CINQUIÈME ORDRE DES GASTÉROPODES
F'orment sans comparaison la tribu la plus nombreuse , puisqu'ils comprennent presque toutes les coquilles univalves en spirale, et plusieurs coquilles simplement coniques. Leurs branchies , composées de nombreux feuillets ou lanières , rangées parallèlement comme les dents d’un peigne, sont attachées sur une, deux ou trois lignes, suivant les genres, au plafond de la cavité pulmonaire qui occupe le dernier tour de la coquille, et qui s'ouvre
(1) Voluta tornatilis et bifasciata, L. Martini, IT, xznt, 442, 445 ;—y. sulcata, et v. solidula, ib. 44o, 441 ;—v. flammea, ib. 459 ; —v. flava ,ib. 444 ;—v. pusilla, ib. 446.
(2) Trochus dolabratus | Li. Clhemn. V, cLxvu, 1603, 1604; — bulimus terebellum, Brug. List. 84%, 72.
h16 | GASTÉROPODES
par une grande solution de continuité, entre le bord du manteau et le corps.
Un seul genre , les cyclostomes, a , au lieu de branchies, un réseau vasculaire, tapissant le plafond d’une cavité d’ailleurs toute semblable; ils sont les seuls qui respirent l'air en nature , tous les autres respirent l’eau.
Ils ont tous deux tentacules et deux yeux portés quelquefois sur des pédicules, une bouche en forme de trompe, et des sexes séparés. La verge du mäle, attachée au côté droit du cou, ne peut d’ordimaire rentrer dans le corps, mais se réfléchit dans la cavité des branchies; elle est quelquefois très-grosse. La seule paludine la fait rentrer par un orifice percé à son tentacule droit. Le rectum, ct loviductus de la femelle rampent aussi le long du côté droit de cette cavité, et entre eux et les branchies, est un organe particulier composé de cellules recélant une humeur très-visqueuse , servant à former une enveloppe commune, qui renferme les œufs et que l’animal dépose avec eux.
Les formes de cette enveloppe sont souvent très-compliquées et très-singulières (1).
(1) Voyez pour les murex Lister. 881, Baster op. Subs. 1, YT, 1,2, pour les buccins. Bast, ib. V, 2, 3.
Leur langue est armée de petits crochets, et entame les corpslesplus durs par des frottemens lents et répétés.
La plus grande différence entre ces animaux consiste dans la présence ou l’absence de ce canal formé par un prolongement du bord de la cavité pulmonaire du côté gauche, et qui passe par un canal semblable ou par une échancrure de la coquille, pour faire respirer l'animal sans qu'il sorte de son abri. Il y a encore entre les genres cette distinction que quelques-uns manquent d’opercule, et les espèces diffèrent entre elles par les filets, franges et autres ornemens que portent leur tête, leur pied ou leur manteau. ‘à
On range ces mollusques sous plusieurs familles d’après les formes de leurs coquilles, qui paraissent être dans un rapport assez constant avec celle des animaux.
La première famille des gastéropodes pectinibranches, ou Les Trocoïpes.
Se reconnait à sa coquille spirale, dont louverture est entière, sans échancrure ni canal; et garnie d’un opercule.