FEUILLETS BRANCHIAUX
Sont sans comparaison les plus nombreux.
Toutes les coquilles bivalves, et quelques genres de multivalves leur appartiennent.
Leur corps qui renferme le foie et les viscères est placé entre les deux lames du manteau; en avant , toujours entre ces lames, sont les quatre feuillets branchiaux striés régulièrement en travers par les vaisseaux ; la bouche est à une extrémité , l’anus à l’autre, le cœur du côté du dos; le pied lorsqu'il existe est attaché entre les quatre branchies. Aux côtés de la bouche sont quatre autres feuillets triangulaires, qui sont les extrémités des deux lèvres, et servent de tentacules. Le pied n’est qu'une masse charnue , dont les mouvemens se font par une mécanique analogue à celle de la langue des mammifères. Il a ses muscles fixés dans le fond des valves de la coquille.
D'autres muscles se rendent transversalement d’une valve à l’autre pour les tenir fermées ; mais quand l'animal relâche ces muscles, un ligament élastique placé en arrière de la charnière , ouvre les valves en se contractant.
Un assez grand nombre de bivalves possède ce qu'on appelle un byssus, c’est-à-dire un faisceau de fils plus ou moins déliés , sortant de la base du pied, et par lesquels l'animal se fixe aux différens corps. Il emploie son pied pour diriger ces-fils et pour en coller les extrémités ; il reproduit même des fils quand on lui en a coupé ; néanmoins la nature de cette production n’est pas encore bien constante. Réaumur les croyait une secrétion filée et comme tirée dans le sillon du pied; Poli pense que ce n’est qu'un prolongement des fibres musculaires.
La première famille des Acéphales testacés, Ou les Osrracés,
À le manteau ouvert et sans tubes ni ouver-:
tures particulières.
Ces bivalves manquent de pied, ou n'en
N. B. Dans les descriptions des coquilles et des animaux , nous appelerons extrémité antérieure celle où est la bouche , et nous déterminerons par-là le côté droit et le côté gauche. La plupart des
conchyliologistes ont pris les bivalves en sens contraire.
TESTACÉS. 457 ont qu'un fort petit, et sont pour la plupart fixés ou par leur coquille ou par leurs fils aux rochers et autres corps plongés sous l’eau.
Ceux qui sont libres ne se meuvent guères qu'en choquant l’eau par une fermeture subite de leurs valves.
Leur première subdivision n’a qu’une masse musculeuse! allant d’une valve à l'autre, ce qui se voit à l'impression unique laissée sur la coquille.
Linnæus avait réuni sous le genre
Des Hurtres. (OsTREA. L. )
Toutes les espèces qui n’ont à la charnière qu'un petit ligament logé. de part et d'autre dans une fossette et sans dents ou lames saillantes.
On peut placer en avant d'elles Les AcarDEs. Brusg.
Où les valves ne paraissent pas même être attachées par un ligament , mais se recouvrent comme un vase et son couvercle , et tiennent l’une à l’autre seulement par les muscles. On n’en connaît bien que @e fossiles (x).
(1) Les acardes, Brug. Encycl. méthodique , pl. 172, que M. de Lapeyrouse a découverts et décrits sous le nom d’ostracites. Ce sont les radiolites, Lam.—T/acarde, Brug. 173, f. 1,3, qui forme le genre acarde Lam, ne paraît qu’une double épiphyse de verlébres de
cétacés,
Viennent ensuite Les HuiTres proprement dites. (OsTREA. Brug.)
Qui ont le ligament tel que nous l’avons indiqué, et dont les coquilles sont irrésulières, inéquivalves et feuilletées. Elles se fixent aux rochers, aux pieux, et même les unes sur les autres, par leur valve la plus convexe.
L'animal ( Peroris. Poli.) est un des plus simples parmi les bivalves; on ne lui voit de notable qu'une double rangée de franges autour du manteau, lequel n’a ses lobes unis qu’au-dessus de la tête, près de la charnière ; mais il n’y a nulle apparence de pied.
Tout le monde connaît l’Auftre vulgaire ( Ostrea edulis. L.), que l’on va recueillir sur les rochers, et qu'on. élève dans des viviers pour en disposer au besoin. Sa fécondité est aussi étonnante que son goût est agréable.
Parmi les espèces voisines on peut remarquer
La petite Iuttre de la Méditerranée. ( Ostrea cristata. ) Polis Ib, xx!
Parmi les espèces étrangères, on doit noter
L’ÆHuitre parasite. ( Ostrea parasitica. L. ) Chemn. VIII, LXXIV , 681.
Ronde et plate, qui se fixe sur les racines des mangliers et des autres arbres de la Zône-Torride, que les eaux salées peuvent atteindre.
L'Æuiître feuille. ( Ostrea Jolium. L.) Ib. LxxI1, 662-666.
Ovale, à bords plissés en zig-zag, qui s'attache par des dentelures du dos de sa valve convexe, aux branches des gorsones et autres lithophytes (r).
(1) Les espèces d’huître sont difficiles à distinguer à cause de leur
résularité: : te É HTregUularIiC; à ce geure se rapporlent les ostr. orbicularis—fornicata
TESTACÉS. 459 M. de Lamarck sépare, sous le nom de
GRYPHÉES. (GrypHÆA. Lam.)
Certaines huîtres , la plupart fossiles, d’anciennes couches calcaires et schisteuses, où le sommet de la valve plus convexe saiile beaucoup et se recourbe en spirale. L'autre
valve est souvent concave. Ces coquillages paraissent avoir été libres (1).
LEs PEIGNES, PÉLERINES ou ManrEAUx. ( PECTEN. Brug.)
Séparés avec raison des huîtres par Bruguières, quoiqu'ils en aient la charnière, sont aisés à distinguer par leur coquille inéquivalve, demi-circulaire, régulièrement marquée de côtes , qui se rendent en rayonnant du sommet de chaque valve vers les bords, et munie de deux productions anguleuses appelées oreillettes, qui élargissent les côtés de la charnière. L'animal ( Arcus. Poli.) n'a qu’un petit pied ovale(2), porté sur un pédicule cylindrique au-devant de son abdomen, qui est en forme de sac pendant entre les branchies. Dans quelques espèces, reconnaissables à une forte. échancrure sous leur oreillette antérieure, il y a un byssus. Les autres n’adhèrent point; elles se meuvent même avec assez de vitesse, en fermant subitement leurs valves. Le manteau est entouré de deux rangées de filets, dont l’extérieure en a plusieurs terminés par un petit globule verdâtre. La bouche est garnie de beaucoup de tentacules bran-
—sinensis—Forskahlii-—rostrata—virginica—cornucopiæ—senegalensis—stellata—ovalis—papyracea—et les mytilus crista galli-— hyotis —frons, de Gmel.
Mais 1l est presque indunbitable que plusieurs de ces RARE espéces sont des yariélés l’une de Pautre.
Ostr. semt aurita, Gualt. 84, H, est une jeune aronde oiseau.
(2) Voy. Brug. Encycl, méthod, vers. pl. 189.
(2) C’est ce que M. Poli nomme mal à propos #rachée addominale.
chus au lieu des quatre feuillets labiaux ordinaires, La co= quille des peignes est souvent teinte des plus vives couleurs. La grande espèce de nos côtes ( Ostrea maxima. L.), à valves convexes, l’une blanchâtre, l’autre roussâtre, chacune à quatorze côtes , larges et striées sur leur longueur, est connue de tout le monde sous le nom de coquille de Saint-Jacques , de Pélerine , etc.
Elle se mange.
On peut aussi remarquer la Sole de l'Océan Indien, (Ostr. solea.) Ghemn. VII, Lxr1, 595, à valves extrèmement minces, presque égales, l’une brune, l’autre blanche , à côtes intérieures, fines comme des cheveux, rapprochées deux à deux (1).
Les Limes. (Lima. Brus.)
Diffèrent des peignes seulement en ce que leurs deux valves ont sous l’oreillette antérieure une courbure, qui laisse une ouverture commune pour le passage du byssus. En général, la coquille des limes est plus allongée dans le sens perpendiculaire à la charnière; ses oreillettes sont plus courtes, ses côtés moins égaux, et elle forme ainsi un ovale oblique. La plupart ont les côtes relevées d’écailles. L’animat manque le plus souvent de tubercules aux filets de son manteau.
Il y en a une d’un beau blanc dans la Méditerranée.
( Ostrea lima. L. ) Chemn. VII, zxvitr, 651 (2).
Elle se mange.
(1) Ajoutez les quatre-vingt-onze premières espèces d’ostrea de Gmel.; mais il s’en faut de beaucoup que toutes soient établies sur une bonne critique.
(2) Ajoutez ostrea glacialis, Chemn. VIT, Lxvur, 652-653 ; —ostr. excavala , ib. 654;—ostr. fragilis, ib. 650 ;—ostr. hians, Gualt, LXXXVIN , FF, G,
TESTACÉS. AOt
Les HouLreTTes. (PEepum. Bruc.)
Ont la coquille oblongue et oblique, à petites oreillettes, des limes; mais leur valve la plus bombée a seule une échancrure profonde pour le byssus.
On n’en connaît qu’une, de la mer des Indes (1).
On doit rapprocher des huîtres , Les AnoMmies. ( ANOMIA. Brug. )
Qui ont deux valves minces, inégales , irrégulières , dont la plus plate est profondément échancrée à côté du ligament, lequel est à peu près comme dans les huîtres. La plus grande partie du muscle central traverse cette ouverture pour s’insérer à une troisième pièce ou plaque tantôt pierreuse, tantôt cornée, par laqueile l'animal s’attache aux autres corps, et le reste de cemuscle sert à joindre une valve à l’autre. L'animal (EcxioN. Poli) a un petit vestige de pied, semblable à celui des pélerines, qui se glisse entre l’échancrure et la plaque qui le ferme, et sert peut-être à faire arriver l’eau vers la bouche qui est très-voisine (2).
On trouve ces coquilles fixées à différens corps, comme les huîtres. Il y en a danstoutes les mers (3).
(1) Ostrea spondyloidea , Gmel. Chemn. VIIT, Lxxur , 669-670.
(2) Ce pied a échappé à M. Poli.
(3) Ænomia ephippium, Gm.;—a. cepa—a. electrica —a. squamula —a. aculeata—a. squama—a. punctata—a. undulata, et les espèces ajoutées par Bruguières, Encycl. méth. vers. I, 70 et suivantes, étph'i70 eh
Les autres anomies de Gmel, sont des placunes, des térébratul:s et des zyales.
Un petit genre voisin de ces anomies est celui Des PLacuxes. ( PLAcuNA. Brug.)
Qui ont des valves minces >inégales et souvent irrégulières comme les anomies , mais entières l’une et l’autre; près de la charnière en dedans l’on voit à l'une des deux , deux côtes saillantes formant un chevron.
__ Leur animal n’est pas connu, mais on croit qu'il ressemble à celui des huîtres ou à celui des anomies(1).
Les SronDYLESs. Vulg. huîtres épineuses. (SPox- DYLUS. L..)
Ont , comme les huîtres, une coquille rabotense et feuilletée, souvent même elle est épineuse ; mais leur charnière est plus compliquée; outre la fossette pour le ligament, analogue à celle des huîtres, il y a à chaque valve deux dents, entrant dans des fosses de la valve opposée ; les deux dents mitoyennes appartiennent à la valve plus convexe, qui est ordinairement la gauche, et qui a en arrière de la charnière un talon saillant et aplati comme s’il avait été scié. L’animal a, comme celui des peignes, les bords de son manteau garnis de deux rangées de tentacules et dans la rangée extérieure il en est plusieurs de terminés par des tubercules colorés ;
pen
(1) Anomia placenta, Chemn. VIII, Lxxix, 716, — un, sella, ib. 714. Voy. aussi les planches 173 et 174 de l'Encyclopédie méthod , vers.
au-devant de son abdomen, est un vestige de pied en forme de large disque rayonné, à pédicule court, pouvant se contracter ou se développer (1). De son centre pend un filet terminé par une masse ovale dont on ignore l'usage.
On mange les spondyles comme des huiïtres.
Leurs coquilles sont très-souvent teintes de couleurs vives. Elles adhèrent à toute sorte de corps (2).
M. de Lamarck sépare des spondyles Les PrrcatuLes. Lam.
Qui ont à peu près la même charnière, mais point de talon, et des valves plates, presque égales, irrégulières, plissées et écailleuses comme dans beaucoup d’huîtres (3).
Les MaRTEAUx. ( MaLLEus. Lam. )
Ont une simple fossette pour le ligament, comme danses huîtres, avec lesquelles Linnæurs les laissait , d'autant que leur coquille est de même méquivalve et irrégulière ; mais ils se distinguent par une échan. crure à côté de ce ligament pour le passage d’un byssus.
L'espèce qu'on connaît ( Ostrea malleus. Li. Chemn.
VIII, xx, 655,656), et qui est au nombre des coquilles rares et chères , a les deux bouts de la charnière étendus,
(1) C’est ce que M. Poli nomme mal à propos trachée abdominale, dans le spondyle , la pélerine, etc.
(2) Spondylus gæderopus, Chemn. VII, xzi1v et suivantes, LX, cxv ; —sp. regius, id, XLVI, 471.
| (3) Spondylus plicatus, L. Chemn. VII, xLvur, 479-482.
et formant comme une tête de marteau, dont les valves, allongées dans le sens transverse, représentent le manche. Elle vient de l’Archipel des Indes.
Il y en a d’autres qui, peutêtre , ne sont que des jeunes, où ia charnière n’est point prolongée. Il ne faut pas les confondre avec les vulselles (1).
Les VULSELLES. ( VULSELLA. Lam. )
Ont à la charnière de chaque côté une petite lame saillante en dedans, et c’est d’une de ces lames à l'autre que se porte le ligament, semblable d’ailleurs à celui des huîtres. À côté de cette lame est une échancrure pour le byssus comme dans les marteaux.
La coquille s’allonge dans le sens perpendiculaire à la charnière.
L'espèce connue vient de la mer des Indes (2).
Les PERNES. (PERNA Brusg.)
Onten travers de leur charnière plusieurs fossettes parallèles , opposées d’une valve à l’autre, et logeant autant de ligamens élastiques; et leur coquille irré- gulière et feuilletée comme celle des huîtres , a du côté antérieur, au-dessous de la charnière, une échancrure par où passe le byssus. Linnæus les laissait aussi parmi les huîtres (5).
* (1) Ostrea vulsella, Chemn. VIII, Lxx, 657, dont l’ostrea anaina, ib. 658-659 , n’est probablement qu’une variété accidentelle. (2) Wya vulsella, Chemn. VI, 11, 10-11.
(3) Ostrea ISOSROMUM, Chemn. VIF, 1x, 584;—0, perna, ib. 580;
La seconde subdivision des Ostracés , ainsi
que toutes les bivalves qui suivront, a, outre
la masse musculaire transverse unique des pré-
cédentes, un autre faisceau allant d’une valve à l’autre et placé en avant de la bouche.
Les ARONDES. ( AvicuLA. Brug. )
Ont une coquille à valves égales, à charnière recfiligne, souvent allongée en ailes par ses extrémités ; munie d’un ligament étroit et allongé , et quelquefois du côté dé la bouche de l’animal, de petites dentelures. Le côté antérieur un peu au-dessous de l’angle du côté de la bouche, a une échancrure pour le byssus. Le muscle transverse antérieur est encore excessivement petit.
L'espèce la plus célèbre est l'Aronde aux perles. (Mytylus margaritiferus. L.) Chemn.VITT, Lxxx , 717-721. Sa coquille est à peu près demi-circulaire, verdätre en dehors, et du plus beau nacre en dedans. On emploiece nacre pour toute sorte debijoux,et cesont ses extravasions qui produisent les perles d'Orient, ou perles fines, dont la pêche se fait par des plongeurs, principalement à Ceylan, au cap Comorin , et dans le golfe Persique.
Nous avons dans la Méditerranée, VA oiseats ( Mytilus kirundo. L.) Chemn. VIIT, Lxxx1, 722-726. Singulière par les oreilleites pointues qui prolongent sa charnière de chaque côté. Son byssus est grossier et robuste; il ressemble à un petit arbuste.
—0. legumen, ib. 578 ;—o. ephippium, ïb. Lvixt, 576 ;—0, mytidoides , Herm. natural. de Berl. Schr, IL, 1x, 9.