LEUR PREMIER ORDRE, QUI EST LE TROISIÈME DE TOUS LES POISSONS , OU
Peut être placé après les chondroptérygiens dont il se rapproche un peu par l’imperfecüon des mâchoires, et par le durcissement tardif du squelette ; cependant ce squelette est fibreux, et en général toute sa structure est celle des poissons ordinaires. Le principal caractère distinctif tient à ce que los maxillaire est soudé ou attaché fixement sur le côté de l’intermaxillaire qui forme seul la màchoire , et à ce que l’arcade palatine s’engrène par suture avec le crâne, et n'a par conséquent aucune mobilité. Les opercules et les rayons sont en outre cachés sous une peau épaisse , qui ne laisse voir à l'extérieur qu'une petite fente branchiale. On ne trouve que de petits vestiges de côtes. Les vraies ventrales manquent. Le canal intestinal est ample, mais sans cœcums (1), et presque tous ces poissons ont une vessie natatoire considérable.
\ à 1 pays (1) {Bloch suppose à tort des cœcums aux diodons.
Cet ordre comprend deux familles trèsnaturelles , caractérisées par la manière dont leurs mâchoires sont armées : les GYrmxopontes et les SCLÉRODERMES.
La premnère famille Ou les GYMNODONTES.
À , au lieu de dents apparentes, les màchoires garnies d’une substance d’ivoe, divisée intérieurement en lames, dont l’ensemble représente comme un bec de perroquet , et qui, pour l'essentiel, sont de véritables dents réunies, se succédant à mesure de la trituration (1). Leurs opercules sont petits ; leurs rayons au nombre de cinq de chaque côté, et les uns et les autres fort cachés. Ils vivent de crustacés, de fucus ; leur chair est généralement muqueuse et peu estimée ; plusieurs même passent pour empoisonnés au moins dans certaines saisons.
Deux de leurs genres, les {e{rodons et les diodons , vulgairement les boursouflus, oules orbes , peuvent se gonfler comme des ballons, en avalant de l’air eten remplissant de ce fluide leur estomac, ou plutôt une sorte de jabot
(1) Voyez mes leçons d’an, comp. tom. IL. , p. 125. TOME 2, 10
très-mince et très-extensible qui occupe toute la longueur de l'abdomen en adhérant intimement au péritoine, ce qui l’a fait prendre tantôt pour le péritoine même, tantôt pour une espèce d’épiploon. Lorsqu'ils sont ainsi gonflés, ils culbutent ; leur ventre prend le dessus, et ils flottent à la surface sans pouvoir se diriger; mais c'est pour eux un moyen de défense, parce que les épines qui garnissent leur peau se relèvent ainsi de toute part (1). Ils ont en outre une vessie aérienne à deux lobes ; leurs reins placés très-haut ont été pris mal à propos pour des poumons (2).
On ne leur compte que trois branchies de chaque côté, excepuon peut-être unique parmi les poissons. Ils font entendre, quand on les prend, un son qui provient sans doute de l'air qui sort de leur estomac. Leurs narines sont garnies chacune d'un double tentacule charnu.
(1) Voyez Geoffroy-St.-Hilaire, descr. des poissons d’Egyple, dans le gfand ouvrage sur l'Egypte.
(2) C’est ainsi que je crois pouvoir expliquer l'erreur de Schæœpf. écrits des nat. de Berlin. VIT, 190 , et celle de Plumier, Schn. 513, et sans doute aussi celle de Garden. Lin. syst. ed. x11,1,p. 348, in not. Quant aux organes celluleux dont parle Broussonnet , ac. des sc. 1780 , dernière page , il n’existe rien qui puisse y avoir ddhné lieu. 11 est de fait que ces poissons ne diffèrent en rien des autres pour la respiration.
PLECTOGNATHES,: i47
Les Dropons. (Diopox. L.) Vulg. Orbes épineux.
Se nomment ainsi, parce que leurs mâchoires indivises ne présentent qu’une pièce en haut et une en bas. Derrière le bord tranchant de chacune est une partie ronde, sillonnée en travers, qui forme un puissant instrument de mastication (x). Leur peau est armée de toute part de gros aiguillons pointus, en sorte que quand ils sont enflés, ils ressemblent au fruit du maronuier. |
Les espèces se trouvent dans les mers des pays chauds,
et ne sont pas encore suffisamment caractérisées par les naturalistes (2).
Les TÉTropons, ( TerrAopox. L.)
Out les mâchoires divisées dans leur milieu par une suture , de manière, à présenter l'apparence de quatre dents , deux dessus, deux dessous. Leur peau n'est garnie que de petites épines peu saillantes. Plusieurs espèces passent pour être venimeuses,
Le plus anciennement connu est celui du Nil,
Fanaca des Arabes, J'lasco psaro des Grecs, etc. ( Tetrao don linœatus. TL. ) Tet. physa. Geoffr. Poiss. d'Egypt. I, 1. Rondel. 419.
A dos et flancs rayés longitudinalement de brun et de
(1) Les mâchoires de ce genre ne sont pas très-rares parmi les pétrifications:
(2) Parce qu’on a voulu employer la forme du corps et ce qui paraît de la base des épines, deux circonstances dépendantes du plus
ou moins de gonflement de chaque individu,
blanchätre. Le Nil en jette beaucoup sur les terres dans les inondations, et ils servent alors de jouet aux enfans (1). Quelques-uns ont le corps comprimé latéralement et le dos un peu iranchant; ils doivent se gonfler moins que les autres. L'un d’eux est électrique (2).
Je sépare des tétraodons et même de tous les
orbes ou boursouflus.
Les Mozes. ( OrTuAGoriscus. Schn. CEPHA- LUS. Sh.) Vulet. Poissons-lunes.
Qui ont les mâchoires indivises, comme les dio-
(1) Aj. Tetr. lineatus, BI. 141, très-différent de celui de Lin. — Tetr. reticularis. Schn. 306, n°. 12. — T'etr. hispidus, BL. 142, éga- Jement différent de celui de Linnæus, qui n’élait lui-même que le J'ahaka.—Tetr. hispidus , Lacép. I, xx1v , 2, différent des deux précédens, mais probablement le même que celui de Geoff., poiss. d'Eg. 1, 3. — T'etr. meleagris, Commers. Lac. I, 505. — Tetr.testudineus. XL Amæn. ac. 1, xiv, 5 , et Catesb. IL, xxvirr. C’est le geometricus. Schn. — Tetr. testudineus, BI. 159, et Will. ap. 8, f. 5, très-différent du précéd. — Tetr. commersoni, Schn. , ou tetr. moucheté, Lac. I,xxV,1, qui ne paraît point différer du punctatus, Schn. , ni même du zigropunctatus, id. — T'etr. immaculatus, Lac. I, xxiv ,1. — Tetr. ocellatus, BI. 145, avec lequel on confond mal à propos le fu-rube , Kœmpf. jap. pl. xr, qui est encore une autre espèce. — Tetr. spengleri, BI]. 144. — Tetr. honkenit, BI. 145. — Tetr. oblongus, BI. 146.— T'etr. psiftacus, Schn. 95, dont le tetr. fasciatus, id. Séb. XXIV , 1, est au moins bien voisin. — T'etr. Zagocephalus, EL. Will. I, 2, évidemment le même que Lin. a reproduit depuis sous le nom de Lævigatus. — Teir. lunaris, Sen. 505 , n°, 11. — T'etr. lagocephalus, Pennant, Brit. zool., BI, 140 ; différent de celui de Linnæus. — T'etr. plumieri, Lac. L, xx, 5, N. B. que ce qui est pris pour une proéminence dorsale, n’est que la nageoire de autre côlé. Voy. Schn., p. 509. "
(2) Tetr. electricus, Paiers. trans. phil. , vol. 76, pl. 3. [lestau moius trés-voisin du fetr. rostratus, B1. 140, 2.
dons, mais dont le corps comprimé et sans épines
‘#est pas susceptible de s’enfler et dont la queue est si course et si haute verticalement, qu’ils ont l’air de poissons dont on aurait coupé la partie postérieure, ce qui leur donne une figure très-extraordinaire et bién suflisante pour les distinguer. Leur dorsale et leur anale, chacune haute et pointue , s'unissent à la caudale. Ils manquent de vessie natatoire ; leur estomac est petit et recoit immédiatement le canal cholédoque.
On en trouve dans nos mers une espèce quelquefois longue de plus de quatre pieds, et pesant plus de trois cents livres ; d’une belle couleur argentée. ( T'etrodon mola. L.) BI]. 128 (1).
La deuxième famille des PrecrocnaTes,
Ou les ScrÉRODERMES.
Se distingue aisément par le museau conique ou pyranudal prolongé depuis les yeux, terminé par une petite bouche armée de dents distinctes en petit nombre à chaque
(1) Aj. Ort. oblongus, Schn. 097. — Ort. varius, Lac.I, xxir, 2. — Ort. hispidus, nov. comm. Petr. X, vit, 2 et 5.
N. B. E‘ovoide fascé, Lac. L, xx1v, 2. Ovum Commersont, Schn. 108, avait été décrit et représenté par Commerson, d’après un in dividu bourré, qu’il $oupçonnait lui - même d’être un {éfraodon mutile. |
Le sphéroïde tuberculé a été donné sur un déssin de Plamier , qui ne représente qu’ufi fé/raodon , vu de face, dont on ne peut. voir les nageoires verticales. Conf. Schn., index , rvir.
Ainsi je ne crois pas pouvoir admettre ces deux genres.
mâchoire. Leur peau est généralement âpre ou revêtue d’écailles dures ; leur vessie nata® toire ovale , grande et robuste.
Les BaLisres. ( BauisTes. L. ) (x).
Ont le corps comprimé, huit dents sur une seule rangée à chaque mâchoire, le plus souvent tranchantes. La peau écailleuse ou grenue, mais non absolument osseuse ; une première dorsale composée d’un ou plusieurs aiguillons articulés sur un os particulier, tenant au crâne et leur offrant un sillon où ils se retirent ; une deuxième dorsale molle, longue, placée vis-à-vis d’une anale à peu près semblable. Bien qu’ils n'aient pas de ventrales, on observe dans leur squelette un véritable os du bassin, suspendu à ceux de l’épaule,
On les trouve en grand nombre dans la Zone TForride, près des rochers à fleur d’eau, où ils brillent, comme les chétodons, de couleurs éclatantes; leur chair, en général peu estimée, devient, diton, dangereuse à l’époque où ils se nourrissent des polypes des coraux ; je n'ai trouvé que des fucus dans ceux que j'ai ouverts. k
Les Bazistes proprement dits.
Ont le corps entier revêtu de grandes écailles très-dures , rhomboïdales, qui, n'empiétant point les unes sur les autrés,
(1) Balistes , nom donné à ces poissons par Artédi, d’après leur nom italien pese balestra, qui vient lui-méêïne de quelque ressem— blance qu’on à cru voir entre le mouvement de leur grande épine
dorsale et celui d’une arbalète,
ont l’air de compartimens de la peau; leur première dorsale a trois aiguillons, dont le premier est de beaucoup le plus grand ; le troisième très-petit et plus écarté en arrière; l'extrémité de leur bassin est toujours saillante et hérissée, et derrière elle sont quelques épines engagées dans la peau qui , dans les espèces longues ;'ont été considérées comme
des rayons des ventrales.
Les uns n’ont point d’armure particulière à la queue, et parmi eux il en est qui n’ont point derrière les ouïes d'écailles plus grandes que les autres. Telle est une espèce que nous possédons dans la Méditerranée.
Le Balistes capriscus. L. Saly. 207.et Will. FE, 19. Pource, pesce balestra , etc.
D'un gris-brunâtre, tacheté de bleu ou de verdätre ; sa chair est peu estimée (1).
D'autres, avec cette queue non armée, ont derrière les ouies des écailles plus grandes (2).
Le plus grand nombre a les côtés de la queue armés d'un certain nombre de rangées d’épines courbées en avaut, et tous ceux de cette division que nous connaissons, ont derrière les ouies des écailles plus grandes (3).
(1) N. B. Je soupçonne le 6. maculatus , Bl, 151, de n'étre que le capriscus. Je suis même tenté d'y rapporter le b, buniva, Lac. V, xx1, 1. — Aj. bal. stellaris, Schn. Lac.T, xv.
(2) Bal. forcipatus, Will, 1, 22. — Bal. vetula, Bl. 150. — Bal. punctatus , Gm. Will, app. 9,f. 4. — Bal. fuscus, Schn. ou b. grande tache, Lac. 1, 378, remarquable par ses joués nues et garnies de rangées de tubercules. — Bal. noir, Lac. 1, xv, remarquable par ses dents supérieures latérales prolongées en canines ét les grandes fourches de sa queue. N. B. Le niger Schn. ne diffère point du ringens.
(3) Espèce à deux rangées. Bal. lineatus , Schn. 87. Renard, Espèces à trois rangées. Bal. cendré, Lac. B. arcuatus, Schu.
192 POISSONS Les MoxaAcaANTHEs. Cuv.
N'ont que de très-petites écailles, hérissées de scabrosiiés roides et serrées comme du velours; l'extrémité de leur bassin est saillante et épineuse, comme dans les balistes proprement dits, mais ils m'ont qu'une grande épine dentelée à leur première dorsale, ou du nioins la seconde y est déjà presque imperceptible.
Dans les uns, l’os du bassin est très-mobile, et tient à l'abdomen par une sorte de fanon extensible (r).
D'auires se distinguent parce que les côtés de leur queue sont hérissés de soies rudes (2).
D'autres enfin manquent de ces deux caractères (3).
journ, de phys. juillet 1574. — Bal. aculeatus, L. Bl. 149, Lac. Lever, 1. Renard, T,:28, & 154, et 11 "284 € 636.0 verrucosus , L. mus. ad. f, xxvir, 57, le même que le b. pralin, Lac. I, 565, etle b. viridis, Schn. .
Espèces à quatre rangées. Bal. écharpe, Lac. 1, xvi, 1. Bal. rectangulus, Schn.— Bal. conspicillum , Schn. Renard , [, 15, 88,-et Lac. l, xvI,3. — B. viridescens , Schn.
Espèces à six ou sept rangées. Bal. armé, Lac. I, xvIIT, 2. N. B. Ce n'est ni l’'armatus de Schn., ni, comme il lecroit, son chrysopterus. — Bal. ringens, BI. 162, 2.
Espèces à douze, quinze rangées. Bal. bursa, Schn. B. bourse, Lac. IT, 7. Renard, I, 7.
Espèces dont lesaiguillons sont pen sensibles et réduits à de pels iubercules. Bal. bridé, Lac. 1, xv, 5.
(1) Badistes chinensis, Bl. 152, 1.— Bal. tomentosus, id. 148, qui nest pas celui de Linnæus, mais bien le pira a ca, Margr. 154,
(2) Bal. tomentosus, I. Seb. HT, xx1v, fig. 18. Gronos. mus. VI1,£5.— B. à brosses, bal. scopas , Commers. Lac.I, xvirt, 3, conforme à la description que Lin. donne de l’Aispidus , mais non au caractère ni à la fig. de Seba qu'il cite.
(5) Bal. hispidus, L. Seb. II, XXXIV, 2. — Baë. longirostris, Schs. Seb. TTL, xx1v, 10. — Bal. papillosus, EL, ? Lac. I, xvu, 3,
LEs ALUTERES. Cuv.
Ont le corps allongé, couvert de petits grains serrés, à peine sensibles à la vue ; une seule épine à la première dorsale ; et ce qui fait leur caractère particulier, le bassin entièrement caché sous la peau, et ne faisant point cette saillie épineuse qu’on voit dans les autres balistes (1).
Les TRIACANTHES. Cuv.
Se distinguent de tous les autres balistes, parce qu’ils ont des espèces de ventrales, soutenues chacune par un seul grand rayon épineux, adhérentes à un bassin non saillant. Leur première dorsale, après une très-srande épine , en a trois ou quatre petites. Leur peau est garnie de petites écailles serrées ; leur queue s’allonge plus que dans les
autres sous-genres. On n’en connait qu'un, de la mer des Indes (2).
Les Corrres. (OsTRAcION. L. )
Ont, au lieu d’écailles, des compartimens osseux et réguliers, soudés en une sorte de cuirasse inflexible qui leur revêt la tête et Le corps, ensorte qu'ils n’ont de mobile que la queue , les nageoires , la bouche et une sorte de petite lèvre qui garnit le bord de leurs ouïes, toutes parties qui passent par des trous de cette cuirasse. Aussi le plus grand nombre de leurs vertèbres sont-elles soudées en-
sous le nom de monoceros , Clus. exot. lib, VI , cap. xxvirr. — Bal. villosus , n.— Bal. guttatus, n.
(1) Bal. monoceros, L. Catesb. 19. — Le monoceros 4 BI. , quiest différent , 147. — Bal. lœvis, Bl. 414.— Acaramuca , Margr. 165, encore différent des trois précédens. — Bal. Kleinzr, Klein. miss. HT, pleut, fr. jh
(2) Bal, Liaculeatus, BL 148 , 2.
semble ; leurs mâchoires sont armées chacune de dix ou douze dents coniques. On ne voit à leurs ouïes qu'une fente garnie d’un lobe cutané; mais à l’intérieur elles montrent un opercule et six rayons. L'os du bassin manque aussi-bien que les ventrales, etil n’y a qu’une dorsale et une anale, petites l’une et l’autre.
Ils ont peu de chair, mais leur foïe est gros et donne beaucoup d'huile. Leur estomac est membraneux et assez grand. Quelques-uns ont aussi été soupconnés de poison.
On peut les diviser d’après la forme de leur corps et les épines dont il est armé ; mais il n’est pas encore bien certain qu’il n’y ait pas à cet égard des différences entre les sexes (1).
(1) 10. À corps triangulaire sans épines. Ost. triqueter , BI. 130, — Ost. concatenatus, BI. 131.
2°. Triangulaire armé d’épines en arrière de l'abdomen, Ost. bicaudalis, BL. 132. — Ost. trigonus, B1. 155.
3°. Triangulaire armé d’épines au front et derrière l'abdomen. Ost, quadricornis, BI. 134. ‘
4°. Triangulaire armé d’épines sur les arêtes. Ost. stellifer , Schn. 97 ; le même qu’osé, bicuspis , Blumenb. Abb. 58.
50. À corps quadrangulaire sans épines. Osf. cubicus , BL. 137. — Ost. punctatus et lentiginosus, Schn. Séb. IL, xx1v, 5 ; Lac.I,xx1, 1, Où meleagris, Sh. gen. zoul. V, part. If, pl. 172.— Ost. nasus, Bi. 158 , Will. I, 11. — Ost. tuberculatus, Wñl. Ï, 10.
60, À corps quadr. armé d’épines au front et derrière l’abdomen. Ost, cornutus , BI. 155.
7°. À corps quadr, armé d’épines sur ses arèêles. Ost. diaphanus ,
Schn. p. or, — Ost. turritus DIS 100, Le) . r AN 8°. À corps comprimé , l'abdomen caréné, des épines éparses. Osf,
aurilus , Sh, nat, miscell, IX , n°. 338, et gen. zool. V, part. Il, pi.
Nous venons maintenant aux poissons ordinaires à mâchoires complètes, c'est-à-dire , où le maxillaire et l’arcade palatine jouissent
chacun d’une mobilité distincte.
Nous parlerons d’abord de
L'orore pes LOPHOBRANCHES, qui est le
quatrième des Poissons.
Très-remarquable par ses branchies , qui, au lieu d’avoir, Comme à l'ordinaire, la forme de dents de peigne, se divisent en petites houppes rondes disposées par paires le long des arcs branchiaux, structure dont aucun autre poisson n'a encore offert d'exemple.
Elles sont enfermées sous un grand opercule attaché de toute part par une membrane qui ne laisse qu'un petit trou pour la sortie de l'eau, et ne montre, dans son épaisseur, que quelques vestiges de rayons. Ces poissons se reconnaissent en outre à leur corps cuirassé d’une extrémité à l’autre par des écussons qui le rendent presque toujours anguleux. Ils
175; le même que le coffre quatorze piquants , Lacép. Ann. Mus. IV, Lift , 1, et quelques espèces voisines.
N. B. L’ost. arcus , Séb. IIL, xx1Y , 9, n’est peut-être qu’une vaxiélé du cornutus, et le gibbosus , Aldrov. 561, ne me paraît qu'ur
riqueter mal dessiné,
sont généralement de petite taille et presque. sans chair. Leur intestin est égal et sans cœcums ; leur vessie natatoire mince, mais assez grande à proportion.
Les SynGNATHES. ( SyNGxATHUS. L. ) (1).
Forment un genre nombreux dont le caractère consiste en un museau tubuleux, formé comme celui des bouches en flüte par le prolongement de l’ethmoïde, du vomer, des tÿmpaniques , des préopercules , des sous-opercules, etc., etterminé parune bouche ordinaire , mais fendue presque verticalement sur son extrénuté. Le trou de la respiration est “vers la nuque. Ils manquent de ventrales. Leur génération a cela de particulier, que leurs œufs se glissent et éclosent dans une poche qui se forme par une boursouflure de la peau, dans les uns sous le ventre, dans les autres sous la base de la queue, et qui se fend pour laisser sortir les petits.
L] Les SynNGNATHES provrement dits, vuls. Æivuilles
de mer.
Ont le corps très-allongé, très-mince, et peu différent en diamètre sur sa longueur. On en trouve plusieurs espèces dans toutes nos mers. Il y en a qui, outre leurs pectorales , ont une dorsale, une caudale et une anale (2).
EE
\ ’ A . r e # Q (1) De œret yyd dos {mäâchoires réunies), nom composé par Artédi AU Crojait le tube du muscau de ces poissons formé par la réunion
Et Pa s / e de leurs mâchoires.
- (2) Syrr: rss TA DROLE { ) Syngnathus typlle, EL, BI. 91,1.—Syng. acus, Lu BL 91, 2
LOPHOBRANCHES. 157 D'autres manquent d’anale (r).
D'autres d’anale et de pectorales (2).
Quelques-uns, enfin, n’ont d'autre nazeoire que la dorsale (3).
Les HrPPocAmPEs. ( Hrppocampus.Cuv.) Vulg. CAevaux
marins.
Ont le tronc comprimé latéralement, et notablement plus élevé que la queue; en se courbant après la mort, ce tronc et la tête prennent quelque ressemblance avec l’encolure d’un cheval en miniature. Les jointures de leurs écailles sont relevées en arêtes, et leurs angles saillans en épines. Leur queue w’a point de nageoires.
Il s’en trouve dans nds mers une espèce à museau plus court, pointillée de blanc. (Syng. hippocampus. TL.) BI. 109, fig. 3. Et une autre à museau plus long, Wüll. LI. 25, f. 4, qui n’ont toutes deux que quelques filamens sur le museau et sur le corps.
La Nouvelle-Hollande en produit un plus grand et trèssingulier par les appendices, en forme de feuilles, qui ornent diverses parties de son corps. ( Syng. foliatus. Shaw. Gen. Zool. V , 11, pl. 180. Lacép. Ann. du Mus. IV.)
Les Socénosromes (4). Séb. et Lacép.
Diffèrent principalement des syngnathes par de trèsgrandes ventrales en arrière des pectorales , unies ensemble et avec le tronc en une espèce de tablier , qui sert peut-être
(1) Syng. pelagicus, Risso, p. 65.—Syng. Rondeleti, Laroche, Ann. Mus. XII, 5,5. Würidis, Riss. 65. Rondel. 229, 1.
(2) Syng. æquoreus, L. (Montagu. soc. Werner. [, 4, £. 1.)
(5) Syng. ophidion, L. BL. 91,3.—Syng. papacinus, Risso ,[V, 7. — Syng. fasciatus, id. ib. 8.
(4) Solénostome , bouche en tuyau, de «wnny, tube, et sou), bouche, se
à retenir leurs œufs, comme la poche des synguathes. Ils ont aussi une dorsale de peu de rayons, mais élevée, située près de la nuque ; une autre très-petite,sur l'origine de la queue , et une graude caudale pointue; leur trou de respiration est vers la gorge; du reste, ils ressemblent beaucoup à l’hippocampe.
On n’en connait qu’une espèce de la mer des Indes,
Fistularia paradoxa. ( Pall. Spic. VIIL, 1V, 6.)
Les Pécases. ( PEcasus. L. )
Ont un museau saillant formé des mêmes pièces que les précédens; mais la bouche , au lieu d’être à son extrémité, se trouve sous sa base ; elle rappelle un peu celle de lesturgeon par sa protractilité, mais elle se compose des mêmes os que dans les poissons ordinaires. Le corps de ces pégases est cuirassé comme dans les hippocampes et les solénostomes; mais leur tronc est large, déprimé ; le trou des branchies sur le côté, et il y a deux ventrales distinctes en arrière des pectorales qui sont souvent fort grandes, ce qui a donné occasion au nom que porte ce genre. La dorsale et l'anale sont vis-à-vis l’une de l’autre. l'intestin étant logé dans une cavité plus large et plus courte qu'aux syngnathes, fait deux ou trois replis.
Il s’en trouve quelques espèces dans la mer des Indes (1).
(2) Pegasus draco. Li BL 209.—Pegas. natans. Bl. 121.--Peg. solans. L.
Après avoir ainsi séparé tous les ordres de poissons qui offraient des caractères essentiels dans quelque organe intérieur, nous en venons au grand nombre de ceux qui ne diffèrent plus que par les organes extérieurs du mouvement.
La première division, ou celle des
MALACOPTERYGIENS.
Contient trois ordres, caractérisés d’après la position des ventrales. * ”
OÙ CELUI DES MALACOPTERYGIENS ABDOMIN AUX.
Est le plus nombreux des trois; il contient
la plupart des poissons d’eau douce; nous le
LE CINQUIÈME ORDRE DES bo de
subdivisons en cinq familles.
La première famille, celle
Dse SALMONES.
Ne formait, dans Linnæus, qu'un grand genre nettement caractérisé par une première dorsale à rayons mous, suivie d’une seconde petite et adipeuse, c’est-à-dire formée simplement d’une peau remplie de graisse et non soutenue par des rayons.
Ce sont des poissons écailleux à nombreux
cœcums , pourvus d'une vessie natatoire ; presque tous remontent dans les rivières et ont la chair agréable. Ils sont d’un naturel vorace. La structure de leurs mâchoires varie étonnamment.
Ce grand genre Des SAuMoNs , ( SALMo. L.)
Doit être subdivisé comme il suit :
LEs SAUMONS proprement dits, ou plutôt les Trurrtss. (SaAzmo. Cuv.)
Ont une grande partie du bord de la mâchoire supérieure
formée par les maxillaires, une rangée de dents pointues aux maxillaires, aux intermaxillaires, aux palatins et aux mandibulaires , et deux rangées au vomer , sur la langue et sur les pharyngiens, en sorte que ce sont les plus complétement dentés de tous les poissons. Tout le monde connaît leur forme; leurs ventrales répondent au milieu de leur première dorsale et l’adipeuse à l’anale. Leurs rayons branchiaux sont au nombre de dix ou environ. Leur estomac étroit et long fait un repli, et est suivi de très-nombreux cœcums ; leur vessie natatoire s’étend d’un bout de l’abdomen à l’autre, et communique dans le haut avec l’œsophase. Ils ont presque toujours le corps tacheté, et leur chair est généralement très-bonne.
Ils remontent dans les rivières pour frayer, sautent mêmeau-dessus des cataractes, et l’onen trouve jusque dans les ruisseaux et les petits lacs des plus hautes montagnes.
Les trois espèces les plus généralement répandues sont
Le Saumon.( Salmo salar. L.) BI. 20, la femelle; oô, le mâle.
La plus grande du genre, à chair rouge, à taches irrégulières brunes, qu’il perd promptement dans l'eau douce; la mâchoire inférieure finissant en crochet dans
le mâle, qui en prend le nom de bécard. De toutes les mers arctiques, d’où il entre en grandes troupes dans les rivières , au printemps. Sa pêche est très-importante dans tous les pays septenirionaux , où l’on en sale et en fume beaucoup.
La Truite saumonée. ( Salmo trutta. L.) BI. 27. .
Marquée de taches brunes, dont les supérieures sont entourées d’un cercle plus clair; beaucoup de ces taches sur les opercules et ladipeuse; la chair rougeâtre. C’est une des plus grandes espèces après le saumon; les ruisseaux d’eau claire qui se jettent immédiatement dans la mer, sont les eaux où l’on pêche les meilleures ; mais il en monte à toutes les hauteurs.
La Truite. ( Salmo fario. L.)BI. 22.
Plus petite, à taches brunes sur le dos, rouges sur les flancs , entourées d’un cercle clair; une grande tache sur lopercule , aucune sur l’adipeuse ; à chair blanche ; commune dans tous les ruisseaux dont l’eau est claire et vive.
À mesure qu’on se rapproche des montagnes, on en
trouve des espèces plus nombreuses ; ainsi, les grands lacs du pied des Alpes nourrissent
Le Huche. (S. Hucho. L.) BI. 100.
Qui approche presque du saumon pour la taille, et est tout couvert de petites taches brunes; sa chair est blanche, et moins agréable que celle des précédens.
La Truite de montagne. (S. Alpinus. L.) BI. 104.
Semblable à la commune, mais àtaches plus petites et sans bordure, et d’un goût encore meilleur. Se trouve jusques au pied des neiges perpétuelles , au mont Cénis, etc. ù