‹ Le règne animal distribué d'après son organisation (volume 2)Chapitre 40 sur 86 · TROISIÈME ORDRE DES ANNÉLIDES · texte numérisé non relu

TROISIÈME ORDRE DES ANNÉLIDES

LES ABRANCHES

lf*0Dt aucun organe de respiration apparent à Textérieur, ^ paraissent respirer, les unes , comme les Lombrics , par la surfece entière de leur peau; les autres^ comme les san^ues, par des cavités intérieures. On leur Toit un système circulatoire clos, rempli le plus souyent de sang rouge, et un cordon ner^ yeux^ noueux, comme dans toutes les Annélides (1). Il y en a qui ont encore des soies serrant au mouvement, et d'autres qui en sont dépourvues, ce qui donne lieu à établir deux familles .

La première famille, celle

Des Abranghes SériciREs, ou pourvues de soies^ Comprend les Lombrics et lesNaïdes de Linnaeus.

Les Lombrics (Lvuricus, L.) Vulg. F^ers de terre.

Caractérisés par nn coq)s long , cylindrique , divisé par des rides en un grand nombre d'anneaux et par une bouche sans dents , ont dû être subdi- TÎsés.

Les Lombrics proprement dits (Lvmbricvs, Guy.)

Manquent d^ux , de tentacules , de branchies et de cirrhes ; un bourrelet ou renflement sensible, surtout au temps de Famour, leur sert a se fixer Fun à l'autre pendant la copulation. A Tintérieur on leur voit un intestin droit , ridé , et quelques glandes blanchâtres vers le devant du corps qui paraissent servir à la génération. Il est certain qu'ils sont hermaphrodites ; mais il se pourrait que leur rapprochement ne servit qu'à les exciter Tun et l'autre à se féconder eux-mêmes* Selon Montègre , les œuft descendent entre l'intestin et l'enveloppe extérieure , jusqu'autour du rectum , où ik éclosent. Les petits sortent vivants par l'anus. L. Dufour dit au contraire qu'ils font des œufs analogues à ceux des sangsues. Le cordon nerveux n'est qu'une suite d'une infinité de petits ganglions serrés les uns contre les autres (3)«

(1) f^oye» sur Fanât omie et la physiologie des Annélides Abranebes , le mémoire de Jni, Dugèa, inséré dans les annales des sciences naturelles de sept. 1828.

(2) Conf. Montègre , Mém. du Mus. I , p. 242, pi. xii, et Léon Dufour, Ann. des Se. nat. V, p. 17, et XIV, p. 216 et pi. xn , B, f. 1-4.

yoye% aussi le Traité de Morrtn , de Lumhrici l9rre$iria hinioriâ naittrali nec non anafomicà. Bruxelles, 1829 , 4».

ABRANGU£$. 1â9

Savigny les subdivise encore.

Set Entbbions ont sous chac{iie anneau quatre paires de petites soies , huit en tout.

Chacun connaît le f^er de terre ordinaire (Lumbricut terrestris, L,), à corps rougeâtre, atteignant près d^un pied de longueur, à 120 anneaux et plus. Le renflement est vers le tiers antérieur. Sous le seizième anneau sont deux pores dont on ignoré Fusage. f^

Cet animal perce dans tous les Sens Thumus , dont il avale beaucoup. Il mange aussi des racines, des fibres ligneuses, des parties animales, etc. Au mois de juin il sort de terre la nuit pour chercher son semblable et s^accoupler (1).

Set Htpocj^ons en ont en outre une impaire sur le dos de cha<[ue anneau. On n*en connaît que d^Amérique (2^.

Atldouin et Milne-Edwards en distinguent aussi les Trophonles, qui portentsur chaque anneau quatre faisceaux de soies courtes, et à Teltrémité antérieure un. grand nombre de soies longues et brillantes qui entourent la bouche (3).

Les Naîou (Nais, L.)

Ont le corps alongéet les anneaux moins marqués que les Lombrics. Elles Tirent dans les trous qu'elles se creusent dans la vase , au fond de Tèau , et d'où elles font sortir la partie antérieure de leur corps qu'elles remuent •pns cesse. On Toit à plusieurs, à la tète, des points noirs que Ton peut prendre pour des yeux. Ce sont de petits Vers, dont la force de reproduction est •Dfti étonnante que celle des Hydres ou Polypes à bras. Il en existe plufienn dans nos eaux douces.

Let unes ont des soies assez longues (4),

Et quelquefois une longue trompe en avant (5),

Ou plusieurs petits tentacules à Fextrémité postérieure (6).

D^antres ont des soies très courtes (7^.

On pourrait rapprocher de ce genre certaines Annélides rapportées jusqu^ici

(1) Ce que je dis dans le texte, est commun à beaucoup d*espèces, que Savigny a le nremier distinguées. Il en a caractérisé jusqu^à vingt, f^oy et mon analyse des travaux de rAoïidëmie des Sciences, année 1831. Dugès en distingue sixj mais qu*il ne rapporte pas eiacteroent a celles de Savigny.

N, B. HûUer et Fabricius , parlent de Lombrics à deux soies par anneau , dont Savigny propose de faire son genre Clitbllio , (Lutnh. minuhss^ Fab. Faun. Grœnl. f. 4^) , et de Lombrics à 4 et à 6 soies ; mais leurs descriptions déjà anciennes auraient besoin d*ètre eonfirmées et complétées avant que Ton puisse classer leurs espèces.

S) Hffpogœon hirtum , Sav.Eg. Annél. p. 104. ) Trophonia inirhata , Aud. etEdw. Littor.de la France, Annél. pi. x,f. 13-15. (4) NaU «linguis, Hûll. Wûrm. II; — iV. lUtoralis, id. Zool. dan. lxxx. ÇS) Nat8 proboêcidea , id. Wûrm. 1,1-4, dont Lamarck fait son genreSrTLAaiA. (ft) Naiê digitata, Gm. cœca , MûU. ib. V, dont Oken fait son genre Paoto. (7) NaU vermiculariêf Gm. Rœs. III, xciii, 1-7; — N, aerpenana, id. xcu,et Hûll. IV, 3-4; — Lumbricn» tubifex, Gm. Bonnet, Vers d*eau douce, III, 9, 10, lûll. Zool. dan. lxxxviy; — Lumhr, Lineaius , MûU. Wûrm. lîl, 4-5.

180 ANNÊLIDES

aux Lombrics, qui te fabri<{uent des tubes de glaise , de débris etc., où elles le tiennent (1).

Les GuHÈiiis, Savigny.

Parftisaent autn appartenir à cette famille. Leur corps aasex gros , de peu d'anneaux « porte sur la plupart une rangée de soies fortes et on pen plus haut du côte dorsal un faisoiflin de soies plus fines. Leur tète n*a ni tentacules ni appendices. Leur extrémité postérieure est tronquée et rayonnée , elles habitent aussi des tuyaux (S).

La deuxième famille , ou celle

Des Abranches sans soies^ Comprend deux grands genres , Tun et l'autre aquatiques.

Les Sahqsuis (Hnuao, L.)

Ont le corps oblong, quelquefois déprimé, ridé transversalement; la bouche est entourée d*une lèvre , et l'extrémité postérieure munie d'un disque aplati , propres l'un et Tautre à se fixer aux corps par une sorte de succion , et servant à la Sangsue d'organes principaux de mouvement; car après s'être alongée, elle fixe l'extrémité antérieure et en rapproche l'autre qu'elle fixe à son tour pour porter la première en avant. On voit dans plusieurs en dessous du corps deux séries de pores , orifices d'autant de petites poches intérieures que quelques naturalistes regardent comme des organes de respiration bien qu*ils soient la plupart du temps remplis d'un fluide muqueux. Le canal intestinal est droit, boursouflé d'espace en espace, jusqu'aux deux tiers de sa longueur, où il a deux ccecums. Le sang avalé s'y conserve rouge et sans altération , pendant plusieurs semaines.

I^es ganglions du cordon nerveux sont beaucoup plus séparés qu*aux Lombrics.

Les Sangsues sont hermaphrodites. Une grande verge sort sous le tiers antérieur du corps , et la vulve est un peu plus en arrière. Plusieurs rassemblent leurs œu6 en cocons , enveloppés d'une excrétion fibreuse (S).

(1) LmmkHrmêtwkic^f VûU. Zool. dan. lut ; ~ Lmmhr, mMUtriê^ civ« ib. 5. LuMreà 1m nhiaît at«e le Nmtê hêhifis , et en Ikit ton gntn Tcbitbx ; dmî* il est nécemire d*ea fiùre ua uoutel eiamen.

d) Cfym. mmpkùimmm, StT. É^. Annêl. pi. 1, fig. ; — CL immknemlis, Ot. Fabr. et Idw. Littor. de U France, Annél. pK x, £g. 1-6; —O. Ekittuis, Âud. et Edw. ib.

(5) yo^z Xëmoires pour terrir à THist. nat. des Sanpues, par P. Tliomas ; un Sém. de Spix « Darmi ceux de TAcad. de laTÎère pour 1813 ; et un autre de Careaa « dans le YÎnstcuM|UÎeiBe Tol. de fAe. de Tnrin ; omis surtoi^le SffMtèw^ des Jmmétùim par Savî^T et la Afenayniiià** dm NirmUmém , par Tioqom iWlon , ««mtpeliier , 1&36« in-4*. CoMltei autaî VE$am» W"m»# mfmt^rmmkit dW In fmaèHU dm Hêrwdiméts^ extrait dn Dict. des Se. nat. par de UaùiTiUe. Paris, 1937, in-8»« et Tart. Sa!icsri de ce Dîct. par Audooin.

ABRANGHES. 131

Oo les a subdivisées diaprés des caractères dont les principaux sont tirés de leurs organes de la bouche.

Dans les Sangsues proprement dites (Sanguisuga , Sav.) (1)

Le suçoir antérieur a sa lèvre supérieure composée de plusieurs segments; son ouverture est transversale, et il contient trois mâchoires armées chacune sur leur tranchant, de deux rangées de dents très fines, ce oui leur donne la faculté dVntamer la peau sans y faire de blessure dangereuJI^ on leur voit dix petits • * points que Ton a regardés comme des yeux.

Tout le monde connaît la Sangsue médicinale (Hirudo medieinalis, L.), si utile instrument pour les saignées locales. Elle est d'ordinaire noirâtre , rayée de jaunâtre en dessus; jaunâtre, tachetée de noir en dessous. On la trouve dans toutes les eaux dormantes.

Les KsMOPis, Sav. (2), en diffèrent parce que leurs mâchoires n^ont que des dents peu nombreuses et obtuses.

La Sangsue des chevaua^. {Hirudo sanguisuga, L. Ifœmop, sanguisorba. Sav.

Moq. Tand. pi. r?, f. 1. Car. pi. xi. f. 7.)

Beaucoup plus grande, et toute d^un noir-verdâtre ; on l'a dite quelquefois dangereuse par les plaies qu^elle cause (3).

Les Bdellks, Sav. (4), n'ont que huit yeux, et leurs mâchoires manquent absolument de dents.

H y en a une dans le Nil (Bd. Nilotica, £g., Annél., pi. v, f. 4).

Les Nbphblis, Sav. (5), n'ont aussi que huit yeux, leur bouche n'a intérieurement que trois plis de la peau.

11 y en a dans nos eaux plusieurs petites espèces ; on croit devoir en distinguer

Les Trochétius, Dutrochet. (6) Qui n'en diffèrent que par un renflement à l'endroit des organes génitaux.

(1) De B^inviUe change ce nom en Jatrobdella. FoyeM , sur les diverses sangsues médictDtles, 1« fig. de Caréna, Acad. de Turin , t. xxv , pi. xi , et Moquin-Tandon , pi. v.

(2) DeBlainville change ce nom en Htpobdellk.

(5) C*est une chose singulière que la diversité des opinions sur la faculté que cette Sangsue des chevaux aurait de tirer du sang. Linnaeus dit que neuf peuvent tuer un cheval. Huzard et Pelletier au contraire, dans un Mémoire ad hoc, présenté à TJnstitut et inséré dans le Joamal de Pharmacie, mars 1825, assurent qu^elle n^attaque aucun animal vertébré. De Blainville pense que c'est qu^on Va confondue avec une espèce très voisine , la Sanysue noin, dont il fait un type d^un genre quHI nomme Pseudobdbllà , et dont les mâchoires ne seraient que des plis de la peau sans aucune dent. Je crois que ce fait mériterait un nou-

ri examen. L^une et Tautre espèce dévore avec avidité les Lombrics. (4) Moquin-Tandon change ce nom en Lihnàtis , B.

(5) De Blainv. les nomme Ebpobdelle. Oken les avait appelées auparavant Helluo. Telles sont : Hir. vulgaris, L. ou H. ocloculalay Bergm , Mém. de Stokh. 1757, pi. vi, f. 5-8; — N.aiomariOf Caren. L. C. pi. xii. f^oyez aussi la pi. vi de Moquin-Tandon.

(6) De Blidov. change ce nom en Geobdelle.

IM AKNÉUDSS

Noiu en ayons ane espèce qui va souvent à terre poursuivre les Lombrics, iii*oàdeila trocheiii, Blainv., Dict. des Se. nat. ; Himd., pi. iv, f. 6.

Moouin-Tandon , sous le nom d^AuLASTOMs, en décrit même un sous-genre, dont la bouche aurait seulement des plis longitudinaux et assez nombreux , Auioii» nigreseem, Moq.-Tand., pi. yi, f. 4.

A la suite des Néphélis viennent se placer des BaANCHiOBBBLLBs d*Odier, remarquables par les m^^oires au nombre de deux, et Fabsence des yeux.

On en connaît une espèce qui vit sur les branchies de PEcrevisse (1).

Toutes ces subdivisions ont le suçoir antérieur peu séparé du corps ; dani les deux suivantes , il s^en distingue nettement par un étranglement , ne se compose que d^un segment unique, et a Pouverture transversale.

Les Hj^MOCHAais (2), Sav., ont, avec cette conformation , huit yeux, le corps grêle et les anneaux peu distincts. Leurs mâchoires sont des points saillants, à peine visibles ; elles ne nagent point, marchent à la manière des Chenilles dites Géomètres, et s^attachent surtout aux poissons.

Nous en avons une assez fréquente sur les Gyprins, Hirudo pUeium, L.. Rœsel, m, xxxii (3). ^

Les ÀLBiONis, Sav. (4), diffèrent des précédentes parce que leur corps est hérissé de tubercules , et que leurs yeux sont au nombre de six ; elles vivent dans la mer*

Hoê mers nourrissent abondamment VAlblanne verruqueuse (Hirudo murieata, L.), toute hérissée de petits tubercules (5).

On a nommé Bbanchbllioii (6) un parasite de la Torpille, très semblable & une Sangsue, par ses deux ventouses , son corps déprimé, ses plis transverses; sa ventouse antérieure , qui paraît avoir une très petite bouche à son bord postérieur, est portée sur une partie amincie en forme ^de col, à la racine de laquelle est un jpetit trou pour les organes de la génération ; il parait y en avoir un autre en arrière*

Les bords latéraux de ses plis , comprimés et saillaats , ont été régardés comme des branchies , mais je n^y vois point de vaisseaux ; son épiderme est ample, et Tcnveloppe comme un sac très lâche (7).

(1) Branckiohdella Mtaci, Od. Mëm. de la Soc. d*Hist. nat. de Paris, tom. I , pi. ly.

(i) De Blaînville,qui leur avait donné le nom de Piscicolks, adopté par .Lamarck, Ta changé encore en Ichttoidbllb.

(5) Aj. Piêcicoia ctphalota, Caren. pi. xn , f. 19, et Moq.-Tand. pi. vu , f. 5 ; - Piêcic. f#M«»<afa, Voq.f. 3.

(4) Ce tont les PoirroiaBLLA de Leach et de Blainv.

(5) Aj. PoHiobd. artoiata; — P. vrrucQla; — P. Spimuhsa , Leach , MisccU. Zool^ txm, ixiv, Lxv; — Hirmdo ritlata , Charaiss. cl Eisenhardt, Nov. ac, nat. Car. t. X^ pi, XXIT, f. 4.

(A) O MMit les PoLTftoats dH)ken , les BsAiicaioisiuxioii de Rudolpbi, les BaANcaiosDBLU deUeBlainville.

(7) C*rst le HtttnckMon iorpêdmiM de Sav. ;mais on ne doit pas lui associer Pespèce ob-

ABRANCHES. 1S$

On raDge commuDëmeot auMÎ parmi les Sangsues

Les Clbpsinbs, Sav. ou Glossopoebs. Johns. (1)

Qui ont le corps élargi, une ventouse postérieure seulement, et la bouche en forme de trompe, et sans suçoir ; mais il ne serait pas impossible que quelquesunes appartinssent plutôt à la famille des Planaires (2).

Je le crois encore davantage des Phyllihbs, Oken, (3) et des Malacobdbllbs, Blainv. (4), qui ont aussi des corps élargis, et manquent de trompe et de suçoir antérieur. Ce sont des animaux parasites.

Les DRAttoimsAux (Goedius, L.)

Ont le corps en forme de fils, de légers plis transverses en marquent seiik les articulations , et Ton n'y voit ni pi^s , ni branchies, ni tentacules. Cependant , à l'intërieur , on y distingue encore on système nerveax à cordon noueux. Peut-être cependant faudra- t-il définitivement les placer avec les Vers intestinaux cavitaires, comme les Nëmertes.

Ils habitent dans les eaux douces , dans la vase , les terres inondées , ^*i]s percent en tous sens, etc.

hes espèces n^en sont pas encore très bien distinguées. La plus commune (ficrditu aquaticuty L.), est longue de plusieurs pouces, presque déliée comme m crin, brune, à extrémités noirâtres.

terrée rar U Turtue (SÊk branchiata , Meniies, Trans. Lion. I, xviii , 3), qui parait vrai- — it aToir des brancbM» en panache, et quUl serait nécessaire dVxa miner de nouveau.

(1) De BlainTille les nomme Glossobdellks.

Hir. complanata , L. ou aexoculata , Bergm. Mém. de Stokh. 1757, pi. yi , f. 12-14; -^U, iriocMlaiay ib. f. 9-11 ; —Hir, hyalina, L. Gm. Trembley, Polyp. pi. vu, f. 7; — Chpnne paludosa y Moq.-Tand. pi. iv, f. 3 , etc.

^) Nommées Épibdbllbs par de Blainv. ; — hir. kippoghsH, NûH. Zool. dan. tiv , 1-4*

^4) Hir. groêêay Mûll. Zool. dan. xu.

LES ANIMAUX ARTICULES (1)

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