte fossette où pénètre une courte lame ou dent de la valve gaucho , et en arrière une longue lame qui s'insère entre deux lames du côté opposé. On les trouve aussi dans les eaux douces, do préférence dans celles qui sont courantes.
Tantôt la dent antérieure est plus ou moins grosse et inégale comme dans
La Moule du Rhin. (Mya margaritifera , L.) Drap, x , 17, 19.
Grande cspèc^épaisse , dont le nacre est assez beau pour que ses coDcrétions puissent être employées à la parure , comme des perles.
Nous avons encore YUnio liUoralis, Lam., Drap, x , 20. Espèce plus petite , plus carrée.
D^autrcs fois la dent antérieure est en forme de lame , comme dans
La Moule des peintres ( Mya pictorum. L. ) Drap, xi , 1-4.
Espèce oblongue et mince , connue de tout le monde (3). Lamarck distingue
LcsHtries, (IItria , Lam.)
Dont les angles sont si prononcés, que leur coquille est presque triangulaire (4);
Et les Gastalies. (Gastalia, Lam.)
Dont la coquille, un peu en cœur, est striée en rayons , et dont les dents et les lames de la charnière sont sillonnées en travers de leur longueur, ce qui leur donne quelques rapports avec les Trigouies (ô).
On doit rapprocher des Mulètes quelques coquilles de mer qui ont un animal semblable et k peu près la même charnière , mais dont la coquille a les sommets plus bombés et des côtes saillantes allant des sommets aux bords. Ge sont
(1) Irid, exotica, Encycl. mélhod. Test. pi. 304 ; — Âj. Irid, fit/o/tca; Caillaud, voyage à Méroé , pi. lx , f. 11.
(3) Voyez Deshayes , Mém. de la Soc. d*hiH; nat. de Paris , 1827 , III , p. 1 , pi. i.
(3) Un grand nombre d^espèccs très remarquables par leur taille ou leurs formes , se troavent aux États-Unis dans Les lacs et daus les rivières. Say et Barnes qui les ont décrites ont établi parmi elles quelques nouveaux sous-genre.
(4) Hyria rugoêa ^ Énc. Mcth. pi. 247 , 2.
(5) Cattalia amhigua^ Lam. Blainv. Malac. LXYIl , 4.
ACÉPHALES TESTAGÉS. S* 87
Les Cardites, Brng. (1)
Leur forme est plus ou moins ob1ong;ue ou en cœur. Quelques-unes ont la coquille béante inférieurement (â).
Les Ctpbicaedis, Lam.
Sont des Cardites dont la dent, sous le sommet, est divisée en deux on en trois. Leur forme est oblongue , et leurs côtés inégaux (8). De Blainville en sépare encore
Les CORALLIOPHAGBS ,
Dont la coquille est mince , et la lame latérale très effacée , ce qui pourrait les faire rapprocher des Vénus.
On en connaît une qui perce les masses des Coraux, pour s'y loger (4).
Les YEifERicARDKs, Lam. , ne diffèrent des Cardites que parce que la lame postérieure de leur charnière est plus transverse et plus courte ; ce qui les ayait iait rapprocher des Vénus ; leur forme est presque ronde. On peut juger, par les impressions musculaires, que leur animal doit aussi ressembler à ceux des Cardites et des Mulètes (5).
Les unes et les autres se rapprochent des Bucardes , par la forme généirale et par la direction des côtes.
Je soupçonne que c'est encore ici la place des Crassatellbs , Lam. ( Panns , Roiss.) , que l'on a rapprochées tantôt des Mactres , tantôt des Vénus, et qui ont à la charnière deux dents latérales peu marquées et deux au milieu très fortes , derrière lesquelles est de part et d'autre une fossette triangulaire pour un ligament intérieur. Leurs Talves deviennent très ép^sses avec l'âge , et l'empreinte des bords du manteau donne à croire qui, comme les précédentes , elles n'ont pas de tube extensible (6).
La troisième famille des Acéphales testacés , ou
Les Camagées,
A le manteau fermé , et seulement percé de trois ouyertures dont Tune sert à la sortie du pied , et la suivante à faire entrer et sortir l'eau nécessaire à la respiration : la troisième est l'issue
(1) Chama antiquata, Cbemn. VI , XLvm , 488-491 : — Chama irapoMia; — C*. semiorhkulata; — Chama corxiata, id. 503, 505; et parmi les espèces fossiles, ane des plus singidtères, Cardita avicularia, Lam. An. du Mus, IX , pi. 19 , f. 6 ; si toutefou elle ne doit pas être isolée.
(5) Chama calyculata, Chemn. VII, l, 500, 501 j — Cardita crassicosta, Bnig. Encycl. |»l. 834, f. 3.
(3) Chama obionga, Gm. Chemn. VII, i , 504, 505, ou Cardita carinata, Enc. pi. S54, f. 2, ou Cypricarde de Guinée, Blainv. Malac. LXV bis. f. 6.
(4) Chama coralliophaga , Gm. Chemn. X, clxii , 1673 , 1674, ou Cardita dactylue, Bnic. Enc. pi. 234 , f. 5; Coralliophaga carditoides, BlainT. Mal. lxzvi, 3.
(5) f^enuê imbricata, Chemn. VI , xxx, 314, 315, et les espèces fossiles données par lamarck , Ann. du Mus. VII, et IX, pi. xxxi et xxxu.
(6) yenuê ponderosa , Chemn. VII, lxix, A.-B. ou CraBsatella tumida, Lam. Ann. du lus. VI , 408 , 1 ; Aut-être mactra cygnue, Chemn. VI , xxi , 207 ; — f^enus divaricata, Chemn. VI , xxx, 517-310. Ce genre renferme en outre beaucoup d*espèces fossiles , surent aux environs de Paris. Voycx à leur snjcl TouTraçe de Deshayes.