LES MOLLUSQUES CIRRHOPODES
( Leras et Îriron. Linn.)
Établissent , par plusieurs rapports, une sorte d'intermédiaire entre cet embranchement et celui des animaux articulés ; enveloppés d’un manteau et d’une coquille qui.se rapprochent souvent de ceux de plusieurs acéphales, ils ont à la bouche des mächoires latérales, et le long du ventre des filets nommés cirres, disposés par paires, composés
pensis, ib. 705 ;—an. pubescens, 14. LXXVIIT, 712 ;—an. detruncata, 1b, 705 ;—an. sanguinolenta, ib. 706 —an. vitrea, ib. 707, 709 ;—an. dorsata, ib. 710, 713 ;—an. psiütacea, ib. 715 ;—an. cranium , elec.
Pour les espèces fossiles, voyez les pl. 259-246 des vers de l’encycl. méthodique.
CIRRHOPODES. 5o5
d’une multitude de petites articulations, et représentant des espèces de pieds ou de nageoires, comme celles qu'on voit sous [a queue de plusieurs crustacés ; leur cœur est situé dans la partie dorsale et leurs branchies sur fes côtés ; leur système nerveux forme, sous le ventre, une série de ganglions. Cependant on peut dire que les cirres ne sont que les analogues des battans articulés de certains tarets, tandis que les ganglions ne sont à quelques égards que des répétitions du ganghon postérieur des bivalves. Ces animaux sont placés dans leur coquille la tête en bas, de manière que la bouche est dans le fond, et les cirres vers l’orifice. Entre les deux derniers est un long tube charnu qu'on a pris quelquefois mal à propos pour leur trompe, et à la base duquel, vers le dos, est l'ouverture de l’anus. A l’intérieur on observe un estomac boursouflé parune multitude de petites cavités de ses parois qui paraissent remplir les fonctions de foie; un intestin simple, un double ovaire, et un double canal serpentin que les œufs doivent traverser , dont les parois produisent Ja liqueur prolifique et qui se prolonge dans le tube charnu pour s'ouvrir à son extrémité. Ces animaux sont toujours fixés ; Linnæus
506 MOLLUSQUES n'en fesait qu’un genre, (les Lepas) que Bruguières a subdivisé en deux (r).
LEs ANATIFES. (ANATIFA. Bruc.)
Dont la coquille est composée de pièces mobiles, et suspendue à un tube charnu. Dans les espèces les plus nombreuses , les deux principales valves res-
sembleraient assez à celles d’une moule ; deux autres semblent compléter une partie du bord de la moule opposé au sommet, et une cinquième, inpaire, réunit le bord postérieur à celui de la valve opposée. De l'endroit où serait le ligament , naît le pédicule charnu ; un fort muscle transverse réunit les deux premuières valves près de leur sommet ; la bouche de l’animal est cachée derrière lui, et l'extrémité postérieure de son corps avec tous ses petits pieds articulés, sort un peu plus loin entre les quatre premières valves. Les anatifes ont douze paires de cirres, six de chaque côté, les plus près de la bouche sont les plus courts et les plus gros. Leurs branchies sont des appendices en pyramides allongées, adhérentes à la base extérieure de tout ou partie de ces cirres.
L'espèce la plus répandue dans nos mers ( Zepas anati- Jera. L..), a pris ce nom d’anatifère, à cause de la fable qui en fesait naître les bernaches ou les macreuses, fable qui
(1) Ce nom de /epas appartenait autrefois aux patelles. Linnæus SU pposant qu’il exisle aussi de cescirropodes sans coquilies , leur donnait alors le nom de rRITON ; mais l'existence de ces TriToNS dans la nature ne s’est pas confirmée , et l’on doit croire que Linnæus m'avait
vu qu'un animal d’anatife arraché de sa eoquille.