LE SIXIÈME ORDRE DES POISSONS
Ov cerrur es MALACOPTERYGIENS SUBBRACHIENS.
Contient presque autant de familles que de genres.
La première se composera presque entièrement du grand genre.
Des Gapes. (Gapus. L.) (3).
Reconnaissable à ses ventrales, attachées sous la gorge et aiguisées en pointe.
(1) Loricaria plecostomus , L. Bl. 574. — Loricaria cataphracta, Schn ? (qui n’est pas celle de Lin, } N. B. Je ne lui trouve pas de seconde dorsale, Peut-être ai-je encore une troisième espèce nouvelle. | |
(2) Loricaria cataphracta, L. Cirrhosa, Schn. et Setigera, Lacép. à B1. 575, 3-4, — Lor. maculata , BI. 375,1,
(5) Gadusest dans Athénée le nom grec d’un poisson autrement
appelé oz0s. Artédi l'a appliqué à ce genre , afiu d'éviter cenx d’o-
Leur corps est médiocrement allongé, peu comprimé, couvert d’écailles molles , peu volumineuses ; leur tête bien proportionnée , sans écailles ; toutes leurs nageoires molles ; leurs mâchoires et le devant de leur vomer armé de dents pointues , inégales , médiocres ou petites, sur plusieurs rangs et faisant la carde ou la rape:; leurs ouïes grandes, à sept rayons. Presque tous portent deux ou trois nageoires sur le dos, une ou deux derrière l'anus, et une caudale distincte. Leur estomac est en forme de grand sac , robuste; leurs cœcums sont très-nombreux et leur canal assez long. Ils ont une vessie aérienne , grande, à parois robustes, et souvent dentelée sur les côtés.
La plupart de’ces poissons donnent d’importans articles de pêche. Leur chair blanche , aisément divisible par couches, est généralement saine et agréable.
On peut subdiviser les gades comme il suit.
Les Morurs. ’
À trois nageoires dorsales, deux anales; un barbillon au bout de la mâchoire inférieure : ce sont les plus nombreux.
La Morue proprement dite, ou Cabeliau. ( Gadus Morrhua. L.) BI. 64. (r).
Longue de deux et trois pieds, à dos tacheté de jaunâtre
———————————— nos, d'asellus, de mustela , employés par les anciens, et que les premiers ichtyologistes modernes ont cru , quoique sans preuve, désigner quelques-uns de nos gades , mais qui étant aussi des noms de quadrupedes, auraient produit de ambiguité, Gadus , ressemble d’ailleurs au nom anglais de ces poissons, cod,
(1) Bélou croit que morrhue vient de merwel, nom qu’il dit an-
MALACOPTÉRYGIENS SUPBRACHIENS. 213
et de brun, habite dans toute la mer du Nord, et se multiplie tellement dans les parages septentrionaux, que des flottes entières s’y rendent chaque année pour la prendre, la saler, la sécher, et en fournir à toute l’'Europe. En France, on nomme la morue fraîche Cabeliau , d’après le nom hollandais de ce poisson.
L'Egrefin. (Gadus Æglefinus. X. ) BI. 62.
Ordinairement d’un pied, à dos brun, à ventre argenté, à ligne latérale noire; aussi nombreux que la morue dans les parages du nord, mais d’un goût moins agréable. Quand il est salé, on le nomme Æadou, d’après son nom anglais ÆZadok (r).
Le Dorsch. (Gadus callarias. TL.) BI. 63 (2).
Tacheté comme la morue ; mais d'ordinaire beaucoup plus petit, et à mâchoire supérieure plus longue que l’autre. C’est l'espèce la plus agréable à manger fraîche ; elle est surtout commune dans la mer Baltique (3).
LEs MERLANS.
Où le nombre des nageoires est le même que dans les morues , mais qui manquent de barbillons.
glais, mais que je ne trouve plus dans les auteurs modernes de cette nation, Ils le nomment cod, cod-fish.
(1) Egrefin ou plutôt eaglefin , était autrefois son nom anglais selon Bélon et Rondelet. C’est le schelfisch d’Anderson et des Allemands, Danois, etc.
(2) Dorsch, nom de ce poisson sur les côtes de la mer Baltique, Callarias , galarias , etc. étaient des noms anciens mal déterminés, mais qui ne couyenaient sûrement pas à un poisson étranger à fa Méditerranée, |
(3) Ajoutez le tacaud, gode , mollet ou petite morue fraiche (g: barbatus, BI. 166); —le capelan (g. minutus, BI. 67, 1) ;—la wachnia, g. macrocephalus, Tiles. Ac. de Petersh. Il, pl. xvx,
214 POis50%:
Le Merlan commun. ( Gadus Merlangus. L.) BI. 65.
Est connu de tout le monde le long des côtes de l'Océan, à cause de son abondance et de la lésèreté de sa chair. On le distingue à sa taille d'environ un pied, à son dos grisroussâtre-pâle, à son ventre argenté, et à sa mâchoire supérieure plus longue.
Le Merlan noir, Charbonnier, Colin, Grélin, etc. ( Gadus Carbonarius. XL.) BI. 66 (1).
Devient du double plus grand que le merlan; est d’un brun-foncé, et a la mâchoire supérieure plus courte , et la ligne latérale droite. La chair de l’adulte est coriace. On le sale et on le sèche comme la morue.
Le Lieu ou Merlan jaune. ( G. pollachius. L.) BI. 68.
A les mâchoires et presque la taille du précédent; est brun dessus , argenté dessous, et a Les flancs tachetés. IL vaut mieux que le colin, et ne cède qu'au merlan ét au dorche. Tous ces poissons vivent en grandes troupes dans POcéan Atlantique (2).
Les MERLUCHES.
Qui n’ont'que deux nageoires dorsales, une seule à l’anus, et qui manquent de barbillons comme les merlans.
Le Merlus ordinaire. (Gadus Merluccius. L.) BL. 164.
Long d’un à deux pieds, et quelquefois beaucoup plus ; à dos gris-brun, à dorsale antérieure pointue , à mâchoire inférieure plus longue. On le péche en abondance égale dans l'Océan et dans la Méditerranée , où les Provençaux lui donnent le nom de rrerlan. Salé et séché dans le
(1) Son nom ordinaire colin, vient de celui qu’il porte dans les lingues du Nord, kohlifisch, coal fish, poisson charbonnier. {2) Ajoutez le sey, gadus virens, Ascan. 25.
MALACOPTÉRYCIENS SUBBRACHIENS, 21
Nord, il prend celui de stok- fisch, qui se donne également à la morue seche.
Les LOTTES.
Qui joignent à deux nageoires dorsales :et une anale, des barbillons plus ou moins nombreux.
La ZLingue ou Morue longue. ( Gadus molua. L.) BI. 69° (1):
De trois à quatre pieds de long; olivâtre dessus, argentée dessous; les deux dorsales d’égale hauteur; la mâchoire inférieure un peu plus courte, portant un seul barbillon.
Ce poisson, aussi abondant que la morue, se conserve aussi aisément , et fait un article presque aussi important de pêche.
La Lotte commune ou de rivière. ( Gadus Lota.) BL. 70.
Longue d’un et deux pieds; jaune-marbrée de brun ; un seul barbillon au menton; les deux nageoires d'égale bauteur. C’est le seul poisson de ce genre qui remonte avant dans les eaux douces. Sa tête un peu déprimée, et son corps presque cylindrique, lui. donnent un aspect particulier. On estime fort sa chair, et surtoutison foie, qui est singulièrement volumineux.
On pourrait encore distinguer parmi les lottes LES MUSTELES,
Dont la dorsale antérieure est si peu élevée, qu’on a peine à lapercevoir.
AR GATE AN 2 qe en LR DORE EE EST
(1) Lœnga, lœnge, ling, nom de ce poison en divers pays du ‘Nord. Molua, corruption de morrhua ; appliqué à celle espece par Charleton, l
216 POISSONS La Mustèle commune, (G. Mustela. 1.) BL. 165, sous le nom de G. tricirrhatus.
Brun-fauve , à taches noirâtres ; deux barbillons à la mâchoire supérieure; un à l’inférieure (x).
LA
LES BROSMESs.
N'ont même point de première dorsale séparée, mais une seule et longue nageoire, qui s'étend jusque tout près de la queue. ;
On n’en connaît que dans le Nord. L'espèce la plus commune ( G. brosme. Gm. ) Penn. Brit. Zool. pl. 34, ne descend pas plus bas que les Orcades. Il paraît qu'il y ena encore en Islande une espèce plus grande. (G:. /ub.) Nouv. Mém. de Stockh. XV, pl. 8. (2).
Ces poissons se salent et se sèchent (3).
Les Pnycis. Artéd. et Schn. (4).
Nediffèrent des autres gades que par des ventrales d’un seul rayon, souvent fourchu. D'ailleurs , leur tête est grosse, leur menton porte un barbillon, et leur dos deux nageoires, dont la seconde longue. Nos mers en possèdent quelques espèces.
(1) Ajoutez aux mustèles le gadus cimbricus, Schn. pl. 9.—G. quinquecirrhatus, Penn. Brit. Zool. pl. 33, mommé mal à propos mustela par Bloch et Gmel.
(2) On donne aussi aux brosmes, en plusieurs cantons, les noms de lingues et de dorches.
- Voyez Penn. loc, cit. et Olafsen, voy. en Isl. trad. fr. pl. 27 et 28.
(5) Les trois subdivisions des lotes , des mustèles et des brosmes, sont réunies par Schneider dans le genre enchelyopus. Ce nom formé originairement par Klein, pour toutes sortes de poissons allongés, signifie anguilliforme. Gronovius le réservait au Blennius viviparus qui est mon genre zoarcès.
(&) Phycis, nom ancien d’un poisson mal déterminé. Rondelet l’a appliqué a notre première espèce dont Artédi avait fait un genre, réuni aux blennies par Linnæus, et rélabli par Bloch. éd. de Schu.
ps 56.
La plus commune , dans la Méditerranée , s’y nomme molle ou tanche de mer. ( Phycis Mediterraneus. Laroche. Phycis tinca. Schn. Blennius phycis. L.) Salvian. fol. 230. Sa dorsale antérieure est ronde, et pas plus élevée que l’autre ; ses ventrales à peu près de la longueur de sa tête. Une autre qu’on pêche aussi dans Océan,
Le Merlus barbu: Duham. Il, pl. xxv, Ê. 4. (PAycis blennoïdes. Schn.) Gadus albidus. Gin. Blennius gadoides. Risso. Gadus fuscatus. Penn. , etc. Schn. pl.6. A sa première dorsale plus relevée , et son premier
rayon très-allongé; les ventrales deux fois plus longues
que la tête (1).
Les RANICEPS.
Ont la tête plus déprimée que les phycis et que tous les autres gades , et la dorsale antérieure si petite, qu’elle est comme perdue dans l'épaisseur de la peau.
On n’en a encore que de l'Océan (2).
On ne peut rapprocher que des gades les deux genres SUIVANS :
LEs GRENADIERS. ( LEPIDOLEPRUS. Risso.)
Leurs sous-orbitaires s'unissent en avant entre eux et avec les os du nez, pour former un museau dé-. primé qui avance au-dessus de la bouche , et sous
(1) N. 2. La fig. de Schn. pl. 6, est rapportée mal à propos au Phycistinca, comme l’a bien remarqué M. de la Roche, Ann. du Mus. XIE, p. 333. J'ai donné les caractères ci-dessus, ayant à la fois les deux poissons sous les yeux. Une troisième espèce est le bafrachoïdes gmelini, Risso , fig. 16, qui n’est nullement un batrachoïde.
Ajoutez le gad. americanus, Schn. ou Blennius chubs, nat. de Berl. VIL, 143, si ce n’est pas le même que le gad. albidus.
(2) Le gadus raninus, Müll. Zool. Dan. pl. 45. Blennius raninus, Gmel. Batrachoïides blennioides |, Lacép. Phycis ranina, BI.
Schn. 57; — le gadus trifurcatus, Penn, Brit, Zool. INT, pl. 52. Phycis fusca , Schn,
lequel celle-ci conserve sa mobilité. La tête entière et tout le corps sont garnis d’écailles dures et hérissées de petites épines. Les ventralessont petites et un peu jugulaires ; les pectorales médiocres. La première dorsale est courte et haute. La deuxième dorsale et l’anale, l’une et l’autre irès-longue, s'unissent en pointe à la caudale. Les mâchoires n’ont que des dents très-fines et très-courtes. Ils vivent à de grandes profondeurs, et rendent un son comme
les grondins quand on les tire de l’eau.
On en connaît deux espèces, des profondeurs de la Méditerranée. Lépidol. cælorhynchus et trachyrhynchus. Risso. p. 200, pl. virr, f. 27 et 22.
Les Macroures. ( Macrourus. BI.)
Ont, comme les grenadiers , une première dorsale distincte, courte et élevée et les autres verticales, réunies autour d’une longue queue pointue. Leurs ventrales sont bien thoraciques , leurs écailles carénées et rudes; leurs dents petites et sur plusieurs ranss ; ils portent sous le bout de la mâchoire inférieure un barbillon comme les morrues.
On n’en connaît qu'un, long de trois pieds, des profondeurs de Ja mer Glaciale. (Coryphæna rupestris. Gm. )
El 77.
La deuxième famille , vulgairement dite POISSONS PLATS, comprend de grand genre
Des PLEURONECTES. ( PLEURONECTES, L,.) (x).
Îls ont un caractère unique parmi les animaux
d Jos N r 1 qe \ " (1) Pleuronectes, nom composé par Artédi, de rAcupe , le flanc,
MALACOPTÉRYGIENS SUBBRACHIENS. 210 vertébrés, celui du défaut de symétrie de leur tête où les deux yeux sont du même côté , qui reste supérieur quand l'animal nage et est toujours coloré fortement , tandis que le côté où les yeux manquent
êst toujours blanchâtre. Le reste de leur corps, bien que disposé en gros comine à l’erdinaire, participe un peu à cette irrégularité. Ainsi les deux côtés de la bouche ne sont point égaux , et. il esl rare que les deux pectorales le soient. Ce corps est trèscomprimé, haut verticalement; la dorsale règne tout le long du dos ; l’anale occupe le dessous du corps, et les ventrales ont presque l’air de la continuer en avant , d'autant qu’elles sont souvent unies l’une à l’autre. Il y a six rayons aux ouïes. La cavité abdominale est petite, mais se prolonge ën sinus dans l’épaisseur des deux côtés de la queue , pour loger quelque portion des viscères. Il n’y a point de vessie natatoire , et ces poissons quittent peu le fond. Le squelette de leur crâne est curieux, par ce renversement qui porte les deux orbites d’un même côté : cependant on y retrouve toutes les pièces communes aux autres genres, mais inégales.
Les Pleuronectes fournissent le long des côtes dans presque tous les pays une nourriture agréable et saine.
On trouve quelquefois des individus qui ont les
et vuxlys, nageur ; parce qu’ils nagent sur le côté ; les anciens leur üorinaïent des ‘noms différens selon les espèces, eomme Passer , Rombus, Buglossa, etc. |
yeux placés de l’autre côté que le reste de leur espèce, et que l’on nomme contournés ; d’autres où les deux côtés du corps sont également colorés, et que l’on appelle doubles. Le plus souvent c’est le côté brun qui se répète, mais cela arrive quelquefois aussi au côté blanc (1).
Nous les divisons comme il suit :
Les Pzres. (PraressA. Cuv.)
Ont à chaque mâchoire une rangée de dents tranchantes, obtuses, et aux pharyngiens des dents en pavés; leur dor- Sale ne s’avance que jusqu’au-dessus de l'œil supérieur , et laisse, aussi-bien que l’anale, un intervalle nu entre elle et la caudale ; leur forme est rhomboïdale; la plupart ont les yeux à droite. On leur observe deux ou trois petits coœcums. Nos mers en nourrissent quelques-unes , telles que
. La Plie franche ou Carrelet. (2). (Peur. platessa. L..)BI. 42e
Reconnaissable à six ou sept tubercules , formant une ligne sur le côté droit de sa tête, entre les yeux, et aux taches aurore, qui relèvent le brun du corps de ce même côté. C’est l'espèce la plus estimée de ce sous-genre.
Le Flet ou Picaud. ( Pleur. flesus. L.) BI. 44. (Et 50, sous le nom de PZ. passer.) (3).
N'a que de petits grains à la ligne saillante de sa tête, et porte tout du long de sa dorsale et de son anale, un
(1) Le rose-coloured flounder, Shaw. IV , 11, pl. 43, est un flet où le côté blanc est double.
(2) N. B. Le nom de carrelet ou petit carreau , a été appliqué par quelques auteurs à la barbue , mais contre l’usage de nos côtes et de nos marchés. Le vrai carrelet est une jeune plie,
(5) Le pl. passer d’Ariédi et de Linn. n’est point différent du tusbot; celui de Bloch n’est qu’un vieux flet tourné à gauche,
petit bouton âpre sur la base de chaque arête. Sa ligne latérale a aussi des écailles hérissées. Il n’a que des taches pâles sur son fond brun. Sa chair est de beaucoup inférieure à celle de la plie. Il remonte fort haut dans les rivières, et beaucoup d'individus, dans cette espèce, sont tournés en sens contraire.
La Limande. ( Pl. Limanda. L.) BI. 46.
A à la tête du côté droit, une ligne saillante et de grands yeux, et sa ligne latérale éprouve une forte courbure audessus de la pectorale. Ses écailles sont plus âpres qu'aux précédens , ce qui lui a valu son nom (de Zima,
" dime). Le côté des yeux est brun-clair, avec quelques taches effacées, brunes et blanchätres. Quoique petite, on l'estime plus à Paris que la plie, parce qu’elle supporte mieux le transport.
Lxs FLérans. (HiPpocrossus. Cuv.)
Ont avec les nageoires et la forme des plies, les mâchoires et le pharynx-armés de dents aiguës ou en velours. Leur forme est généralement plus oblongue.
La mer du Nord en produit un qui devient énorme.
Le Flétan. ( PL Hippoglossus.) BI. 47.
Il a les yeux à droite. On le sèche et le vend par mor-
eaux dans tout le Nord.
Il y en a plusieurs petits dans la Méditerranée, dont la plupart ont les yeux à gauche (1).
(1) Pleur. macrolepidotus , Bl. 190, ou citharus, Rond. 514, et
pecten , Gesn. nom. aq. p. 97 , dont Bloch a fait mal à propos un poisson du Brésil , car l’aramaca, Margrav. 187, est tout différent.— PJ. boscii, Risso, VIL, f, 33,—P]. limandoïdes, Bl, 186, ou citharus asper, Rondel. 515.
Les Tursors. (Raompus. Cuv.)
Ont aux mâchoires et au pharynx, comme les flétans, des dents en velours ou en carde; mais leur dorsale s’avance jusque vers le bord de la mâchoire supérieure , el rèone, ainsi que l’anale; jusque tout près de la caudale. La plupart ont les yeux à gauche.
Dans les uns, ces yeux sont rapprochés. Telles sont les deux grands espèces de nos côtes, les plus estimées de tout le genre pleuronecte.
Le Turbot. (PI. maximus.) BI. 40.
À corps rhomboïdal, presque aussi haut que long; hérissé du côté brun de petits tubercules, et
La Barbue. ( PL. rhombus.) BI. 43.
À corps plus ovale; sans tubercules.
La Méditerranée en a un de quelques pouces, et en apparence sans écailles. (PL. nudus. Risso.) Diaphanus.Sh. IV, 11, 309. Arnoglossum. Rondelet, 324 (1).
En d’autres turbots, les yeux sont fort écartés, et le supérieur reculé. Ils ont un petit crochet saillant sur la base du maxillaire, du côté des yeux, et quelquefois un autre sur l'œil inférieur. La Méditerranée en produit de cette sorte (2). |
{1} Ajoutez la barbue à taches notres et rouges, où targeur (pl. punctatus) BL. 189; pl. hirtus, Abild. Zool. Dan. 105, de la mer du Nord ;—pl. cristatus, Schn. 153, voisin de la barbue, vulgairement sole à lIsle-de-France ; le pl. commersonten, Lac. IV, 655 ; mais la figure 111, x11, 2, est d’une auire espèce et vraiment du sous-genre sole.
(2) Pleur. podas, Laroche, Atin. du Mus. XIII, xx1v, 14;—pl. rhomboïdes, Rondel. 515 ;—pleur, mancus , Brousson. Dec. icht. pl. 9 et 4;—pleur. argus, Bl. et lunatus, Gm, B]. 48, ou mieux Cafesb. 6QT, XXVII.—4
MALACOPTÉREGIENS SUBPRACHIENS. 293 LEs SOLES. (SOLEA. Cuv.)
Ont, pour caractère particulier , ia bouche contournée et comme monstruetise du côté opposé aux yeux, et garnie seulement de ce côté-là de fines dents en velours serré, tandis que le côté des yeux n’a aucunes dents. Leur forme est oblongue ; leur museau rond , et presque loujours plus avancé que la bouche; la dorsale commençant sur la bouche, et régnant , aussi-bien que l’anale , jusqu’à la caudale. Leur ligne latérale est droite; le côté de la tête opposé aux yeux, est généralement garni d’une sorte de villosité. Leur intestin est long, plusieurs fois replié et sans cœcums.
L'espèce commune dans nos mers et connue d’un chacun ( ?2. solea. L.), BL. 45 , brune du côté des yeux,
à pectorale tachée de noir, est un de n9s meilleurs pois-
sons.
Nous en avons encore plusieurs autres , surtout dans la
Méditerranée (r).
Quelques espèces étrangères n’ont aucune distinction
entre leurs nageoires verticales (2).
Nous appellerons Monocnires
Des soles qui n’ont qu’une extrèmement petite pectorale du côté des yeux, et où celle du côté opposé est presque imperceplible, ou manque tout-à-fait.
Nous en avons un dans la Méditerranée ; le Lingua-
(1) La pole de Bélon , 145 , et de Rondel. 323, qui a les veux à gauche ; mal caractérisé par Lin. sous le nom de cyroglossus.-—Le pl. ocellatus, Sch. 4o, le même que pl. Rondeletir, Sh. solea oculata. ou Pégouze, Rondel, 522 ;—la Pégouse, Risso, p. 308 ;—pZ. lascaris, Risso, pl. vit, f 32 ;—pl. théophile, id. p. 313.
(2) PL zebra,B].187;—p1. plagiusa, Li, —pl. orientalis, Schn.1 97; — pl, commersonien, Lac. I, x11, 2 : mais la descript. IV, 656, est d'une autre espèce du sous-genre turbot.
25/4 POISSONS tula. Rondelet, 324. ( Pleur. microchirus. Lar. An. Muse XIII, 356.) (x).
Les Acnires. ( Acxirus. Lacép.)
Sont des soles absolument dépourvues de nageoires pectorales.
On peut aussi les diviser, selon que leurs nageoires verticales sont distinctes (les AcHiREs (2) proprement dits), ou qu’elles s'unissent à la caudale (les PLaGus14. (3) Brown.)
La troisième famille que nous appellerons Drscorozes, à cause du disque formé par leurs ventrales, comprend deux genres peu nombreux.
LES PORTE-ÉCUELLE. (LEPADOGASTER. Gouan. }
Sont de petits poissons remarquables par les caractères suivans. Leurs amples pectorales descendues à la face inférieure du tronc, prennent des rayons plus forts, se reploient un peu en avant , et s’unissent l’une à l’autre sous la gorge par une membrane transverse, dirigée en avant : une autre mem-
(1) C’est probablement le pleur. mangilii, Risso, 310. Il en existe d’autres espèces dont quelques-unes sont sans doute confondues parmi les achires des auteurs. Le pl. frichodactylus doit aussi y appartenir.
(2) PL. achirus, L. achire barbu, Geoff. Ann. du Mus. tomel, pl. xr. Ce n’est pas le même que celui de Lacép. Il est essentiel de remarquer que les barbes ne sont pas des rayons, mais des cils, comme il y en a dans la sole commune, et que l’on retrouve dans plusieurs aclfires;—l’ach. marbré, Lac. II, x1r, 3, et IV, p. 660 ; — V'uch. fascé, id. pl. lineatus ; sloane, Jam. pl. 246.
(5) Pleur. bilineatus, Bl. 188 ;—l'ach. orné, Lac. IV, p. 665 ;— pleur. arel, Sch. 159, pl. plagusiæ* aff. Jam. 445, différent du p2. plagiusa , XL.
brane fransverse dirigée en arrière , adhérente au bassin et se prolongeant sur les côtés pour s’attacher au corps, leur tient lieu de ventrales. Du reste leur corps est lisse et sans écailles ; leur tête large et déprimée, leur museau saillant et extensible , leurs ouïes peu fendues, garuies de quatre ou cinq rayons ; ils n’ont qu’une dorsale molle visà-vis d’une anale pareille. Leur intestin est court, droit, sans cœcum; ils manquent de vessie natatoire. Cependant on les voit nager avec vivacité le Jong des rivages.
Dans les PORTE-ÉCUELLE proprement dits, la membrane qui représente les ventrales règne circulairement sous le bassin, et forme un disque concave; d’un autre côté, les os de l’épaule forment en arrière une lécère saillie, qui complète un second disque, avec la membrane qui unit les pectorales. Nos mers en possèdent plusieurs espèces.
Dans les unes, la dorsale et l’anale sont distinctes de la caudale (1).
En d’autres, ces trois nageoires sont unies (2). Les Gozgrésoces. Lacép.
N'ont point ces doubles rebords, et par conséquent lintervalle entre les pectorales et les ventrales n’y est point divisé en un double disque. Leur dorsale et leur anale sont courtes, et distinctes de la caudale (3).
(1) Lepadog. gouan, Lac. I, xxu, 5, 4, ou ep. rostratus, Schn. ; —lepad. Balbis, Risso, pl. IV, f. 9, probablement le même que le cyclopt. cornubicus , Sh. on jura sucker, Penn. Brit. Zool. n°. 59; — lepad. Decandolle , Risso, p. 76.
(2) Lepadog. Wildenow, Risso, pl. IV, f. 10. |
(3) Lepad. dentex, Schn. Pall. Spic. VIE, 1, probablement le méme