‹ Le règne animal distribué d'après son organisation (volume 2)Chapitre 39 sur 86 · DORSIBRANCHES · texte numérisé non relu

DORSIBRANCHES

égers tubercules, ou enfin dans lesquels les cirrhes seuls en i^nent lieu.

Il y en a qui tiennent encore aux Eunices par la forte armure le leur trompe et par leurs antennes en nombre impair.

Telles sont :

Les Ltsidicbs, Sav.

Qui, ayec des mâchoires semblables à celles des Eunices, 'ou même plus lombreuses , et souvent en nombre impair, n^ont que trois tentacules et des cirrhes pour toutes branchies (1).

Les ÂGLACRC8, Say.

Ont aussi des mâchoires nombreuses et en nombre impair, sept, neuf, etc.; nais elles manquent de tentacules , ou les ont tout à fait cachés ; leurs branchies sont aussi réduites à leurs cirrhes (2).

Les NiKtiDEs proprement dites (Nekeis, Cuv. Ltcoris. Savign.)

Ont des tentacules en nombre pair attachés aux côtés de la base de la l&te , un peu plus en avant deux autres biarticulcs , entre lesquels en sont deux simples; elles n'ont qu'une paire de mâchoires dans leur trompe; leurs branchies ne forment que de petites lames sur lesquelles rampe un lacis de Taisseaux ; il y a en outre à chacun de leurs pieds deux tubercules, deux fidsceaux de soies, un cirrhe dessus et un dessous.

Nous en avons sur nos côtes un assez grand nombre (3).

Auprès de ces Néréides viennent se grouper plusieurs genres paiement à corps grêle et à brancbies réduites à de simples lames ou même à de simples filets ou tubercules. Plusieurs manquent de mâchoires ou de tentacules.

Les Phyllodoces, Sav. ( Nereiphylles. Blainv. )

Ont , comme les Néréides propres , des tentacules en nombre pair aux côtés de la tête , et de plus quatre ou cinq petits en avant. On leur voit des yeux ; leur trompe grande et garnie dhin cercle de très courts tubercules charnus , ne montre point de mâchoires , et ce qui surtout les distingue , leurs branchies sont en forme de feuilles assez larges , se recouvrant sur une rangée de chaque côté du corps , sur lesquelles on voit ramper des vaisseaux très ramifiés (4).

(1) Lysidice yaUntina , Sav. — L, Olempia, id. — L. galatina, id Eg. Annel. p. 55.

(5) Je réunis les Acladres et les OEnonbs de Savigny ; et même certeines espèces sans tentacules, que Audouin et Milne Edwards, laissent dans les Lysidices.^ytowim/a/^Mto, Eg. Annel. t, 2: — OEnone lucida, ib. f. 3.

(3) Nereiê versicolor, Gm. Mûll. Wûrra. VI; — N. fimbriaia , id. VIII , 1-5; -- iV. petaoica , id. VU , 1-3 ; — Terehella rubra, Gm. Bommé, raém. de Flessing, VI , 357, fig. 4, A. B. — Lycoriê Mgyptia, Eg. Annel. pi. iv, f. 1 ; — Lycoria nuntia, id. ib. f. 2; --Ner, beaucoudraiaii, Aud. et Edw. Littor. de la France, Annél , pi. iv, fig. 1-7;— iV«r.

jmtêaioria, ib. fig. 8-13. , ^v « i. • *, ji». *

N, B, Les Nereia verrucoaa, Mûller, vers, pi. vu, et Inciaa, Oit. Fabnc. Soc. d hist. nat. de Copenh. V, l'« part. pi. it, f. 1 — 3 , paraissent avoir la tête des Lycoris , mais de longs filaments au lieu de branchies; elles ont besoin d*un nouvel eiamen.

(4) Neniê lamelUfera AtlantUa , Pall. nov. acl. Pélrop. II, pi. v, f. 11-18., peut-être

Les ÂLCI0PE8, Âud. et M. Edw.

Ont à peu près la bouche et les tentacules des Phyllodoces ; mais kàn pieds présentent, outre le tubercule qui porte les soies et les deux cirrhes foliacés (ou branchies), deux tubercules branchiaux qui en occupent les bords supérieur et inférieur (1).

Les Spio, Fab. et Gmel.

Ont le corps grêle , deux très longs tentacules qui ont l'apparenee d'antennes , des yeux à la tête , et sur chaque segment du corps une branchie de chaque côté en forme de filament simple. Ce sont de petits Vers de la mer du Nord, qui habitent des tuyaux membraneux (3).

Les Stllis, Sav.

Ont des tentacules en nombre impair, articulés en chapelets , ainsi que les cirrhes supérieurs de leurs pieds , qai sont fort simples et n^ont qu^un paquet de soies. Il paraît qu^il y a des variétés relativement à Texistence de leurs mâchoires (3).

Les Glycèrbs, Sav.

Se reconnaissent à ce que leur tête est en forme de pointe charnue et conique, qui a Tapparence d^uae petite corne, et dont le sommet se divise eo quatre très petits tentacules , à peine visibles. La trompe de quelques-unes a encore des mâchoires ; on dit qu^en d^autres on ne peut 1 apercevoir (4).

Les Nbphthts, Guv.

Avec la trompe des Phyllodoces , manquent de tentacules , et ont à chaque pied deux faisceaux de soies très séparés , entre lesquels est un cirrhe (ô).

la même que la Néréiphylh de Pareto , Blainv. Dict. des Se. nat. — N. flava y Ott. Fabr. Soc. d*hist. nat. de Copenh. V, prem. part. pi. iv, f. 8-10.

N, B, N.viridtBy Mûll. vers, pi. xi], dont Savigny , sans ravoir vue, propose de faire la genre Eulalii ; et les deux Eunomia de Risso , Europ. mérid. iv, p. 420, me paraissent aussi des Phillodoces; peut-être même faut-il y rapporter lé Nereis pinnigera, Montag. Trans. Linn. IX, vi , 5; et le Neréiê êtelliferOy Mûll. Zool. Dan. pi. lxii , f. 1. dont Savigny, sans TaYoir Tue , propose de faire un genre sous le nom de Lbpidia ; et le N, longa, Ott. Fab. que Sav. place avec le N. flava, dans son genre Etbone : toutes ces Annélides auraient besoin d^étre examinées de nouveau d*après la méthode détaillée de Savigny.

Il ne faut pas confondre ces Phillodoces de Savigny, avec celles de Ransani , qui sont voisines des Apnrodites et surtout des Polynoës.

(I) jélciopa Reynaudii, Aud. et Edw. De TOcéan atlantique. — prétendu iVafs, Rathke, Soc. d*hist. nat. de Copenh. V, prem. part. pi. m, f. 15, pourrait bien être une Alciope.

(3) Spio aeticorniê^ Ott. Fabr. Berl. Schr. VI. V; 1-7 : -- Spo filicomiê , ib. 8-13. Les I^OLTDORBS, Rose. vcrs. I, V , 7 , me paraissent appartenir à ce genre. Spio, nom d'une Néréide.

(3) Stfllis monilariêy Sav. Eg. Annél. IV, f. 3, copié Dict. des Se. nat. iV. B. Le Ne' reiê armiUariê , Mûll. vers. pi. ix, dont Savigny , sans Tavoir vue, propose de foire un çenre qu*il nomme Lycastia , a des tentacules et des cirrhes en'chapelets comme les Syllis; mais ses tentacules sont représentés en nombre pair. Elle a aussi besoin d*un ooavel examen.

(4) Nertiê alba, Mûll. Zool. Dan. lxxii, 6; 7; — Glyc. MecMii, Aud. et Edw. Littor. de la France, Annél. pi. vi , fig. 1 .

(5) Nephihjfê hombergii, Cuv. représ, dans le Dict. des Se. nat.

DORSIBRANGHES, 125

Les LoniRiiiÈREs , Blainv.

Manquent de tentacules; leur corps, très alongé, n'a à chaque article [u'un petit tubercule fourchu, duquel sort un petit paquet de soies. S*il y i on organe extérieur de respiration , il ne peut être qu'un lobe supérieur leoe tubercule (1).

Les Aricibs, Sav.

Manauent de dents et de tentacules. Leur corps , qui est alongé , porte sur s dos cieux rangées de cirrhes lamelleux , et leurs pieds antérieurs sont garnis le crêtes dentelées qu^on ne retrouve pas dans les autres pieds (2).

Nos côtes deFOcéan ont des espèces de plusieurs de ces gen- •es.

Les HÉsiONBs.

Ont le corps court , assez gros , composé de peu d'anneaux mal prononcés ; n très long cirrhe qui fait probablement fonction de branchies , occupe le lessus de chaque pieu , qui en a un autre inférieur, et un paquet de soies; BUT trompe est grande et sans mâchoires ni tentacules. Nous en avons un de la Kéditerranée (3).

Les Ophéliis, Sav.

Ont le corps assez gros et court , les anneaux peu marqués , les soies à mne visibles , de longs cirrhes servant de branchies sur les deux tiers de a longueur ; la bouche contenant à son palais une crête dentelée , ses lè- Tea entourées de tentacules, dont les deux supérieurs sont plus grands que et autres (4).

Les CiaiHATULxs , Lam.

Ont un très long filament servant de branchies et deux petits paquets de ioie à chacune des articulations de leur corps, qui sont fort nombreuses et

(1) Nereii ebranchiata^ Pall. Not. act. Pétrop, II , pi. ti , f. 2; — Lombrinèrê brillant , faiiDT. pi. du Dict. des Se. nat. — Lumbricus fragiliê Mûll. Zool. dan. pi. xxii , dont de QainTille fait, .mais a^ec doute , son genre Scolbtomb.

Nn B. Leê ScoLEPBDBS, BlainT. qui ne tont connus que par la fig. A^Abildgaardi (Lumrieuê êquamatuê , Zool. dan. IV, glt , 1-5) , ont le corps très grêle, les anneaux tr^ nom- Teoz; à chacun un cirrhe serrant de branchie , et deux faisceaux desoies, dont Tinférieur noble sortir d^un repli de peau, comprimé comme une écaille ; leur tête n*a ni mâchoires i tentacules.

(9) Ar. Cuvieriy Aud. et £dw. Litt. de la France , Annél. pi. vu, fig. 5-13.

ho Lumbricus armiger^ MûU. Zool. dan. pi. xxu, f. 4 et 5, dont de Blainville, sans avoir vu , propose de faire un genre sous le nom de Scoloplb , parait manquer de dents Ide tentacules, et porter sur ses premiers segments de simples petits faisceaux de soies Muii, et sur les autres une verrue bifide, une petite soie, et une lame branchiale longue t pointue.

ÇS) Hesiane êplendida, Sav. Eg. Annël. pi. m , f. 3 ; — H, festiva , id. ib. pag. 41 ; — r«f. panikêrina , Risso , £ur. mér. iv, p. 418.

(4) iV. B. Cest probablement dans ce voisinage que doivent venir les Nereiê priêmatica , I bifiront, dit Fabric. Soc. d*hi8t. nat. de Copenh , Y , prem. part, pi. iv , pag. 17-33.

fort serrées, il y a de plus un cordon de longs filaments autour de la nuqae. Sa tête peu marquée, n*a ni tentacules, ni mâchoires (1).

Les Palmtees (Palmtbe, Sar.)

Se reconnaissent à leurs faisceaux supérieurs dont les soies sont grandes, aplaties , disposées en éventail , et brillent comme l'or le mieux poli ; leurs faisceaux inférieurs sont petits; leurs cirrhes et leurs branchies peu marquées; elles ont le corps alongé , deux tentacules assez longs et trois fort petits.

On nVn connaît qu^une , de File de France, longue d^un à deux pouces (Palmyra auriferOy Sav.).

Les Aphrodites (ÂPHBODrrA, L.)

Se reconnaissent aisément dans cet ordre aux deux rangées longitudinales de larges écailles membraneuses, qui recouvrent leur dos. auxquelles par une assimilation peu motivée, on a donné le nom d*étytres , et sous lesquelles sont cachées leurs branchies , en forme de petites crêtes charnues.

Leur corps est généralement de forme aplatie , et plus court et plus large que dans les autres Annélides. On observe à leur intérieur un œsophage très épais et musculeux, susceptible d*ètre renversé en dehors comme une trompe , un intestin inégal , garni de chaque côté d'un grand nombre de CŒCums branchus, dont les extrémités vont se fixer entre les bases des paquets do soie , qui servent do pieds.

Savif^ny y distingue les IKlithkrs, qui ont trois tentacules, et entre deux une très petite crête, et qui manquent de mâchoires.

Nous en avons une sur nos cAtcs, qui est Tiin des animaux les plus admirables par leurs couleurs, V Aphrodite hérissée {Aphrodita aculeata, L.), Pall, Mise, VU, 1-13. Elle est ovale, longue de six à huit pouces, large de deux a trois. Los écailles de son dos sont recouvertes et cachées par une bourre semblable n de Tétoupe, qui prend naissance sur les cêtés. De ces mAmos côtés naissent des groupes de fortes épines^ qui percent en partie Tctoupc, des faiseaux de soies flexueuses, brillantes de tout Féclat de Tor, et changeantes en toutes les teintes de Tiris. Klles ne le cèdent) en beauté ni au plumage des Colibris, ni à ce que les pierres précieuses ont de plus vif. Plus bas est un tubercule d^où sortent des épines en trois groupes, et de trois grosseurs différentes, et enfin un c6ne charnu. On compte quarante de ces tubercules de chaque côte, et entre les deux premiers sont deux petits tentacules charnus. Il y a quinze paires dVcailles larges , et quelquefois boursoulTlées , sur le dos , et quinze petites crêtes branchiales, de chaque côté.

(1) Lumbricua cirrhaiua , Ott. Fabr. Faun. Grœnl. f. 5, dont le Terebella ieniacuhia, Montag. Lin. Trans. IX , vi , et le Cirrhinârb filigère , Blainv. pi. du Dict. des Se. N. ne me

Î paraissent pas différer par le genre ; — Cirrh, Lamarkii, Aud. et Edw. Littoral de la ^rance , Annélides, pi. tu, fig. 1-4.

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11 y a de ces Halithbbs qui n^ont point d^étoupes sur le dos (1), et nos mers en produisent une espèce (Aphr, hjrstrlx, Sav.) (2).

Une autre subdivision des Aphrodites est celle des

PoLTNOB, Sav. (EoMOLPB, Okcn.)

Qui n'ont point d^étoupes sur le dos ; leurs tentacules sont au nombre de cinq, et leur trompe renferme des mâchoires cornées et fortes. Nous en avons plusieurs petites espèces sur nos côtes (3).

Les SiCALiONS, Aud. et Miln. Edw., sont d^une forme bien plus alongée que les autres Aphrodites ; ils ont des cirrhes à tous les pieds (4).

Les AcoBTBS des mêmes, ont des cirrhes qui alternent avec les Elytres dans une grande longueur (5) ; leurs mâchoires sont plus fortes et mieux dentées; les Aatilies en possèdent une grande espèce qui habite dans un tuyau de consistance de cuir (6).

On De peut placer qu'ici un nouveau genre très singulier, que je nomme

CHJSTorrÈM (CHjnoPTiRus , Cnv.)

A boache sans mâchoires ni trompe , garnie en dessus d*une lèvre a laquelle s'attachent deux très petits tentacules. Ensuite vient un disque avec neof paires de pieds , puis une paire de longs faisceaux soyeux comme deox ttles. Les branchies en forme de lames sont attachées plutôt en dessons qii*en dessus , et régnent le long du milieu dn corps.

On en a une espèce (Chœtopterut pergamentaceui , Guv.) longue de huit ou dix pouces, et qui habite un tuyau de substance de parchemin. Elle est de la mer des Antilles (7).

(1) Ce sont les Halitkéeê hermiones de Savigny , dont de BlainTJ|||^ a fait son ^^nre HtsmORB.

(9) Littoral de la France , Annél. pi. 1 , fig. 1-9.

(8) Apkr, squamata, Pall. mise. Zool. YII , 14, Littor. de la France, Anoél. pi. 1 , fig. 10-16; — Polym, knis, Aud. et Edw., îb. pi. ii, fig. 11-18; — jéphr, punctaia, Hûll. vers , xiii ; — Apkr. cirrkoêa , Pall. mise. Zool. VIII , 3-6 ; — Aphr. lepidota , id. îb. 1-9; — Apkr, clava, Montag. Trann. Linn. IX, tu, qui est au moins bien voisine é'Aphr, plana, MûU. vers, xix; — Polynoi impatient; Sav. Ég. Annél. pi. 3, f. S; — Po^fnoë muricaia , id. îb. f. 1 .

{h Sigalion Mathildœ , Aud. et Edw. Littor. de la France, Annél.

(5) Acoëtei pleei, Aud. et Edw. Colect. du Mus.

Ewmtolpe

umilm

complets.

Au surplus il reste encore beaucoup d^Annélides trop imparfaitement décrites pour ponvoir être bien caractérisées ; telles que Nereis cœca, Fabr. Soc. d*his. nat. de Gopenh. pem. part. pi. iv, f. 24-28 ; — N. longa, id. ib. f. 11-13; — N. aphroditoïdês , ib. 4-7 ; ib. f. 11-13 ; — Branckiariuê quadrangulatus , Montag. Trans. Lin. XII, pi. xnr , f. 5 ; — Diploteshyalinay id. ib. f. 6 et 7 ; et le prétendu Hirndo branchiata,d^Krchïh, Meoties ^ Trans. Lin. I, pi. ivii, f. 3. Je n*ai point placé non plus , faute d*en avoir pu renouveler I*eianien , les Mtrianbs, ni deux ou trois autres des genres de Savigny.

(7) Elle sera décrite plus en détail par Andouin et Edw. dans les Annales des Sciencen naturelles.

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