‹ Le règne animal distribué d'après son organisation (volume 2)Chapitre 68 sur 86 · PREMIER ORDRE DES INSECTES · texte numérisé non relu

PREMIER ORDRE DES INSECTES

LES HTRIAPODES^ (Mtrupoda.— Miiotaia, Fab.)

Nommés vulgairement Mille-Pieds ^ sont les seuls animaux de cette classe qui aient plus de six pieds dans leur état parfait, et dont Tabdomen ne soit pas distinct du tronc. Leur corps^ dépourvu d'ailes, est composé d'une suite ordinairement coiisidérable d'anneaux , le plus souvent égaux , et portant généralement cBacun , à l'exception des premiers, deux paires de pieds , le plus souvent terminés par un seul crochet , soit que ces anneaux soient indivis, soit qu'ils soient partagés en deux

(1) Spiritrompe. Toyei les généralités de la classe. Le thorax des Lépidoptères a plus d*analogie avec celui des Névroptères qu^aveo celui des Hyménoptères, le segment ({lie fai nommémcd^aire paraissant faire partie de Tabdomen, tandis que, dans ceux-ci et leaDiptèrci, i l est incorporé avec le thorax.

(3) Formés , à ce que je présume, par des pièces analogues aux épaulettes ou ptérfgoiiê des Lépidoptères.

demî-segpnents , ayant chacun une paire de ces organes ^ et dont Fun seulement offre deux stigmates (1).

Les Myriapodes ressemblent ^ pour la plupart à de petits Serpents ou des Néréides , ayant des pieds très rapprochés les uns des autres, dans toute la longueur du corps. La forme de ces organes s'étend même jusqu'aux parties de la bouche. Les mandibules sont biarticulées et immédiatement suivies d'une pièce en forme de lèvre , quadrifide , à divisions articulées ou semblables à de petits pieds , et qui par sa situation correspond à la languette des Crustacés ; viennent ensuite deux paires de petits pieds, dont les seconds, en forme de grands crochets dans plusieurs , paraissent remplacer les quatre mâchoires de ces derniers, ou bien les deux ainsi que la lèvre inférieure des Insectes : ce sont des sortes de pieds buccaux. Les antennes , au nombre de deux , sont courtes, un peu plus grosses vers le bout ou presque filiformes, de sept articles dans les uns, d'un grand nombre dans les autres et sétacées. Leurs yeux sont ordinairement formés d'une réunion d'yeux lisses, et si dans les autres , ils offrent une cornée à facettes , ces lentilles sont néanmoins proportionnellement plus grandes , plus rondes et plus distinctes que celles des yeux des Insectes. Les stigmates sont souvent très petits , et leur quantité , à raison de celle des anneaux, estordinairement plus considérable que dans ces derniers , où elle n'est au pliis que de dix-huit ou vingt. Le nombre de ces anneaux et celui des pieds augmente avec l'âge , caractère qui distingue encore les Myriapodes des Insectes, ceux-ci naissant toujours avec le nombre de segments qui leur est propre, et toutes leurs pattes à crochets, ou proprement dites , se dél^eloppant à la fois, soit à la même époque, soit lorsqu'ils passent a l'état de nymphe. Savi, fils, professeur de minéralogieà Pise, qui a fait une étude particulière des Iules , a observé qu'ils sont privés, à la sortie de Fœuf , de ces organes : ces animaux éprouvent donc une véritable métamorphose. Dans les uns, les organes sexuels masculins sont toujours placés immédiatement après la septième paire de pattes , sur le sixième \)u

' (1) Les anneaux du corps des Insectes ont généralement deux stigmates. Si l*on considéra fOUs ce point de lue ks anneaux du corps des Scolopendres , notamment des grandes espèces, celles qui ont vingt-une paires de pattes. Ton Terra qu^ilssont alternativement pourvus on privés de deux 8ti{;raales , et qu'ainsi , comparativement à ces derniers animaux , co ne sont réellement que des demi-anneaux. Dès lors chaque segment complet a deux paires de pattes , mais dont une surnuméraire , puisque , dans les autres Insectes, les anneaux munÏM de pattes n'en ont que deux.

septième segment du corps ^ et ceux de la femelle près de l'origine des seconds pieds; dans les autres^ ces deux sortes d'organes sont situées, comme d'ordinaire, à Textrémité postérieure du corps. La position des parties masculines des premiers, comparée avec celle qu'elles ont dans les Crustacés et les Arachnides , semblerait indiquer la séparation du tronc et de l'abdomen ; à l'égard des autres Myriapodes , où les organes sexuels sont postérieurs , Ton remarque qu'il s'opère dans une portion analogue du corps de certaines espèces ( Scolopendm tnorsitan^ )^ un inversion dans Tordre successif des stigmates, • ce qui paraîtrait annoncer la même distinction.

Les Âlyriapodes vivent et croissent plus long-temps que ks autres Insectes, «t suivant SavJ, il faut au moins deux ans à quelques-uns ( les Iules), pour que les organes génitaux deviennent apparents.

De cet ensemble de faits , l'on peut conclure que ces animaix se rapprochent dune part des Crustacés et des Arachnides, 'et de Fautre des Insectes ; mais sous la considération de la présence, de la forme et de la direction des trachées, ils appartiennent à la classe des derniers.

Nous les partagerons en deux familles, parfaitement distinctes , tant à raison de leur organisation , que de leurs habitudes, et composant dans Linnseus, deux coupes génériques.

La première famille des Mtkiapodes , celle

Des CHiLOGNATHES ( CniLOGNÀTHA. Latr. ), ou le geçre des luus

(lulus) deLinnaeus, •

A le corps généralement crustacé et souvent cylindriqâe ; les antennes , un peu plus grosses vers le bout ou presque iégale grosseur, et composées de sept articles ; deux mandibules épaisses , sans palpes , très distinctement divisées en deux portions par une articulation médiane , avec des dents imbriquées et implantées dans une concavité de son extrémité supérieure ; une espèce de lèvre (languette) (1) , située immédiatement audessous d'elles , les recouvrant , cruslacée , plane , divisée à sa surface extérieure par des sutures longitudinales et des échancrures , en quatre aires principales , tuberculées au bord supérieur , et dont les deux intermédiaires , plus étroites et plus

(1) Lèvre inférieure composée des deux paires de mâchoires des Crustacés, seloo Sa? igny.

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courtes, situées à l'extrémité supérieure d'une autre aire, leur serrant de base commune; les pieds très courts et toujours terminés par un seul crochet ; quatre pieds situés immédiatement au-dessous de la pièce précédente , de la forme des suivants , mais plus rapprochés à leur base, avec l'article radical proportionnellement plus long , et la plupart des autres , attachés par double paire, à un seul anneau. Les organes génitaux masculins sont situés immédiatement après la septième paire de pieds, et ceux de l'autre sexe derrière les seconds. Les stigmates sont placés alternativement , en dehors de l'origine de chaque paire de pieds, et très petits.

Les Chilognathes marchent très lentement ou se glissent , pour ainsi dire, sur le plan déposition, et se roulent en spi- * raie ou en boule. Le premier segment du corps , et dans quelques-uns le suivant, est plus grand, et présente la forme d'un Corselet ou d'un petit bouclier. Ce n'est guère qu'au quatrième dans les uns , qu'au cinquième ou au sixième dans les autres , que la duplicature des paires de pieds commence ; les deux ou quatre premiers pieds sont même entièrement libres jusqu'à leur naissance , ou ils n'adhèrent à leurs segments respectifs que par une ligne médiane ou sternale. Les deux ou trois dermJMIss anneaux sont apodes. On voit de chaque côté du corps une série de pores, qu'on avait pris pour des stigmates, mais qui, d'après Savi, sont simplement destinés à la sortie d'une liqueur acide et d'une odeur désagréable , qui parait servir à la défense de ces animaux; les ouvertures propres à la respiration, et dont on lui doit la découverte, sont placées sur la pièce sternale de chaque segment, et communiquent intérieurement avec une double série de poches pneumatiques , disposées en chapelet , tout le long du corps , et d'où partent des branches trachéennes qui vont se répandre suivies autres organes. Sui- Yaint une observation de Straus , les poches ou trachées vésiculeuses ne sont point liées les unes aux autres, ainsi que de coutume, par une trachée principale.

Aux environs de Pise , où Savi a recueilli tes observations précitées , les amours de l'Iule commun commencent vers la fin de décembre et finissent vers la mi-mai. Les organes copulateurs du mâle sont placés dans cette espèce sous le sixième segment, mais ils ne se montrent sous cette forme que lorsque Tindividu est parvenu environ au tiers de sa taille ordinaire ; jusqu'alors cette place est occupée par itw paire de pattes , la

quinzième , et qui existe toujours dans les femelles ; ici, l'orifice des parties sexuelles est placé entre le premier et le deuxièmesegment. Des Gloméris et de Iules femelles m'ont offert par deri*ière la naissance de la seconde paire de pattes , deux petits mamelons ^convexes qui paraissent caractériser ce sexe; celui * des mâles consiste aussi en deux mamelons^ mais terminés chacun par un crochet écailleux et contourné. Dans laccouplement, ces Insectes redressent et appliquent Tune contre Fautre, face à face , les extrémités antérieures de leurs corps , et s'entrelacent inférieurement. Le corps des individus venant de naître est en forme de rein , parfaitement uni et sans appendices. Dixhuit jours après, ils subissent une première mue , et ils prennent seulement alors la forme des adultes ; mais ils n'ont encore que vingt-deux segments , et le nombre total de leurs pattes est de. vingt-six paires. Savi parait contredire l'assertion de De Géer, qui dit n'en avoir compté que trois paires et que huit anneaux dans les jeunes individus ; mais est-il bien certain que la mue dont parle Savi soit réellement la première , et ne doit-on pas , au contraire, présumer que ces jeunes individus ne passent pas subitement d'un état où ils n'offrent aucun appendice locomotile , à celui où ils en montrent jusqu'à vingt-six paires , ou qu'en un mot d'autres changements de peau , mais qui ont pu échapper à Savi , ont eu lieu et ont développé successivement ce nombre de pattes ? Les observations du Réaumur suédois ne confirment-elles pas ces transitions graduelles? Quoi qu'il en soit , selon Savi , les dix-huit premières paires de pattes sei^ vent seules à la locomotion : à la seconde mue , l'animal en offire trente-six paires et à la troisième quarante-trois ; le corps alors se compose de trente segments. Enfin, dans l'état adulte, le mâle en a trente-neuf et la femelle soixante-quatre; deux ans après, ils muent encore, et c'est alors seulement qu'apparaissent les organes de la génération. Depuis la naissance , qui a lieu en mars , jusqu'en novembre, époque où Savi a cessé ses observations , ces changements de peau se renouvellent à peu près de mois en mois. On découvre dans le dépouille jusqu'à la membrane qui tapisse intérieurement le canal alimentaire et les trachées. Les organes de la bouche sont les seules parties que Savi n'a pu retrouver (1).

(1) Foycz le Bulletin général et universel de Férussac, décembre 1S35. Les obtenralions de Savi ^ dont ce journal offre un extrait , sont consignées dans le mémoire saivant : Osserrazioniper aervire alla êtoria di una specic diJttlu» communisêimop Bologoa^lSl/. Le même savaut en a publié BB autre, eu 1819, sur le Julus fœtidigsimus.

Ces Insectes se nourrissent de substances soit vqjëtales soit animales , mais mortes et décomposées ^ et pondent dans la terre un (p'and nombre d œufs.

Ils ne forment dans Linnoeus, qu'un genre. 9

Les loLEs, (Idlus. L.) Qae nous divisons comme il suit :

' Les uns ont le corps crustacé , sans appendices au bout , et les antennes renflées vers leur sommet.

LesGLOMÉBis. (Glomeris. Latr.)

Semblables à des Cloportes , ovales , et se roulant en boule.

Leur corps, convexe en dessus et concave en dessous, a , le long de chacun de ses côtés inférieurs, une rangée de petites écailles , analogues aux divisions latérales des Trilobites. 11 n^est composé, la tête non comprise, que de douze segments ou tablettes , dont le premier, plus étroit , forme une sorte de collier en demi'Cercle transversal, et dont le suivant et le dernier sont les plus grands de tous ; celui-ci est voûté et arrondi au bout. Le nombre des pattes est de trentequatre dans les femelles, et de trente-deux dans les mâles , ses organes sexuels remplaçant la paire qui manque. Ces animaux sont terrestres et vivent sous les pierres , dans les terrains moutueux (1).

LesIuLBS propres, (Iulus. Lin.)

Qui ont le corps cylindrique et fort long , se roulant en spirale , et sans saillie eu forme d^arête ou de bord tranchant sur les côtés des anneaux.

Les plus grandes espèces vivent à terre , particulièrement dans les lieux sablonneux , les bois , et répandent une odeur désagréable. Les plus petites se nourrissent de fruits, de racines ou de feuilles de plantes potagères. On en trouve quelques autres sous les écorces des arbres , dans la mousse , etc.

Ulule très grand (/. maximus^ Lin.) Marcg., Bras., p. 255. Propre àPAmérique méridionale ; ajusqu^àsept pouces de long.

Jj Iule des sables (l, sabulosus. Lin.) Schaeff., Elem., entom. lxxiii. — I,fasciatus, De G., Insect., VU, xxxvi , 9, 10; Leach., Zoo!., mise, cxxxiii: long dVnviron seize lignes, d'un brun noirâtre, avec deux lignes roussâtres le long du dos ; cinquante-quatre segments , dont Ta vaut-dernier terminé par une pointe forte , velue et cornée au bout. — En Europe.

\j Iule terrestre (/. terrestrls. Lin.) Geoff., Insect., II , xxii, 5; d^un quart plus petit, cendré bleuâtre, entrecoupé de jaunâtre clair; quarante-deux à onrante-sept segments. — Avec le précédent (2).

Les PoLYDâMES. (POLTDESMCS. Lat.)

Semblables aux Iules par la forme linéaire de leur corps et Thabitude de se

(1) Iulu9 0i>at$ê, Lin. GronoY. Zooph. pi. xvii ,4,5; — Oniscus sotuttus^ Pani. Faun. Insect. germ. IX, xxiii; Glomeris manjinata , Leach , Zool. misceli. cxzxii; — Ontscus pustulatus^ Fnb. ; Panz. ibid. ixii.

(3) f^oytt- les deux Mémoires précités do Savi, et lo Zoolog. miscel. de Leach, lom. III, à regard de ces deux espèces et de quelques autres d*AngIelerre. Ajoutez Iulus indus f Lin.; De G., VU, XLUi, 7; Séb. Mus. II, xxiy, 4, 5; — Séb. Mus. I, lxzxi, 5;— Schrnt. Abbondl. I, ui y 7.

ronler en spirale, mais dont les segments sont comprimés sur les côtés inférieurs , avec une saillie en forme de rebord ou d*arâte au-dessus.

On les trouve sur les pierres , et le plus souvent dans les lieux humides (1).

Les espèces qui ont des yeux apparents forment le genre Craspedosome de Leach (2).

Les autres ont le corps membraneux , très-mou , et terminé par des pinceaux de petites écailles. Leurs antennes sont de la même grosseur. Tels sont

Les POLLYXÈNSS , (POLLYXENUS. LdtT.)

Qui ne comprennent encore qu^une seule espèce , rangée avec les Scolopendres (Se. lagura, L. ) par Linnœus , Geoffroy et Fabricius.

CVst le Iule à queue en pinceau de De Geer, Insect., Yll , xxxvi , 1,2,3; Zool. miscell.,cxxxv, B. Cet Insecte est très-petit , oblong, avec des aigrettes de petites écailles sur les côtés, et un pinceau blanc à Fextrémité postérieire du corps. Il a douze paires de pieds , placées sur autant de demi-anneam.

11 se tient dans les fentes des murs et sous les vieilles écorces.

La seconde famille de Myriapodes ,

Les CHiLOPODEs ( Chilopoda. Lat. ), ou le genre des Scolopendres ( Scolopendra ) de Linnaeus , etc.

Ont les antennes plus grêles yers leur extrémité, de quatorze articles et au-delà ; une bouche composée de deux mandibules , munies d'un petit appendice en forme de palpe, offrant dans leur milieu l'apparence d une soudure, et terminées en manière de cuilleron dentelé sur ses bords ; d'une lèvre (3) quadrifide , dont les deux divisions latérales plus grandes , annelées transversalement , semblables aux pattes membraneuses des Chenilles ; de deux palpes ou petits pieds réimis à leur base, onguiculés au bout; et d'une seconde lèvre (4) formée par une seconde paire de pieds dilatés et joints

(1) Les Iules complanatua ( Zool. miscel. cxxxv , A) depreuus y ttigma , trideniaiuê de Fabricius; ses Scolopendres ? ttonaiity clypeaia,

(9) Les espèces inconnues ayant Leach « paraissent propres à la Grande-Bretagne, f^uyei la planche cxxxiv de son Zoological raiscellany, tom. III.

(3) Pièce analogue à la lèvre inférieure des Chilognates, représentant, aelon moi, la langue des Crustacés , mais pouvant aussi faire Toffice de mâchoires ; c^est ce que Sangoy nomme première lèvre auxiliaire. 41

(4) Seconde lèvre auxiliaire du même. Elle n^est point annexée avec la tète, mais atec Textrémilé antérieure du premier demi-segment. Les deux pieds à crochets forment, par la réunion et la dilaÉition de leur premier article, une plaque en forme de menton et de lèvre. Le même demi-segment porte les deux premiers pieds ordinaires. Dans les Scolopendres propres de Leach, les deux premiers stigmates sont situés sur le troisième demi-segment, abstraction faite du premier ; le second et le suivant composeront le premier anneau complet, et alors les deux premiers stigmates se trouveront placés , comme dans les autres Insectes, sur un espace correspondant au prothorax. Cette seconde lèvre auxiliaire pourra ainsi représenter la lèvre inférieure des Insectes hexapodes broyeurs. Mais ici le pharynx est situé en avant de cette lèvre , au lieu que, dans les Myriapodes, il est placé au-devant delà première lèvre auxiliaire. CVst diaprés ces rapports et plusieurs autres, fournis par les Entomostracés et les Arachnides , que je considère les pieds des Insectes hexapodes cooiffle les analogues des six pieds-mâchoires des Crustacés déca^iodes.

à leur naissance, et terminés par un fort crochet, mobile et

percé sous son extrémité d'un trou , pour la sortie d'une liqueur vénéneuse.

Lecorpsest déprimé et membraneux. Chacun de ses anneaux est recouTcrt d'une plaque coriace ou cartilagineuse , et ne porte, le plus souvent, qu'une paire de pieds (1); la dernière est ordinairement rejetée en arrière , et s'alonge en forme de queue. Les organes de la respiration sont composés en totalité ou en partie de trachées tubulaires.

Ces animaux courent très vite, sont carnassiers , fuient la lumière, et se cachent sous les pierres , les vieilles poutres , les écorces des arbres^ dans la terre , le fumier, etc. Les habitants des pays chauds les redoutent beaucoup, les espèces qu'on y trouve étant fort grandes , et leur venin pouvant être plus actif. La Scolopendre mordante est désignée aux Antilles par l'épithète de malfaisante. On en connaît qui ont une propriété phosphorique.

Les organes sexuels sont intérieurs et situés à l'extrémité postérieure du corps, comme dans la plupart des Insectes suivants. Les stigmates sont plus sensibles que dans la famille précédente, et latéraux ou dorsaux.

Cette famille , qui, dans la méthode de Leach, forme son ordre des Syngnathes , peut, d'après ces derniers caractères, la nature des organes respiratoires et les pieds, se diviser ainsi :

Les unes n^ont que cpiinze paires de pattes (2), et leur corps vu en dessus , présente moins de segments qu^en dessous.

Les SciTTiGÈRBs , (SccTiGERA. Lam. — Cermatia, Illig.)

Ûpi ont le corps recouvert de huit plaques en forme d^écussons , sous chacmb desquelles Marcel de Serres a observé deux poches pneumatiques ou trachées vésiculaires , recevant Fair, et communiquant avec des trachées tubulaires latérales et inférieures. Le dessous du corps est divisé en quinze demianneaux , portant chacun une paire de pieds terminés par un tarse fort long , grêle et très articulé ; les dernières paires sont plus alongées; les yeux sont grands et à facettes.

Elles ont des antennes grêles et assez longues , les dens palpes saillants et

garnis de petites épines. Le corps est plus court que dans les autres genres de imême famille, avec les articles des pieds proportionnellement plus longs. Les Scutigères , qui , diaprés ces caractères font le passage de la famille précédente à celle-ci, sont fort agiles, et perdent souvent une partie de leurs pieds lorsqu^on les saisit.

(1) Ils ne sont , dans ce cas , que des demi-anneaux, f^otfez les généralités de Tordre. (9) Le docteur Leach compte deux paires de plus, parce quUl comprend dans ce nombre les palpes et les pieds en forme de crochets do la tète.

3o4 INSECTES.

Vcspàce de notre pays (1) se cache entre les poutres ou les soliyes des charpentes des maisons.

Les LiTHOBiEs, (LiTHOBiDs. Leach.)

Qui ont les stigmates latéraux , le corps divisé, tant en dessus qu^en dessons, en un pareil nombre de segments , portant chacun une paire de pieds , et les plaques supérieures alternativement plus longues et plus courtes , en recouvrement, jusque près de Textrémité postérieure.

Le Llthobie fourchu (Scolopendra forficala,lAnJ) Fabr., De G.; GeofT., Hist. des Insect., Il, xxii, 3; Panz., Faun., Insect., Germ. L., xiii; Leach., Zool. miscell., cxxxvii (2).

Les autres ont au moins vingt-une paires de pattes et les segments sont, tant en dessus qu'en dessous , de grandeur égale et en même quantité.

Les Scolopendres propres. (Scolopendra. Lin.)

Celles qui à partir des deux pieds venant immédiatement après les deux crochets formant la lèvre extérieure, n^en offrent que vingt-une paires, et dont les antennes ont dix-sept articles composant les genres Scolopendra et Crjriopi de Leach. Les yeux sont distincts , au nombre de huit , quatre de chaque c6té, dans le premier et celui qui comprend les plus grandes espèces; ils sont nuls ou très peu visibles dans le second.

Les départements les plus méridionaux de la France et d^antres contrées du sud de TËurope nous offrent une espèce (Scolopendra clngulata^ Latr.; Se. morsitans ^y'iW,^ entom., tom. IV, xi, 17, 18, ) presque aussi grande quelquefois que Tespèce ordinaire des Antilles , mais ayant le corps plai aplati (3).

Les Crytops ont leurs antennes plus grenues que les Scolopendres et les deux pieds postérieurs plus grêles. Le docteur Leach en mentionne deax espèces trouvées dans les environs de Londres (4).

Dans les Scolopendres composant le genre Géophile ( Geophilus) du même, le nombre des pieds est au-dessus de quarante-deux et souvent très considérable. Les antennes n^ont que quatorze articles et leur extrémité est moins amincie ; Le corps est proportionnellement plus étroit et plus long. Les yeux sont peu distincts. Quelques espèces sont électriques (ô). ^

(1) Ia Scolopendre à vingt-huit patleê de Geoffroy, qui paraît différer delà S, ofasji trata de Panzer, Fauo. Insect, Germ. L. xii, et de celle de Linnœus; — luluê aranêméêty Poil. Spicil. Zool. IX, IV, 16; — Scolopendra longicornie , Fab. de Tranquebar. f^Sfts anssi Leach, Zool. miscel., Cermatia livida, cxxxvi, et le 14« volume des TraDMctioiii linnéennes.

(9) L. variegatuSflmvOabrum, Leach. Trans. Linn. Soc. XI. Voyex aussi le troisiéiDO volume de «on Zoological miscellnDy.

(3) Scolopendramoraitana j Linn. De Gccr, Insect. VIT, xuii ,1. VoyeSy pour d*aatres espèces, le troisième vol. du Zoolog. miscellany du docteur Leach; [a Scolopendra giganiea de Linneeus (Brown. Jam. xlii, 4), et d^autres grandes espèces, mais incomplètement décrites.

(4) Crytops hortensia^ Zool. mise, cxxxix; eJQsd. ib. Crytops Sarignii.

(5) S. electrica^ Lin. Frifch. Insect. XI, vni, 1; — S. occidentalis, Lin. List. ilin. Vi;— S, phosphoreOy Linn. Tombée du ciel sur un vaisseau , à 100 milles du continent. Voyes le tome troisième du Zool. miscellan. de Leach. Geophilus maritimttSj cxi., 1, 9;— C l0fK> gicomis^ Tab. ead. 5-0 , et quelques autres espèces.

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