TOME - 2. CE
162 POISSONS L'Ombre Chevalier. (S. Umbla. L.) BI. 101.
Est du petit nombre des espèces sans taches ; sa chair plus grasse approche de celle de l’anguille. Celui du lac de Genève est célèbre (1).
Les EPErRLANS. (OsmErus. Artéd. )
Ont deux rangs de dents écartées à"chaque palatin, mais leur vomer n’en a que quelques-unes sur le devant. Du reste, leurs formes sont celles des truites, mais leur membrane des ouïes n’a que huit rayons. Leur corps est sans taches, et leurs ventrales répondent au bord antérieur de leur première dorsale. On les prend dans la mer et à l'embouchure des grands fleuves.
On n’en connaît qu'un petit, brillant des plus belles teintes d'argent et de vert-clair, et excellent à manger.
(S. Eperlanus. L.) BI. 26. 2.
Les Ougres. (CorEeconus. Art.)
Ont la même structure de mâchoires que les truites ; mais leur bouche est très - peu fendue, et leurs dents si petites, qu’on les aperçoit à peine; ils en manquent même tout-à-fait au palais et à la langue, et souvent à la mâchoire inférieure; leurs écailles plus grandes les distinguent encore; d’ailleurs, ils ont à peu près les habitudes des truites, leurs viscères et leur bon goût. Leur estomac est un sac très-épais ; leurs ouiïes ont sept ou huit rayons.
(1) Bloch donne encore en Europe la truite brune. S. fario sylvaticus, Bi, 24. — S. salselinus, 99. — S. gædenti, 102, trois espèces ou variétés bien voisines de la truite commune. — S, schiefermüulleri, 105. — S. erythrinus, Georg. Voy. I,1,1. — S. lacustris. — S. salmarinus ; sans parler des espèces indiquées par Pallas ; le pechin , Oth. Fabricius, elc. : mais il s’en faut beaucoup que tous ces poissons aient été sufisamment comparés. Ajoutez le salmone rille, Lac. V, v, 3, déjà gravé sous le faux nom de Parr ou
jeune gade grélin. Penn, Brit. Zool. pl. LXVI, fig. 2.
MALACOPTÉRYGIENS ABDOMINAUX. 163 L’'Ombre commun. ( Salmo thymallus. L.) BL 24.
Se distingue par sa première dorsale, plus lonsue et plus ‘haute ; il est brunâtre ; rayé en long de noirâtre; et d’un excellent goût.
Les différens lacs de l’Europe en produisent encore quelques espèces , confondues jusqu’à présent sous les noms de Lavaret, de Marène, d'Ombre bleu, de Besole, d’Ælbula, pour lesquelles on n’a point encore de meilleurs caractères que pour les truites (1).
Quelques espèces d’ombres se distinguent par un museau mou, pointu et proéminent (2).
(1) IL est clair que le Zavaret Rondel. Lacustr. 162, et Bél, 186, n’a rien de commun avec celui de Bloch, 25. C’est un corégone à museau court et obtus, aussi-bien que la grande marene, BI, 27. L'ombre bleu (S. Wartmanni), id. 105. La desole, Rondel, 163. La ferra, id. 164 , et le vangeron , id. 56, poissons auquels se rapportent aussi les albula de Gesner, pisc. 37,38 et 39, et le gravans ou gravranche, la palée , etc. ete. Nous devons désirer que les naturalistes suisses mettent de l’ordre dans ce genre , en donnant avec de bonnes figures une liste exacte des noms que chaque poisson porte dans les différens lieux. Je me suis assuré que le vrai lavaret du lac du Bourget ou de "Rondelet et Bélon, est absolument le même poisson que la grande marène de BI. 27, reconnaissable à sa lèvre supérieure qui parait comme retroussée , à cause de deux tubercules des maxillaires, La plus distincte de ces espèces est ensuite Le S. marænula , ou S. albula, BI, 28,3. Ascan. xx1x, par sa mâchoire inférieure plus longue.—Ajoutez le S, silus, Ascan, xx1w.
(2) Tel est Le poisson de la mer du Nord, auquel Schæœneueld a transporté mal à propos le nom d’a/bula nobilis, et Artédi et Linnæus celüi de lavaret, en quoi ils ont été suivis par BI. 25. Je ne doute pas que ce ne soit le même que le S. oxyrhyachus L. ou le Aouting des Hollandais et des Flamands. | N. B. Rondelet ayant donné, fluvial. 195, une figure de ce Aoutinz ouhautin , auquel on avait mis, je ne sais par quelle erreur, trois nageoires dorsales , cette figure a donné lieu au genre tripteronote, Lacép.
Ajoutez le lavaret lurge. BL. 26. Ascan. pl. xxx.
104 POISSONS Les ARGENTINES. ( ARGENTINA. L..)
Ont la bouche petite et sans dents aux mâchoires, comme les ombres, mais cette bouche est déprimée horizontalement; la langue est armée, comme dans les truites et les éperlans, de fortes dents crochues, et il y en a une rangée transversale de petites en avant du vomer. Il y a six rayons aux ouies ; les intestins diffèrent peu de ceux des truites.
On n’en connaît qu’une espèce de la Méditerranée
( Argentina sphyræna. L.) Cuv. Mén. du Mus: I, xr.
Dont la vessie natatoire est très-épaisse , et singulièrement chargée de cette substance argentée si remarquable dans les poissons ; elle s'emploie pour colorer les perles. Son estomac est singulier par sa couleur noire (1).
Artédi, et plusieurs de ses successeurs , ont réuni sous le
nom de CHaracins. ( CHARACINUS.)
Tous les salmones qui n’ont pas plus de quatre ou cinq rayons aux ouies ; mais leurs formes, et surtout leurs dents, varient encore assez pour donner lieu à plusieurs subdivisions. Cependant je trouve à tous , les nombreux coœcums des salmones précédens, avec la vessie divisée par un étranglement des cyprins. Aucun n’a les dents sur la langue des truites.
(1) Ce poisson, qui est bien sûrement l’argentina de Will. 229, et par conséquent celle d’Artédi et de Linnæus, a constamment une se— conde dorsale adipeuse, comme l’a bien observé Brannich, Icht. mass. 79. On aurait donc dû le ranger parmi les salmo. L’argentina machnata Forsk. n’est autre que l’elops saurus. Il en est probablement de mème de l’argentina earolina de Linnæus, quoique Catesby, dans Ja fig. citée , Car. IL, xx1v, ait oublié la dorsale. Gronovius n’a donné pour son argentina qu’un anchois ; et Pennant qu’une scopéle (serpe de Risso ). Quant à l’ergentina glossodonta Forsk. elle m'est inconnue ; je suppose que c’est un nouyeau genre,
Rut
MALACOPTÉERYGIENS ABDOMINAUX. 165
Les CuRIMATES. Cuv.
Ont toute la forme extérieure des ombres ; leur petite bouche, la première dorsale au-dessus des ventrales, etc. Quelques-uns même ressemblent à certains ombres par l’absence de dents visibles , et n’en diffèrent que par le nombre de leurs rayons branchiaux (1). Mais la plupart ont encore quelque singularité à leurs dents.
Les uns ont celles de la rangée supérieure petites, tranchantes et denticulées, comme celles des acanthures par exemple (2).
D'autres ont, à chaque mâchoire, une rangée de dents dirigées obliquement en avant , tranchantes, les antérieures plus longues, comparables en un mot à celles des ha-
listes (3). ÿ LES ANOSTOMESs. ( Anosromus. Cuv.)
Ont, avec la forme des ombres et une rangée de petites dents en haut et en bas, la mâchoire inférieure .relevée au-devant de la supérieure, bombée , en sorte que la petite bouche a l’air d’une fente verticale sur le bout du museau (4).
Les SenraA-Sazmes. Lacép.
Ont été déjà distingués par M. de Lacépède, à cause de leur corps comprimé, haut verticalement, et de leur ventre tranchant et dentelé en scie, caractères auxquels il faut ajouter celui de leurs denis triangulaires, tranchantes, dentelées et disposées sur une rangée aux intermaxillaires
(1) Salmo edentulus, BI. 380,—et probablement S, cyprinoïdes, Gron. zooph. n°. 378.
(2) S. unimaculatus, BI, 381 , fig. 3, que cet auteur croit le même que le curimata , Margr. 156.
(5) Salmo fasciatus, BA. 379.—$. Fridericüi, id. 378.
(4) Salmo anostomus L. Gronov. Mus, VIZ, 2.
et à la mächoire inférieure seulement. Le maxillaire, sans dents, traverse obliquement sur la commissure.
On n’en connaît qu'un, des rivières de l’ Amérique méridionale. Le Piraya, Marge. 165. (Salmo rhombeus. L.) BI. 383. IL poursuit les canards, et même les hommes
. qui se baignent, et avec ses dents tranchantes leur emporte la peau. s Les Prapuques. Cuv.
.. Avec la forme allongée ou oblongue, la petite tête, la bouche peu fendue des curimates, ont un corps COMpPrimMÉ » la carène du ventre tranchante, l’anale très-longue, et les dents tranchantes et dentelées des serra-salmes. Leur première dorsale répond aussi au commencement de leur anale.
Ceux qu'on connaît habitent les mêmes rivières , et montrent dans leur pelitesse ce même appétit pour la chair et le sang (1).
LEs TÉrRAcoNoPrÈRESs. (TETRAGONOPTERUS. Ariédi. }
Ont la forme élevée , la longue anale, et les dents tranchantes et dentelées des serra-salmes ; le maxillaire sans dents traverse de même obliquement sur la commissure , mais leur bouche est peu fendue ; il y a deux rangs de dents à leur mâchoire supérieure, et le ventre n’est ni caréné, ui dentelé (2).
Les Raris.( Myretes. Cuv.)
Sont remarquables par des dents bien singulières, en prisme triangulaire, court, arrondi aux arêtes, et dont la face supérieure se creuse par la mastication, en sorte que
les trois angles y font trois pointes saillantes. La bouche, peu 8 P fendue, a deux rangs de ces dents aux intermaxillaires, et
D A EAN TR SN EE A (1) Salmo argentinus, B1. 582, 1, Piabucu, Margr. 170.—S. bimaculatus,Bl. 16. Piaba, Margr. ib.—Probablement aussi le S. gibbosus, Gron. Mus. L. 4, et le S. melanurus. BI. 581, 2. (2) Tetragonopterus argenteus, Arted. ap. Sebam. III, pl. xXxIV, f. 5, ou coregonoïdes amboinensis, Art. spec. 44, que l’on à con-
1 PER ù KONQU mal a propos avec le salmo bimaculatus.
un seul à la mâchoire inférieure, avec deux dents en ar= rière; mais la langue et le palais sont lisses.
Quelques-uns ont la forme élevée, les nageoires verticales en faux, l’épine couchée en aavnt , et même le ventre tranchant et dentelé des serra-salmes, avec lesquels on [les réunirait volontiers sans leurs dents. L'on en trouve en Amérique de fort grands, qui sont bons à manger (1).
D'autres ont simplement la forme allongée. Leur pre-
mière dorsale répond à l'intervalle des ventrales et de l'anale. On n’en connaît qu’un d'Egypte (2).
Les Hyprocyws. ( Hyprocynus. Cuv.)
Ont le bout du museau formé par les intermaxillaires ; les maxillaires commençant près ou en avant des yeux, et complétant Ja mâchoire supérieure. Leur langue et leur vomer sont toujours lisses, mais il y a des dents coniques aux deux mâchoires. Un grand sous-orbitaire mince et nu çomme l’opercule couvre la joue.
Les uns ont encore une rangée serrée de pelites dents aux maxillaires et aux palatins ; leur première dorsale répond à l'intervalle des ventrales et de l’anale (3). Ils vien-
- nent des rivières de la Zône-Torride; leur goût ressemble à celui de la carpe (4).
D’autres ont une double rangée de dents aux intermaxillaires et à la mâchoire inférieure, une rangée simple aux maxillaires, mais leurs palatins n’en ont pas. Leur première dorsale est au-dessus des ventrales (5).
(1) Les espèces sont nouvelles. Jen connais trois. :
(2) Le rai: du Nil, qui est le cyprinus dentex, Mus. ad fr. et Linn, XII"°, éd, ou le salmo dentex d'Hasselquist, et le $. nzloticus de Forskahl , et qui se trouve ainsi deux fois dans Gmelin et ses successeurs.
(3) C’est ce qui les a fait ranger parmi les osmères par M. de “Lacépede.
(4) Salmo falcatus, BI. 385.—S. odoe, id. 586.
(5) Espèce nouvelle du Brésil (4ydroc. brasiliensis, Cuv.)
D’autres encore n’ont qu’une simple rangée aux maxillaires et à la mâchoire inférieure ; les dents y sont alternativement très-petites et très-longues, surtout les deux secondes d’en bas, qui passent au travers de deux trous de la mâchoire supérieure, quand la bouche se ferme. Leur ligne latéraleest garnie d’écailles plus grandes; leur première dorsale répond à l'intervalle des ventrales et de l’anale (r).
Une quatrième sorte a le museau très-saillant, pointu, les maxillaires très-courts, garnis, ainsi que la mâchoire inférieure et les intermaxillaires , d’une seule rangée de trèspetites dents serrées ; leur première dorsale répond à l’intervalle des ventrales et de l’anale. Tout le corps est garmi de fortes écailles (2).
D'autres enfin n’ont absolument de dents qu'aux intermaxillaires et à la mâchoire inférieure ‘elles y sont en petit nombre, fortes et pointues. Leur première dorsale est au-dessus des ventrales. On n’en connaît qu'un du Nil (9).
LES CiTHARINES. ( Citraarinus. Cuv.) «
Se reconnaissent à leur bouche déprimée, fendue en travers au bout du museau, dont le bord supérieur est formé en entier par les intermaxillaires, et où les maxillaires, petits et sans dents , occupent seulement la commissure. La langue et le palais sont lisses, la nageoire adipeuse est couverte d’écailles, ainsi que la plus grande partie de la caudale. On les trouve dans le Nil.
Les uns ont de très-petites dents à la mâchoire supérieure seulement, le corps élevé comme aux serra-salmes, mais le ventre sans tranchant ni dentelures (4).
(1) Autre espèce du Brésil ( Aydroc. scomberoïdes, Cuv.)
(2) Autre espèce nouvelle du Brésil (:ydroc. lucius, Cuv.)
(5) Le Roschal ou chien d’eau, Forsk. 66, ou characin dentex, Geoffr. poiss. d'Eg. pl. 14, £. 1, mais qui n’est point , comme l’a cru Forskahl , le sa/mo dertez d'Hasselquist. Celui-ci est le raï.
(4) Le serrasalme citharine ou astre de la nuit des Ayxabes , -Geolfr, poiss. d'Eg. pl. 5, £ 9 et 5,
D’autres ont, aux deux mächoires, un grand nombre de dents serrées sur plusieurs rangs, grêles et fourchues au “bout ; leur forme est plus allongée (1).
Les Saurus. ( SAurRuS. Cuv.)
Ont le museau court; la gueule fendue jusque fort en arrière des yeux ; le bord de la mâchoire supérieure, formé en entier par les intermaxillaires; beaucoup de dents très-pointuesle long des deux mâchoires, des palatins, et sur toute la langue, mais aucune sur le vomer; huit ou neuf, et souvent douze ou quinze rayons aux ouies. La première dorsale un peu en arrière des ventrales, qui sont grandes ; de grandes écailles sur le corps, les joues et les opercules ; leurs viscères ressemblent à ceux des truites. Ce sont des poissons de mer très-voraces; on en trouve un dans la Méditerranée. (5. Saurus. L.) Salv. 242 (2).
Les ScoPëLESs. (ScoPerus. Cuv.}) Serpes de Risso (3).
Ont la gueule et les ouïes extrémement fendues ; les deux mâchoires garnies de très- petites dents ; le bord de la supérieure entièrement formé par les intermaxillaires ; la lanpue et le palais lisses. Leur museau est très-court et
(1) Le characin nefasch, id. ib. fig. 1, ou salmo ægyptius Gm. C’est le salmo niloticus d'Hasselquist, très-différent de celui de Forskahl qui est le raii.
(2) Ajoutez S. saurus, BI. 584, qui me paraît diflérent de celui de la Médilerrance, —Sa/mo fœtens, BI. 584,2. — S.tumbil, BI, 400.— L'’osmère galonné, Lac. V, vi, 1.—Le salmone varié, id. V,ui, 5.— T/osmère à bandes, Risso , p. 326.
N. B. Qu'une partie de ces'espèces pourraient êlre des doubles emplois ; et que l’esox synodus, Gron. Zooph. VIT, 1. syzodus synodus , Schn. Synode fascié, Lac. ne parait qu’un saurus Qui avait perdu son adipeuse ; sa pelitesse fait qu’elle disparaît aisément par le froltement, ou la dessiccation.
(5) ZxôzeAos, no grec d’un poisson inconnu.
obtus : on leur compte neuf ou dix rayons aux ouies ; et outre la dorsale ordinaire, qui répond à l’intervalle des ventrales et de l’anale, il y en a en arrière une très-petite, où l’on aperçoit des vestiges de rayons.
On les pêche dans la Méditerranée, mèlés avec les anchois, et ils s’y nomment mélettes, comme d’autres petits poissons. L'un d’eux, la Serpe Humbolé ( Risso , pl. x, f. 36), est remarquable par le brillant des points argentés disposés le long de son ventre et de sa queue (1).
Les Aurores. ( Auropus. Cuv.}) (2),
Réunissent des caractères de gades à des caractères de saumons. Leur gueule est bien fendue; leurs intermaxillaires; qui en forment tout le bord supérieur, sont garnis, ainsi que les palatins, le bout antérieur du vomer et la mâchoire inférieure , d’un ruban étroit de dents en carde; mais la” langue n’a que quelque âpreté , ainsi que la partie plane des os du palais. Les maxillaires sont grands et sans dents, comme dans le grand nombre des poissons. Leurs ventrales sont presque sous les pectorales , et ont leurs rayons externes gros et seulement fourchus. La première dorsale répond à la première moitié de l'intervalle qui les sépare de l’anale. Il y a douze rayons aux branchies ; de grandes écailles ciliées couvrent le corps, les joues et les opercules.
La Méditerranée en produit une espèce. ( Salmo fila-
mentosus. Bl.) Berl. Schr. X, 1x, 2.
Les SerpEs. Lacép. (GasreroPELEcus. Bl.)
Ont le ventre comprimé et saillant, parce qu'il est sou- ,
(1)Je crois ce poisson, le même quele prétendu argentina sphyræna de Pennant, Brit. Zool , n°, 156 ; ainsi on le trouverait aussi dans noire Océan.— Ajoutez la serpe crocodile, Risso DE 357.—Mais la serpe microitome , p. 556, est sûrement d’un autre genre , et de la ‘famille des brochets.
LR 1 * . > (2) AvAwzaes, nom grec d’un poisson inconnu.
pl tenu par des côtes qui aboutissent au sternum. Leurs venirales sont fort petites et fort en arrière ; leur première dorsale sur l’anale , qui est longue; leur bouche est dirigée vers le haut; à leur mâchoire supérieure sont des dents coniques ; à l’inférieure des dents tranchantes et dentelées. ART On n’en connaît qu’une pelite espèce (1).
Les Srernoprix. Herm.
Ont le corps comprimé, très-haut verticalement ; l’'abdomen tranchant, et remôntant en avant, en sorte que la bouche est dirigée vers le ciel. Ils n’ont point de nageoires ventrales, mais on voit un pli festonné de chaque côté du tranchant abdominal, sous les pectorales. Leur dorsale est petite, au milieu du dos ; son premier aiguillon est une forte épine en avant de laquelle tient encore une membrane. Derrière cette nageoire se voit une petite saillie qui représente peut-être la nageoire adipeuse des saumons. Les ouies ne paraissent fermées que par une simple membrane sans opercules ni rayons.
On n’en connaît qu'un , que l’on croît des Antilles,
( Séernoptix diaphana.) Herm. Naturforscher , seizième
cah. pl. 8 (2).
La deuxième famille, ou celle Des Crupes..
Se reconnaît aisément en ce que n'ayant point d’adipeuse, sa mâchoire supérieure est formée comme dans les truites, au milieu par des intermaxillaires sans pédicules, et sur les. côtés par les maxillaires ; leur corps est
eme et
(1) Gasteropelecus sternicla , BL. 97, 3.
(2) N. B. Ce n’est qu'avec doute que nous plaçons ici ce poisson que nous n'avons pas vu.
toujours bien écailleux. Tous ont une vessie natatoire, et la plupart de nombreux cœcums.
2 , e I n'y en a qu'une partie qui remonte dans les rivières.
LEs HARENGs. ( CLurra. 1)
Ont deux caractères bien marqués dans leurs intermaxillaires étroits et courts, qui ne font qu’une petite partie de la mâchoiré supérieure dont les maxillaires complètent les côtés, en sorte que ces côtés seuls sont protractiles, et dans le bord inférieur de leur corps qui est comprimé et où les écailles forment une dentelure comme celle d’une scie. Les maxillaires se divisent en outre en trois pièces. Les ouïes sont très-fendues : aussi dit-on que ces poissons meurent à l’instant où on lestire de l’eau. Les arceaux de leurs branchies sont garnis, du côté de la bouche, de longues dents comme des peignes. L'estomac est en sac allongé; la vessie natatoire Jongue et pointue ; et les cœcums nombreux. Ce sont de tous les poissons ceux qui ont les arêtes les plus nombreuses et les plus fines. #"
Les HarEeNcs proprement dits. ( CLupeA. Cuv.)
Ont les maxillaires arqués en avant, divisibles longitudinalement en plusieurs pièces ; l'ouverture de la bouche médiocre, non entièrement garnie de dents, souvent mème entièrement édentée (1). Leur dorsale est au-dessus des
(1) N. B. Les passages entre les clupées et les clupanodons Lac. sont tellement insensibles , que je n'ai pas cru pouvoir conserver cette distinction. |
MALACOPTÉRYGIENS ABDOMINAUX. 173 ventrales. On en pêche plusieurs dans nos mers, assez diffi-
ciles à distinguer par la ressemblance de leur forme et de leur couleur argentée.
Le Æareng commun. ( Clupea Harengus. L. ) BI. 20, 1.
Le plus généralement connu ; sa longueur est d’environ dix pouces ; il a quelques petites dents sur le devant des deux mâchoires , et seize à dix-sept rayons à l’anale.
Ce poisson fameux arrive tous les ans en été et en automne , sur les côtes occidentaies de l’Europe, en commençant par le nord , en lésions innombrables, ou plutôt en bancs serrés d’une étendue incalculable. Des flottes entières s’occupent de sa pêche, qui entretient des milliers de pêcheurs, de saleurs et de commercans.
Le Pilchard des Anglais, ou le Célan de nos matelots. ( CL. Pilchardus.) BI. 406.
Se pêche plus tôt, surtout sur les côtes occidentales de l’Angleterre ; il est de la taille dû hareng, mais ses écailles sont plus grandes, ses dents insensibles, sa dor-
sale un peu plus avancée, et son anale a un ou deux rayons de pius.
La Sardine. ( Clupea sprattus. L.) BL. 29, 2.
Est plus petite, plus étroite que le hareng. On lui atiribue aussi un ou deux rayons de plus à l’anale; sa chair est plus délicate. On la pêche en abondance dans le golfe de Gascogne, et encore plus dans la Méditerranée (1).
* ———————— (1) Nos pêcheurs de la Manche prétendent encore distinguer plusieurs petites espèces , sous les noms d’eprots , de blanquets et autres ; mais les naturalistes n’ont pas examiné ces poissons d'assez près pour
les placer dans le système. IL en est de même des nadelles, des mélettes, etc. de la Méditerranée.
174 POISSONS L’Alose. ( CI. alosa. L.)
Qui devient beaucoup plus grande et plus épaisse que les harenss, et atteint jusqu’à trois pieds de longueur, se distingue par une tache noire vers les ouïes , suivie, pen-. dant le premier âge, de quatre ou cinq autres. Elle remonte au printemps dans les rivières , et est alors un excellent manger. Quand on la prend en mer, hs est sèche et de mauvais goût (1).
Les MécaLores. (Mecazops. Lacép.)
Sont des harengs proprement dits , où le dernier rayon de Ja dorsale se prolonge en un filament. Il y en a une espèce dans les mers des pays chauds (CZ. cyprinoïdes, BI. 403), qui atteint jusqu’à douze pieds de longueur (2).
Quelques-uns ont le museau plus saillant que les mächoires ; mais la forme de celles-ci les distingue toujours
des anchois (3).
Les Ancuors. {EnxcrauLis. Cuv. ) (4).
Diffèrent des autres harengs, parce que leur ethmoïde
(1) La feinte et la rousse de la Manche , l’alachie de la Méditerranée, etc. n’ont pas été non plus suffisamment comparées à l’alose. L’alose de BI. 50 ,1, me paraît une feinte.
Aj. Clup. chinensis , BL, 405. -— Clup. africana , BL, 407.
N. B. Le clupea dorab, Gm. Cl. dentex Schn. Forsk. 72, n°. 108, est l’esox chiroceñtre » Lac. ou mon genre chirocentre.
(2) Le mégalope filamenteux , Lacép. V, 290 , est décrit sur une note de Commerson, qui se rapporte au dessin gravé, 1b. V, xnir,3, sous le nom de clupea apalike , et qui est le clupea cyprinoïdes , BI. 403 ; ainsi c’est bien le même poisson. — Aj. clupea thrissa, B]. 404, ou le carlleu-tassard dès Antilles.
(5) Clupea nasus , BI. 420.
(4) Encrasicholus (qui a le fiel dans Le crâne ), nom fondé sur une opinion bizarre des anciens touchant ce poisson; engraulis, autre nom du même. “
et leurs naseaux forment une pointe saillante au-dessous de laquelle leurs très-petits intermaxillaires sont fixés ; tandis que leurs maxillaires sont droits et très-longs, leur gueule irès-fendue, leurs deux mächoires bien garnies de dents, et leurs -ouies encore plus ouvertes qu'aux harengs ordinaires. Nr
Les uns ont la dorsale vis-à-vis des ventrales, et l’anale courte.
L’Anchois vulgaire. (Cl. encrasicholus. L.) BL. 30, 2.
Long d’un empan, le dos brun, les flancs et le ventre argentés; on le pèche en quantité innombrable dans la Méditerranée et jusqu'en Hollande, et on le sale, après lui avoir Ôôté la tête et les intestins, pour l’employer en assaisonnemens (1).
(1) A ceite subdivision appartiennent aussi les sloléphores ; Lac. el nommément le stoléphore commersonien , Lacép. V, x1r, f.1, p. 382 ; quiest le même que le clupée raie d'argent, id. p. 458. Ce petit poisson a été décrit sous beaucoup de noms. C’est le mélet de la Méditerranée. Duhamel, If, part. sect. VI, pl. n1, f. 1. L'atherina brownii ,Gm. Brown, Jam. pl. 45, fig. 3, copié dans l’Encycl. méth,. fig. 103, sous le faux nom de poisson d’argent (aiher. menidia). C’est enfin le pittingua, Margr. 159, qui n’est pas le véritable Esox hepsetus de Linn., et l’afher. de John. White. Voy. à Bol. Bay, p- 296 ,f.1. —Nous plaçons encore dans cette subdivision , malgré sa grandeur , le poisson banane des Antilles, albula plumieri ,.Schn, 86 , 1. Le même dessin de plumier est gravé dans Lac. V, xIV, 1, sous le nom de clupée macrocéphale , et un autre dessin du même poisson laissé par Comimerson, ib. VIII, 2 , sous celui de syrnode renard. C’est à ce dessin que se rapporte la note sur laquelle repose le genre butirin , Lac. V, p. 45 , et par conséquent le butirèn banane est toujours ce même poisson. Au reste il ne serait pas impossibleque ce fut encore lui que représentt la pl. 30 de Catesby, senl renseigne-
ment sur lequel repose le synode renard,
D'autres ont leur dorsale placée plus en arrière que les ventrales, où même vis-à-vis le commencement de l’anale, qui est longue (1).
Les Tarisses. (Turissa. Cuv. Mysrus. Lac.)
Ont pour caractère particulier des os maxillaires bien
dentés , «se prolongeant en pointes libres, au-delà de la mâchoire inférieure (2).
Les OnontrocnaTHes. Lacép. (GNATHoBoLUS. Schn. )
Ont ces mêmes maxillaires prolongés des thrisses tellement mobiles , qu'ils peuvent-faire presque un demicercle, et portent alors leurs pointes en avant, come deux cornes. La dorsale est très-pelite, et placée fort en arrière; on ne leur a point aperçu de ventrales.
On n’en connaît qu’une espèce, des côtes de la Guiane. L'Odontognathe aiguillonné, Lac. IE, p.221, pl. vir, f. 2.
LEs PRISTIGASTRES. ( PRISTIGASTER. Cuv. )
Sont aussi un sous-cenre sans ventrales, mais à corps très-comprimé et élevé, à ventre saillant , fortement dentelé, à mâchoires comme dans le hareng.
Nous en possédons un des mers d'Amérique.
LEs NoToPTÈRES. Lacép.
Long-temps placés parmi les eymnotes , se rapprochent davantage des harengs; leurs opercules et leurs joues sont
(1) Clupea atherinoïdes , B1. 408, 1, — Clup. malabarica , 432. (2) Clupea mystus , Lin. amæn. ac, IV, 111, 12, — Clup. setirostris, Brouss. I, pl. x. — Clup. mystax, Sch. 83.
MALACOPTÉRYGIENS ABDOMINAUX. 19% écailleux ; leurs sous-orbitaires, le bas de leurs préopercles et leurs interopercules, deux arêtes de leur mâchoire inférieure, et la carène de leur ventre, dentelés ; leurs pa- Jatins.et leurs deux mâchoires armées de dents fines, et la supérieure en grande partie formée par le maxillaire; leur langue, garnie de fortes dents crochues; deux PART presque imperceptibles sont suivies d’une très-longué anale, qui s’unit, comme dans les symnotes, à la mageoire de ia queue; et sur le dos, vis-à-vis du milieu de cette anale + est une petite dorsale molle.
On n’en counaît qu'un de la mer des {ndes. ( Gymñotus notopterus. Pall, Spice VI, pl. vi, f. 2. Clupea synura. Schn. 426 (1): |
Les Ecopes. (Erops. L.)
Ont les mâchoires exactement constituées comine lès harengs proprement dits, auxquels ils ressemblent aussi par la forme générale et par la disposition des nageoires; maïs on leur compte trente rayons et plus à la membrane des branchies ; et leur | ventre n’est point tranchant ni dentelés Les bords de leurs mâchoirés et leurs os palatins sont garnis de dents en velours ; une épme plate arme le bord supérieur et l'inférieur de leur caudale. Selon Forskahl, is n'auraient point de cœcums, et leur vessie natatoire régnerait tout du long de l'abdomen.
On en trouve dans les deux hémisphères (2).
(1) C’est bien la fanche de mer de Bontius , ind, 78, mais uon pis le capirat ou pangais , Ren. feuille 16, fig. 90.
(2) Le Zak des nègres, selon Adanson , ou l’elops saurus de BI. 395 , vient d'Afrique et est assez différent de celui de Linné,, qui est dit de Caroline. Il ressemble au contraire beaucoup à l’arcentina mach=