‹ Le règne animal distribué d'après son organisation (volume 2)Chapitre 65 sur 86 · PREMIER ORDRE DES ARACHNIDES · texte numérisé non relu

PREMIER ORDRE DES ARACHNIDES

LES PULMONAIRES ( PuLHORARiii. — Unogata, Fab.

Nous présentent, ainsi que nous l'avons dit, un système de circulation bien prononcé et tles sacs pulmonaires , toujours placés sous le ventre , s 'annonçant à l'extérieur par des ouvertures ou fentes transverses (stigmates), tantôt au nombre de huit , quatre de chaque côté^ tantôt au nombre de quatre ou de deux. Le nombre des yeux lisses est de six à huit (3), tandis

(1^ Sac8 renfermant des branchies aâiennes on faisant l'office de poumons , et que j*ai oistinguées de ces derniers organes par la dénomination àepneumo-branchieB,

(9) Les Pycnogonides n'offrent aucun stigmate , et sembleraient , sous ce rapport , se rapprocher des derniers Crustacés , tels que les Dichélestons , les Cécrops et autres Entomostracés suceurs. Savigny leur trouve plus d'affinité avec les Lœmodipodes , dont cependant ils s'éloignent beaucoup , tant par l'organisation buccale que par les yeux et les pattes. Nous pensons néanmoins que , par l'ensemble de leurs caractères , ils appartiennent plutôt à la classe des Arachnides , et qu'ils avoisinent surtout les Phalangium , avec lesquels divers auteurs les ont rangés. Nous croyons aussi qu'ils pourraient respirer par la surface de leur peau. Il faut, au surplus , attendre que l'anatomie nous ait éclairée à cet égard.

(3) Les Teêtarapsàe Rafinesque n'auraient que quatre yeux; mais je présume qu'il n'a point aperçu les latéraux, yoy, 1 e sous-genre ^Tré^e.

«yw duK Tordre suivant , il n'y en a tout au plus que quatre . le |ilus souvent que deux, quelquefois même très peu apparents wi nub. L'organe respiratoire est formé de petites lames. Le cortir est un gros vaisseau qui règne le long du dos et donne iles branchies de chaque côté et en avant (1). Les pieds sont constamment au nombre de huit. Leur tête est toujours confondue avec le thorax , et offre à son extrémité antérieure deux mnces (mandibules des auteurs, chelicères ou antennes-pinces de Latreille) , terminées par deux doigts , dont l'un mobile ; ou

Ear un seul en forme de crochet ou de grifie , et toujours moite (S). La bouche se compose d'un labre ( Voyez les généralités de la classe) , de deuit palpes , simulant quelquefois des bras ou des serres de deux ou quatre mâchoires , formées , lorsqu'il n'y en a que deux , par l'article radical de ces palpes , et de plus lorsqu'il y en a quatre , par le même article de la première paire de pieds , et d'une languette d'une ou deux pièces (3). En prenant pour base la diminution progressive du nombre des sacs pulmonaires et des stigmates , les Scorpions . où il est de huit, tandis que les autres Arachnides n'en offrent que quatre ou deux , devraient former le premier genre de cette classe , et dès lors notre famille des Pédipalpes, à laquelle il appartient, devrait précéder celle des fileuses(4). Mais ces dernières Arachnides s'isolent en quelque sorte , à raison des organes sexuels masculins , de la grifie ou crochet de leurs serres frontales, de leur abdomen pédicule et de ses filières , et de leurs habitudes ; les Scorpions

(1) Suivant Marcel de Serres ( Mémoire sur le Taisseau dorsal des Insectes), le sang, dans les Aranéides el la, par des vaisseaux les rapports qu*ônt c<

tuer en sens contraire. f^oyeM le Mémoire de Tréviranus sur Tanatomie des Araignées et des Scorpions.

(3) Ces pièces sont formées d^un premier article très grand et ventru, dont un desanf^ supérieurs, lorsque la pince est didactyle , forme le doigt fixe, et d^on second article, celui qui forme le doigt opposé et mobile , ou le crochet, lorsquUl n*y a qu*un doigt. Dans ce dernier cas , comme relativement à divers Crustacés, j*emploierai le mot de griffé.

(5) Celles des Scorpions parait se composer dequatre pièces, en forme det riangle alongéel pointu, et dirigées en avant : mais les deux latérales sont évidemment formées par le premier article des deux pieds antérieurs , et peuvent être considérées comme deux mâchoires analogues aux deux premières. On voit, par les Mygales , les Scorpions, etc., que les palpes sont divisés en articles , dont le radical , dans les autres Aranéides , se dilate intérieurement et en avant, pour former le lobe maxilliforme. Ce lobe même, dans quelques espèces, 8*articule à sa base , et devient ainsi un appendice maxillaire de ce même article; Si on fait abstraction de cet article , le palpe n*cn offre que cinq , et tel est le mode de supputation le plus général. Dans les Scorpions , le doigt mobile des pinces forme , ainsi que dans les sserres des Crustacés , le sixième article.

(4) Dans mon ouvrage sur les familles naturelles du règne animal , je commence par les Pédipalpes. Mon ami, Léon Dufour, pense aussi que les Scorpions doivent être mis en tcte.

d'ailleurs paraissent former une transition daturelle des Arachnides pulmonaires , à la famille des Faux-Scorpions , la première de Tordre suivant. Nous commencerons donc, ainsi que nous l'avions fait, par les Arachnides fileuses.

La première famille des Arachnides pulmonaires , celle

Des Pileuses ou Aranéides , ( Araneides. )

Se compose du genre des Araignées {Arcmea ^Lin.) Elles ont des palpes en forme de petits pieds , sans pince au bout , termines au plus dans les femelles ^ par un petit crochet, et dont le dernier article renferme ou porte, dans les mâles, divers appendices plus ou moins compliqués, servant à la génération (1). Leurs serres frontales ( mandibules des auteurs) sont terminées par un crochet mobile, replié inférieurement, ayant en dessous, près de son extrémité, toujours très pointue, une petite fente , pour la sortie d'un venin renfermé dans une glande de l'article précédent. Les mâchoires ne sont jamais qu'au nombre de deux. La languette est d'une seule pièce, toujours extérieure et située entre les mâchoires , soit plus ou moins cari'ée, soit triangulaire ou semi-circulaire. Le thorax (2) ayant ordinairement une impression en forme de Y, indiquant l'espace occupé parla tète , est d'un seul article, auquel est suspendu en arrière, au moyen d'un pédicule court, un abdomen mobile et ordinairement mou ; il est muni dans tous, au-dessous de l'anus, de quatre à six mamelons, charnus au bout, cylindriques, articulés , très rapprochés les uns des autres et percés à leur extrémité d'une infinité de petits trous (3) pour le passage des fils soyeux d'une extrême ténuité, partant des réservoirs intérieurs. Les pieds, de formes identiques, mais de grandeurs variées , sont composés de sept articles , dont les deux premiers

(2) Diaprés toutes les observations qu^on a recueillies sur le mode d*accouplenieiit des Aranéldes, je suis toujours porté à croire que ces appendices sont les organes de la copulatiofi. J*ai vainement cherché à découvrir sur lahase du ventre d^unc grande Mygéle mâle, conservée dans de la liqueur, quelques organes particuliers. Il ne faut pa^ toujours juger d*après Tanalogie : c*est ainsi que les organes sexuels des femelles des Gloméris, des Jules et autres Chilognates, sont situés près de la bouche , fait dont on ne trouve pas un second exemple.

(3) L*ex pression de céphalo-thorax serait plus rigoureuse et plus juste; mais je n^aipas cru deToir mVn servir. Je n^emploierai pas non plus celle de corselet , quoique généralement admise , parce que , dans son application aux Coléoptères , aux Orthoptères , etc., elle ne convient qu^au prothorax ou au premier segment thoracique.

(3) Ces trous sont sur le dernier article , qui est souvent rentré. Si on le presse fortement , on en fait sortir, du moins dans plusieurs espèces , de très petites papilles percées au bout , et qui sont les filières propres. Quelques naturalistes pensent que les deux petits mamelons situés au milieu des quatre extérieurs ne fournissent point de soie.

forment les hanche^, le suivant la cuisse , le quatrième (1) et le cinquième la jambe, et les deux autres le tarse : le dernier est terminé par deux crochets ordinairement dentelés en peigne, et dans plusieurs par un de plus , mais plus petits et sans dentelures. Le canal intestinal est droit; il a d'abord un premier estomac, composé de plusieurs sacs ; puis, vers le milieu de l'abdomen, une seconde dilatation stomacale, entourée de soie. SuiTant les oJDseryations de Léon Dufour ( Annal, des scienc. physiq., t. 6), il occupe la majeure partie de la capacité abdominale, et se trouve immédiatement enveloppé par la peau. 11 est d'une consistance pulpeuse , formée de petits grains (S) , dont les conduits excréteurs particuliers se réunissent en plusieurs canaux hépatiques , versant dans le tube alimentaire le produit de la sécrétion. Au milieu de sa face supérieure est une ligne enfoncée, où se loge le cœur, et qui divise cet organe en deux lobes égaux. Sa forme varie comme celle de l'abdomen , suivant les espèces ; ainsi son contour est festonné dans Tépeire soyeuse. Dans ce sous-genre ainsi que dans la Lycose-Tarentule , sa surface est recouverte d'un enduit d un blanc de chaux , fendillé en aréoles , qui s'a])erçoivent même aisément, à travers la peau glabre de plusieurs espèces ; on les voit obéir au mouvement de sistoleet de diastole du cœur. Les individus des deux sexes lancent souvent par l'anus une liqueur excrémentielle , composée d'une partie d'un blanc laiteux et d'une autre noire comme de l'encre.

Le système nerveux se compose d'un double cordon , occupant la ligne médiane du corps , et de ganglions qui distribuent des nerfs aux divers organes. Dufour na pu déterminer k nombre et les dispositions de ces ganglions; mais, d'après la figure qu'à donnée de ce système Treviranus (Yeber deninnem^ bau desArachniden, tab. 5, fig. 45.), le nombre des ganglions ne serait que de deux. Les observations de celui-ci suppléeront encore à celles de Dufour , relativement à l'organe de circulation qui, suivant lui, ne parait consister qu'en un simple vaisseau doi*sal, ainsi que par rapport aux testicules et aux vaisseaux spermatiques , sur lesquels il n'a aucune donnée.

La région dorsale de l'abdomen offre dans plusieurs Aranéïdes, notamment dans celles qui sont glabres ou peu velues, des points enfoncés ou ombilics, dont le nombre et la disposition

(1) Cet article , ou le premier de la jambe , est une sorte de rotule.

(2) Le foie des Scorpions se compose de lobules pyramidaux et fascicules, ce qui semble annoncer une organisation plus avancée.

PULMONAIRES. f65

varient. Dufour a reconnu que ces petites dépressions orbiculaires étaient déterminées par l'attache des muscles filiformes qui trayersent le foie , et qu'il a aussi observés dans les Scorpions.

Les cavités pulmonaires . au nombre d'une ou de deux paires, s'annoncent à l'extérieur par autant de taches jaunâtres ou blanchâtres , placées près de la base du ventre , immédiatement après le segment, qui , au moyen d'un filet charnu, unit Tab^ domen avec le thorax. Chaque bourse pulmonaire est formée par la superposition d 'un grand nombre de fouillets triangulaires, blancs, extrêmement minces , qui deviennent confluents autour des stigmates , dont le nombre est le même que celui des sacs pulmonaires. Lorsqu'il y en a quatre , une sorte de pli ou vestige d'anneau , existant même dans ceux où il n'y en a que deux , et placé immédiatement après eux , forme une ligne qui sépare les deux paires.

Les Aranéïdes fomelles ont deux ovaires bien distincts , logés dans une sorte de capsule formée par le foie. N'étant pomt fécondés, ils paraissent composés d'un tissu spongieux, comme floconneux, et constitué par l'agglomération de corpuscules arrondis , à peine sensibles , qui sont les germes des œufs. A mesure que la fécondation fait des progrès, la grappe formée par ces œufs (1) devient moins serrée , et on voit qu'ils sont insérés latéralement sur plusieurs canaux. Leur grande analogie avec les oyaires du Scorpion fait présumer au même observateur qu'ib formentdes mailles aboutissant à deux oyiductes distincts, qui débouchent dans une même vulve. La configuration de celle-ci varie beaucoup; tantôt c'est une fente longitudinale bilabiée , comme dans la Micrommate argélasienne , tantôt elle est abritée par un opercule prolongé et terminé en manièi*e de queue , comme dans TEpéire-diadème , ou bien elle se préc sente sous la forme d'un tubercule.

A l'égard des yeux lisses, il remarque qu'ils brillent dans l'obscurité comme ceux des Chats, et que les Aranéïdes ont vraisemblablement la faculté de voir de jour et de nuit.

L'abdomen des Aranéïdes se putréfie et s'altère tellement après la mort , que ses couleurs et même sa forme sont méconnaissables. DuîFour est parvenu , au moyen d'une dessiccation très prompte , et dont il indique le procédé, à remédier , autant que possible, à cet inconvénient.

(1) Voyex sur leur développement et celui du fœtus le beau trayail d*Hérold.

Ton II. ZA

364 AHACUNIDES

Selon Réaumur, la soie subit une première élaboration dans deux petits réservoirs ayant la figure d'une larme de yerre, placés obliquement^ un de chaque côté, à la base de six autres réservoirs , en forme d'intestins , situés les uns à côté des autres, recoudés six ou sept fois , partant un peu au-dessous de rorigine du ventre, et venant aboutir aux mamelons par un filet très mince. Cest dans ces derniers vaisseaux que la soie acquiert plus de consistance et les autres qualités qui lui sont propres; ils communiquent aux précédents par des branches , fonnânt un grand nombre de coudes et ensuite divers lacis (1). Au sorttf des mamelons , les fils de soie sont gluants ; il leur faut un certain degré de dessiccation ou d'évaporation d'humidité, fxmr pouvoir être employés. Mais il parait que lorsque la tempëraturs est propice , un instant suffit, puisque ces animaux s'en servent tout aussitôtqu'ils s'échappent de leurs filières. Ces flocons blanci et soyeux que l'on voit voltiger au printemps et en autonme, les jours où il y a eu du brouillard, et qu'on nomme vulgairement fil$ de la Vierge , sont certainement produits , ainsi que nous nous en sommes assurés en suivant leur point de départ, par diverses jeunes Aranéïdes , et notamment des Epéires et dei Thomises; ce sont principalement les grands fils qui doivent servir d'attacheaux rayonsde la toile , ou ceux qui en composent la chaîne, et qui devenant plus pesants à raison de l'humidité, s'aflEaissent , se rapprochent les uns» des autres, et finissent par se former en pelotons ; on les voit souvent se réunir près de la toile commencéapar l'animal , et où il se tient. Il est d'ailleurs probable que beaucoup de ces Aranéïdes n'ayant pas encore une provision assez abondante de soie , se bornent à en jeter au Idn de simples fils. Cest , à ce qu'il me parait , à de jeunes Lyooees qu'il faut attribuer ceux que Ton voit en grande abondance^ croisant les sillons des terres labourées, lorsqu'ils réfléchissent la lumière du soleil. Analysés chimiquement, ces fils de la vierge offrent précisément les mêmes caractères que la soie des Araignées ; ils ne se forment doncpoint dans l'atmosphère , ainsi que l'a conjecturé, faute d'observations propres ou eœ visu, un savant dont l'autorité est d'un si grand poids, Lamarck. On est parvenu à fabriquer avec cette soie des bas et des gants; mais ces essais n'étant point susceptibles d'une application en grand, et étant sujets à beaucoup de difficultés , sont plus curieux

(1) f^oyeM , sur le même sujet, Treviranus.

Îu'uUles. Cette matière est bien plus iinportanle pour les janéldeit C'est ayee elle que les espèces sédentaires , ou n'allant pointa la chasse de leur proie ., ourdissent ces toiles (1) d'un tissu plus ou moins serré , dont les formes et positions yarient selon les habitudes propres à chacune d'elles, et 4iui sont autant de pièges où les insectes dont elles se nourissent, so prennent ou s'embarrassent. A peine s'y trouyent-ils arrêtés , au moyen des crochets de leurs tarses , que l'Aranéïde, tantôt placée au centre de son réseau ou au fpnd de sa toile , tantôt dans une habitation particulière située auprès et dans run de ses angles , accourt , s'approche de Tinsecte, fait tous ses eflforts pour le piquer ayec son dard meurtrier , et distiller dans sa plaie un poison qui agit très promptement; lorsqu'il oppose une trop forte résistance , ou qu'il serait dangereux pour elle de lutter ayec lui , elle se retire un instant afin d'attendre qu'il ait perdu de ses ibrèes ou qu'il soit plus enlacé ; ou bien , si elle n'a rien à craindre , elle s'empresse de le garotter en déyidant autour de son corps des fils de soie , qui l'enyeloppent quelquefois entièrement et forment une couche, le déroban| à nos regards.

Uster ayait dit que des Araignées éjaculent et lancent leurs fib , de la même façon que les Porcs-Épics lancent leurs piquants, ayec cette différence qu'ici ces armes, suiyant une opinion populaire, se détacheraient du corps , tandis que dans les Arai-

Siëes , ces fils « quoique poussés au loin , y restent attachés. Ce t a été jugé impossible. Nous ayons cependant yu des fils sortir des mamelons de quelques Thomises , se diriger en ligne droite, et former comme des rayons mobiles, lorsque l'animal se mouyait circulairement. Un autre emploi de la soie, et commun à toutes les Aranéïdes femelles, a pour objet la construction des coques destinées a renfermer leurs œufs* La contexture et la forme de ces coques est diyersement modifiée selon les habitudes des races. Elles sont généralement sphéroïdes ; quelqueunes ont la forme d'un bonnet ou celle d'une tymbale ; on en connaît qui sont portées sur un pédicule, ou qui se terminent en massue. Des matières étrangères, comme de la terre, de^ feuilles, les recouyrent quelquefois, du moins partiellement ; un tissu plus fin . ou une sorte de bourre ou de duvet, enveloppe souyent les œufs S l'intérieur. Ils y sont libres ou agglutinés, et plus ou moins nombreux. Ces animaux étant très voraces ,

(1) Celles de quelques Aranéides exotiques sont si fortes, qu^cUcs arrêtent de petits oiseaux , et opposent même i rhomme une certaine résistance.

««a * AKACHHIBIS

les mâles, pour éyiter toute surprise, et n'être pas YictioMs dun désir prématuré, ne s'approchent de leurs femelles, à l'époque des amours^ qu'ayec une extrême méfiance et la plus grande circonspection. Ils tâtonnent souvent long-temps avant que celk»-ci se prêtent à leurs caresses; lorsqu'elles s'y déieN minent « îb appliquent alternativement , avec une^ grande promtilDde«rextnnnilé de leurs palpes, sur le dessous du yentre de la femeDe* font sortir « à chaque contact, et comme par une espèce de ressort « Forgane fécondateur, contenu dans le bouton fonnépar le dernier article de ces palpes, et l'introduisent dans une fimie silnéesoos leTcntre ^ près de sa base , entre les ouve^ tures propres à b respiration ; après quelques courts instants de repos « le même acte se renouvelle plusieurs fois. Voilà l'accoupiement dTun petit nombre d'espèces et de la division des Othrtcies^ Oa ne fin pas sans éprouver un vif intérêt , ce qu'a écrft sur ce sujet le savant qui a le plus approfondi l'histoire de cesantmaui « le célèbre Walckenaer , membre de l'académie des iiKCfiptioas et belies^eltres , et dont je m'honore d'être un aneten awi. L appareil de la génération des mâles , ou du moins nrêsumé lel^ est ordinairement très compliqué et très varié, hMrme de nièces écailleuses ^ plus ou moins crochues et irr^ lièffw « et a un corps Uanc y charnu , sur lequel on aperçoit quelque^)*» des vaisseaux dune apparence sanguine , et que l'on reganle coaime Tor^ane fécondateur proprement dit ; mais \laiis k« Arachnides a quatre sacs pulmonaires , et dans quelques autres de la division de celles qui n'en ont que deux, le ileruier article des palpes des mêmes individus n'offre qu\ttte Zieute pièce cornée , en forme de crochet ou de cure- <»rei(kv ^ns la uMMmlre ouverture distincte. Quoique Mûlleret d uultx'K aient eu tort ^ rehtivement à quelques Entomostraoés , \K^ (Javvr les organes sexuels masculins sur deux de leurs anten- Ui'^ ^ U u i^ est pas moins vrai que les parties considérées comme auaK^iK'H vfcjuks les Aranéides , sont très différentes de celles que i\ui vJb^n*^^!^ «ux ;intennes de ces Crustacés , et que l'on ne con- V\iit |Kij4 oueUe |HHirrait être leur destination , si on leur refuse

l>\qMxV les e\|Wrionces d'Audebert , qui nous a donné une KmU^iv sk*H Siugt^s . digne des talents de ce grand peintre, il \v^t à^\m\o qu\me seule fécondation peut suffis à plusieurs

générations successives* mais , comme dans tous les Insectes et autres classes analogues, les œufs sont stériles si les deux sexes ne se sont pas réunis. L'accouplement , dans nos climats, à lieu jusqu'à la fin de septembre. Les œufs pondus les premiers éclosent souvent avant la fin de l'automne ; les autres passent l'hiver. On a remarqué que les femelles de quelques espèces de Lycoses ou à' Araignées-loups déchirent la coque des œufs , lorsque les petits doivent venir au monde. Les nouveau-nés grimpent sur le dos de leur mère et s'y tiennent pendant quelque temps. D autres Aranéïdes femelles portent leurs cocons sous le ventre , ou veillent à leur conservation, en se fixant auprès d'eux. Les deux pattes postérieures ne se développent, dans quelques petits, que quelques jours après leur naissance. 11 en est qui , à la même époque , sont rassemblés p^idant quelque temps en société et paraissent filer en commun. Leurs couleurs alors sont souvent plus uniformes , et le naturaliste qui aurait peu d'expérience pourrait multiplier mal à propos les espèces. L'un de nos collaborateurs pour TEncyclopécBe méthodique, Amédée Lepelletier de Saint-Fargeau , a observé que ces animaux jouissaient , ainsi que les Crustacés , àe la acuité de régépérer les membres perdus.

J'ai constaté qu'une seule piqûre d'Aranéïde de moyenne taille fiait périr notre mouche domestique dans l'espace de quelques ininutes. Il est encore certain que la morsure de ces grandes Aranéïdes de l'Amérique méridionale , qui y sont connues sous le nom d'Araignées Crabes et que nous rangeons dans le genre Mygale , donne la mort à de petits animaux vertébrés tels que de petits oiseaux, comme des Colibris, des Pigeons, et peut produire dans l'homme un accès violent de fièvre ; la piqûre même de quelques espèces de nos climats méridionaux a été quelquefois mortelle. L'on peut donc ^ sans adopter toutes les febles que Baglivi et d'autres ont débitées sur le compte de la Tarentule, se méfier, surtout dans les pays chauds, de la piqûre des Aranéïdes et particulièrement des grosses espèces. Diverses espèces d'insectes du genre Sphex de Linnaeus saisissent des Aranéïdes , les percent de leur aiguillon et les transportent dans les trous où elles déposent leurs œufs , afin qu'elles servent de

{)âture à leUrs petits. La plupart de ces animaux périssent à 'arrière-saison, mais il en est qui vivent plusieurs années, et de ce nombre sont les Mygales, les Lycoses et probablement plusieurs autres. Quoique Pline dise que les Phalangium sont

inooanus ea Italie, dous préHunoas nébamoiiu que ces DÎères Aranéldcs et d'autres graodes espèces ne faisant detoîle, de ntéme encore queïesGaléodes ou Soipuges, m animaux que l'on désignait collectlTement de la sorte , el l'on distinguait plusieurs espèces. Telle était aussi ropiuii HouGBet qui a figuré (Hieatr. insect. , p. 319) comme espèce de Phalangium une Lycose ou une Uygale de 11 Candie.

Lister, qui a, le premier, le mieux observé les Araoéïdei il était i portée de suivre les habitudes , celles de la Gn Bretagne, a jeté les bases d'une distributioo naturelle, et celles qu'on a publiées depuis ne sont pour la plupart qu modifiôitioas. La connaissance plus réceote de quelques es particulières aux pays chauds , telles que l'Araignée maçt décrite par l'abbé Sauvage , et de quelques autres analt^ l'emploi des organes de la manducatiou , introduit dans li thode par Fabricius, une étude plus précise de la dispo géuérale des yeux et de leurs grandeurs respectives , celle e des loQgueurs relatives des pattes, ont contribué à étendre classifîcatioD. Walckcnaer est entré â cet ^ard dans la petits détails , et il serait difficile de décoi^vrir une espèc ne trouvât sa place dans quelqu'une des coupes qu'il i blies. 11 existait cependant un caractère dont on n'avait généralisé l'applicatioD, h préseoce ou l'absence du troi crochet du bout des tarses. Savigny nous a présenté , i point de vue , une nouvelle méthode, mais dont je ne co qu'un simple aperçu. ( Voyez Walck. , Faune franc. , not minant le genre Atte. )

Léon Dulîour, qui a publié d'excellents mémoires sur l'ai mie des Insectes, qui a fait une élude spéciale de ceu: royaume de Valence, (où il en a découvert plusieurs es nouvelles , ) et auquel la botanique n'est pas moins redei a donné une attention particulière aux organes respiratoin Aranéïdes, et c'est d'après lui que nous les partagerons en qui ont quatre sacs pulmonaires, (et à l'extérieur quatre mates, deux de chaque côté et très rapprochés) , et en

3ui n'en ont que deux (1). Les premières , qui embrassenl re des Aranéïdes Théraphoses de Walcleuaer ,. et que autres genres de celui qu'il désigne collectivement sous la <

(l) Svction dnAriigiiéri TtrriUli* deUiii-emiéra édition do cetouinge.

minalion d'Araignée , n'en composent d'après notre méthode , qu'un seul, celui

De MT«ia.i. (Mtoalb.)

Lears yeux sont toujours situés à rextrémilé antérieure du thorax et ordinairement très rapprochés. Leurs chélicèreset leurs pieds sont robustes. Les organes copnlateurs des mâles sont toujours saillants et souvent très simples. La plupart n*ont que quatre filières , dont les deux latérales ou extérieures, situées un peu au-dessus des deux autres, plus longues , de trois articles, sans compter Téléyation formant leur pédoncule. Elles se fabriquent des tubes soyeux , leur servant d'habitation , et qu'elles cachent, soit dans des terriers qu'elles ont creusés , soit sous des pierres , des écorces d'arbres ou entre des feuilles.

Les Tbéraphoses de Walckenaer formeront UDe première division ayant pour caractères : quatre (1) filières, dont les deux intermédiaires et inférieures ordinairement très courtes , et les deux extérieures très saillantes. Crochets des chélicères repliés en dessous , le long de leur carène ou tranche inférieure , et Doo en dedans ou sur leur face interne. Huit yeux dans tous ( le plus souvent groupés sur une petite éminence, trois de chaque côté, formant, réunis, un triangle renversé , et dont les deux supérieurs rapprochés ; les deux autres disposés transversalement au milieu des précédents ).

La quatrième paire de pieds , et ensuite la première , sont les plus longues , la troisième est la plus courte.

Ici les palpes sont insérés à Pextrémité supérieure des mâchoires, de sorte qii*ils paraissent être composés de six articles, dont le premier, étroit et alongé, avec Pangle interne de Fextrémité supérieure saillant , fait Poffice de ttAchoire. La languette est toujours petite et presque carrée. Le dernier article des palpes des mâles est court, en forme de bouton, et portant à son extrémité les organes sexuels. Les deux jambes antérieures des mêmes individus ont une forte épine on ergot à leur extrémité inférieure. Tels sont les caractères

'Deê Mtsalbs proprement dites» (My€ale. Walck.)

Les unes n'offrent point à Pextrémité supérieure de leurs chélicères , îmmédiatement an -dessus de Tinsertion de la griffe ou crochet qui les termine , une série transverse d^épines ou de pointes cornées et mobiles , disposées en manière de râteau. Les poils qui garnissent le dessous de leurs tarses forment une brosse épaisse et assez large, débordante, et cachant ordinairement jes crochets. Les organes sexuels masculins consistent en une seule pièce écailleuse et ter- BÛnée en une pointe entière , ou sans écranchure ni division ; tantôt elle après que la forme d^un cure-oreille ( Myg,de le Blond y Latr.); tantôt, et c'est le plus souvent, elle ressemble à une larme batavique ou globuleuse inférieurement; elle se rétrécit ensuite pour se terminer en pointe et former une espèce de crochet arqué.

Cette division se compose des espèces les plus grandes de la famille , et dont quelques-unes, dans l'état de repos, occupent un espace circulaire de six à

(1) J*ai aperça dans les Atypet , des vettiges de deux autres mamelons, ceux qui, dans les Aranéfdes de la dÎTision suiTante , sont placés entre les quatre extérieurs et très visibles; mais comme ici ils sont très peu apparents , je n*ai pas cru dcToir en tenir compte.

Houchei. Elle* etibliiMnt leur domicile dans le* ^rçurea de* arbrt leurécorce, dan* les interilicM de* pierre* on de* rochers, ousnrlea i de* fenillea de divers TegéUns. Ls cellule de la Mygale mileulalra s I d'an tabe , rélréci en pointe i son eitr^mïté postérieure. Elle *e compo toile blanche d'un ti*RU serré , très fin , demi transparent et semblable i rence k d« la mousseline. Goudot m'en a donné une qui , développé enriroD d«nx décimètres de long, sur prés de six centimètres de large, : dans son plus grand diamètre traDsversal. Le cocon de la même espèce forme et la grandeur d'une grosse noii. Son enveloppe , composée d'i de la même nature que celle de son habitation , était formée de trois < il paraît que les petits y éclosent et y subissent leur première mue. Ce liste m'a dit en avoir retiré d'un seul une centaine {F'oye* mon Méni< les habitudes de l'Araignée aviculaire , dans le recueil de ceux du Mui nat., tom. vin, p. 466).

Cette Mygale {Aranea avleularta , Lin.; Klém, Insect. Xlet XII i

^'.'longue d'environ un pouce et demi, noiritre, très velue, avec l'e

des palpes , des pieds et les poils inférieurs de la bouche rouneAtn

gane génital des miles est creui A sa base , et finit en pointe alongé

aiguë.

L'Amérique méridionale et les Antille* fournissent d autre* «spè y sont connues de* colon* irançais sous le nom ù^Aralgnéet-crâie morsures passent pour être 1res dangereuses. Les grandes Inde* en i une espèce très grande {M . foMciata ; Seha, Hua., I, lux, i; Walc des Âran-, IV, 1 , fem. ). On reçoit aussi du cap de Bonne-Espéranei

Céce presque aussi grande que TAviculaire. Une autre de la mémec i M> falenclenne Ifaleallna], a été trouvée dans les lieui arides ei de Hoienta , en Espagne . par Dnfour, qui l'a décrite et figurée dan quième volume des Annales de* Science* physiques , publiées à Bi Walckenaer en a fait connaître une autre de cette péninsule ( M. eai

Î|ui a deui éminences au-dessus des organes respiratoires. Ces deai ormcnt un petit groupe particulier, ayant pour caractère: crochets d

ssilltnts ou A découvert (1).

Dans les Mygales suivantes (2), l'eitrémilé supérieure du premier ar ■intennos-pinces présente une série d'épines articulées et mobiles à léi d'B|>ré* le* observations de Dufour, et formant une sorte de râteau.

Les tarse* *ont moins velus en dessous que dans la division précéii |«1irs crochets sont toujours découverts. Les mâles d'une espèce , les s J'aiii vus , ont leurs organes copulateurs moins simples que ceni des précédante*. La pièce écallleuse et principale renferme dans une cai rieura <■» corps particulier, semi- globuleux , et se terminant en une blfl»le(5).

Ces cspècM *o creusent , dan* les lieux sec* et montueux , situés au i (-(inlrén* méridionales de l'Europe et de quelques antres pays , de* Bouitirraines , on forme de boyau , ayant souvent deux pieds deprofoi li-llrnir-nt fléchies . selon Dufour, qu'on en perd souvent la trace. E

» et Ici luiisnlei, aioti que pour les intrei nniTei

dsnti de la leconde êditien du nouveau DiotionWra

imruTSIIii , qua iinui avani Irailà nec étendue.

Ci) 1><> (i. (>Tsniis, Ci^niia, Latr. Fan. natur. du régne animal.

(o) DitruiiT ma ninlredit i cet ^gard. J'ai de nouveau vëriCd l« fait, et je me

valnuii quiijn ne ra'^laispas trompé. Pelit^tre que lei individu! qu'il a eMminéi i

PULMONAIRES. 37t

slmUent à lenr entrée , avec de la terre et de la sofe , un opercule - mobile , fixé par une charnière, et qui , à raison de sa forme , parfaitement adaptée à Touyerture, de son inclinaison, de son poids naturel et de la situation supérieure de la charnière , ferme de lui-même et dhine manière très juste Pentrée de rhabitation , et forme ainsi une trape , que Fou a de la peine à distinguer du, terrain environnant. Sa face intérieure est revêtue d^une couche soyeuse , à laquelle Panimal s^accroche pour attirer à lui cette porte et empêcher qu^on ne Fonvre. Si elle est un peu béante, on est sûr qu^it est dans sa retraite. Mis à découvert par une scission pratiquée dans le conduit , en avant de son issue , il reste stupéfait et se laisse prendre sans résistance. Un tube soyeux, ou le nid

{proprement dit , revêt Fintérieur de la galerie. Le savant précité est d^avis que es mâles n^en creusent point. Outre qu^il ne les a jamais rencontrés que sous des pierres , ils lui paraissent moins favorisés soùs le rapport des organes propres à ces travaux. {F'qyez son beau Mémoire , ayant pour titre : Observation» sur quelques Arachnides quadripulmonaires. ) Sans prononcer à cet égard , nous présumons avec lui que notre Mygale cardeute {Mygale carminans, Nouv. dtct. d^Hist. nat., 2« édit., article Mtgalb), n^est que le mâle de Fespèce suivante ; cependant Walckenaer en doute.

La Mygale maçonne (M* cannentaria, Latr.; Araignée maçonne y Sauvag., Hist. de FAcad. des scienc, 1758, pag. 26; Araignée mineuse y Dorthès, Transact. lin.. Soc. II , 17, 8 ; Walck., Hist. des Aran., fasc. lll , x ; Faun., lîranç., Arach., II , 4 ; Dufour, Ann. des se. phys.. Y; lxxih , 5.) femelle, est longue d^environ huit lignes , d^un roussâtre tirant sur le brun et plus ou moins foncé , avec les bords du corselet plus pâles. Les chélicères soni noirâtres et ont chacune en dessus, près de Farticulation du crochet, cinq pointes, dontFinterne plus courte. L^abdomen est gris de souris^ avec des mouchetures plus foncées. Le premier article de tous les tarses est garni de petites épines ; les crochets du dernier ont un ergot à leur base , et une double rangée de dents aigués. Les 61ières sont peu saillantes. Suivant Dufour (Annal, des se. phys., V, lxxiii, 4), le maie présumé, dont j^ai fait une espèce , sous le nom de M, cardeuse, diffère de Findividu précédent par ses pattes plus longues , par les crochets des tarses dont les dents sont une fois plus nombreuses , mais dépourvues d^ergots , et par ses filières plus courtes. Mais un caractère plus apparent est la forte épine terminant en dessous les deux jambes antérieures. Cette Mygale se trouve dans les départements méridionaux de la France , situés sur les bords de la Méditerranée , en Espagne , etc.

La M. pionnière (M. fodient , Walck., Faun., franc., Arach., II, 1,2; Sàuvagesii, Dufour, Ann. des se. phys., V, lxxiii, 3; Aranea Sauvagesii, Ross.) femelle, est un peu plus grande que celle de Fespèce précédente, d\in brun roussâtre clair et sans taches. Les filières extérieures sont longuft^Iiès quatre tarses antérieurs sont seuls garnis de petites épines; tous onturi ergot au bout, et leurs crochets n^offrent qu^une dent située à leur base. Les chélicères sont plus fortes et plus inclinées que celles de la Jf. maçonne; les pointes du râteau sont un peu plus nombreuses; la première articulation offre , en dessous, deux rangées de dents. Le mâle est inconnu. Cette espèce se trouve en Toscane et en Corse. Le Muséum d^histoire naturelle possède un petit bloc de terre où Fon voit quatre de ses nids , disposés en un quadrilatère régulier.

Lefèvre , si zélé pour les progrès de Fentomologie , et qui a fait tant de sacrifices pour cette science, a rapporté de la Sicile une nouvelle espèce de Mygale , dont le corps est entièrement d^un brun noirâtre. Le mâle n^offre point à Fextrémité des jambes antérieures celte forte épine qui paraît généralement propre aux individus du même sexe des autres Mygales.

279 ARACHMIDES.

On trouve à la Jamaïque une autre espèce (3f. nidulans)^ représentée ^ ainsi que son nid , par Broivn , dans son Histoire naturelle de la Jamaïque ^ pi. xtiv, 5.

Là, les palpes sont insérés sur une dilatation inférieure du côté externe des mâchoires, et n^ont que cinq articles. La languette, d'abord très-petite (atype), a'alonge et s'avance ensuite entre les mâchoires , et ce caractère devient général. Le dernier article des palpes des deux sexes est alongé et aminci en pointe vers le bout. Les mâles n'ont point de fort ergot à Textrémité de leurs deux jambes antérieures.

Les Attpbs (Attpus. Latr. — Oletera, Walck.)

Ont une très petite languette , presque recouverte par la portion interne de la base des mâchoires , et les yeux très rapprochés et groupés sur un tubercule.

"VAtype de Suizer {Atypui Sulzeri, Latr., Gêner. Grust. et Lisect., I, v, 2, mâle ; Du four, Ann. des se. phys.. Y, lxxiii , 6 , Aranea piceà , Sulz ; Oléiêre aijrpe , Walck.; Faun. franc. Arachn., il , 3) a le corps entièrement noirâtre et long d'environ huit lignes. Le thorax est presque carré , déprimé postérieurement, renflé, élargi et largement tronqué par devant , ce qui lui donne une forme très différente de celle qu'offre cette partie du corps dans les Mygales. Les chéiicères sont très fortes, et leur griffe a en dessous , près de la base , une petite éminence en forme de dent. Le dernier article des palpes du mâle est pointu au bout. L'organe génital donne inférieurement naissance à une petite pièce demi-transparente , en forme d'écaillé , élargie et inégalement bidentee au bout, avec une petite soie ou cirrhe, à l'une de ses extrémités. Gette espèce se creuse, dans les terrains en pente et couverts de gazon, un boyau cylindrique , long de sept à huit pouces , d'abord cylindrique , inincliné ensuite , où elle se file un tuyau de soie blanche , de la même forme et des mêmes dimensions. Le cocon est fixé avec de la soie, et par les deux bouts, au fond de ce tuyau. On la trouve aux environs de Paris, de Bordeaux; et de Basoches a observé près de Séez une variété qui est constamment d'un brun clair.

Milbert ^ correspondant du Muséum d'histoire naturelle , a découvert aux environs de Philadelphie une autre espèce (Atxpui rufipes) toute noire, avec les pattes fauves.

Les ËRioDONS (Ebiodon. Latr. — Mittulena, Walck.)

Diffèrent des Atypes par leur languette alongée , étroite , s'avançant entre les mâchoires , et par leurs yeux disséminés sur le devant du thorax.

La seule espèce connue (Erlodon occatoriui, Latr.; Missulena oceaiaria^ Walck. Tabl. des Aran. pi. Il, Jiff. 11, 12) est longue d'un pouce, noirâtre, et propre à la Nouvelle-Hollande , d'où elle a été apportée par Péron et Le- •ueur (1).

Notre seconde et dernière division générale des Aranéïdes quadripulmonaires ou Mygales, nous présente des caractèrcb communs aux Eriodons, comme d'avoir la languette prolongée entre les mâchoires , les palpes composés de

. (1) Dans un premier Mémoire de Dalman sur les Insectes renfeinncs dans le siiccin, ce célèbre naturaliste mentionne (pag* 25) une Araignée qui lui paraît devoir former un nouveau genre {Chalinura). Les yeux sont portés sur uu tubercule antérieur très élevé , et quatre d^entre eux , dont les deux antérieurs sont très grands et rapprochés , occupent le centre. Les filières extérieures sont fort alongées. 11 semblerait , diaprés ces caractères , que cette Aranéîde avoisinerait les Mygales ou quelque autre genre analogue.

èînq articles ; mais les griffes des chélicères sont repliées sur leur face interue , leurs filières sont au noiiç^e de six , leur première paire de pattes , et noo la quatrième , est la plus JffjÊgfB de toutes ; la troisième est toujours , d^ailleurs , la plus courte* QuelqueCHfeÉrile ces Arachnides n^ont que six yeux. Le nombre des sacs pulmonaires t^Bàltit point d^éloigner les sous-genres de cette division des précédents , et comtne ils nous conduisent aux Drasses , aux Clothos, anx Ségestries, sous-genres n^offrant que deux sacs pulmonaires. Tordre naturel ne nous permçt point de passer des Mygales aux Lycoses et autres Aranéîdes chasseuses ou vagabondes. Les Mygales sont de véritables Araignées tapissières , et c^est en effet dans cette division qu^on avait anciennement placé PAraignée aviculaire de Linnœus.

Cette seconde division comprend les deux sous-genres suivants :

Les Dtsdèbxs , ( Disdera. Latr. )

Qui n^ont que six yeux et disposés en fer achevai, avecFouverture en devant; dont les chélicères sont très fortes et avancées, et dont les mâchoires sont droites et dilatées à Tintérieur des palpes (1).

Les FiLiSTATss, (FiLisTATA. Latr.)

Qui ont huit veux , groupés sur une petite élévation k Pextrémité antérieure du thorax ; les chélicères petites , et les mâchoires arquées au côté extérieur et environnant la languette en manière de cintre (2).

fions paMons maintenant aux Âranéïdes n'ayant qu'une paire de sacs polmonauref et de stigmates. Toutes nous offrent des palpes à cinq articles, insérés sur le côté extérieur des mâchoires, près de leur base, et le plus sotiTent dans un sinus ; une languette avancée entre elles , soit presque carrée, soit triangulaire ou semi-circulaire, et six mamelons ou filières à Fanus. Le dernier article des palpes des mâles est plus ou moins ovoïde, et renferme le plus souvent , dans une excavation , un organe copulateur compliqué et très varié ; rarement (Ségestrie) est-il à nu.

A l'exception d'un petit nombre d'espèces , rentrant dansle genre Mygale, eDes composent celui

D*AlAi6iTtE. (âbahxa) de Linnœus, ou d!j4raneuê de quelques auteurs.

Une première division comprendra les AxAiGifiBS sédiutaikes. Elles font des toiles , ou jettent au moins des fils, pour surprendre leur proie , et se tiennent habituellement dans ces pièges pu tout auprès , ainsi que près de leura œufs. Leurs yeux sont rapprochés sur la largeur du front, tantôt au nombre de huit, dont quatre ou deux au milieu, et deux ou trois de chaque cité , tantôt au nombre de six.

Les unes , qui , dans leur marche , se portent toujours en avant, et que nous nommerons , pour cela , Rxctigeades, ourdissent des toiles et sont toujours stationnaires ; leurs pieds sont élevés dans le repos ; tantôt les deux premiers et les deux derniers , tantôt ceux des deux paires antérieures, ou

(1) Dydera erythrina, Lalr. Walck , Tab. des Aran. V, 49, 50 ; Dufour, Ann. des icienc. phys. V,xxxiii , 7; Aranea rufipes, Fab. — Dysdera panula, Dufoor, ibid,

(î) Filittata bicohr, Latr. Walck. Faun. franc. Arachn. VI, 1-3. On trouve à la Guadeloupe une espèce de moyenne taille , dont le mâle a les pattes longues et grêles , les palpes courbes , avec les organes sexuels situés à rextrémité du dernier article, et terniinés. par un crochet grêle et arqué en manière de faucille.

%}i AtACHKIBES

M i|UAiri^ine8 et les troisièmes , sont les pins longs. Les yeux ne forment IHUnt |>ftr leur disposition générîde un segment dp oercle ou un croissant.

On peut les dimer en trois sections : la preflMEÎ celle des Tubitblu ou TAnssiiass^ a les filières cylindriques, rapprochéSRfa un faisceau dirigé «a arrière ; les pieds robustes , el dont les deux prenders ou les deux derniers, «t viioe Mfsd , plas longs dans les unes , et dont les huit presque égaux dans les

Kons esflMMBcerons par deux sous-genres qui , sous le rapport des mâclM«Na« formant un cintre autour de la languette, se rapprochent des Fllis- Me<i et sVloignent des suivants. Les yeux sont toujours au nombre de boit, Jfapmss quatre par quatre sur deux lignes transTcrses. Le premier, celui

DcGlotho, (Glotho. Walck. — Uroctea. Dnfour.)

Est des plus singuliers. Ses cbélicëres sont fort petites , peu susceptibles lie sVcarter, ce qui rapproche ce sous-genre du dernier, et sans dentelores; les crochets sont très petits ; par la forme courte du coips et ses longues

Sattes , il a Paspect de» Araignées-Crabes ou Thomises. Les longueurs relatires e ces organes diffèrent peu ; la quatrième paire et la précédente ensuite sont seuleoient un peu plus longues que les quatre premières; les tarses seuls sost garnis de piquants. Les yeux sont plus éloignés du bord antérieur du thorax que dans le sous-genre suivauit , rapprochés et disposés de la même manière que dans le genre Mygale de Walckenaer ; trois de chaque côté forment ira triangle renversé , ou dont Fimpair est inférieur ; les deux autres forment one Kgne transverse , dans Tespace compris entre les deux triangles. Lesmâchobes ot la languette sont proportionnellement plus petites que celles du même sonsgenre ; les mâchoires ont au côté extérieur une courte saillie ou faible dilatslion, servant d^insertion aux palpes et se terminent en pointe; la languette est triangulaire et non presque ovale , comme celle des IJrases. Les deux filières aopérieures , ou les plus latérales , sont longues ; maïs ce qui , diaprés Dnfour, caractérise particulièrement ses Uroctées on nos Clothos , c^est qu'à la place des deux filières intermédiaires , Ton voit deux valves pectiniformes , s^ouvrsnt et se fermant à la volonté de Tanimal (1).

On ne connaît encore qu'une seule espèce {Uroctea 5 — maculaia, Dufonr, Ann. des se. phys. Y, lxxvi , 1 ; Clotho Durandii, Latr. ). Son corps est loog de cinq ligues, d'un brun marron , avec l'abdomen noir, ayant en dessus cinq petites taches rondes et jaunâtres , dont quatre disposées transversalement par paires , et dont la dernière ou l'impaire postérieure ; les pattes sont veues. On voit par les planches du grand ouvrage sur l'Egypte , que Sav%By 1 avait trouvée dans ce pays , et qu'il se proposait d'en former une nouvelle coupe générique. Le comte Dejean l'a rapportée de la Dalmatie , et le chevalier de Schreibers , directeur du cabinet impérial de Vienne, m'en a envoyé des individus recueillis dans les mêmes lieux. Dufour l'a aussi trouvée dans les montagnes de Narbonne , dans les Pyrénées et dans les rochers de la Catalogne. On lui doit, outre la connaissance des caractères extérieurs de cette Aranéîde , des observations curieuses sur ses habitudes. « Elle étabUt, nons dit-il , à la surface inférieure des grosses pierres ou dans les fentes des ro-

(1) rn va , dai^ un individu bien cootenré , six filières , dont les deux sapéneores besicoup pku loogues, terminées par un article aloD|^ en forme de lame elliptique, et qaatrs autres petites, les inférieures surtout, disposées en «sarré. L^anus, placé sous un petit annoement, en forme de chaperon et membraneux, oiTrait , de chaque côté , nn pinoeaD^ poiU rétractiW. Cw pinceaui sont les pièces que Dufbur nomme valves pcctimrorraef , et distinctes des deux AIk^ics iuteru^iaires , qui sont cachées par les denx ufénewss.

chers, une coque en forme de calotte ou de patelle ;| d^nn bon pouce de diamètre. Son contour présente sept à huit échancruwk^ dont les angles seuls •ont fixés sur la pierre, au moyen de faisceaux de nis , tandis que les bords sont libres. Cette singulière tente est d'une admirable texture. L^extérieur ressemble à un taffetas des plus fins, formé, suivant Tâge de Touvrière, d^un pins ou moins grand nombre de doublures. Ainsi , lorsque PUroctée , encore jeune , commence à établir sa retraite , elle ne fabrique que deux toiles, entre lesquelles elle se tient à Tabri. Par la suite , et , je crois , à chaque mue , elle lyoute un certain nombre de doublures. Enfin, lorsque Tépoque marquée pour la reproduction arrive , elle tisse un appartement tout exprès , plus duveté , plut moelleux , où doivent être renfermés et les sacs des œufs , et les petits récemment éclos. Quoique la calotte extérieure ou le pavillon soit, à dessein sans doute , plus ou moins sali par des corps étrangers qui servent à en masquer la présence , Tappartement de Tindustrieuse fabricante est toujours d^une propreté recherchée. Les poches ou sachets qui renferment les • œufs sont au nombre de quatre , de cinq ou même de six pour chaque habitation, qui n^est cependant qu'une seule habitation; ces poches ont une forme lenticulaire, et ont plus de quatre lignes de diamètre. Elles sont d'un taffetas blanc comme la neige et fournies intérieurement d'un édredon des plus fins. Ce n^est que vers la fin de décembre ou au mois de janvier que la ponte des œufs a lieu. 11 fallait prémunir la progéniture contre la rigueur de la saison et les incursions ennemies. Tout a été prévu : le réceptacle de ce précieux dépôt est séparé dç la toile, immédiatement appliquée sur la pierre par un dnvet moelleux , et de la calotte extérieure par les divers étages dont j'ai parlé. Parmi les éch'ancrures qui bordent le pavillon, les unes sont tout-àlait closes par la continuité de l'étoffe , les autres ont leurs bords simplement superposés, de manière que l'Uroctée, soulevant ceux-ci, peut à son gré sortir de sa tente et y rentrer. Lorsqu'elle quitle son domicile pour aller à la chasse , elle a peu à redouter sa violation , car elle seule a le secret de ses ëchancrures impénétrables , et la clef de celles où l'on peut s'introduire. Lorsque les petits sont en état de se passer des soins maternels , ils prennent leur essor et vont établir ailleurs leurs logements particuliers , tandis que la mère vient mourir dans son pavillon. Ainsi ce dernier est en même temps le berceau et le tombeau de l'Uroctée. »

LcsDrasses (Drassds. Walck.)

Diffèrent desClothos par plusieurs caractères. Leurs chélicères sont robustes, saillantes et dentelées en dessous ; leurs mâchoires sont tronquées obliquement à leur extrémité, et la languette forme un ovale tronqué inférieurement ou un triangle curviligne alongé; les yeux sont plus rapprochés du bord antérieur du thorax, et la ligne formée par les quatre postérieurs est plus longue que l'antérieure ou la déborde sur les côtés. Les proportions des filières extérieures diffèrent peu , et l'on ne voit point entre elles ces deux valves pectiniformes qui sont propres aux Clothos. Enfin , les quatrièmes pieds , et ensuite les deux premiers, sont très manifestement plus longs que les autres. Les jambes et le premier article des tarses sont armés de piquants.

. Ces Aranéïdes se tiennent sous les pierres , dans les fentes des murs , l'intérieur des feuilles , et s'y fabriquent des cellules d'une soie très blanche. Les cocons de quelques-unes sont orbiculaires , aplatis et composés de deux valves appliquées l'une sur l'autre. Walckenaer distribue les Drasses en trois familles, d'après la direction et le rapprochement des lignes formées par les yeux , et le

us ou moins de dilatation du milieu des mâchoires.

L'espèce qu'il nomme vert (viridissimus , Hist. des Aran. fasc. iv, 9), et

qui compose seule sa troisième division ^ construit sur la surface des feuilles

• une toile fine, blanche et transparente , tous laquelle elle s^établît. L^ud des côtés des feuilles du ^rier m'a quelquefois offert une toile semblable, mais anguleuse sur ses bords , en forme de tente , ainsi que :celles que font les Clothos, et sous laquelle était le cocon. Elle est, je présume, 1 ouvrage de cette espèce de Drasse , et nous montre Fanalogie de ce sous-genre avec le précédent. Léou Dufour nous a donné dans les Annales des sciences physiques (Drassus segestrlformis , VI, xcv^ 1) une description très complète d'une espèce de Drasse qu'il a trouvée sous les pierres , dans les hautes montagnes des Pyrénées, et jamais au-dessous de la z6ne alpine. C'est une des plos grandes de ce sous-genre , et qui me parait avoir de grands rapports avec celle que j'ai nommée MeUmogaster, et que je crois être le Drasse iMcifiigeàt Walckenaer (Schœff. Icon. CI . 7 ).

L'une des plus jolies espèces , et que l'on trouve assez communément aux environs de Paris, courant à terre, est le Drasse reluisant {D.relueens). Elle est petite, presque cylindrique, avec le thorax fauve, recouvert d'un duvet soyeux et pourpré; l'abdomen mélangé de bleu , de rouge et de vert, avec des reflets métalliques et deux lignes transverses d'un jaune d'or, dont l'antérieure arquée. On y.voit aussi quelquefois quatre points dorés (1).

Dans les autres Araignées Tubitèles , les mâchoires ne forment point mi cintre renfermant la languette; leur côté extérieur est dilaté inférieurement, au-dessous de l'origine des palpes.

Quelques-unes n ont que six yeux, dont quatre antérieurs, formant une ligne transverse , et les deux autres postérieurs , situés , un de chaque côté , derrière les deux latéraux de la ligne précédente. Tel est le cars^clère essentiel

Des SÉGB8TR1BS. (Sbgestaia. Latr. )

Leur languette est presque carrée et alongée. La première paire de pattes et ensuite la seconde sont les plus longues; la troisième est la plus courte. Ces Aranéîdes se filent, dans les fentes des vieux murs, des tubes soyeux, cylindriques , alongés , où elles se tiennent , ayant leurs premières paires de pattes dirigées en avant; des fils divergents bordent extérieurement l'entrée de rhabitation et forment une petite toile propre à arrêter les Insectes. L'organe génital de la Ségestrie perfide ( Aranea florentina ^ Ross. Faun. etrusc. XIX, 3), espèce assez grande, noire, àchélicères vertes , et qui n'est pas rare en France, est en forme de larme ou ovoîdo-conique , très aigu au bout , entièrement saillant et rouge (2).

Les autres Tubitèles ont huit yeux. On peut, en raison delà différeoce du milieu d'habitation , les partager en terrestres et en aquatiques. Quoique Walckenaer ait fait de celles-ci sa dernière famille des Aranéîdes, celle àesNa^riidts^ elles ont tant de rapportjavec les autres Tubitèles que , nonobstant cette disparité d'habitudes, il faut les placer avec elles. Dans celles qui sont terrestres, la languette est presque carrée ou très peu rétrécie , très obtuse ou tronquée au sommet; les mâchoires sont droites ou presque droites et plus ou moins dilatées vers leur extrémité ; les deux yeux de chaque extrémité latérale du groupe ocn« laire sont généralement assez écartés l'un de l'autre , ou du moins ne sont point géminés et portés sur une petite éminence particulière , comme ceux des Tubitèles aquatiques.

(1) yoyezy quantaux autres espèces, la Faune parisienne de Walckenaer, et son tobleta des Aranéîdes.

(3) Ajoutez la Ségetîrio sénocnlée , Walck. Htst. des Aran. Y, vu ; Aranea senoculata , Liu. De«^.

Le» Glubiorbs (Clubiona. Latr. )

Ne se distiDgaent guère du sous-genre suivant qu'en ce que les longueurs des (îlières extérieures sont un peu différentes, et que la ligne îbrmée parles quatre feux antérieurs est droite ou presque droite. £lles font des tubes soyeux leur lerrant d^habitation , et qu^elles placent soit sous des pierres^ dans des fentes de murs , soit entre les feuilles. Les cocons sont globuleux (1).

Les Abaignébs propres , ( Aranba.)

Que nous avions d^abord désignées sous le nom générique de Tégénaire ( Tefenaria), conservé par Walckenaer, et auxquelles nous réunissons ses Agélènes (Agelena) et ses Nystes {Nxssvs), ont leurs deux filières supérieures notablement plus longues que les autres , et leurs quatre yeux antérieurs disposés en Bue ligne arquée en arrière ou formant une courbe.

Elles construisent dans Tintérieur de nos habitations , aux angles des murs , lur les plantes , les haies et souvent sur les bords des chemins, soit dans la terre , soit sous des pierres , une toile grande , à peu près horizontale , et à la partie supérieure de laquelle est un tube où elles se tiennent sans faire de mouvement (2).

Viennent maintenant les Noyades de Walckenaer ou nos Tubitèles aquatiques, et qui composent le genre

D^Abgtronète. (Argtbonbta. Latr.)

Les mâchoires sont inclinées sur la languette , dont la forme est triangulaire. Les deux yeux de chaque extrémité latérale du groupe oculaire sont très rapprochés Tun de Fautre , et placés sur une éminence spéciale ; les quatre autres forment un quadrilatère.

làAr^^nète aquatique ( Aranea aquatica, Lin. Geoff. De G. ) est d^un brun noirâtre , avec Pabdomen plus foncé , soyeux , et ayant sur le dos quatre points enfoncés.

Elle vit dans nos eaux dormantes , y nage , Tabdomen renfermé dans une bulle d^air, et s^y forme , pour retraite , une coque ovale, remplie d^air, tapissée de soie , de laquelle partent des fils dirigés en tout sens et attachés • aux plantes des environs. Elle y guette sa proie , y place son cocon , qu^elle garde assiduement , et s^y renferme pour passer Thiver.

La seconde section des Araignées sédentaires et rectigrades , celle des Iné- QuiTBLES , ouïes Abaignées FiLANDiEBBS , a Ics filièrcs extérieures presque coniques , faisant peu de saillie , convergentes , disposées en rosette , et les pieds très grêles. Leurs mâchoires sont inclinées sur la lèvre et se rétrécissent , ou du moins ne s^élargissent pas sensiblement à leur extrémité supérieure.

La plupart ont la première paire de pieds, et ensuite la quatrième plus loifgues. Leur abdomen est plus volumineux, plus mou et plus coloré que dans (es tribus précédentes. Elles font des toiles à réseau irrégulier, composées de Bis qui se croisent en tout sens et sur plusieurs plans. Elles garottent leur proie , veillent avec soin a la conservation de leurs œufs, et ne les abandonnent point qu^ils ne soient éclos. Elles vivent peu de temps.

(1) Aranea, holosericea, Lin. DeG.^Fab. Walck. Hist. des Aran. lY, iii,fem. — Aranea 9frox fBo G., List. Aran. tit. xxi, 21 ; Albin , Aran. x , 48 etxvii, 83. Ployez aussi le tableau des Aran. et la Faune parisienne de Walckenaer.

(3) Aranea domesiicay Lin. De G., Fab. Clerck. Aran. suec. pi. it, tab. ix; — Tegcne^ riaciviiis, Walck.Hist. des Aran. \^y',— Aranea labyrinti^ica, Lin. Fab. Clerck. Aran. si|ec. pi. Il, tab. vin. F oyez le tableau des Aran. de Walckenaer.

Les unes ont la première paire de pieds et ensuite la quatrième plut longuet. Telles sont

Les ScTTODBS , (ScYTODES. Latr. )

Qui n^ont que six yeux , et disposés par paires. Selon Dufour, les crochets des tarses sont ii^sérés sur un article supplémentaire.

On en connaît deux espèces, dont Tune, la Thoracique (1), habite Pintérieiir de nos apparlemens , et dont Pautre , la Blonde (Annal, des scienc. pbys. Y, Lxxvi, 5), a été trouvée, par ce Dufour, sous des débris calcaires, dans les montagnes du royaume de Valence. Elle se fabrique un tube assex ioforme , d^une toile mince , d^un blanc laiteux , à peu près comme la Dysdère érylbrine.

Les Théridions, (Thbrxdion. Walck.)

Dont les yeux sont au nombre de buit et disposés ainsi : quatre au milien en carré , dont les deux antérieurs placés sur une petite éminence , et dçax de chaque côté , situés aussi sur une élévation commune. Le corselet est eo forme de cœur renversé ou presque triangulaire. Ce sous-genre est très nombreux (2).

Le Thérldion malmignatte {jéranea guttata, Fab. Ross. Faun. etrusc. II, IX, 10). Yeux latéraux écartés entre eux; corps noir, avec treize petites taches rondes , d'un rouge de sang, sur Tabdomen. — Toscane , île de Corse.

On croit que sa morsure est très venimeuse , et même mortelle (3).

'VA» mactans de Fabricius , autre espèce de Théridion , mais de TAmérique méridionale, y inspire les mêmes craintes. 11 semble que ces préventions ont leur source dans la couleur noire , coupée par des taches sanguines , de

ces animaux.

Les Episines (Episinus. Walck.)

Ont aussi huit yeux , mais rapprochés sur une élévation commune, et lec<H^ selet étroit, presque cylindrique (4).

Les autres Inéqditèles ont la première paire de pieds, et la seconde ensnite, plus longues. Tels sont

Les Pholcds (Pbolcds. Walck.),

Dont les yeux^ au nombre de huit, sont placés sur un tubercule et divisés en trois groupes : un de chaque côté, formé de trois yeux, disposés en triangle, et le troisième au milieu, un peu antérieur, composé de deux autres yeux, et sur uiie ligne transverse.

Le Pholcus Phalangiste {Araignée domestique j à longues pattes ^ Geof.), Ph. Phalangioides, Walck. Hist. des Aran., fasc. 5, tab. x. Corps long, étroit, d^un jaunâtre très-pâle ou livide, pubescent; abdomen presque cylindrique,

(1) Scytodes ihoracica, Latr. Gêner. Crust. et Insect. I , ▼, 4 ; Walck. Hist. des Afin. I , X et II, suppl.

(2) f^oye»\e Tableau etTHistoire des Aranéîdes de Walckenaer, les Annales des sciences naturelles et celles des sciences physiques. Il faut rapporter à ce genre les Arai^ëes Bipunctata, Bedimitade Linnœus, T^ran^a albo^maculata de De Géer,etc.

(5) Cette espèce est le type du genre Latrodecte de Walckenaer, quMl distingue décelai de Théridion diaprés les différences des longueurs respectives des pieds ; mais il mVptra qu'il y avait erreur à cet égard.

Son Théridion bienfaisant (Itenignum), Hist. des Aran. Fasc. V, vin, dont il aélocKé ovec beaucoup de soin les hobiludes , sVtablit entre les grappes de raisin, et les garantitde Tattaque de plusieurs Insectes.

(4) Episinus truncatus, Latr. Gencc. Cnis^. et Insect. tom. pag. 371. Italie, cnviroos de Paris.

très-mou , et marqué en dessus de tâches noirâtres ; pattes très longues , très fines, avec un anneau blanchâtre à rextrémité des cuisses et des jambes. Commun dans les maisons, où il file aux an(;les des murs une toile composée de fils lâches et peu adhérents entre eux. La femelle agglutine ses œufs en un corps rond et nu , qu^elle porte entre ses mandibules.

Dufour en a trouvé une seconde espèce , le Pholque à queue ( Annal, des se. pbys. Y, lxxvi , 2) , dans les fentes des rochers , àMoxente, royaume de Valence. Son abdomen se termine en une saillie conique et formant ainsi une sorte de queue , comme celui de PËpéïre conique. De même que les précédentes , elle balance son corps et ses pattes. Les palpes du mâle ont Forgane génital très compliqué.

La troisième section des Araignées séoENTAiRES rectigradks , celle des Orbi- TBI.K8 , ou les Araignées tendbcses de plusieurs , a les filières extérieures presque coniques, peu saillantes, convergentes et disposées en rosette, et les pieds grêles comme la précédente, mais en diffère par les mâchoires, qui sont droites et sensiblement plus larges à leur extrémité.

La première paire de pieds , et la seconde ensuite , sont toujours les plus longues. Les yeux sont au nombre de huit , et disposés ainsi : quatre au milieu , formant un quadrilatère, et deux de chaque côté.

Elles se rapprochent des Inéquitèles par la grandeur, la mollesse, la variété des couleurs de Tabdomen , et par la courte durée de leur vie ; mais elles font des toiles en réseau régulier, composé de cercles concentriques croisés par det rayons droits , se rendant du centre , où elles se tiennent presque toujours , et dans une situation renversée , à la circonférence. Quelques-unes se cachent dans une cavité ou dans une loge quVllei se sont construite près des bords de la toile qui est tantôt horizontale, tantôt perpendiculaire. Leurs œufs sont agglutinés , très nombreux , et renfermés dans un cocon volumineux.

On se sert, pour les divisions 'du micromètre, des fils qui soutiennent la toile , et qui peuvent s^alonger d^environ un cinquième de leur longueur. Cette observation nous a été communiquée par Arrago.

Les LiNTPHiES. (LiNYPBiA. Latr.)

Bien caractérisées par la disposition^ de leurs yeux : quatre au milieu formant un trapèze dont le côté postérieur plus large , et occupé par deux yeux beaucoup plus gros et plus écartés ; et les quatre autres groupés par paires , une de chaque côté et dans une direction oblique. Leurs mâchoires ne s^élargissent qu^à leur extrémité supérieure.

Elles construisent sur les buissons , les gênets , une toile horizontale , mince, peu serrée , et tendent au-dessus , sur plusieurs points , ou d^une manière irrégulière , d^autres fils. Cette toile est ainsi un mélange de celle des Inéquitèles et des Orbitèles. L^animal se tient à la partie inférieure et dans une situation renversée (1).

Les Ulobores (Uloborus. Latr.)

Ont les quatre yeux postérieurs placés , à intervalles égaux , sur une ligne droite , et les deux latéraux de la première ligne , plus rapprochés du bord an-» térieur du corselet que les deux compris entre eux , de sorte que cette ligne est arquée en arrière. Leurs mâchoires^ ainsi que celles des Ëpéïres, commencent à s^élargir un peu au-dessus de leur base , et se terminent en forme de palette ou

(1) Linyphia iriangularis , Vf a\c\i. Ilisl. des Aran. V,ix, fem. Aranta resupina siltestris, De Geer. Aranea montana, Lin.Clerck, Aran. Suec.pl. iiijtab.lj— ^roiwa resupina domestica , De G.

28a ARACHNIDES

de spatule. Les tarses des trois dernières paires de pattes se terminent par un seul onglet. Le premier article des deux postérieurs a une rangée de petits crins.

Ces fileùses, ainsi que les espèces du sous-genre suivant, ont le corps alongé et presque cylindrique. Placées au centre de leur toile , elles portent en avant et en ligne droite les quatre pieds antérieurs^, et dirigent les deux derniers dans un sens opposé ; ceux de la troisième paire «ont étendus latéralement.

Ces Arachnides font des toiles semblables à celle des autres Orbitéles, mais plus lâches et horizontales. Elles emmaillottent , en moins de trois minutes , le corps d^un petit Coléoptère qui s^est pris dans leur filet. Leur cocon est étroit, alongé, anguleux sur ses bords, et suspendu verticalement, par un de ses bouts, à -un réseau. L^autre extrémité est comme fourchue , ou terminée par deux angles prolongés , dont Pun plus court et obtus ; chaque côté a deux angles aigus.

Je suis redevable de ces observations intéressantes à mon ami Léon Dufoor.

VUlobore de Walckenaer ( VL IValckenaeriut , Latr.) (1), long de près de

cinq lignes , d^un jaunâtre roussâtre , couvert d^un duvet soyeux , formant

sur le dessus de Fabdomen deux séries de petits faisceaux ; des anneaux plus

pâles aux pieds. — Des bois des environs de Bordeaux , et dans d^autres dé-

' partements méridionaux.

Les Tétràgnàthbs. (Tetragnatha. Latr.)

Dont les yeux sont situés , quatre par quatre , sur deux lignes presque parallèles , et séparés par des intervalles presque égaux , et qui ont les mâchoires longues , étroites , élargies seulement à leur extrémité supérieure. Leurs chélicères sont aussi fort longues, surtout dan&les mâles.

Leur toile est verticale (2).

Les Epbïres , ( Epeira. Walck. )

Qui ont les deux yeux de chaque côté, rapprochés par paires et presque contigus, et les quatre autres formant au milieu un quadrilatère. Leurs mâchoires se dilatent dès leur base et forment une palette arrondie.

L^Epéïre cucurbitine est la seule connue, dont la toile soit horizontale; celle des autres est verticale ou quelquefois inclinée.

Les unes s^y placent au centre, le corps renversé ou la tète en bas ; les antres se font auprès une demeure, soit cintrée de toutes parts, tantôt en forme de tube «oyeux, tantôt composée de feuilles rapprochées et liées par des fils, soit ouverte par le haut et imitant une coupe ou un nid d^oiseau. La toile de quelques espèces exotiques est composée de fils si forts, qu^elle arrête de petits oiseaux , et embarrasse même Thomme qui s^y trouve engagé.

Leur cocon est le plus souvent globuleux , mais celui de quelques espèces a la figure d^uu ovoïde tronqué ou d^uu cône très court.

Les naturels de la Nouvelle-Hollande (Voyage à la recherche de LaPeyrouse, pag. 239), et ceux de quelques îles de la mer du Sud , mangent, à défaut d^autre stliment, une espèce d^Epéïre , très voisine de V^ranea esurîenfde Fabricius.

(1) Latr. Gêner. Crust. et Insect. I , i09 ^toyez aussi Tarticle Uioborede la seconde ëdit. du riouv. Dict. d'hist. natur.

(2) Tetragnatha exlensa^ Walck. Ilist. des Aran.Y^vi; Aranca ex^0n«a ^ Lin. Fab. De G. — Aranea vireacens? 'ïoh, — Aranea m<ixiUo$a? ejusd. Foyez le Tableau des Aranéïdes de Walckenaer.

PULMONAIKES. 28f

Walckenaer mentionne, dans son Tableau des Aranéïdes, soixante-quatre espèces dTpéïres , généralement remarquables par la variété de leurs couleurs , de leurs formes et de leurs habitudes. Il les a distribuées en diverses petites familles très naturelles , et dont nous avons cherché , à Farticle Epéïre de la seconde édition du Nouveau Dictionnaire d^histoire naturelle , â simplifier Pétude. Quelques considérations importantes^ telles que celles des organes sexuels, ont été négligées et n^ont pas été assez suivies; c^est ainsi, par exemple, que PEpéîre Diadème femelle et d^autres offrent à la partie qui caractérise leur sexe , un appendice fort singulier, qui nous rappelle le tablier des femmes des Hottentots. Ces espèces doivent former une division particulière. On pourrait probablement en établir d^autres , non moins naturelles , en poursuivant cet examen.

Nous nous bornerons à citer quelques espèces principales , en commençant par les indigènes.

ItEpéire Diadème (Aranea Diadema, Lin. Fab.) Rœs. Insect. IV, xxxv — xl. Grande , roussâtre , veloutée. Abdomen très volumineux dans les femelles , surtout lorsqu Viles sont sur le point de faire leur ponte ;d^un l>runJ|Éd|Lou d'un roux jaunâtre , avec un tubercule gros et arrondi de chacnigyBBjfci dos , près de sa base , et une triple croix formée de petites taches oct'^^MPPl^ points blancs ; palpes et pieds tachetés de noir. •' J^ .^'

Très commune en Europe , en automne. Les œufs éclosent au printe&jps de Tannée suivante.

ItEpéire scalaire ( Aranea scaîaris, Fab.; Panz. Faun. IV, xxiv) a le corselet roussâtre, le dessus dePabdomen ordinairement blanc , avec une tache noire , en forme de triangle renversé , oblonge et dentée. Elle fait sa toile sur le bord des étangs , des ruisseaux , etc.

UEpéire à cicatrices ( Aranea cicatricosa, De G. ; A. Impressa, Fab.), dont Tabdomen est aplati, d'un brun grisâtre ou d'un jaunâtre obscur, avec une bande noire, festonnée et bordée de gris, le long du milieu du dos, et huit à dix gros points enfoncés , situés sur deux lignes.

Elle file sa toile contre les murailles ou d'autres corps , et se tient cachée dans un nid de soie blanche , qu'elle se forme sous quelque partie saillante ou dans quelque cavité , à proximité de sa toile.

Elle ne travaille et ne prend de nourriture que dans la nuit , ou lorsque la lumière du jour est faible. Elle se retire sous les vieilles écorces des arbresi ou des pieux.

L'^Epélre soyeuse (E. Sericea, Walck. Hist. des Aran. III, ii) est couverte en dessus d'un duvet soyeux argenté ; son abdomen est aplati , sans taches et festonné sur ses bords. On la trouve dans le midi de l'Europe et au Sénégal. UEpélre brune (E. Fusca, Walck. Hist. des Aran. II, i, fem.) est très commune dans les caves de la ville d'Angers. Son cocon est blanc , presque globuleux , fixé par un pédicule, et composé de fils très fins et doux au toucher, comme de la laine.

Celui de VEpéireJasciée {E.Fasciata, Walck. Hist. des Aran. III, i, fem. ) est long d'environ un pouce ; il ressemble à un petit ballon de couleur grise, avec des raies longitudinales noires , et dont une des extrémités est tronquée et fermée par un opercule plat et soyeux. L'intérieur offre un duvet très fin, qui enveloppe les œufs. Cette espèce s'établit sur les bords des ruisseaux , et y file une toile verticale , peu régulière , au centre de laquelle elle se tient. Elle est très commune au midi de la France. Son corselet est couvert d'un duvet soyeux et argenté ; son abdomen est d'un beau jaune, entrecoupé, par intervalles, de lignes transverses, noires ou d'un brun noirâtre, arquées et' un peu ondées.

Léon Dufour nous a donné , dans les Annales des Sciences physiques

(tom. VI, pi. XCV, ô), une description détaillée de cette espèce, de ses habitudes , et nous a,ie premier, fait connaître son mâle. Il en a représenté Forgane sexuel. La verge est en forme de crin tortillé.

ItEpéire cucurbitine { jiranea cucurbiiina, Lin.; A» senoculata , Fabr.); Walck. Hist. des Aran. III, ui. Petite , abdomen ovoïde-, d^un jaune citron , avec des points noirs; une tache rousse à Panus. Elle file^ entre les tiges et les feuilles des plantes , une toile horizontale peu étendue.

IjEpéire conique {Araneaconica y De G., Pall.), Walck. Hist. nator. det Aran. III , m. Remarquable par son abdomen bossu en devant et terminé en forme de cdne , avec Tanus placé au centre d^une élévation.

Elle suspend à un fil Pinsecte qu^elle a sucé.

On peut placer à la suite de cette espèce celle que Du four nomme EpèiTt de l'opuntia, (Annal, des scienc. phys. Y, xlix, 3), parce qu^elle se tient constamment au milieu des feuilles de Fagavé et de Topuntia , et y établit ses filet* au moyen d*un réseau à fils lâches et irrégulièrement entrelacés. Elle est noire , avec des poils blancs et couchés, formant des apparences d^écailles. Son «bdomen a de chaque côté deux tubercules pyramidaux , et se termine i^' pMérieurement par deux autres , mais obtus et séparés par une large échan- 'étiÊh* ha. face postérieure de chacun de ces tubercules pyramidaux offre une tache d^un beau blanc de neige nacré ; ces taches se lient entre elles et avec Jine ou deux autres qui leur sont postérieures , par des lignes blanches en 2ig-sag. Ces tubercules n^existent point dans les individus qui viennent de naître. Les cocons sont ovales , blanchâtres et formés de deux tuniques , dont ^intérieure est une sorte de bourre enveloppant les œufs. On trouve souvent sept, huit et même dix de ces cocons à la file Tun de Tautre. Cette espèce habite la Catalogne et le royaume de Valence.

Parmi les espèces exotiques , il y en a de très remarquables. Les unes ont Pabdomen revêtu d^une peau très ferme , avec des pointes ou des épines cornées (1). D^aulres ont des faisceaux de poils aux pieds (2).

Nous passerons maintenant à des Araignées sédentaires , ainsi que les précédentes , mais qui peuvent marcher de côté , à reculons et en avant , en un mot en tout sens. Cest la section des Araignées latérigbadks. Les quatre pieds antérieurs sont toujours plus longs que les autres; tantôt la seconde paire surpasse la première, tantôt Pune et Pautre sont presque égales ; Panimal les étend, dans toute leur longueur, sur le plan de position.

Les Chélicères sont ordinairement petites , et leur crochet est replié transversalement , comme dans les quatre tribus précédentes. Leurs yeux sont toujours au nombre de huit , touvent très inégaux , et forment , par leur réunion, un segment de cercle ou un croissant ; les deux latéraux postérieurs sont plus recules en arrière , ou plus rapprochés des bords latéraux du corselet que les autres. Les mâchoires sont, dans le grand nombre, inclinées sur la lèvre. liO corps est d^ordinaire aplati , à forme de Crabe , avec Pabdomen grand , arrondi et triangulaire.

Ces Arachnides se tiennent tranquilles , les pieds étendus , sur les végétaux. Elles ne font pas de toile, et jettent simplement quelques fils solitaires, afia

(1) Les A. militaris f ipinoaa, cancriformis , hexacantha y tetracantha, geminakiy fomicaia de Fabricius. Vauthier, rundenos meilleurs peintres d^histoire naturelle, a décrit et figuré, dans les Annales des sciences naturelles (tom. I , pag. 261 ) , une espèce de cette division (C«rp»catMfa), très remarquable par son abdomen élargi postérieurement et terminé par deux longues épines arquées ; elle est de Java. Ces espèces épineuses pourraient former un sous-genre propre.

(2) Les A. pilipes, clavipesy etc.^ de Fabricius. Leach forme avec son A» maculah le enre Nephisa, y oyez le Tableau etTUistoire des Aranéides de Walckenaer.

d^arréter leur proie. Leur cocon est orbîculaire et aplati. Elles se cachent entre des feuilles , dont elles rapprochent les bcrds , et le gardent assidûment jusqu^à la naissance des petits.

Les M1CROMMÀTE8, (MicROMMÀTA, Latr. — Sparassus. Walck. )

Qui ont les mâchoires droites, parallèles et arrondies au bord, et les yeut disposés quatre par quatre , sur deux lignes transverses , dont la postérieure plus lon^e, arquée en arrière. Les seconds pieds et les premiers ensuite sont les plus longs de tous. La languette est demi-circulaire (1).

On trouve commun^ément dans les bois des environs de Paris :

La Micrommate tmctragdine (Aranea smaragdula, Fab. ; A* viridUiima, De G. ) Clerck. , Aran. Suec. , pi. 6 , tab. iv , qui est de grandeur moyenne , d'un vert de gramen , avec les côtés bordés d^un jaune clair, et Fabdomen d'un jaune yerdâtre , coupé sur le milieu du dos par une ligne verte.

Elle lie trois à quatre feuilles en un paquet triangulaire , en tapisse Tintérieur d'une soie épaisse , et place au milieu son cocon , qui est rond , blanc , et laisse apercevoir les œufs. Ces œufs ne sont point agglutinés.

Le Micrommate Dargelas (Dufour , Ann. des Scienc. phys. , YI, pag. 506, XCY, I ; Walck. , Hist. des Aran., IV, 11 ) , dont la dénomination rappelle aux naturalistes l'un de nos savants les plus zélés , que j'ai signalé à leur estime comme mou sauveur dans la tourmente révolutionnaire, est l'une de nos plus grandes espèces , et dont Dufour a complété la description que j'en avais donnée , et observé les habitudes. Son corps est long de sept à huit lignes ^ d'un blond cendré , garni de duvet , et plus ou moins moucheté de noir. Le dessus de l'abdomen offre , depuis son milieu jusqu'au bout , une bande formée d'une suite de petites taches , en forme de hache , de cette dernière couleur. On voit sous le ventre une bande longitudinale , pareillement noire , mais grise dans son milieu. Les pieds sont annelés de noir. Cette espèce avait été découverte , aux environs de Bordeaux , par le naturaliste auquel je l'ai dédiée. Dufour l'a depuis trouvée dans les montagnes les plus arides du royaume de Valence. Elle court avec vélocité , les pattes étendues latéralement; ses pelottes onguiculaires lui donnent la facilité de s'accrocher sur les surfaces \e^ plus lisses et dans toute position. Elle établit à la face inférieure des fragments de rochers , une coque qui a beaucoup d'analogie , par sa contexture , avec celle du Clotho de Durand. Elle s'y retire pour se mettre à l'abri des mauvais temps , échapper à ses ennemis et faire sa ponte. C'est une tente ovale, de près de deux pouces de diamètre, appliquée sur les

{lierres, à peu près comme les Patelles marines. Elle se compose d'une enveoppe extérieure , d'un taffetas jaunâtre , fin comme de la pelure d'ognon , mais résistant, et d'un fourreau intérieur plus souple, plus moelleux et ouvert aux deux bouts. C'est par des ouvertures , munies de soupapes , que l'animal sort. Le cocon est globuleux , placé au-dessous de sa demeure , de manière qu'il peut le couver et renferme environ une soixantaine d'œufs.

Le même naturaliste a décrit et figuré une autre espèce , le M. à tartes spongieux (Ann. des scienc. phys. , Y, lxix, 6) , qu'il a trouvée sur un arbre , dans un jardin de Barcelone. Mais je présume, d'après ses habitudes, et

(I) Walckenaer place ce genre dans la série de ceux qui sont composés fTespéces h la foi» vagabondes et sédentaires , tels que les Ailes ^ ou nos Saltiques , les Thamiseê^ les Philodtomes, les Drosses, les Clubionea, et qui n^out que deux crochets aux tarses.

quelques caractères descriptifs, que cette Aranéide appartient au genre Pldiodrome de Walckenaer (1).

Les Sbnelopbs (Senelops. Duf. )

Font le passage du sous-genre précédent au suivant. Les mâchoires sont droites ou très peu inclinées , sans sinus latéral , et vont en pointe , étant tronquées obliquement au côté interne. La languette est demi circulaire, comme celle des Micrommates. Mais les yeux ont une autre disposition. On en voit six en devant, formant une ligne transverse ; les deux autres sont postérieurs et situés, un de chaque côté , derrière chaque extrême de la ligne précédente. Les pattes sont longues; les seconds et ensuite ceux des deux paires suivantes surpassent les deux premiers en longueur.

L^espèce servant de type, le Senelops omalosome (Dufour, Ann. des scienc. phys. , y, Lxix 9 4) , a été trouvée par Dufour dans le royaume de Valence, mais elle y est fort rare. Son corps est long dVnviron quatre lignes, très aplati , d^un roussâtre gris , avec des mouchetures cendrées , et des anneaux noirs aux pattes. L^abdomen semble présenter postérieurement des vestiges d^anneaux , formant latéralement des apparences de dents. Elle habite les rochers , et fuit avec la rapidité d^un trait. On la trouve aussi en Syrie (Collection de Labillardière ) et en Egypte. Le Sénégal , le cap de Bonne-Espérance et nie de France en fournissent d^autres espèces.

Les Fhilodromrs ( Philodromds , Walck.) (2)

Diffèrent des deux sous-genres précédents par leurs mâchoires inclinées sur la languette; cette partie est en outre plus haute que large. Les yeux, presque égaux entre eux , forment toujours un croissant ou un demi-cercle. Les latéraux ne sont jamais portés sur des tubercules ou sur des éminences. Les Chélicères sont alongées et cylindriques. Les quatre ou les deux derniers pieds ne diffèrent pas notablement en longueur des précédents.

Suivant Walckenaer, ces Aranéïdes courent avec rapidité , les pattes étendues latéralement , épient leur proie , tendent des filets solitaires pour la retenir, se cachent dans des fentes ou dans des feuilles , qu^elles rapprochent pour faire leur ponte.

Les unes ont le corps aplati , large , Fabdomen court , élargi postérieurement et les quatre pattes intermédiaires plus alongées. Telle. est le Phikh drome tigré (Thomise tigrée , Latr. ; Araneus margariiarius , Clerck. , YI, m; Schœff. , fcon. , lxxi , 8 ; Frisch. , Ins. , 10 , centur. , II , xrv ; Artmea levipes, Lin.?) Cette espèce est longue de trois lignes. Ses deux yeux intermédiaires antérieurs et les qruatre latéraux sont situés sur un espace un peu plus élevé, et les latéraux, selon le même naturaliste , sont un peu plus gros ou du moins

Î>lus apparents. Le thorax est très large, aplati, d^un fauve rougeâtre , brun atéralement et postérieurement, et blanc par devant. L^abdomen , qui semble former un pentagone , est tigré , à raison des poils roux , bruns et blancs dont il est revêtu. Il est bordé de brun sur les côtés , et a , au milieu du dos,

(1) Voye%, pour d*autrefl espèces, le tableau des Aranéïdes de Walckenaer, et son Hist. des Aranéïdes , fasc. lY, Sparaasus roaeuêfX, mâle; — ibid, fasc. II, viii , mêle. Je crois qu^il faut rapporter à ce sous-genre VAranea venatoria de Linnaeus (Sloan, Htst. nat. de la Jam. ccxxv, 1 9 2; Nhamdiu ; 2? Pison) ; et une autre espèce des Grandes-Indes , très analogue à la précédente!, que Ton voit figurée sur des dessins et des tapisseries venant de la Chipe.

(2) Ce sous-genre formait , dans la première édition de cet ouvrage , notre première diTision des Thomises.

quatre ou six points enfoDcés. Le ventre est blanchâtre. Les pattes sont longues , fines , rougeâtres , avec des taches brunes.

Cette espèce est très commune sur les arbres , les cloisons de bois , les murailles , etc. , et s^y tient les pattes étendues et comme collées. Dès qu^on la touche , elle s^enfuit avec une extrême rapidité , ou se laisse tomber en dévidant un fil qui la soutient. Son cocon est d^un beau blanc et renferme environ cent œufs qui sont jaunes et libres. Elle le place dans les fentes des arbres ou des poteaux exposés au nord , et le garde assidûment.

Les autres Philodromes , qui , dans la méthode de Walckenaer, forment pluîeurs petits groupes , ont le corps et quelquefois les Ghélicères proportionlellement plus longs. L^abdomen est tantôt pyriforme ou ovoïde , tantôt cylin- Irique. La seconde paire de pattes , et ensuite la première ou la quatrième sont es plus longues.

Nous citerons le Philodrome rhombifère (Faun. franc. , Aranéïde, vi, 8, mâle). Son corps est long de trois lignes et demie, roussâtre; les seconds pieds et les deux derniers ensuite sont les plus longs ; le thorax est brun sur les côtés ; Pabdomen est ovoïde et offre en-dessus une tache noire ou brune, en losange , et bordée de blanc.

Le Philodrome oblong ( Walck. , ibid. , tab. ead. , fig. 9) , appartient à la même division , sous le rapport des proportions relatives des pattes et de la disposition des yeux ; mais Pabdomen est plus long , presque cylindrique ou en cône alongé , avec trois raies longitudinales et des points bruns , sur un fond jaunâtre , qui est aussi la couleur du thorax. Cette partie ofTre , dans son milieu, deux raies brunes , formant un Y alongé.

Ces deux espèces se trouvent aux environs de Paris. Voyez y quant aux antres , la Faune française , d^oû nous avons extrait les descriptions précédentes.

Les Thomises (Thomisus. Walck.)

Diffèrent des Philodromes par leurs chélicères , proportionnellement plus etites et cunéiformes , et par leurs quatre pieds' postérieurs , très sensiblement u même subitement plus courts que les précédents. Les yeux latéraux sont ouvent situés sur des éminences, tandis que ceux des Philodromes sont contamment sessiles. Ici encore les deux latéraux postérieurs sont plus rejetés en rrière que les deux intermédiaires de la même ligne , tandis que dans les Thoûses ces quatre yeux sont à peu près de niveau. •

Les espèces de ce sous-genre sont celles qu^on a plus palrticulièrement désinées sous le nom (iî^ Araignées crabes. Les mâles sont souvent très différents , ar les couleurs , des femelles , et beaucoup plus petits.

Les unes , toutes exotiques (1) ont les yeux disposés, quatre par quatre, sur leux lignes transverses , presque parallèles , et dont la postérieure plus longue.

Dans les autres , qui forment le plus grand nombre , Tensemble de ces yeux eprésente un croissant , dont la convexité est antérieure et en dehors.

Le Thomise arrondi (Aranea globosa, Fab.) Aranea irregularis , Panz. , Faun.,Jnsect. Germ., fasc. 74, tab. xx, fem.; Walck. Faun., franc., Aranéïd. , VI , 4. Long de près de trois lignes , noir, avec Pabdomen globuleux , rouge ou jaunâtre tout autour du dos.

Le Thomise à crête, ( Cristatus; Clerck. , Aran. suec. , pi. 6 , tab. vi. Taille du précédent; corps d^un roussâtre gris, quelquefois brun, parsemé de poils,

(1) Thomisus Lamarck , Latr. espèce voisine de VJranea nobilis de Fab. — T, cance^ dus, Walck. ejusd. — T. Icucosia ( Aranea regia ? Fab. ) ; — T, plagusius; — T, pin- 9tfteres,

avec de petites épines aux pieds ; yeux latéraux plus gros , et portés sur un tubercule; une raie transverse, jaunâtre, sur le devant du corselet; deux autres formant un Y, de la même couleur, sur son dos; abdomen arrondi, avec une bande jaunâtre , ayant de chaque côté trois divisions , en forme de dents , sur le milieu de son dos. Cette espèce est commune , et se trouve souvent à terre.

Le Thomise citron (Aranea cilrea. , De G. ; Schœff. , Icon . Insect . , tab. xix,13.) D^un jaunâtre citron, avec Pabdomen grand , plus large en arrière, et ayant souvent , sur le dos , deux raies ou deux taches rouges, ou couleur de souci. Sur les fleurs (1).

Un sous-genre , établi par Walckenaer, sous le nom de Storbnb ( Sioretu) , mais qui n^est encore connu quMmparfaitement, parait devoir terminer cette section et conduire aux Onyopes, qui tiennent autant des Araignées-crabes que des Araignées-loups. Les Storènes ont les mâchoires inclinées sur la languette, qui est presque aussi longue qu^elle , et en forme de triangle alongé ; les chélicères coniques ; les deux pieds antérieurs et ensuite les seconds les plus longs de tous ; les deux suivants surpassent les derniers. Les yeux sont disposés sor trois lignes transverses ,2, 4,2; les deux postérieurs forment avec les deox intermédiaires de la seconde ligne, un petit carré , et les deux antérieurs sont écartés ( royez le Tabl. des Aran. de Walck. , IX , 85 , 86 ).

D^autres Araignées, dont les yeux , toujours au nombre de huit, s^étendeot plus dans le sens de la longueur du corselet que dans celui de sa largeur, on du moins presque autant dans Fun que dans Tautre, et qui forment, par leor réunion , soit un triangle curviligne ou un ovale tronqué , soit un quadrilatère , composent une seconde division générale, les Araignées vagabondes , qne je nomme ainsi par opposition à celles de la première division ou des sbdkntaibis.

Deux ou quatre de leurs yeux sont souvent beaucoup plus gros que les antres ; le thorax est grand et les pieds sont robustes ; ceux de la quatrième paire, les deux premiers , ou ceux de la seconde paire ensuite , surpassent ordinairement les autres en longueur.

Ces Araignées ne font point de toiles, guettent leur proie, la saisissent i la course ou en sautant sur elle.

Nous les partagerons en deux sections.

La première , celle des Citigrades , se compose des Araignbks-Loups de plasieurs. Les yeux forment , par leur disposition , soit un triangle curviligne on un ovale , soit un quadrilatère , mais dont le côté antérieur est beaucoup phn étroit que l^thorax , mesuré dans sa plus grande largeur. Cette partie du corps est ovoïde , rétrécie en devant , et en carène , dans le milieu de sa longneor. Les pieds ne sont généralement propres qu^à la course. Les mâchoires sont toujours droites et arrondies au bout.

La plupart des femelles se tiennent sur leur cocon , ou remportent même avec elles, appliqué contre la poitrine et à la base du ventre, ou suspendu i Fanus. Elles ne Pabandonnent que dans une extrême nécessité , et retournent le chercher lorsquVlles n^ont plus rien à craindre. Elles veillent aussi , pendant quelque temps, à la conservation de leurs petits.

Les OxYOPES, (OxTOPHs. Latr. — Sphasus , Walck.)

Qui ont les yeux rangés deux par deux, sur quatre lignes transverses, dont les deux extrêmes plus courtes; ils dessinent une sorte d^ovale trooqoé

(1) Voyez le Tableau des Aranéïdes de WalckenaeJ , la Faune française, 1 des sciences physiques , pour des espèces d'Espagne décrites par Dufour: et Tf

les Annalei

'article /»•• wise du Nouv. Ûict. d'hist. nal. 2« édition.

aux deux bouts. La languette est alongée , plus étroite à sa base , dilatée et arrondie vers le bout. La première paire de pattes est la plus longue ; la quatrième et la seconde sont presque égales ] la troisième est la plus courte (1).

ff

Les Ctères (Ctenus, Walck.)

Ont les yeux disposés sur trois lignes transverses , s^alongeant de plus en plus (2 , 4 , 3) , et formant une sorte de triangle curviligne , renversé , tronqué en devant ou à sa pointe. La languette est carrée et presque isométrique ; la quatrième paire de pieds et la première après sont les plus longues ; la troisième est la plus courte.

Ce genre a été établi sur une espèce d^Arachnide assez grande , qui se trouve à Cayenne. Depuis , on en a découvert quelques autres , soit de la même colonie, soit du Brésil , mais toutes inédites.

Les DoLOMÈDES. (DoLOMEDEs, Latr. )

Dont les yeux, disposés sur trois lignes transverses, 4, 2, 2, représentent un quadrilatère , un peu plus large que long , avec les deux derniers ou postérieurs situés sur une éminence ; et qui ont la seconde paire de pieds aussi longue ou* plus longue que la première, ceux de la quatrième sont plus longs. La languette est carrée et aussi large que baute , ainsi que celles des Gtènes.

Les uns ont les deux yeux latéraux de la ligne antérieure plus gros que les deux mitoyens compris entre eux , et Pabdomen en ovale oblong et terminé en pointe.

Les femelles se construisent, aux sommités des arbres chargés de feuilles , ou dans les buissons , un nid soyeux , en forme d^entonnoir ou de cloche, y font leur ponte , et lorsqu'elles vont à la chasse , ou cpi'elles sont forcées d'abandonner leur retraite , elles emportent toujours avec elles leur cocon , qui est fixé sur la poitrine. Clerck dit avoir vu des individus sauter très promptement sur des Mouches qui volaient autour d'eux (2).

Les autres ont les quatre yeux de devant égaux, et l'abdomen ovale et arrondi au bout.

Ils habitent le bord des eaux , courent sur leur surface avec une vitesse surprenante , y entrent même un peu sans se mouiller. Les femelles font , entre les branches des végétaux, une grosse toile irrégulière , dans laquelle elles placent leur cocon. Elles le gardent jusqu'à ce que les œufs soient éclos (3).

Les Ltcosbs. (Lycosà, Latr.)

Qui ont encore les yeux disposés en un quadrilatère, mais aussi long ou plus long que large , et dont les deux postérieurs ne sont point portés sur une éminence. La première paire de pieds est sensiblement plus longue que la seconde,

(1) SphaêUê heterophthalmuê, Walck. Hist. des Aran. Fasc. III, tab. vni, fem. Oxtfopea rariegatuê, Latr. — Sphasus italicus, Walck. ibid. Fasc. IV , tab. viii, fem. Oxyopeê lineatuê, Latr. Gêner. Crusl. et Ins. tom I, v, 5, fem. royez rarlicle OxTOPEde la partie entomologique de TEncycl. méthodique, le tableau des Aranéides de Walckenaer, et la Faune française.

(2) Araneu» m t ra^t'/ts , Clerck. Aran. Suec. pi. v, tab. 10; Aran. rufo-fasciatayDe G, A, obscura, Fab. f^oyez la Faune française (Dolomèdes sylvains)et les Annales des sciences physiques {dolomède spinimane, Dufour, V, Lxxvi,d).

(3) bolotne€les marginatu8,yf9\ck, Araneua undattis, Clerck, V, tab. 1;DeG., Insect. VII, XVI, fig. 15-15 ; Pani , Faun. lxxi ; 22 ; — Dolomèdes fimhriaiu*, Walck. De G., losect. VII, XVI, 9-11 ; — Araneua fimbrtaiuê, Clerck. V, tab. ix. Ces espèces composent la dÎTision des Dolomèdes riverains de Walckenaer.

mais plus courte que la quatrième, qui surpasse , sous ce rapport, toutes les autres. Les mâchoires sont tronquées obliquement à leur extrémité interne. La languette est carrée, mais plus longue que large.

Les Lycoses se tiennent presque toutes à terre , où elles courent très vite. Elles s^y logent dans des trous , quMles trouvent formés , ou qu^elles ont crensés, en fortifient les parois avec de la soie , et les agrandissent à mesure qu^elles croissent. Quelques-unes s^établissent dans les cavités et les fentes des murs, y font des tuyaux de soie, qu^elles recouvrent à Textérieur de parcelles de terre ou de sable. GVst dans ce» retraites qu^elles muent et qu^elles passent Thiver , après en avoir fermé , k ce qu^il paraît , Pouverture. C^est là aussi que les femelles font leur ponte. Elles emportent, lorsqu'elles vont en course, leur cocon, qui est fixé par des fils à Tanus. Les petits se cramponnent , à leur sortie de Tœuf, sur le corps de leur mère, et y demeurent attachés, jusqu'à ce qu'ils soient assez forts pour chercher eux-mêmes leur nourriture.

Les Lycoses sont très voraces , et défendent courageusement la possession de leur domicile.

Une espèce de ce genre , la Tarentule , ainsi nommée de la ville de 7*0renie, en Italie, aux environs de laquelle elle est commune, jouit d'une grande célébrité. Dans l'opinion du peuple , son venin produit des accidents très graves , suivis même souvent de la mort , ou le tarentisme , et qu'on ne peut dissiper que par le secours de la musique et de la danse. Va% personnes éclairées et judicieuses pensent qu'il est plus nécessaire de combattre les terreurs de l'imagination que les effets de ce venin, et la médecine, au surplus, offre d'autres moyens curatifs.

Chabrier a publié (Soc, Acad. de Lille y A^ cahier) des observations curieuses sur la Lycose tarentule du midi de la France.

Ce genre est très nombreux en espèces , mais qu'on n'a pas encore bien caractérisées.

La Lycose tarentule (Aranea tarentula, Lin., Fab.) Albin., Aran., tab. xxxix; Senguerd. de Tarent. Longue d'environ un pouce. Dessous de l'abdomen rouge , traversé dans son milieu par une bande noire.

La Tarentule du midi de la France {Lycose narbonnaise, Walck., Faun. franc. , Aran., I , i — 4.) est un peu moins grande , avec le dessous de son abdomen très noir, bordé de rouge tout autour.

On trouve aux environs de Pans une espèce analogue, la lycose ouvrière ( Fabrilis, Glerck. , Aran. Suec. , pi. 4 , tab. ii ; Walck., Faun. franc. , Aran. 11,6.)

La Lycose à sac ( Aranea saccata, Lin. ; Araneus amentatus, Glerck. , iV , tab. VIII ; Lister, tit. 25 , fig. 25). Petite , noirâtre ; carène du corselet d'un roussâtre obscur, avec une ligne cendrée ; un petit faisceau de poils gris , k la base supérieure de l'abdomen; pieds d'un roux livide , entrecoupé de taches noirâtres ; cocon aplati et verdâtre. — Très commune aux environs de Paris (1).

Nous terminerons cette section par le sous-genre ,

De Mtrmbcie, (Myrmecia. Latr.),

Qui semble conduire à la suivante , et dont nous avons exposé les caractères dans les Annales des Sciences naturelles (tom. III , pag. 27). Les yeux forment

(1) yoyes , pour les autres espèces, le Tableau et PHistoire des Aranéides de Walckenaer, et la partie des Aranéides du mémo dans la Faune française. Consultes encore l^rticle LycoM de la seconde édition du Nouv. Dict. d'hisl. natur.

a trapèze court et large ; il y en a quatre en devant , sur une ligne transverse ; eux autres , plus intérieurs que les deux extrêmes précédents , composent une iGOode ligne transverse; les deux derniers sont en arrière des deux précéents. Les chélicères sont fortes. Les mâchoires sont arrondies et très velues 1 bout. La languette est presque carrée, un peu plus longue que large. Les ieds sont longs, presque filiformes ; ceux de la quatrième paire et de la preière sont les plus longs de tous. Le thorax semble être partagé en trois pares , dont l'antérieure , beaucoup plus grande ^ est carrée , et dont les deux itres en forme de nœuds ou de bosses. L^abdomen est beaucoup plus court ne le thorax, et recouvert, depuis sa naissance jusque vers son milieu , d^un liderme solide.

La Myrmécie fauve y sur laquelle j^ai établi ce genre , se trouve au Brésil \ mais il paraît qu^il en existe d^autres espèces dans la Géorgie américaine.

La seconde section des Araignées vagabondes , celle des Saltigrades , désilées par d^autres sous le nom à^ Araignées phalanges y a les yeux disposés en a grand quadrilatère, et dont le côté antérieur, ou la ligne formée par les remiers , s^étend dans toute la largeur du corselet ; cette partie du corps est resque carrée ou en demi-ovoîde , plane ou peu bombée en dessus , aussi large 1 devant que dans le reste de son étendue, et tombe brusquement sur les \tés» Les pieds sont propres à la course et au saut.

iàe^ cuisses des deux pieds de devant sont ordinairement remarquables par or grandeur.

L^Araignée à chevrons blancs de Geoffroy, espèce de Sal tique , très commune en été , sur les murs ou sur les vitres exposés au soleil , marche comme par saccades , sWrête tout court après avoir fait quelques pas , et se hausse sur les pieds antérieurs. Vient-elle à découvrir une Mouche , un Cousin surtout, elle s^en approche tout doucement , jusqu^à une distance qu^elle puisse firanchir d^un trait , et s^élance tout d^un coup sur Tanimal qu^elIe épiait. Elle ne craint pas de sauter perpendiculairement au mur, parce qu^elle s^y trouve toujours attachée par le moyen d^un fil de soie , et quelle le dévide à mesure aa^elle avance. Il lui sert encore à se suspendre en Tair, à remonter au point a*oû elle était descendue , ou à se laisser transporter par le vent d^un lieu à Tautre. Ces habitudes conviennent, en général, aux espèces de cette division.

Plusieurs se construisent, entre des feuilles, sous des pierres, etc., des nids de soie , en forme de sacs ovales et ouverts aux deux bouts. Ces Arachnides s^y retirent pour se reposer, changer de mue , et se garantir des intempéries des saisons. Si quelque danger les menace , elles en sortent aussitôt et •'enfuient avec agilité.

Des femelles se font , avec la même matière , une espèce de tente , qui devient le berceau de leur postérité , et où les petits vivent , pendant quelque temps , en commun avec leur mère.

Quelques espèces, semblables à des Fourmis, élèvent leurs pieds antérieurs, et les font vibrer très rapidement.

Les mâles se livrent quelquefois des combats très singuliers par leurs manœuvres , mais qui n^ont aucune issue funeste.

Un sous-genre , établi par Rafinesque , celui

De Tessarops , (Tbssarops).

Nous parait se rapprocher beaucoup du suivant, à raison de la plupart de ses iractères et de ses habitudes , mais s^en éloigner beaucoup, s'il n'y a pas d'ereur, sous le rapport du nombre des yeux, qui ne serait que de quatre, {f^oy. les nnales générales des Sciences physiques, tom. YIII, p. 88.)

Un autre sous-geDre , qui ne nous est pareillement connu que par sa description , est celui

De Palpimànb. (Falpimanus.)

Publié par Dufour, dans les Ann. des Se. physiques (t. lY, pi. lux, Gg.5), et qui lui paraît intermédiaire entre les £rèses et les Saltiques. La disposition des yeux est à peu près la même que dans le premier de ces deux sous-genres. La languette est pareillement triangulaire et pointue, et les mâchoires sont encore dilatées et arrondies au bout ; mais , suivant ce naturaliste , elles seraient inclinées et non droites comme celles des Ërèses. L^article terminal des tarses antérieurs serait inséré latéralement et dépourvu de crochets.

Il n^en décrit qu'une espèce (Palpimane bossu ), Elle ne saute point, marche avec assez de lenteur, et se trouve sous les pierres , dans le royaume de Valence ; mais elle y est très rare.

Lefèvre a rapporté de Sicile nue nouvelle espèce d'Aranéide , qui me paraît être de ce genre.

Dans les deux sons-genres suivants , le nombre des yeux est toujours de huit, et les mâchoires sont droites.

Les Ebbses, (Eresus, Walck.)

Qui ont près du milieu de Pextrémité antérieure du corselet, quatre yeni rapprochés en un petit trapèse, et les quatre autres sur ses côtés, et formant aussi un autre quadrilatère, mais beaucoup plus grand. Leur languette est triangulaire et pointue. Leurs tarses sont terminés par trois crochets (1).

Les Saltiques, (Salticos, Latr. — battus, Walck.)

Qui ont quatre yeux , dont les deux intermédiaires plus gros , en ayant do corselet, snr une ligne transverse, et les autres près des bords latéraux , deox de chaque côté; ils forment ainsi un grand carré ouvert postérieurement, oo une parabole. La languette est très obtuse ou tronquée au sommet. Leê tarses n'offrent , à leur extrémité , que deux crochets.

Plusieurs mâles ont de très grandes chélicères.

Les uns ont le corselet épais et en talus , très incliné à sa base.

Le Saltique de Sloane, ( Aranea sanffuinolenta , Lin. ). Noir, une ligne che formée par un duvet , de chaque côté du corselet ; abdomen d^in :

blanroage

cinabre, avec une tache alongée, noire, au milieu du dos. — Midi de la France,

sur les pierres (2).

Les autres ont le corselet très aplati , et presque insensiblement en pente, à sa base.

Tantôt leur corps est simplement ovale, garni de poils ou de duvet épais, avec les pieds courts et robustes.

(1) Erestts cinnaharinua Walck; Aranea guatuor^guUata, Ross. Faun. etrusc. tom. II, 1,8, 9 ; Coqueb. Illust. icon. Insect. decas. III , xxvu, 12; — Aranea nigro, Peta^. Specim. Insect. Calab. Dufour a décrit, dans les Annales des sciences physiques, deux espèces d^Espa^e, Tune, VÉrèae acqnthophiïe (VI , xcv,5, 4) est mon Efiae rayéàxk nouv. Dict. d^hist. natur.; l'autre, VErèae impériale^ , lxix,2) a de grands rapports stcc V Aranea nigra de Pétagua , citée ci-dessus. Ces deux espèces sont représentées dans la Faune française, Aran. pi. iv, 5, 4, 5. F oyez aussi , même planche, fig. 7, VÉréu cinabre.

(2) Cette division compnmd les Atleê suivants de Walckenaer : Uicoiory Ckaljfbeiu9, Nigery Cupreus, Muscorum, V Aranea grossipeade deGéer.

Le Salligue chevronné (Aranea scenica, Lin. ; V Araignée à chevrons , Geoff.) Araignée à bandes blanches , De G. , Insect. , Vil , xvii ,8,9. Long d'environ deux lignes et demie ; dessus noir , avec les bords du corselet et trois lignes en forme de chevrons sur le dessus de Pabdomen , blancs. — Très commune (1).

Tantôt leur corps est étroit, alongé, presque cylindrique et ras; les pieds sont longs et grêles.

Le Saltiçue fourmi (Formicarius), Aranea formicaria , De G. Insect., t. VII, xviii, 1, 2; Atte Fourmi, Walck., Faun. Franc., Aran., V, 1-3. Roux; devant du corselet noir; des bandes noires et deux taches blanches sur Tabdomen (2).

La seconde famille des Arachnides pulmonaires , celle

Des Péoipalpes (Pedipalpi.)

Nous offre des palpes très grands , en forme de bras avancés, terminés en pince on en grife : des chélicères ou antennes-pinces à deux doigts , dont Fun mobile \ un abdomen composé de segments très distincts ^ sans filières au bout , et les organes sexuels situés à la base du ventre. Tout le corps est revêtu d'un derme assez solide ; le thorax est d'une seule pièce , et présente , près des angles antérieurs . trois ou deux yeux lisses , rapprochés ou groupés; et près du milieu de son extrémité antérieure, ou postérieurement, mais dans la ligne médiane, deux autres yeux lisses, pareillement rapprochés. Le nombre des sacs pulmonaires est de quatre ou de huit.

Les uns , forment le genre

TABSifruLE, (Tarentula. Fabric. )

Dont Tabdomen est attaché au thorax par un pédicule ou par une portion De leur diamètre transversal , sans lames en forme de peigne à sa base inférieure , ni d'aiguillon à son extrémité. Leurs stigmates , au nombre de quatre , sont situés près de l'origine du ventre , et recouverts d*une plaque. Leurs antennes-pinces (mandibules des auteurs) sont en griffe, ou terminées simplement par un crochet mobile. Leur languette est alongée, très étroite , en forme de dard et cachée. Ils n'ont que deux mâchoires , et formées par le premier article de leurs palpes.

Ils ont tous huit yeux , dont trois , de chaque côté , près des angles antérieurs , disposés en triangle ; et deux près du milieu , au bord antérieur et portés sur un tubercule commun ou sur une petite cminence, un de

(1) Ajoutez j4Uu8tardigradus^ Walck. Hist. des Aran. V,iv, fcin. ^oyes son tableau des Aranéides.

(2) f^oye 3 , pour toutes les autres espèces de ce sous-genre, la partie des Aranéides de la Faune française. Walckenaer , auteur de cette partie, mentionne, dan» son tableau des Aranéides, une espèce renfermée dans du succin.

chaque côté. Les palpes sont épineux. Les tarses des deux pieds antériean différent des autres ; ils sont composés de beaucoup d'articles , en forme de fil ou de soie ; et sans onglet au bout.

Ces Arachnides n'habitent que les pays très chauds de l'Asie et de l'Amérique. Leurs habitudes nous sont inconnues. On en fait aujourd'hui déni genres.

Les Fhrynbs, (Phrynuç , Oliv.)

Qui ont des palpes terminés en griffe , le corps très aplati , le thorax large, presque en forme de croissant ; Pabdomen sans queue , et les deux tarses antérieurs très longs , très menus , semblables à des antennes en forme de soie (1).

Les Th^lyphon ES ( Theliphonds , Latr. )

Se distinguent des Phrynes par leurs palpes plus courts, plus gros , termiDeg en pince ou par deux doigts réunis ; par leur corps long , avec le thorax ovale, et le bout de Tabdomen muni d^une soie articulée formant une queue ; leur» deux tarses antérieurs sont courts, d^une même venue, et à articulations peu nombreuses (2).

Les autres ont Tabdomen intimement uni au thorax par toute sa largeur , offrant à sa base inférieure deux famés mobiles en forme de peigne , et terminé par une queue noueuse , armée d'un aiguillon à son extrémité ; leurs stigmates sont au nombre de huit, découverts et disposés quatre par quatre, de chaque côté, de la longueur du ventre ; leurs antennes-pinces sont terminées par deux doigts, dont l'extérieur mobile. Us forment le genre

Des Scorpions , (Scorpio. Lin. Fab.)

Qui ont le corps long et terminé brusquement par une queue longue, grêle , composée de six nœuds . dont le dernier finit en pointe arquée et très aiguë , ou en un dard , sous Textrémité duquel sont deux petits trous , servant d'issue à une liqueur venimeuse, contenue dans un réservoir intérieur, liour tborax , en forme de carré long et ordinairement marqué, dans son milieu , d'un sillon longitudinal , a de cbaque côté , près de son extrémité antérieure, trois ou deux yeux lisses, formant une ligne courbe, et vers le milieu du dos deux autres yeux lisses rapprochés. Les palpes sont très grands, avec une serre au bout, en forme de main; leur premier article forme une mâchoire concave et arrondie. A l'origine de chacun des quatre pieds antérieurs, est un appendice triangulaire, et ces pièces

(1) Phalangium reniformo , Lin. Pall. Spicil. Zool. Fasc. IX, iii, 5, 6; Herbst. Xonog. phal. m ; Indes orientales , îles Séchelles; Herbst. ibid.,iv,l, Amérique méridionale; — Tarentula reniformis, Fab. Pall. Spicil. Zool. 9, m, 3, 4; Herbst. ibid, v, 1 ; ejusd. i?, 3, ▼ar.? Antilles.

(2) Phalangium caudatum , Linn. Pall. Spicil. Zool. Fasc. IX, ni. 1 , 3, de Java. UAmérique méridionale fournit une autre espèce, décrite et figurée dans le Journal de Ph3^ique et d'Histoire naturelle ( 1777 ) ; les habitants do la Martinique rappellent le f^inaigrier. Une troisième espèce, plus petite que les précédentes, et dont les pattes sont fauves, habite la presqu'île en-deçà du Gange.

forment , par leur rapprochement , Tapparence d'une lèvre à quatre divisions , mais dont les deux latérales peuvent être considérées comme des sortes de mâchoires , et dont les deux autres forment la languette. L'abdomen est composé de douze anneaux , ceux de la queue compris; le premier est divisé en deux parties , dont l'antérieure porte les organes sexuels , et l'autre les deux peignes. Ces appendices sont composés d'une pièce principale , étroite , alongée , articulée , mobile à sa base et garnie , le long de son côté inférieur, d'une suite de petites lames, réunies avec elle par une articulation, étroites, alongées, creuses intérieurement, parallèles, et imitant des dents de peigne ; leur nombre est plus ou moins considérable , selon les espèces; il varie quelquefois d'une certaine quantité, et peut-être avec rage , dans la même. On n'a pas encore déterminé , par des expériences positives, quel est l'usage de ces appendices. Les quatre anneaux suivants ont une paire de sacs pulmonaires et de stigmates. Immédiatement après le sixième , l'abdomen se rétrécit brusquement , et les six autres anneaux, sous la forme de nœuds, composent la queue. Tous les tarses sont semblables, de trois articles , avec deux crochets au bout du dernier. Les quatre derniers pieds ont une base commune , et le premier article de leurs hanches est soudé ; les deux derniers sont même adossés , en partie , à l'abdomen.

Les deux cordons nerveux, partant du cerveau , se réunissent par intervalles, et forment sept ganglions , dont les derniers appartiennent à la queue. Dans toutes les autres Arachnides , le nombre des ganglions est de trois au plus.

Les huit stigmates donnent dans autant de bourses blanches , renfermant chacune un grand nombre de petites lames très déliées , entre lesquelles il est probable que l'air se filtre. Un vaisseau musculeux règne le long du dos, et communique avec chaque bourse par deux vaisseaux (1); d'autres branches en partent pour toutes les parties. Le canal intestinal est droit et grêle. Le foie se compose de quatre paires de grappes glanduleuses , qui versent leur liqueur dans quatre points de l'intestin. Le mâle a deux verges sortant près des peignes, et la femelle deux vulves. Ces dernières donnent dans une matrice composée de plusieurs canaux qui communiquent les uns avec les autres, et que l'on trouve au temps du part, remplis de petits vivants ; les testicules sont aussi formés de quelques vaisseaux anamostosés ensemble (S).

Ces Arachnides habitent les pays chauds des deux hémisphères, vivent a terre , se cachent sous les pierres ou d'autres corps , le plus souvent dans les lieux sombres et frais , et même dans l'intérieur des maisons. Ils courent vite, en recourbant leur queue en forme d'arc sur le dos. Ils la dirigent en tous sens , et s'en servent comme d'une arme offensive et défensive. Ils saisissent avec leurs serres les Cloportes et les différents Insectes , tels que des Crabes, des Charançons, des Orthoptères, etc., dont ils se nourrisaent , les piquent avec l'aiguillon de leur queue , en la portant en avant , et font ensuite passer leur proie entre leurs chélicères et leurs mâchoires. Ils sont friands des œufs d'Aranéides et de ceux d'Insectes.

(1) VoyeM nos remarques précédentes sur la circulation des Arachnides pulmonaires.

(2) Consultex,sur Tanatomie des Scorpions, TréTirauus, Marcel de Serres et Léon Dufour ( Jonrn. de physique, juin 1817).

La piqûre du Scorpion d'Europe n*est pas, à ce qu'il parait, ordinairement dangereuse. Celle du Scorpion de Souvignargues , de Maupertuis , ou de Fespèce que j'ai nommée Roussâire ( Occitanus), et qui est plus forte que la précédente , produit , d'après les expériences que lo docteur Mao» cary a eu lo courage de faire sur lui-même, des accidents plus grades et plus alarmants ; le venin parait être d'autant plus actif que le Scorpion est plus âgé. On emploie , pour en arrêter les effets , Tammoniaque, soit extérieurement , soit à rintérieur.

Quelques naturalistes ont avancé que nos espèces indigènes produisent deux générations par an. Celle qui me semble la mieux constatée a lien an mois d'août. La femelle , dans l'accouplement , est renversée sur le dos. Suivant Maccary, elle change de peau avant de mettre bas ses petits. Le mâle en fait autant à la même époque.

La femelle fait ses petits à diverses reprises. Elle les porte sur son pendant les premiers jours , ne sort pas alors de sa retraite , et veille à c<^nscrvation l'espace d'environ un mois , époque à laquelle ils sont forts pour s'établir ailleurs et pourvoir à leur subsistance. Ce n'est gaM' qu'au bout de deux ans qu'ils sont en état d'engendrer.

Les uns ont huit yeux, et forment le genre Buthus de Leach.

lie Scorpion d'Afrique (Afer,^ Lin., Fab.), Rœs., Insect., 3, lxv. — Herfatt*, monog. , Scorp. , 1. Long de cinq à six pouces, d^un brun noirâtre, avec kt serres grandes , en cœur, très chagrinées et un peu velues. Bord antérîev du corselet fortement échancré. Treize dents à chaque peigne. — Des Mes orientales , de Ceylan , etc.

Le Scorpion roussâtre ( Occitanus, Amor. ) ; Tunetanti* , Herbst. , monog., Scorp. , 111 , 3 ; Buthus occitanus , Leach. , Zoolog. Miscell. cxliii. Jcimâtn ou roussâtre; queue un peu plus longue que le corps, avec des lignes âo* vées et finement crénelées. Vingt-huit dents et au-delà (52-65, Maccary), i chaque peigne. — Midi de l'Europe , Barbarie , et très commun en Espagne.

Les autres n^ont que six yeux , et composent le genre Scorpion, proprement dit , du même naturaliste.

Le Scorpion d'Europe ( Europœus , Lin. , Fab. ). Herbst. , Monog. scorp., 111 , 1 , 2. D^un brun plus ou moins foncé , avec les pieds et le dernier arlide de la queue d^un brun plus clair ou jaunâtre ; serres en forme de cœur et anguleuses ; neuf dents à chaque peigne. — Les départements les plus méridionaux et orientaux de la France.

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