‹ Le règne animal distribué d'après son organisation (volume 3)Chapitre 14 sur 101 · TROISIÈME CLASSE DES ANIMAUX VERTÉBRÉS · texte numérisé non relu

TROISIÈME CLASSE DES ANIMAUX VERTÉBRÉS

Les reptiles ont le cœur disposé de manière, qu'à chaque contraction , il n’envoie dans le poumon, qu'une portion du sang qu’il a recu des diverses parties du corps, et que le reste de ce fluide retourne aux parties sans avoir passé par le poumon, et sans avoir respiré.

11 résulte de là que l’action de l’oxigène sur le sang, est moindre que dans les mammifères, et que, si la quantité de respiration de ceux-c1, où tout le sang est obligé de passer par le poumon avant de retourner aux parties, s'exprime par l'unité, la quantité de respiration des reptiles devra s'exprimer par une fraction d'unité, d’autant plus petite que la portion de sang qui se rend au pou- TOME 2. I

mon, à chaque contraction du cœur, sera moindre. |

Comme c’est la respiration qui donne au sang sa chaleur, et à la fibre la suscepubilité pour l'irritation nerveuse , les reptiles ont le sang froid , et les forces musculaires moindres en totalité que les quadrupèdes, et à plus forte raison que les oiseaux ; aussi n’exercentils guère que les mouvemens du ramper et du nager : et quoique plusieurs sautent et courent fort vite en certains momens, leurs habitudes sont généralement paresseuses; leur digestion excessivement lente ; leurs sensatons obtuses; et dans les pays froids ou tempérés, ils passent presque tous l'hiver en léthargie. Leur cerveau proportionnellement très-petit n'est pas aussi nécessaire que dans les deux premières classes à l'exercice de leurs facultés animales et vitales ; leurs sensations semblent moins se rapporter à un centre commun ; ils continuent de vivre et de montrer des mouvemens volontaires, un temps très-considérable après avoir perdu le cerveau, et même quand on leur a coupé la tête. La connexion avec le système nerveux jest aussi beaucoup moins nécessaire à la contracuon de leurs fibres, et leur chair conserve

1 F2 è LR D QE

ÊN GÉNÉRAL: 3 sén irritabilité bien plus long-temps après avoir été séparée du reste du corps que dans les classes précédentes ; leur cœur bat plusieurs heures après qu'on l’a arraché, et sa perte n'empêche pas le corps de se mouvoir encore long-temps.

La petitesse des vaisseaux pulmonaires permet aux reptiles de suspendre leur respiration sans arrêter le cours du sang; aussi plongent-ils plus aisément et plus long-temps que les mammifères et les oiseaux. Les cellules de leur poumon étant moinsnombreuses, parce qu'elles ont moins de vaisseaux à loger sur leurs parois, sont beaucoup plus larges, et ces Does ont quelquefois la forme de simples sacs à peine celluleux.

Du reste les reptiles sont pourvus de trachée artère et de larynx, quoiqu'ils n’aient pas tous la faculté de faire entendre une voix.

N'ayant point le sang chaud , ils n’avaient pas besoin de tégumens capables de retenir la chaleur, et ils sont couverts d’écailles ou simplement d’une peau nue.

Les femelles ont un double ovaire et deux oviductus ; les mâles de plusieurs genres ont une verge fourchue ou double; dans le dernier ordre ils n’ont pas de verge du tout.

H COMME BP TTIVES

Aucun reptile ne couve ses œufs. Dans plusieurs genres du dernier ordre; les œufs ne sont fécondés qu'après avoir été pondus; aussi n’ont-ils qu'une enveloppe membraneuse.

Les petits de ce dernier ordre ont, au sortir de l’œuf, la forme et les branchies des poissons, et quelques genres conservent ces organes , même après le développement de leurs poumons.

La quantité de respiration des reptiles n’est pas fixe, comme celle des mammifères et des oiseaux, mais elle varie avec la proportion du diamètre de l'artère pulmonaire comparé a celui de l’aorte. Ainsi les tortues, les lézards respirent beaucoup plus que les grenouilles, etc. De là des différences d’énergie et de sensibilité beaucoup plus grandes qu’il ne peut en exister d’un mammifère à un autre, d’un oiseau à un autre.

Aussi les reptiles présentent-ils des formes, des mouvemens et des propriétés beaucoup plus variées que les deux classes précédentes, et c'est surtout dans leur production que la nature semble s'être jouée à imaginer des formes bizarres, et à modifier dans tous les sens possibles le plan général qu’elle a suivi

EN GÉNÉRAL. 5 pour les animaux vertébrés, et spécialement pour les classes ovipares.

La comparaison de leur quantité de respiration et de leurs organes de mouvement à donné lieu cependant à M. Brongniart de les diviser en quatre ordres (1); savoir : |

Les Caéronrens ( ou Torrues), dont le cœur à deux oreillettes, et dont le corps, porté sur quatre pieds, est enveloppé de deux plaques ou boutliers formés par les côtes et le sternum.

Les Sauriens (ou Lézarps), dont le cœur a deux oreillettes, et dont le corps, porté sur quatre ou deux pieds , est revêtu

’écailles.

Les OpPxiprexs ( ou Serres), dont Île cœur à deux oreillettes, et dont le corps reste toujours dépourvu de pieds.

Les Barracrexs, dont le cœur n’a qu'une oreillette , dont le corps est nu, et passe, avec l’âge, de la forme d’un poisson à celle

d’un quadrupède ou d'un bipède.

(1) Brongniart, Essai d’une classification naturelle des reptiles, Paris 1805 , et dans les Mém. des savans étrang. , présentés à l’Ins-

ttut; tome I, p. 587.

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