‹ Le règne animal distribué d'après son organisation (volume 2)Chapitre 67 sur 86 · ET POURTVS DE PIEDS ARTICULÉS · texte numérisé non relu

ET POURTVS DE PIEDS ARTICULÉS

LES INSECTES (Iksbcta.)

Ont des pieds articulés, un vaisseau dorsal, tenant lieu de Testige de cœur, mais sans aucune branche §oVir la circulation (1) ; respirent par deux trachées principales , s'ëtendant ^

(1) Les anatom Utes sont très .partagés à régarddela nature de cet organe : plusieurs y f oient un véritable coeur; d^autres , est telle et ropinion deCuvier, qui uous paraît avoir été pleinement confirmée par les belles recherches de Marcel de Serres (Mémoire sur le vaisseau dorsal des Insectes , mséré dans le Recueil des Mémoires du Muséum d^hist. natur. ) , lui refusent cette qualité. Suivant ce dernier, il sécréterait la graisse, qui serait ensuite élaborée dans le tissu adipeux qui Tenveloppe. Lyonet dit qu*il renferme une substance gommeuse de couleur orangée. Quelques observations très récentes paraissent établir Texistence de quelques petits vaisseaux ; mais , outre que cette circulation serait très partielle , les Insectes différeraient toujours beaucoup sous ce rapport des Crustacés , en ce que le Ming ne reviendrait point au coeur. Straus , en rendant compte ( Bulletin univers, de Férussac) d*un Mémoire de Hérold sur ce sujet, nous a fait connaître Topinion quUl s^est formée à cet égard , diaprés ses recherches anatomiqoes sur le Hanneton. « Le vaisseau dorsal , dit-il, est le véritable cœur des Insectes, étant, comme chez les onimaux supérieurs , Torgane locomoteur du sang , qui, au lieui d^ctre contenu dans des vaisseaux, est répandu dans la cavité générale du corps. Ce cœur occupe toute la longueur du dos de Tabdomen , et se termine antérieurement par une artère unique , non ramifiée , qui transporte le sang dans la tête , où elle Tépanche, et d*où il revient dans Tabdomen , par Teffet même de son accumulation dans la tète , pour rentrer de nouveau dans le cœur ; et c*est à quoi se réduit toute la circulation sanguine chex les Insectes , qui n*ont ainsi qu*une seule artère sans branches , et point de veines. Les ailes du cœur ne sont pas musculeuses , comme le prétend Hérold ; ce sont de simples ligaments fibreux qui maintiennent le vaisseau dorsal en place. Le cœur , c^est-à-dire la partie abdominale du vaisseau, est divisé intérieurement en huit chambres ( melolontha vti/^a ris), séparées les unç^ des autres par deux valvules convergentes, qui permettent au sang de se porter d^arrière en avant d^uoe chambre dans Tautre, jusque dans Tartèrequile conduit dans la tête, mais qui s^opposeut â son mouvement rétrograde. Chaque chambre porte latéralement , à sa partie antérieure , deux ouvertures en forme de fentes transversales , qui communiquent avec la cavité abdominale , et par lesquelles le sang contenu dans cette dernière peut entrer dans le cœur. Chacune de ces ouvertures est munie intérieurement d*une petite valvule en forme de demicercle, qu^s^applique sur elle lors du mouvement de systole. D*après cette courte description, on conçoit que, lorsque la chambre postérieure vient à se dilater, le sang contenu dans la cavité abdominale y pénètre par deux ouvertures dont nous venons de parler, et que nous nommerons auriculo'ventricuiairet. Quand la chambre se contracte , le sang qu*elle contient ne pouvant pas retourner dans la cavité abdominale , pousse la valvule interventriculaire, passe dans la seconde chambre , qui sa dilate pou^ le recevoir , et qui reçoit en même temps une certaine quantité de sang par les propres ouvertures auriculo-ventriculaires. Lors du mouvement de systole de cette seconde chambre, le sang passe de même dans la troisième , qui en reçoit également par les ouvertures latérales, et c*est ainsi que le sang est poussé d*unc chambre dans Tautre jusque dans Tartère. Ce sont ces contractions successives des chambres du cœur qu*on aperçoit au travers êc la peau des Chenilles. » Le cœur des Crustacés décirpodes , des Squilles , des Limules, des Araignées , etc. , offre aussi ,

parallèlement l'une à l'autre dans toute la longueur du corps . «lyant par intervalles des centres d'où partent beaucoup de rameaux^ et qui répondent à des ouvertures extérieures ou des stigmates (1) pour l'entrée de l'air. Il ont tous deux antennes et une téfe distincte. Le système nerveux de la plupart des Insectes ( les Hexapodes ) ^ est générarement composé d'un cerveau formé de deux ganglions opposés^ nfunis par leurs bases, donnant huit paires de nerfs et deux nerfs solitaires , et de douze ganglions (â) ^ tous inférieurs. Les deux premiers sont situés près de la jonction de la tête avec le thorax , et contigus longitudinalcment ; l'antérieur donne des nerfs à la lèvre mférieure

d*après ce que m'a assuré ce profond obserTateur ,des TaWules semblables. W est renfermé dans une sorte de sac ou péricarde qui , suivant lui , tient lieu d*oreillette. Cas divisions ou chambres 4u vaisseau dorsal sont ce que Lyonet nomme ailes , et il a pareillement vu le vaisseau dorsal se prolonger jusqu^à la tétè , et sV terminer de la même manière ; mais il n*a point aperçu les ouvertures et les valvules dont parle Straus. La défioitioD du vaisseau dorsal donnée par ce naturaliste, quelle que soit la composition intérieure de cet organe, prouve évidemment que ce n^est point un véritable cœur. Ces observations, d*ailleurs , ne nous apprennent point quelle est la nature de ce liquide , ni comment il se répand dans les autres parties du corps pour opérer leur nutrition. Toujours est-il certain , diaprés les observations de Lyonet , que toutes les parties du corps communiquent avec le corps graisseux au moyen de fibrilles. Les trachées jettent des rameaux qui s*étei|dent jusque dans les extrémités des divers appendices du corps. L*action de Tair neutdéterminer Pascension des sucs nutritifs dans les interstices , formant des sortes ae tubes capillaires.

(1) Le nombre des segments du corps des Myriapodes étant indéterminé , celui de lenn stigmates Test aussi, et va souvent au-delà de vingt. Dans les Insectes Hexapodes , i! est souvent de dix -huit , neuf de chaque côté. Cette évaluation , néanmoins , est plutôt fondée sur ranimai en état de larve que dans sou état parfait. Les Chenilles , les larves de Coléoptères et celles d*un grand nombre de divers autres Insectes, ont une paire de stigmates sur le premier segment, ou celui qui porte la première paire de pieds ; le second et le troisièaM en sont dépourvus , parce que , je présume , le développement des ailes qui a lieu dans «s anneaux , rend ici inutile la présence d*ouvertures respiratoires. Le quatrième anneau et les sept suivants en offrent chacun une paire ; mais dans les Coléoptères en état parfait , outre les deux stigmates antérieurs, cachés dans lacavitédu prothorax ou corselet, etqu^on n'avait pas aperçus, on en voit deux autres, situés entre Torigine des élytreset celle des ailes; ce sont ceux du méaathorax. Il n*y en a point au métathorax , à moins qu*on ne conaidère les deux du premier segment abdominal comme supplémentaires du thorax , en te fondant ffur ce qui a lieu dans les Hyménoptères à abdomen pédicule et les Diptères, où cet denx stigmates, avec le deminsegmcnt dont ils dépendent, font partie du thorax. Ainsi, en général , tous les Insectes Hexapodes ont huit paires de stigmates à Tabdomen , maia dont les deux dernières souvent oblitérées. Dans les Criquets, les Truxales, les Libellules, lea côtés du mésothorax offrent chacun un stigmate, ceux que Marcel de Serres nomme fnfmaéms. Dans ces derniers Insectes , ainsi que dans les autres à ailes nues ou sans élyt/es, les denx premiers stigmates thoraciques sont placés en dessus, entre le prothorax et le roésothorax. Les Libellules exceptées , le thorax proprement dit ne présente plus ensuite de stigroatei distincts; je dis le thorax proprement dit , parce que , comme nous Pavons remarqué pins haut , les deux premiers^de Pabdomen sont reportés , dans plusieurs, à Tcxtrémité postérieure du thorax. Le métatltorax des Pentatomes, des Scutellères, offre inférieurement une paire de stigmates. Dans les Spectres Aptères, le second se gment suivant ou roeaothorax

segment abdominal,

(2) Divers Coléoptères lamellicornes , eu étal parfait , font exception.

et aux parties adjacentes ; le second et les deux suivants sont propres à chacun des trois premiers segments ou ceux quî^ dans les Insectes hexapodes^ composent le thorax; les autres ganglions appartiennent à l'abdomen^ de manière que le dernier ou le douzième correspond à son septième anneau ^ suivi immédiatement de ceux qui composent les organes sexuels ; chacun de ces ganglions donne des nerfs aux parties de leurs segments respectifs. Les deux derniers^ très rapprochés, en donnent aussi aux derniers anneaux du corps. La région frontale offre trois ganglions particuliers^ désignés par Lyonet sous le nom de frontatix y et dont le premier produit postérieurement un gros nerf ayant des renflements^ le plus long de tous, et qu'il nomme récurrefit. le premier ganglion ordinaire ou le sous-œsophagien pousse , selon lui , quatre paires de nerfs , et les suivants deux paires chacun ; de sorte qu'en y comptant les huit paires du cerveau , les dix brides épinières que l'on peut considérer comme autant de paires de nerfs, on en a en- tout, quarantecinq paires, indépendamment des deux nerfs solitaires, ou douze à quatorze de plus que n'en offre le- corps humain. Les deux cordons nerveux , qui forment par leur réunion les ganglions, sont tubulaires et composés de deux tuniques, dont lextérieure offre des trachées ; une substance médullaire remplit le canal central. Le bel ouvrage de M. Hérold , sur Tanatomie de la Chenille du grand Papillon du chou, étudiée dans sa croissance progressive et jusqu'à sa transformation en chrysalide , nous montre que le système nerveux et celui des organes digestifs éprouvent des changements notables ;<iue les cordons nerveux sont dans l'origine plus longs et plus écartés , observation qui favorise l'opinion de l'un des plus grands zootomistes de notre époque , le docteur Serres , sur l'origine et le développement du système nerveux. Nous avons exposé dans les généralités communes aux trois classes des animaux articulés et pourvus de pieds articulés , les divers sentiments des physiologistes sur le siège des sens de l'ouïe et de l'odorat. Nous nous«b6rnerons à ajouter qu'à l'égard du premier, les petits ganglions nerveux , situés sur le front, dont nous avons parlé, semblent confirmer l'opinion de ceux qui, tels que Scarpa , placent ce sens près de la naissance des antennes. Quelques Lépidoptères m'ont offert deux petits trous situés près des yeux , et qui sont peutêtre des conduits auditifs. Si, dans plusieurs Insectes , notamment ceux qui ont les antennes filiformes , ou sétacées et longues , ces organes servent au tact , il nous parait difficile de

3i# INSECTES.

iimUm néMNt du déTeloppcment extraordinaire qu'ils acquiènnit Jh»» certaines familles, et plus particulièremeot dans les iiiiiirr si roQ n admet point qu'ils sont alors le siège de Todoral. |^l«^n^ aussi que, relativement au goût, les palpes jouent, daoe^ iHK^ques cas , comme lorsqu'ils sont très dilatés à leur ei^tovtmlé , le principal rôle ; la languette encore peut n'être pas lilriMiyre à cette fonction.

Vu appareil préparateur ou buccal , le canal intestinal , les nuùtseaux biliaires, nommés aussi hépattqiieg , ceux qu'on appelle 9alivaires, mais qui sont moins généraux , ces vaisseaux libres ou flottants qui ont reçu la dénomination d'excrémentiels, répiploon ou le corps graisseux , et probablement encore le vaisseau dorsal, telles sont les considérations qu'embrasse le système digestif. Il est singulièrement modifié selon la diversité des aliments ^ ou forme un grand nombre de types particuliers, dont nous ferons l'exposition , en traitant des familles. Nous dirons seulement un mot de l'appareil buccal, et des divisions principales du canal intestinal, en commençant par celui-ci. Dans ceux , tels que les Coléoptères carnassiers , où il est le plus composé , on y distingue le pharynx , l'œsophage ^ le jabot, le gésier, l'estomac où ventricule chylifique, et des intestins que Ton divise en intestins grêles, en gros intestin' ou coecum, et en rectum. Dans les Insectes où la langue proprement dite est appliquée sur la face antérieure ou interne de la lèvre , ou n'est pas dégagée , le pharynx est situé sur cette même f^ce : c'est ce qui a généralement lieu (1). Nous ajouterons encore qu'à l'égard des vaisseaux biliaires, un naturaliste qui nous avait donné le premier de bonnes observations sur les organes respiratoires des Mygales, Gaëde, professeur d'Histoire naturelle à Liège, ne considère point ces vaisseaux comme sécréteurs , ainsi qu'on le pense communément : mais cette opinion ne parait pas suffisamment motivée, et les observations de Léon Dufour (2) , semblent même la détruire.

Des «Insectes , en petit nombre et toujours sans ailes, tels que les Myriapodes ou les Mille^pteds, se rapprochent de plusieurs Crustacés , soit par la quantité des anneaux du corps et de leurs

(1) yoyes ce que nous avons dit , dans les généralités des trois classes, à roccaiiondeh languette.

(i) Ce dernier naturaliste , 4 exposé avec le plus grand détail tout ce qui a rapport av système digestif des Insectes, dans une suite de beaux Mémoires, qui ont contribuée enrichir les Annales des sciences naturelles. Victor Audouin en a offert un résumé très bien fait, à son article Insectes, dy Dictionnaire classique d*hiaoire naturelle.

pieds , soit par quelques traits d'analojjie dans la conformation des parties de la bouche; mais tous les autres n'ont constamment que six pieds ^ et leur corps , dont le nombre des segments ne surpasse jamais celui de douze, est toujours partagé en trois portions principales, la téte^ le tronc et X abdomen. Parmi ces derniers, quelques-uns n'ont point d'ailes, conservent toute leur vie la forme qu'ils avaient en naissant, et ne font que croître et changer de peau (1). Ils ont, à cet égard, des rapports avec les animaux des classes précédentes. Les autres insectes à six pieds ont presque tous des ailes, mais ces derniers organes, et souvent même les pieds, ne paraissent pas d'abord, et ne se développent qu'à la suite de changements plus ou moins remarquables, nommés Métamorphoses y et que nous ferons bientôt connaître.

La tête (S) porte les antennes, les yeux et la bouche. La composition et la forme des antennes varient beaucoup plus que dans les Crustacés ; ces organes sont souvent développés ou plus longs dans les mâles que dans les femelles.

Les yeux sont composés ou lisses : les premiers , d'après les recherches de Cuvier, Marcel de Serres et autres, sont formés: 1^ d'une cornée divisée en une multitude de petites facettes, d'autant plus convexe que l'Insecte est plus carnassier, enduite à sa face interne d'une substance peu liquide, opaque, diversement colorée , mais ordinairement noire, ou d'un violet sombre ; 2<> d'une choroïde fixée dans son contour et par ses bords, à la cornée, recouverte d'un vernis noir, offrant une multitude de vaisseaux aériens, provenant de troncs assez gros, de trachées situées dans la tête, et dont les rameaux forment autour de l'œil une trachée circulaire : elle manque ainsi que la choroïde, dans divers Insectes lucifuges ; 3^ de nerfs qui naissent d'un gros tronc, partant immédiatement du cerveau^ s'épanouissant ensuite en forme de cône renversé , et dont la base est du côté de la cornée, et dont les rayons ou filets, traversant la choroïde et l'enduit de la cornée, aboutissent chacun à l'une de ses facettes ; il n'y a ni cristallin, ni humeur vitrée.

Plusieurs ont , outre les yeux composés , des yeux lisses ou dont la cornée est tout unie. Ils sont ordinairement au nombre

(1) Ce sont ceux que je nomme Homoiènes ( semblable jusqu^à la fin) , ou les Ametoho- ItaoeLeacb.

(3) Sa surface est divisée en plusieurs petites régions ou aires , qu^on nomme chaperon {n9Mf Kirby, ) , la /bca, le front , le vertojpou sommet j Us joues. La dénomination de chaperon étant équivoque, je Tai remplacée par celle dVspt/omeou sur-bouche. Cette partie sert d^insertion au labre ou lèvre supérieure.

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de trois, et disposés en triangle sur le sommet de la tête. Dans la plupart des Insectes aptères et des larves de ceux qui sont ailes, ils remplacent les précédents, et sont souvent réunis en groupe; à en juger par ceux des Arachnides, ils devraient être propres à

la vision.

La bouche des Insectes à six pieds est, en général, composée de six pièces principales, dont quatre latérales, disposées par paires, et se mouvant transversalement; les deux autres, opposées Tune à l'autre, dans un sens contraire à celui des précédentes, remplissent les vides compris entre elles : Tune est située au-dessus de la paire supérieure , et l'autre au-dessous de l'inférieure. Dans les Insectes broyeurs ou qui se nourrissent de matières solides, les quatre pièces latérales font l'ofiicede mâchoires, et les deux autres sont considérées comme des lèvres ; mais comme nous l'avons déjà observé, les deux mâchoires supérieures ont été distinguées par la dénomination particulière de mandibules; les deux autres ont seules conservé celle de mâchoires; elles ont d'ailleurs un ou deux filets articulés ^ qu'on appelle /}a/j9e« ou antennules^ caractère que n'offrent jamais, dans cette classe, les mandibules. Leur extrémité se termine souvent par deux divisions, ou lobes, dont l'extérieure est nommée, dans Tordre des Orthoptères, galète. Nous avons encore dit qu'on était convenu d'appeler labre la lèvre supérieure. L'autre, ou la Uvre proprement dite, est formée de deux parties : l'une plus solide et inférieure, est le men/on; la supérieure, et qui porte le plus souvent deux palpes^ est la languette (1).

Dans les Insectes suceurs ^ou ceux qui ne prennent que des aliments fluides, ces divers organes de la manducation se présentent sous deux sortes de modifications générales : dans la première, les mandibules et les mâchoires sont remplacées par

(1) f^oyes ce que nous aTona dit à cet égard dant les généralités qui précèdent PexpORtion particulière de chaque classe. La lèvre inférieure ne nous parait être qu^une modification des secondes mâchoires des Crustacés Décapodes , combinée avec leur laDgaette. Les changnients qu*éprouvent graduellement ces parties dans les Crustacés, let Arachnides et Myriapodes, nous donnent lieu de le présumer. Dans cette hypothèse , les six pieds thoraciques seraient les analogues des pieds-mâchoires , et cela a déjà été reconnu par rapport aux Crustacés du genre Àpu8, Dès lors les cinq premiers segments de Pabdomen des Insectes hexapodes représenteraient ceux qui , dans les Crustacés décapodes , portent les pieds proprement dits, ou bien les troisièmes elles quatre suivanV^ <lcs Ci ustacésamphipodes et Isopodes. Tous les travaux qu^on a publiés sur le thorax des Insectes, quoique très utiles et trèsrecommandablcs d^ailleurs, subiront nécessairement deschangenients essentieb,lor»> qu*on comparera cette partie du corps dans les trois classes des animaux articulés et à pieds articulés. La nomenclature est loin d^ètre fixée â cet égard.

de petites lames en forme de soies ou de lancettes^ composant^ par leur réunion ^ une sorte de suçoir qui est reçu dans une gaine tenant lieu de lèvre , soit cylindrique ou conique et arti«culée en forme de bec (le rostre)^ soit membraneuse ou charnue, inarticulée et terminée par deux lèvres (la trompe). Le labre est triangulaire, Toùté, et recouvre la base du suçoir. Dans la seconde sorte d'organisation , le labre et les mandibules sont presque oblitérés ou extrêmement petits : la lèvre n'est plus un corps libre et ne se distingue que par la présence de deux palpes , dont elle est le support ; les mâchoires ont acquis une longueur extraordinaire et sont transformées en deux filets tubuieux , qui , «e réunissant par leurs bords , forment une espèce détrompe, se roulant en spirale, et qu'on nomme langue ^ mais que, pour éviter tout équivoque, il serait préférable d'appdier sptrttrotnpe (spirignatha) ; son intérieur présente trois caiiaux, dont celui du milieu est le conduit des sucs nutritifs. A la base de chacun de ces filets est un palpe , ordinairement très petit, et peu apparent.

Les Myriapodes ou Mille-^iedê sont les seuls dont la bouche offire un autre type d'organisation , que j'exposerai en traitant de ces Insectes.

Le tronc (1) des Insectes, ou cette portion intermédiaire de leurs corps portant les pieds , est généralement désigné sous le nom latin de thoraœ, qu'on a rendu dans notre langue par celui de corselet. Il est composé de trois segments, qu'on n avait pas d'abord bien distingués, et dont les proportions relatives varient. Tantôt, comme dans les Coléoptères, 1 antérieur beaucoup plus

Srand , séparé du suivant par une articulation , mobile et seul écouvert, parait au premier coup d'œil composer à lui seul le tronc , et porte le nom de thorax ou corselet; tantôt , comme dans les Hyménoptères, les Lépidoptères, etc., beaucoup plus court que le suivant, il a la forme d'un collier ou d'un rebord, et il constitue avec les deux autres un corps commun , tenant à

(1) Cette dénomination est ici synonyme de celle de tliom. Je pense qu*afin d^ëviter tout •robarras, il ne faudrait appliquer la première qu*aux Insectes aptères de Linnœus , ayant plus de six pieds , et où ces crânes seraient vorté« sur des segments propres , c'est-è^ire où la tète serait distincte dv tronc. A Tégarë dei Cnittieét où ces parties du corps se eonfondent , le thorax prendrait le nom de tKêfaeidê (ABtmiida ) y et celui de céphalothorax {céphalothorax), quant aux Arachnides, animaux présentant le même caractère, mais où le tronc ou thomx est plus simple et moni ë^imiendices moins nombreux. Les Entoraoftracés se rapprochent même , sous ce rapport , ae ces derniers animaux ; mais comme ils appartiennent à une autre classe , Ton conserverait encore pour eus Texpression de thoracide; celle de thorax serait exclusivement réservée aux Insectes hexapodes.

l'abdomen par un pédicule, ou intimement uni avec lui , dans toute sa largeur postérieure, et qu'on appelle encore thorax. Ces distinctions établies à cet égard , étaient insuffisantes et souvent ambiguës, attendu qu'elles ne reposaient point sur une division ternaire , que j'ai nettement annoncée dans la première édition de cet ouvrage , comme un caractère propre aux Insectes hexapodes. Kirby ayant déjà employé la dénomination de métathorax, pour distinguer Varrière^tharax (1), celles deprothorcup et de mesothorax^ la division ternaire une fois établie, se présentaient naturellement à la pensé9 , et c'est le célèbre professeur Nitzsch, qui en a le premier fait usage. Quelques naturalistes ont depuis nommé collier, collare, le prothorax ou le segment antérieur, celui qui porte les deux premiers pieds. Voulant conserver la dénomination de corselet , mais en restreindre l'application dans de justes limites , nous nous en servirons dans tous les cas où ce segment surpasse de beaucoup les autres en grandeur, et où ceux-ci sont réunis avec l'abdomen et semblent en faire partie intégrante; c'est ce qui est propre aux Coléoptères , aux Orthoptères et à plusieurs Hémiptères. Lorsque le prothorax étant court, formera avec les suivants une masse commune et a découvert, le tronc, composé des trois segments réunis, conservera la dénomination de thorax. Nous continuerons encore d'appeler poitrine la surface inférieure du tronc, en la divisant suivant les segments, en trois aires, l'avant-poitrine, la médipoitrine et l'arrièrc-poitrine. La ligne médiane sera aussi le sternum, que nous partagerons encore en trois : l'avant-sternum, le médi-sternum etl'arrière-sternum.

stigmates du tronc, puisqu*ib sont placés sur les côtés de cette extrémité, derrière les ùies, et au-dessus des deux derrières pattes. Je pense même que cette observation doit s^appliquer i tous les Insectes ailés. Leur raétatliorax sera divisé, du moins supérieurement, en deux par* ties ou demi-seçments,rune portant,dansles Tétraptéres, les secondes ailes et sans sti^Mtes, et Pautreen étant pourvue; celle-ci tantôt paraît dépendre de Tabdomen, comme dans presque tous les Insectes, à Texception des Hyménoptères à abdomen pédicule, les Rhipiptères et les Diptères; tantôt elle estincorporée avec le tronc ou le tborax, et le ferme postérieurement, comme dans ces derniers Insectes : c*est pour cela que j*ai nommé cette seconde division du mélathorax segment médiaire. Ainsi, tous les segments du thorax auront chacun une paire de e^.igmates , mais dont ceux du mésothorax peu sensibles , ou oblitérés , dans les Hyménoptères et les Diptères; et dont les deux postérieures ou métathoraciqnei sont situés sur le segment qui Tient immédiatement après celui qui porte les secondes ailes. Dans les Orthoptères, les Hyménoptères , les Lépidoptères et les Diptères, les deux antérieurs ou prothoraciques sont placés entre le prothorax et le mésothorax. L^abdomen sera composé de neuf segments complets . dont les trois derniers composant les organes de la génération.

Les téguments des .segments thoraciques , ainsi que ceux des segments abdominaux, sont généralement divisés en deux anneaux ou demi-anneaux, l'un dorsal ou supérieur , Fautre inférieur, et réunis latéralement au moyen d'une membrane molle et flexible , qui n'est, au surplus, qu'une portion des mêmes téguments, mais moins solide dans beaucoup d'Insectes, notamment les Coléoptères. L'on voit à la jonction de ces anneaux un petit espace plus ferme, ou de la consistance de ceux-ci, et portant chacun un stigmate , de sorte que les côtés de l'abdomen présentent une série longitudinale de petites pièces., ou que chaque segment est comme partagé en quatre. D'autres pièces , pareillement cornées , occupent les côtés inférieurs du mésothorax et du métathorax, et immédiatement au-dessous de Forigine des élytres et des ailes . qui sont appuyées elles-mêmes sur une autre pièce disposée longitudinalement. Les relations de ces parties, la grandeur et la forme du premier article des .lynches, la manière dont elles s'articulent ayec le demi-anneau dont elles dépendent, l'étendue et la direction de ce demi-anneau variant, le thorax considéré sous ce point de vue, présente une combinaison de caractères, qui est très avantageuse pour la méthode. Quelques naturalistes, notamment Knoch, en avaient déjà fait usage , mais sans aucun principe fixe , et avec des dénominations arbitraires. Il aurait fallu , au préalable , étudier soigneusement la composition du thorax , et la suivre comparativement dans tous les ordres de la classe des Insectes. Feu Lâchât , d'après mon invitation , avait commencé un tel travail. Son ami, Victor Âudouin , a poursuivi ces recherches , et a présenté à l'Académie des sciences, un Mémoire sur ce sujet, qui a obtenu ses suffrages. Mais il ne nous est encore connu que par l'esquisse générale qu'en a donnée Cuvier, dans son Rapport (1), et par l'extrait qu'en a présenté l'auteur à l'article

(1) LVxposé des parties du thorax et une nomenclature fixe, créée pour elles, dit le baron CuTÎer dans son Rapport, devaient naturellement se placer en tête de TouTrage. Le tronc de rinsecte se laisse toujours diviser en trois anneaux , dont chacun porte une paire de pattes, et que Audouin nomme, diaprés leur position, le prothorax ^ le mésothorax et le métathorax. Outre ces pattes , le mésothorax porte la première paire d*ailes , et le métathorax la seconde. Chacun de ces trois segments est composé de quatre parties : une inférieure, deux latérales (formant à elles trois la poitrine), et une supérieure, qui constitue le dos ; Tinférieure prend le nom de sternum; la partie latérale ou le flanc se divise en trois pièces principales , une qui tient au sternum et se nomme épisternum , Tautre , placée en arrière de celle-ci, et à laquelle la hanche s^articule, est nommée épimère. On nomme trochantin, par opposition à trochanter , une petite pièce mohile, jusquMci inconnue, qui sert à Tunion de Tépimère et de la hanche. La troisième pièce du flanc , qui , dans le mésothorax et le métathorax , est placée en avant de Tépislernum et sous l'aile , est appelée hypopthère. Quelquefois il y a encore autour du stigmate une petite pièce cornée qui se

Insectes, du Dictionnaire classique d'histoire naturelle. Pour adopter cette nomenclature , et en faire une application générale , nous attendrons que son travail et les figures qui doivent l'accompagner aient vu le jour ; dans la pratique, d'ailleurs, les dénominations déjà introduites peuvent suffire. Un autre travail se rattachant au même sujet, et que la justice ainsi que, l'amitié nous commandent de signaler aux naturalistes, est celui de Chabrier, ancien officier supérieur d'artillerie , sur le vol des Insectes. 11 fait partie des Mémoires du Muséum d'histoire naturelle, mais se vend aussi séparément. Les figures soQt exécutées sur une très grande échelle , ainsi que celles d'un Mémoire de Jurine père, sur les ailes des Hyménoptères, ouvrage d'une admirable patience, de même que le précédent.

Les Insectes, ayant toutes sortes de séjours, ont aussi toutes sortes d'organes du mcruvement, des atleë et des pieds^ lesqueb vent, dans plusieurs , de nageoires.

Les ailes sont des pièces membraneuses , sèches, élastiques, oi*dinairement transparentes et attachées sur les côtés du dos

nomme péritrème, La partie fupérieure de chaque segment, que Tauteur nomme iêrgum^ •e divise en quatre pièces nommées, diaprés leur position dans chaque anneau, pnvaeiilwRi êcutum , poaticutellum, La première est souvent, et la quatrième presque toiigours , cachée dans Tintérieur. Les naturalistes n*ont guère distingué que le acuiellum du mésothorai, fû est souvent remarquable par sa grandeur et sa configuration , mais on retrouve son Ml* logue dans les trois segments. Ainsi , le tronc des Insectes peut se subdiviaer en treate-triis pièces principales . et , si Ton compte les Hypoptères, le nombre de ces pièces peut aller i quarante-trois, plus ou moins visibles à Tintérieur. Une partiede ces pièces donne, en outre, au dedans, diverses productions qui méritent aussi des noms, à cause de leur importaneeet de leurs usages; ainsi, de la partie postérieure du sternum de chaque segment , a*élèveei dedans une apophyse verticale , quelquefois figuiée eu T, et que Audouin nomme eniêAê' ras. Elle fournit des attaches aux muscles , et protège le cordon médullaire ; son analogie se montre dans la tète , et quelquefois dans les premiers anneaux de Tabdomen. D*aatres proéminences intérieures résultent du prolongement des pièces externes votsinei^sovdéei ensemble. Âudouin les nomme apodèmes. Les unes donnent attache aux muscles , d*ântrei aux ailes ; enfin , il y a encore de petites pièces mobiles , soit à Tintérieur entre les VMh des, soit à la base des ailes, que Tauteur nomme épidèmea. Nous avons dit que Ton retrouve toujours les pièces principales ou leurs vestiges ; mais il s*en faut bien qu^elles se laissent toujours séparer. Plusieurs d^ntreelles sont même toujours unies dans certains genres oa dans certains ordres, et ne se distinguent que par des traces de suturai. Audouin a depuis changé, dans son article Insbctes du Dictionnaire classique des sciences naturelles , la dénomination d^hypoptères en celle deparaptéres. Celle d*enthorax changera aussi dans quelques circonstances , et s*appellera entocéphale ( relativement à la tète) , et ^niogsHn ( par rapport à Pabdomen ) . Il remarque que la tête des Insectes est composée de plusieurs segments. Nous avons aussi observé que le bec de la Cigale, représentant la lèvre inféneore, ne tient pas à la tête, mais a la membrane qui Punit avec le thorax. Aussi les deux cordons médullaires forment-ils, sous la bouche, deux ganglions contigus. Diaprés ces motifs, considérons-nous le premier segment du corps des Scolopendres, celui qui porte les deux crochets,comme une division delà tête analogue. 11 parattque Rnoch avait distingué les épimères sous les dénominations de scapuiœ et de parapleurm; rarrière-poitrine , par celle d*aeetabulum, tandis que la medi-poitrine est le peristmlkium. Le premier article des quatre hanches (lostérieures forme, dans la plupart des Coléoptères, une lame transverse , s>nibottant dans les flancs , et c'est, à ce qu^il me semble, la pièce qu*il nomme mœrinm.

du thorax : les premières ^ lorsqu'il y en a quatre ou qu'elles sont uniques^ sur ceux de son second segment, et les secondes sur ceux du suiyant ou du mëtathorax. Elles sont composées de deux membranes appliquées l'une sur l'autre et parcourues en divers sens par des neryures plus ou moins nombreuses, qui sont autant de tubes trachéens , et formant tantôt un réseau , tantôt de simples veines. Un célèbre naturaliste, Jurine père, a tiré , pour la méthode, un parti avantageux de la disposition et du croisement de ces nervures (1). Les Demoiselles , les Abeilles, les Guêpes, les Papillons, etc., ont quatre ailes; mais celles des Papillons sont couvertes de petites écailles, qui, au premier coup d'œil , ressemblent à de la poussière, et leur donnent les couleurs dont elles sont ornées. On les enlève aisément avec le doigt, et la portion de l'aile qui les a perdues est transparente. On voit au microscope, que ces écailles, de figures très variées, y sont implantées par le moyen d'un pédicule, et disposées graduellement et par séries , ainsi que des tuiles sur un toit. Au devant des ailes supérieures de ces Insectes , sont deux sortes d'épauleltes {ptérygodes) ^ qui se prolongent en arrière le long d'une partie du dos, sur lequel elles s'appliquent. Dans certains Insectes, les ailes restent droites^ ou se replient sur elles-mêmes. Dans d'autres, elles sont doublées ou plissées longitudinalement en éventail. Tantôt elles sont horizontales , tantôt elles sont inclinées ou en toit ; dans plusieurs , elles se croisent sur le dos, ailleurs elles sont écartées (2). Les Insectes à deux ailes, de l'ordre des Diptères, ont au*dessous d'elles deux petits filets mobiles, terminés en massue, et qui, selon l'opinion ' la plus commune (3), semblent remplacer les deux ailes qui manquent. On les nomme balanciers. D'autres Insectes à deux ailes , et des plus extraordinaires , ont aussi deux balanciers , mais situés à Textrémité antérieure du thorax, et que nous nommerons, pour les distinguer des autres, des prébalcmciers. Au-dessus des balanciers est une petite écaille membraneuse, formée de deux pièces réunies par l'un des bords, et sembla-

(1) yoyet les généralités des Hyménoptères.

(9) UInsecte est supposé en repos. La rapidité des vibrations de ces organes "nous paraU être Tune des principales causes du bourdonnement de divers animaux de cette classe. Les explications que Ton en a données ne sont pas encore satisfaisantes.

(5) Appendices , selon moi , des trachées du premier segment abdominal et correspondants à cet espace, percé d^un petit trou , adjacent au côté antérieur d^une ouTcrture , avec un diaphragme membraneux et intérieur , qut Ton voit , de chaque côté , au même segment , dans plusieurs Criquets ou acrydium, ( f^oye* mon 11 émoire sur les appendices articulés des Insectes, dans le Recueil des Mémoires du Muséum d^hist. natur.).

:;iS INSECTES.

bles à deux battants de coquille biyalve ; c'est VAtleron ou le Cueilleron . Quelques Coléoptères aquatiques en offrent aussi au-dessous de leurs élytres^ et insérés à leur base.

Beaucoup d'Insectes, tels que les Hannetons, lesCantharides^etc, ont, au lieu des deux ailes supérieures ou antérieures , deux sortes d'écaillés plus ou moins épaisses et plus ou moins solides , opaques, qui s'ouvrent et se ferment, et sous lesquelles les ailes se replient transversalement dans le repos. Ces sortes d'étuis ont reçu le nom A'élytres (1). Les Insectes qui en sont munis sont appelés Coléoptères^ ou Insectes à étuis. Ces pièces ne leur manquent jamais ; maisiln'en est pas toujours ainsi des ailes. Dans d'autres Insectes, l'extrémité de ces écailles est tout-à-fait membraneuse , comme les ailes; on les nomme des demi^étuis ou hémqlytres.

L'écusson est une pièce ordinairement triangulaire , située sur le dos du mésothorax, entre les attaches des élytres ou des ailes. Elle est quelquefois très grande , et recouvre alors la plus grande partie du dessus de l'abdomen. Divers Hyménoptères offrent en arrière d'elle, sur le métathorax, un petit espace qu'on nomme arrière-écusson ou faux-écusson.

Les pieds sont composés d'une hanche de deux articles , d'une cuisse, d'une jambe d'un seul article, et d'un doigt qu'on nopune habituellement tarse ^ et qui est divisé en plusieurs phalanges. Le nombre de ses articulations varie de trois à cinq, ce qui . dépend beaucoup des changements qu'éprouvent, dans leurs proportions , la première et l'avant-dernière. Quoique leur supputation puisse quelquefois embarrasser , et que cette série numérique ne soit pas toujours en rapport avec Tordre naturel, elle fournit néanmoins un bon caractère pour la distinction des

Senres : la dernière articulation est ordinairement terminée par eux crochets. La forme des tarses est sujette à quelques modifications, suivant les habitudes des Insectes. Ceux des espèces aquatiques sont ordinairement aplatis, très ciliés et en forme de rames (2).

L'abdomen , qui forme la troisième et dernière partie du corps, se confond avec le corselet dans les Myriapodes ; mais il en est

(t) f^oyez, pour leur composition chimique, un IHémoire précité d^Odier, inséré daoi le recueil des Mémoires de la Société d^histoire natur. de Paris, etTarticIe Insectes dndit Dict. classique dMiist. nat.

(2) Kirby, dans sa Monographie des Abeilles d^Anglcterre , désigne les deux tarses antérieurs sous le nom de mat a. Lepremier article est la paume (palma). Gonjointemeut avec Spence , il a publié des élémens a*entomologie , très détaillés et des plus complets.

distinct dans tous les autres Insectes, ou ceux qui n'ontque six pieds. II renferme les TÎscères, les orgfanes sexuels , et présente neuf à dix segments, mais dont quelques-uns sont souvent cachés ou très rapetisses. Lesparlîesde la génération sont situées Mon extrémité postérieure, et sortent par Tanus. Les Iules et les Libellules font seuls exception. Les derniers anneaux de Tabdomen forment, dms plusieurs femelles, un oyiducte {ovùcapte^ Marcel de Serres) rétraclile ou toujours saillant, plus ou moins compliqué ,' et leur servant de tarière. Il est remplacé par un aiguillon dans les femelles de beaucoup d'Hyménoptères. Des crochets ou <les pinces accompagnent presque toujours l'organe fécondateur du mâle (1). Les deux sexes ne se réunissent ordinairement qu'une seule fois, et cet accouplement suffit même, dans quelques genres, pour la fécondation de plusieurs générations successives. Le mâle se place sur le dos de sa femelle, et leur jonction dure quelque temps. Celle-ci ne tarde pas à faire sa ponte (2), et dépose ses œufs de la manière la plus favorable à leur conservation , de sorte que les petits venant à éclore, trouvent à leur portée les aliments convenables. Souvent même elle les approvisionne. Ces soins maternels excitent fréquemment notre surprise, et nous dévoilent particulièrement l'instinct des Insectes. Dans des sociétés très nombreuses de plusieurs de ces animaux, tels que les Fourmis, les Termes, les Guêpes, les Abeilles, etc., les individus composant la majeure partie de la population, et qui, par leurs travaux et leur vigilance , maintiennent ces sociétés , ont été considérés comme des individus neutres ou sans sexe. On les a aussi dési-

S nés sous les n^oms d'ouvriers ou de mulets. Il est reconnu aujourliui que ce sont des femelles dont les organes sexuels ou les ovaires n'ont pas reçu parfaite élaboration , et qui peuvent devenir fécondes, si une amélioration dans leur nourriture déve-

(1) Les organes générateurs mfties se composent d*un appareil préparateur de la semence et de pièces propres à la copulation. L*appareil préparateur est formé de testicules ,, de Canaux déférents et de Tésicules séminales. L^organe dl^ulaleur nous présente le pénis et une armure constituée par des pièces environnantes , de diverses formes , faisant Tofficede pinces, et avec lesquelles ces individus saisissent Textrémité postérieure du corps de la femelle. L*organe générateur de ces derniers individus a pour éléments Tovaire, le réceptacle ou calice , formé par sa base , et Toviducte. ( Consultes , pour plus amples détails , les Mémoires de Dufour/faisant partie des Annales des sciences naturelles, et une Dissertation Ifttîne de Hegetschweiler , Zurich , 1 830 ) .

animaux , Léon Dufour , ne la partage point.

loppc^ à uDecertaineépoquedeleurjeuDeâgecesmémesoi^nes.

Les ŒuFs éclosent quelquefois dans le Yentre de la mère; die est alors vivipare. Le nombre des générations annuelles d'une espèce dépend de la durée de chacune déciles. Le plus souvent il n^ en a qu'une ou deux par année. Une espèce, toutes chosA égales, est d'autant plus commune, que les générations se succèdent a^ec plus de rapidité, est que la femelle et plus Mconde.

Un Papillofi femelle^ après s'être accouplé, pond des ceufs , desquels il nait , non pas des Papillons y mais des animaux à corps très alongé, partagé en anneaux , à tète pourvue de mâchoires et de plusieurs petits yeux, ayant des piedi très courts, dont six écailleux et pointus, placés en ayanli^ et d'autres en nombre variable, membraneux, attachés aux derniers anneaux. Ces animaux , connus sous le nom de ChenUles, vivent un certain temps dans cet état , et changent plusieurs fois de peau. Enfin il arrive une époque où , de cette peau de Chenille , sort^ un être tout différent , de forme oblongue, sans membres dis* tincts , et qui cesse bientôt de se mouvoir , pour rester longtemps avec l'apparence de mort et de dessèchement , sous le nom de Chrysalide. En y regardant de très près, on voit en relief, sur la surface extérieure de cetle Chrysalide, des linéaments qui représentent toutes les parties du Papillon, mais dans des proportions différentes de celles que ces parties auront un jour. Après un temps plus ou moins long , la peau delà Chrysalide se fend, et le Papi/2on en sort humide, mou, avec des ailes flasques et courtes; mais en peu d'instants il se dessèche, ses ailes croissent, se raffermissent, et il est en état de voler. lia six longs pieds, des antennes, une trompe en spirale, des yeux composés; en un mot, il ne ressemble en rien à la Chenille dont il est sorti , car on a vérifié que les changements d'état ne sont autre chose que des développements successifs des parties contenues les unes dans les autres.

Voilà ce qu'on appelle les métamorphoses des Insectes. Leur premier état se nomme larve; le second, nymphe ^.^ le dernier, état parfait. Ce n'est (pie dans celui-ci qu'ils sont en état de produire.

Tous les Insectes ne passent point par ces trois états. Ceux qui n'ont point d'ailes sortent de l'œuf avec la forme qu'ils doivent toujours garder (1) : on les appelle Insectes sans méta^

(1) La Puce , les femelles des Mutillen, les Fovrmis outrières , et quelques aotm Insectes, mais en petit nombre, exceptés.

tnorphose. Parmi ceux qui ont des ailes, un grand nombre ne subit d'autre changement que de 1% recevoir : on les nomme faisectei à demi-metamorphose* Leur larve ressemble à Tlnsecte parfait , à l'exception seulement des ailes , qui lui manquent tout-à"-fait. hdinymphe ne difierede la larre que par des moignons ou nidiments d'ailes, qui se développent à sa dernière mue pour mettre Tlnsecte dans son état parfait. Telles sont les Punaisoi, les Sauterelles, etc. Enfin, le reste des Insectes pourvus d'ailes, nommés à métamorphose complète^ est d'abord une larve de la forme d'une Chenille hm d'un Ver, devient ensuite une nymphe immobile , mais présentant toutes les parties de rjnsecte parfait, contractées et comme emmaillottées.

Ces parties sont libres , quoique très rapprochées et appli-

ÏLiées contre le corps , dans les nymphes des Coléoptères , d^ evroptères, des Hyménoptères, etc.; mais elles ne le sont pas dans celles des Lépidoptères, de beaucoup d'Insectes à deux ailes. Une peau élastique ou d'une consistance assez ferme se nioule sur le corps et ses parties extérieures, ou lui forme une sorte d'étui.

Celle des nymphes ou chrysalides des Lépidoptères, ne consistant qu'en une simple pellicule , appliquée sur les organes extérieurs, suivant tous leurs contours, et formant, pour chacun d'eux, autant de moules spéciaux, comme l'enveloppe d'une momie, permet de les reconnaître et de les distinguer (1); mais celle des Mouches , des Syrphes , formée de la peau desséchée de la larve, n'a que l'apparence d'une coque en forme d'œuf. C'est une sorte de capsule ou d'étui, où l'animal est renfermé (2).

JBeaucoup de larves, avant de passer à l'état de nymphe , se préparent, avec de la soie qu'elles tijrent de leur intérieur, et au moyen des filières de leur lèvre, ou avec d'autres matériaux qu'elles réunissent, une coque où elles se renferment. L'Insecte paSait sort de la nymphe par une fente ou une scission qui se fait sur le dos du corselet. Dans les nymphes des Mouches, une de ses extrémités se détache, en forme de calotte , pour le passage de l'Insecte.

Les larves et les nymphes des Insectes à demi-métamorphose ne différent de ces mêmes Insectes en état parfait, qu'à raison des ailes. Les autres organes extérieurs sont identiques» Mais

(1) Pupa obtecta, Lin.

(3) Pupa eoarctata , ejtud.

dans la métamorphose complète , la forme du corps des larres n'a point de rapport consent avec celle qu'auront ces Insectes dans leur dernier état. Il est ordinairement plus alongé ; la tète est souvent très différente^ tant par sa consistance que par sa figure ; elle p'a que des rudiments d'antennes ou en manque absolument^ et n'offre jamais d'yeux composés.

Les oi^anes de la manducation sont encore très disparates, ainsi qu on peut le Toir en comparant la bouche d'une Chenille airec celle d'un Papillon ^ la bouche de la larye d'une Mouche aTCc celle de Tlnsecle entielement développé.

Plusieurs de ces larves n'ont point de pieds ; d'autres , telles que les Chenilles, en ont beaucoup^ mais qui, à l'exception des six premiers^ sont tous membraneux et n'ont point d'ongles au bout. Quelquesinsectes, tels que les Éphémères, nous présenteot, dans leur métamorphose, une exception singulière. Parvenus à l'état parfait , ils se dépouillent encore une fois de leurs ailes.

Les Insectes qui composent nos trois premiers ordres conservent toute leur vie la forme qu'ils ont en naissant. Les Myriapodes , néanmoins^ nous montrent une ébauche de métamorphose. Ils n'ont d'abord que six pieds, ou en sont même, suivant Sa vi, tout-à-fait privés; les autres, ainsi que les segments dont ils dépendent, se développent avec l'âge.

Il est bien peu de substances végétales qui soient à l'abri de la voracité des Insectes ; et comme celles qui sont nécessaires ou utiles à nos besoins ne sont pas plus épargnées que les autres, ils nous causent de grands dommages, surtout dans les années favorables à leur multiplication. Leur destruction dépend beaucoup delà connaissance de leurs habitudes et de notre vigilance. 11 enestd'omnivores, et tels sont les Termes, les Four^ mis, etc., dont les ravages ne sont que trop connus. Plusieurs de ceux qui sont carnassiei*s , et les espèces qui se nourrissent de matières soit cadavéreuses, soit excrémentielles, sont un bienfait de l'auteur de la nature, et compensent un peu les^rtes et les incommodités que les autres nous font éprouver. Quelques-uns sont employés dans la médecine, dans les arts et dans réconomic domestique.

Ils ont aussi beaucoup d'ennemis : les poissons détruisent une grande quantité d'espèces aquatiques; beaucoup d'oiseaux, de Chauve^uris, de Lézards, etc., nous délivrent d'une par-* tie de celle^qui font leur séjour sur terre ou dans les airs. La plupart des Insectes essaient de se soustraire, par la fuite ou

INSECTES. Sâ5

par le Tol^aux dangers qui menacent leur existence ; mais il en#8t qui emploient^ à cette fin, des ruses particulières ou des arndes naturelles.

Parvenus à leur dernière transformation , ou jouissant de toutes leurs facultés , ils se hâtent de propager leur race , et ce but étant rempli, ils cessent bientôt^d exister. Aussi, dans nos climats , chacune des trois belles saisons de Tannée nous of-^ fre-t-elle plusieurs espèces oui lui sont propres. Il parait cependant que les femelles et les individus neutres de celles qui vivent en société, ont une carrière plus longue. Plusieurs individus, nés en automne, se dérobent aux rigueurs de Thiver , et reparaissent au printemps de l'année suivante.

Ainsi que les végétaux, les espèces sont soumises à des circonscriptions géographiques. Celles, par exemple, du Nouveau- Monde, à rexception d'un petit nombre et toutes boréales, lui 8ont essentiellement propres; il o£Fre aussi plusieurs genres particuliers. L'ancien continent en possède à son tour qui so^t mconnus dans l'autre. Les Insectes du midi de l'Europe, de l'Afrique septentrionale et des contrées occidentales et méridionales de l'Asie ont de grands rapports entre eux. 11 en est de même de ceux des Moluques et des iles orientales , celles de la mer du Sud comprises. Plusieurs espèces du nord se retrouvent dans les montagnes des pays méridionaux. Celles d'Afrique difierent beaucoup de celles des contrées opposées de l'Amérique. Les Insectes de l'Asie méridionale , à partir de l'Indus ou du Sund , et en allant à l'est, jusqu'aux confins de la Chine, ont de grands traits de ressemblance. Les régions intertropicales , couvertes de très grandes forêts et très arrosées, sont les plus riches en Insectes ; et , sous ce rapport , le Brésil et la Guyane sont le plus favorisés.

Toutes les méthodes générales relatives aux Insectes se réduisent essentiellement à trois. Swamnierdam a pris pour base les métamorphoses; Linnœus s'est fondé sur la présence ou l'absence des ailes, leur nombre, leur consistance, leur superposition , la nature de leur surface , et sur l'existence ou l'absence d'un aiguillon; Fabricius n'a employé que les parties de la bouche, LesCrustacés et les Arachnides, dans toutes ces distributions, font partie des Insectes, et ils en sont même les derniers dans celle de Linnaeus, qu'on a généralement add^tée. Brisson cependant les en avait distraits, et sa classe des Crustacés, qu'il place avant celle des ^sectes, renferme tous ceux

de ces animaux qui ont plus de six pieds, c'est-à-di^ les Crustacés et les Arachnides de Lamarck, ou les Insectes Apiropodei de Savigny. Quoique cet ordre fût plus naturel que cefdl de Linnaeus ^ il n'avait pas été suivi , et ce n'est que dans ces derniers temps que les observations anatomiques et l'exactitude rigoureuse des applications qu'on en a faites, nous ont ramenés à la méthode naturelle (!}.

Je partage cette classe Bn douze ordres , dont les trois premiers , composés d'Insectes privés d ailes , ne changeant point essentiellement de formes et d'habitudes , sujets seulement, soit à de simples mues , soit à une ébauche de métamorphose, qui accroît le nombre des pieds et des anneaux du corps , répondent à Tordre des . Arachnides antennistes de Lamardc. L'organe de la vision n'est ordinairement, dans ces animaux, qu'un assemblage plus ou moins considérable d'yeux lisses, sous la forme de petits grains. Les ordres suivants composent la classe des Insectes du même naturaliste. Par ses rapports ifeiturels , celui des Suceurs , qui ne comprend que le genre Puce^ semble devoir terminer la classe. Mais comme je mets en tête les Insectes qui n'ont point d'ailes , cet ordre , pour la régularité de la méthode, doit succéder immédiatement à celui des Parasites.

Quelques naturalistes anglais ont établi , d'après la considération des ailes, de nouveaux ordres; mais je ne vois pas la nécessité de les admettre , à l'exception cependant de celui des Stfir sigptères ^ dont la dénomination me paraît vicieuse (S), et que j'appellerai Rhipipth^es (3).

Le premier ordre , les Myriapodes , a plus de six pieds (24 et au-delà), disposés dans toute la longueur du corps, sur une suite d'anneaux , qui en portent chacun une ou deux paires , et dont la première, et même dans plusieurs la seconde , semblent faire partie de la bouche, lis sont aptères (4).

Le second ordre , les Thysanoures , a six pieds , et l'abdomen garni sur les côtés de pièces mobiles , en forme de fausses pattes, ou terminé par des appendices propres pour le saut.

(1) Cuvier , Tabl. élérn. de l'Hisl. nat. des anim. et Leçons d*anat. comparée ; Lamarck, Syitèroe des aniin. sans vertèbres; Latreille, Précis des caract. génér.des lusectea, et go^* Crost. et Insectortim. Consultes , pour plus de détails, Texcellente introduction à nSntoniologi%de Kirby et Spence, déjà citée , p. 31 3.

(3) Ailes torses. Les parties que To n prend pour des éljfireê n>n sont pas. f^ofei œt ordre.

(5) Ailes en éventail.

(4) Privés d*ailes et d*écusson. »

Le troisième ordre , les Parasites , a six pieds , manque d'ailes . n'offre pour organes de la Tue , que des yeux lisses ; leur bouche est , en grande partie , intérieure , et ne consiste que dans un museau renfermant un suçoir rétractile , bu dans une fente située entre deux lèvres^ avec deux mandibules en crochet.

Le quatrième ordre, les Suceurs , a six pie^f , manque d'ailes (1); leur bouche est composée d'un suçoir renfermé dansiiune gaine cylindrique , de deux pièces articulées.

Le cinquième ordre , les Coléoptères , a ^ix pieds , quatre ailes, dont les deux su[îérieures en forme d'étuis ; des mandibules et des mâchoires pour la mastication; des ailes inférieures pliées simplement en travers, et des étuis crustacés ^ toujours horizontaux. Ils subissent une métamorphose complète.

Le sixième ordre, les ÛRTHOPTiRES (S), a six pieds; quatre ailes, dont les deux supérieures en forme d¥tuis; des mandibules et des mâchoires pour la mastication , recouvertes à leur extrémité par une galète) ; des ailes inférieures, pliées en deux sens, ou simplement dans leur longueur, et des étuis ordinairement coriaces, le plus souvent croisés au bord interne; ils ne subissent que des demi-métamorphoses.

Le septième ordre , les HéiiiPTiREs, a six piedi^ quatre ailes , dont les deux supérieures en forme d'étuis crustacés , avec l'extrémité membraneuse , ou semblables aux inférieures , mais plus grandes et plus fortes ; les mandibules et les mâchoires remplacées par des soies formant un suçoir , renfermé dans une gaine d'une seule pièce, articulée, cylindrique ou conique, en forme de bec.

Le huitième ordre, les NévROPriRES, a six pieds; quatre ailes membraneuses et nues; des mandibules et des mâchoires pour la mastication ; leurs ailes sont finement réticulées , et les nnférieiires sont ordinairement de la grandeur des supérieures, ou plus étendues dans un de leurs diamètres.

Le neuvième ordre , les HvMéNOPTiRES , a six pi^s ; quatre ailes membraneuses et nues ; des mandibules et des mâchoires pour la mastication ; les ailes inférieures plus petites que les su-

(1) Ils subiisent des métainorphoses , et acquièrent des organes loAmotiles , qu*ils n*araient pas à leur naissance. Ce caractère est commun aux ordres suivants, mais dans ceuxci la métamorphose développe une autre sorte d*organes locomotiles , les ailes.

(3) De Géer avait établi cet ordre et lui avait donné le nom de Dermaptère», qu*01ivier a elungé mal a propos en celui A^ Orthoptères. Nous conservons cependant ce dernier, parce que les naturalistes français Pont généralement adopté.

përieures; rabdomen des femelles presque toujours termine par une tarière ou par un aiguillon.

Le dixième ordre , les LéPiDOPTiaES , a six pieds ; quatre ailes membraneuses, couvertes de petites écailles colorées, semblables à une poussière ; une pièce cornée , en forme d'épaulette , rejetée enarrièr^ insérée au-devant de chaque aile supérieure ; les jnàchoires remplacées par deux filets tubulaires, réunis et composant une sorte de langue roulée en spirale sur diemême (1).

Le onzième ordre , les RhipiptIebs.^ a six pieds ; deux ailes membraneuses et plissées en éventail ; deux corps crustacés , mobiles, en forme de petits étuis, situés à l'extrémité |anlérieure du thorai (â) ; et pour organes de la manducation , de simples mâchoires, en forme de soies, avec deux palpes.

Le douzième ovdre , les Diptères , a six pieds ; deux ailes membraneuses , étendues , accompagnées dans presque tous , de deux corps mobiles , en forme de balanciers , situés en arrière d'elles ; et pour organes de la manducation , un suçoir d'un nombre variable de soies, renfermé dans une gaine ina^ ticulée ; le plus souvent sous la forme d une trompe , terminée par deux lèvr^.

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