‹ Le règne animal distribué d'après son organisationChapitre 24 sur 92 · TOME · texte numérisé non relu

TOME

de sang, marqué d’une impression en forme d'H ; les

côtés bombés , etc. (1).

Les Uca Leach, ne diffèrent des gécarcins que parce que tous leurs pieds diminuent progressivement.

On n’en connaît qu'un, des marais de la Guiane. ( Canc. uca. L.) Herbst. vi, 36.

Les PoraAmMopiLes. Latr.

Ont le test en cœur des précédens , mais leurs pieds-mächoires extérieurs recouvrent bien toute la bouche. Leurs antennes externes sont très-courles, et insérées très-près de l'origine des pédicules oculaires, sous lesquels elles sont couchées. Ceux qu’on connaît vivent dans les eaux douces.

Il y en a un dans le midi de l’Europe ( Canc. fluviatilis. Bel. et Rondel.), Olivier, Voy. XXX, 2, dont le test jaunâtre a latéralement un petit rebord dentelé et quelques aspérités. Les moines Grecs le mangent cru. IL est commun dans les petits lacs de l'Italie méridionale (2). |

Les ErtPHIEs. Latr.

Ressemblent aux potamophiles par la forme de leur test et leurs pieds-mächoires extérieurs; mais leurs antennes externes sont assez lonoues, saillantes, et distantes de l’origine des pédicules oculaires.

Le front est moins incliné que dans les autres genres de cette tribu.

Nos côtes en fournissent une espèce ( Canc. spinifrons. Fab.) Herbst. x1, 65, dont les côtés et Le devant du test,

. (1) Aj. Canc.ruricola, Herbst. IV, 57 ;—canc. carnifex , XLI, 1.—c.

hydrodromus , ib. 2 ;—c. litteratus, XLVIxI , 4 ;—c. aurantius, ib. 5. (2) Le canc, fluviatilis, Hexbst, x ; 61, est une espèce différente et

d'Amérique. à

sont hérissés de pointes ainsi que les serres , qui sont trèsgrosses, inégales, avec les doigts noirs (r).

Une quatrième section , les ORBICULAIRES, a Île test orbiculaire ou elliptique, mais non pas comme la suivante, se rétrécissant par degrés en avant.

Les PIrNNoTHÈREs. { PINNOTHERES. Latr.)

Sont de petits crabes à test circulaire, mousse tout aufour, souvent presque membraneux. Leurs antennes sont très-courtes, ainsi que les pédicules de leurs yeux.

On en trouve dans l’intérieur des moules et de quelques autres bivalves, surtout èn automne (2),

Les anciens croyaient qu’ils vivaient dans une sorte de

société avec ces mollusques, et les avertissaient du danger, ou allaient à la chasse pour eux. Aujourd’hui, le peuple de certaines côtes attribue, peut-être sans de meilleures raisons, à leur présence dans les moules, la qualité malfaisante que celles-ci prennent quelquefois.

Lrs ArérécycLes. ( ATEerecycLus. Leach.)

Ont le test rond, dentelé aux bords; les yeux écartés : les antennes médiocres , saillantes ; les serres comprimées en crêtes; 1ls sont petits et de nos côtes (5).

Les TurA, Leach.

Sont aussi de petits crabes à test globuleux, mais dont

(1) Aldrov. crust. pagure, pag. 189;—c. rufo-punctatus, Herbst. XLVIL, 6 ;—c. cymodoce, id. LI, 5 ;—c. tridens, id. xx1, 125. (2) Cancer pisum, Li Leach. Malac. Brit. x1V , 1-3.;—canc. mytilorum , Herbst. 11, 24. Leach. ib.6-8;—canc. varians, OI. Herbst, 1b. 25. Leach. ib. 9-11 ;—canc. pinnotheres, Li. Leach. xv, 1-5; — c. pinnophylax, H.11, 27 ; pinnotheres montagui, id, ib. 6-8. Voyez sur les rapports de ces espèces l’article ci-dessus de M. Leach.

(3) Canc. rotundatus, Oliv. Zool, adr. IT, 2;—canc. hippa, Montagu, Soc. Lin. XI, 1 ; atelecyëèlus heterodon , Leach, Malac. Brit. 11.

qe f 20 CRUSTACÉS

les antennes latérales sont longues et velues, et les ongles flexueux (1).

Les CorystTes. (Corystes. Latr.)

Ont le test elliptique, plus long que large, et, comme les thia , se distinguent de la plupart des brachyures par des antennes extérieures rapprochées , longues et ciliées.

On en connait une des côtes d'Angleterre (Canc. personatus. Herbst. x11, 71,72.) (2), à trois dentelures de chaque côté du test.

Les Leucosres. ( LEucosr4. Fabr.)

Ont le test rond, bombé, comme globuleux, et dans un court rétrécissement de sa partie antérieure , de petits yeux à pédicules courts, presque immobiles dans leurs fossettes, entre lesquelles en sont aussi qui cachent de très-courtes antennes. Leurs deux pieds-mâchoires extérieurs pointus ; forment ensemble un grand triangle, dont la pointe est en avant.

La Méditerranée en produit une (Cane. nucleus. Li. ) Herbst. 11, 14, à quatre dentelures obtuses en arrière de son test (3).

Les Ixa. Leach.

Ne diffèrent des leucosies que parce que leur test produit de chaque côté une grosse proéminence cylindrique et mousse, qui le rend trois fois plus large que long (4).

Il en faut rapprocher une espèce dont le test a de chaque côté une grosse et longue épine transverse (5).

(1) Thia polita, Leach: Zool. Misc. 105, ou canc. residuus, Herbst. XLVIIT, 1.

(2) Leach, Malac. Brit. 1. <

(5) Ajoutez canc. craniolaris, Li. Herbst. 11, 17;—c. porcellanus, 1b. 18 ;—c. punctatus, Brown. Jam. 42, 5 ;—c. fugax, Herbst. 11, 15, 16 ;—c. mediterraneus, XXXVII, 2 ;—c. erinaceus, id. XX, III ;—C, urana, id.-EtIl, 3.

(4) Cancer cilindrus. Herbst. 11, 20-31.

(5) Canc. septemspinosus, id. Xx,°112.

DÉCAPODES. 21 L£s Micryres. (Maicryris. Latr.)

Ont le test ovale, renflé et mou; les yeux globuleux sans fossettes (1).

La cinquième section, les TRIANGULAIRES, a le test rhomboïdal ou ovoide, mais toujours se rétrécissant en avant.

Ceux qui ont le test ovoide sont connus vulsairement sous * le nom d’araignées de mer.

Les Inacaus. (INacaus. Fab.)

Sont les plus nombreux. Leur test est plus long que large, élargi et arrondi en arrière, rétréci en avant, et le plus souvent hérissé de pointes ou de tubercules (2).

Les EcErtA de Leach, auxquelles nous réunissons ses Ivacaus, ne diffèrent des précédens que par des pieds très-longs et très-grèles. Leur ressemblance avec des faucheurs fait illusion (3).

On peut séparer plus nettement des inachus,

Les Lirnopes. (Lirnopes. Latr.)

Où les derniers pieds , beaucoup plus petits que les autres,

apps

(1) L'espèce est nouvelle,

(2) Nous ne croyons pas nécessaire de conserver les nombreuses subdivisions établies par M. Leach , d’après les formes des orbites, et d’autres circonstances peu importantes, sous les noms dé maja, lissa , pisa, hyas, libinia ; nous réunissons donc ici canc. muricatus, Herbst, x1V, 85 ; —c. squinado , ib. 84, 85 ;—c. ursus, ib. 86 ;: — c. superciliosus , ib. 89;—c. longirostris, id. Xv1, 92;—c. bufo , id. XVII, 99 ;—c. chiragra, ib. 06 ;—c. pipa, ib. 97;—c. bilobus, id. XVIII, 98 ;—c. condyliatus, ib. 99 ;—c. heros, id. xz11, 1; —c. prædo, ib. 2 ;—c. cervicornis, id. Lvni1, 2 ;—c. thalia, ib. 3;—c. philyra,ib. 4;—c. pleione, 1b. 5;—c. styx, ib. 6 ;—c. hirticornis, id. LIX , 4 ;—c. dama , ib. 5 ;—c. cornudo, ib. 6 ;=libinia ermarginata, Leach. — Zool. mise. 108 ;—pisa nodipes, ib. 79:

(3) Canc. rostratus, Li. Herbst. xv, 90;—tnachus dorynchus, each, Malac. Brit, xx1r, 7, 8 ;—egeria indica, id. Zoo. misc, 73 ;—i1achus dorsettensis , id. Malac. Brit. xx1r, 1-6,

sont presque cachés sous le bord postérieur du test. Les palpes extérieurs sont presque aussi saillans qu'aux crustacés macroures.

Il y en a un assez grand de la mer du Nord ( Canc. maia, JL. Lithodes artica. Latr.) Herbst. xv, 87, tout hérissé sur le test et les pieds.

Quand , avec les formes des inachus et des éseries, le museau s’allonge beaucoup et porte les yeux à une assez grande distance en avant de la bouche, ce sont

Les Macroropes. Latr. (MacroponiA et LEPToPpoDrA. : Leach.)

Leurs pieds très-longs, très-sréles, leur test petit, les font ressembler à des faucheurs ; leurs palpes externes sont aussi très-saillans (tr).

Les Pacroræs. (Pacrorus. Leach.)

Ressemblent aux macropodes, si ce n’est que par une disposition presque unique parmi les crustacés, leurs premiers pieds n’ont point de serres, et qu'il y en a aux quatre derniers (2).

Les DocceA. Leach.

Se rapprocheraient des egeria, parce que leurs pieds ne sont ni moins longs, ni moins gréles; mais leur test est fort racourci, au moins aussi large que long. Leurs serres sont souvent courtes et grèles; leurs palpes ne s’allongent pas. Îls ressemblent aussi à des faucheurs (3).

(1} Canc. seticornis , Herbst. xv, 91,1v, 2; Leach. Zool. misc, lab 67.—Macropodia tenuirostris, Leach. Malacost, Brit. tab. 23, fig. 1-5,— M. phalangium, ejusd. ibid, 6. ,

(2) Pactolus boscii, Leach , Zool. misc. pl, 68.

(3) Doclea Rissonii, Leach. Zool. mise, pl. 74;—canc. araneus ,

Herbst. x113, 81,—canc, longipes, Rumph. Mus. vit, 4,

DÉCAPODES. 23 Les Mrrumrax. Leach.

Ont aussi le test plus large que long, et approchant de la figure rhomboïdale ; mais leurs serres et leurs pieds sont gros et courts (1).

Les PARTHENOPES. (PARTHENOPE. Fab.)

Auxquelles nous réunissons les EuryNoMEs de M. Leach, ont le test rhomboïdal ordinairement très-rude et raboteux , ce qui les rend -horribles à voir; de longs bras qui ne peuvent se rapprocher en avant beaucoup au-delà de la ligne transversale , portent de longues serres, terminées par des crochets brusquement courbés commes des becs de perroquet (2).

Une sixième section fort particulière, LEs CRYPTOPODES, a les quatre derniers pieds susceptibles de se retirer et d'être recouverts par une avance en forme de voûte de l'angle postérieur de chaque côté du test, lequel est demicirculaire. |

Les MiGRANEs. (CaraprA. Fab.)

Ont le crâne très-bombé , les serres comprimées en crète, et s’'adaptant parfaitement aux bords extérieurs du test, de manière à couvrir toute la région de la bouche. Le deuxième article de leurs pieds-mächoires extérieurs se termine en pointe.

Nous en avons une dans la Méditerranée, dite Cog de de mer, Crabe honteux , etc. (Canc. granulatus. L. Calappa granul. Fab.) Herbst. x11,75, 76. Son test est rougeûtre,

(1) Canc. spinipes, Herbst. xvit, 94 ;—canc. hispidus , id .xXvrr, 100 ;—canc. aculeatus , id. XIX , 104.

(2) Cancer horridus, Séb. xx1r, 2, 5. Herbst. x1v, 88 ;—cane, longimanus , Séb. xx , 12. Herbst. x1x, 105, 106 ;—canc. macrochelos, Herbst. x1X, 107 ;—canc. echinatus, ib: 108, 109 ;—canc. Pransor , id. xL1, 3;—c. contrarius , id, LX , 5; —ÆEurynome aspera, Leacu, Malac, Brit. xvir,

a de gros tubercules , et des taches couleur de carmin; les angles postérieurs ont chacun quatre dents(r).

Les ŒTHRA. Leach.

Ont, avec des formes analogues aux migranes, le test très-aplati, et le deuxième article des premiers pieds-mâchoires carré (2).

Enfin une septième et dernière section, Les NOTOPORDES. Se compose des brachyures, où deux pieds de derrière, quelquefois même quatre, sont attachés si haut sur l’arrière du corps, qu’ils se dirigent vers le ciel.

Le plus grand nombre a ces pieds terminés en crochet aigu.

Les Dromies. (DromraA. Fab.)

Ont le test arrondi, bombé et hérissé. Leurs quatre derniers pieds sont relevés et terminés en double crochet, dont ils se servent pour saisir des alcyons , des valves de coquilles et d’autres corps sous lesquels ils se mettent à Fabri : et qu’ils transportent avec eux.

L'espèce la plus connue (Canc. Dromia. L. Dromia Rumphii. Fab.) Herbst. xvrir, 103, est très-velue , a cinq dents latérales, trois au front, etc. On la trouve dans la Méditerranée et dans la mer des Indes; elle se couvre d’alcyons. Quelques-uns l’ont dite venimeuse (3).

(1) Aj. Canc.calappa, Séb. xx, 7, & Herbst. x11, 73, 74;—c. lophos, Herbst. X111, 77 ; —c. tuberculatus, ib. 78 ;—c. flammeus, id. xL , 2; —c. inconspectus, 1b. B—c. gallus, id. Lvirt, 1.

(2) Canc. scruposus, Lin. ; canc. polynome , Herbst. IT, ur, 4, 5; —-canc. fornicatus, id. XIII , 79, 80.

(3) Ajoutez canc. caput mortuum, L. ou dromia clypeata, act. Hafn. 1802, de la Méditerranée. Le dr. cap. mort. Bosc. crust. est différent et propre à l'Amérique. C’est le c. sabulosus, Herbst.: XLVII , 2, 3, et probablement Nicols, Hist. nat. de St.-Dom. pl. vr, f.5 et4;— dr.ægagropyla, Fabr. ; — dr. artificiosa, Fab. Herbst. EVIL, 7.

Les Dortppes. (Dorirre. Fab.)

Ont le test plus étroit en avant, et cependant tronqué carrément et dentelé dans cette partie; les antennes entre les yeux ; ceux-ci à l'angle du test. Leurs quatre pieds relevés se terminent en crochets simples.

La Méditerranée en produit une nommée sur quelques côtes Facchino. (Canc. lanatus.) Planc. Conch. min. not.

v, 1. Herbst. x1, 07 (1).

Les Homozes. (HomoraA. Leach.)

N'ont qu’une paire relevée, encore l’est-elle peu, et terminée par un crochet simple. Leur test est rectangulaire, plus long que large, tronqué carrément et fort épineux en avant ; leurs antennes sont insérées sous les pédicules des yeux, qui, rapprochés à leur base, sont assez longs pour atteindre les angles du test.

Il y en a un de la Méditerranée. (Canc. barbatus, Fab. Herbst. xzir, 3, ou Æomola spini frons. Leach. Zool. Misc. 86.)

D’autres notopodes ont les pieds, à l'exception des serres, terminés par un aplatissement ou nageoire.

LEs RaANINES. (RaAniINA. Latr.)

Que Fabricius a réunies avec les albunées , se rapprochent en effet des macroures par leur queue petite, mais toujours étendue; cependant elle n’a point de nageoires au bout.

Leur test est oblong , tronqué en avant ; tous leurs pieds aplatis et crochus, donnent à ces crabes une apparence fort bizarre. On n’en connait que peu d’espèces, de la mer des Indes. On dit qu’ils montent jusque sur les toits (2).

(1) Ajoutez les esp. ou var. Herbst. x1, 68 , 69 et 70, et son canc, astutus , LV, 6.

(2) Cancer raninus , L. Rumph. Mus. amb. VII, t. v, ibid. ee UE

20 CRUSTACÉS La seconde famille, ou

Les Décarones macroures. (ExocanarA. Fab.)

Ont, au bout de la queue, des appendices formant le plus souvent, de chaque côté, une nageoire (1), et la queue aussi longue au moins que le tronc, étendue ou découverte, et simplement courbée vers son extrémité postérieure ; son dessous a, dans la plupart, aux deux sexes, cinq paires de fausses pattes, terminées chacune par deux lames ou deux filets. Leurs pieds-màchoires extérieurs sont généralement étroits, allongés , et ne recouvrent point en totalité les autres parties de la bouche. Les branchies sont formées de pyramides imitant des brosses, ou des barbes de plumes, et séparées entre elles par des lanières tendineuses, qui prennent naissance de la base extérieure des pieds. Les antennes mitoyennes sont presque toujours saillantes comme les latérales. Les organes sexuels des

(1) Les nébalies, dernier genre de cette famille, sont les seules qui aient la queue terminée par deux filets allongés, en forme de soie ; dans tous les autres, l’avant-dernier segment de la queue a , de chaque côté , un appendice composé de trois pièces, dont une s’arlicule avec ce segment et porte les deux autres. Ces pièces sont ordinairement en forme de lames et forment, avec le dernier segment,

ane grande nageoire en éventail.

DÉCAPODES. 27 mâles, autant qu'on a pu l’observer, consistent en un mamelon charnu renferme dans l’article radical de leurs derniers pieds; les femelles ont, au même article de ceux de la troisième paire, une ouverture génitale.

Dans la méthode de nomenclature suivie dans cet ouvrage, on pourrait les réunir tous sous le nom générique d'ÉcREvIssEs. ( Asracus. ) Nous®les diviserons en quatre sections.

La première, ou celle des ANOMAUXx.

A les pieds simples et non partagés sur leur longueur ; les quatre antennes insérées presque à la même hauteur ; le pédoncule des latérales n’est point recouvert par une grande écaille annexée à sa base ; et les deux ou les quatre pieds postérieurs sont beaucoup plus petits que les précédeus, de sorte que ces crustacés semblent , au premier coup d'œil, en avoir moins que les autres décapodes.

Les femelles , dans le plus grand nombre, ont seules des fausses pattes sous la queue.

Les uns ont les appendices du bout de la queue repliés ou rejetés sur ses côtés, et ne formant point, avec son dernier segment , une nageoire commune en éventail.

Parmi eux, quelques-uns ont tous les tésumens crustacés; les pieds de la seconde paire et ceux des deux suivantes terminés par une lame ou nageoire en forme de faux; ceux de la paire postérieure très-menus, filiformes et repliés ; les quatre antennes avancées et très-ciliées ou plumeuses , et les appendices latéraux du bout de la queue en forme de lames crustacées.

Lts ALBUNÉES. (ALBuNEA. Fab.)

Ont leurs deux pieds antérieurs terminés par une serre

triangulaire, et dont le doigt immobile est très-court; les antennes mitoyennes beaucoup plus longues que les latérales d’un seul filet, et les pédicules oculaires en forme d’écailles contisuës au milieu du front.

La seule espèce connue ( 4lbunea symnista. Fab. ) Herbst. XXI1, 2, habite les mers des Indes.

Les Hirpes. (HippA. Fab. — Emerita. Gronov.)

Ont leurs deux pieds antérieurs terminés par un article ovale, comprimé, en forme de lame et sans doigts ; les antennes intermédiaires divisées en deux filets, et les latérales plus longues et contournées. Les yeux sont écartés et portés sur un pédicule filiforme (1).

Les RemipÈpes. (Remipes. Latr.)

Ressemblent beaucoup aux hippes ; mais leurs pieds antérieurs s’amincissent peu à peu pour finir en pointe. Leurs antennes sont presque de la même longueur, courtes et avancées. Leurs pieds-mâchoires extérieurs sont semblables à de petits bras , et ont au bout un fort crochet.

Ce genre a été établi sur une seule espèce, propre aux mers de la Nouvelle-Hollande.

Quelques autres ont le tronc légèrement crustacé ; la queue, soit très-molle, en forme de sac vésiculeux , cylindrique, soit orbiculaire et recouverte par des lames simplement cartilagineuses ; les pieds de la seconde et de la troisième paire finissant en pointe, et les quatre derniers beaucoup plus courts, terminés de même ou par une pelite serre; les appendices latéraux du bout de la queue charnus à leur extrémité. Tels sont :

Les Hermires ou Pacures. (Pacurus. Fab.)

Ils passent leur vie dans des coquilles univalves et vides,

(1) Cancer emeritus, Lin. Gronov. zoop. xvir, 8, 9. Herbst. xx, 5. — Cancer carabus, Lin. de la Méditerranée.

dont ils s'emparent, qu'ils traînent avec eux, et dont ils changent, lorsque par l'effet de la croissance ils s’y trouvent trop à l’étroit.

Leurs antennes intermédiaires sont portées sur un pédoncule fort long, coudées , et se terminent par deux filets. Les pédicules oculaires sont longs et cylindriques. Le corselet est ovoide. La queue est ordinairement très-molle, sans anneaux distincts , contournée , et n’a de fausses pattes ou de filets portant les œufs , que sur un de ses côtés. Le foie et les ovaires y sont en partielogés. Les appendices latéraux de son extrémité sont inégaux, etl’animal ne paraît s’en servir que pour se fixer aux parois intérieures de la coquilie. Les serres des deux pieds antérieurs sont toujours terminées par deux doigts, et souvent de grandeur inégale; la plus grosse se présente à l'ouverture de la coquille.

Quelques espèces se logent dans des serpules, des alcyons , etc. Il parait même qu'il y en a de terrestres. Celles dont la queue est orbiculaire, divisée en tablettes cartilagineuses , forment le genre Birgus de M. Leach. (1).

L’'ÆHermite Bernard (Cancer Bernhardus. Lin.) Herbst.

XXII, 6, est de grandeur moyenne. Ses deux serres

sont pointues , hérissées de piquans, presque en cœur,

avec les doigts larges; la droite est plus grande. Le pédoncule des antennes latérales est accompagné d’un appendice. Commun sur toutes nos côtes, et habite diffé

rentes coquilles univalves (2).

00 oo

(1) Pagurus latro, Fab. Herbst, xx1v, Ramph. Mus. 1v.

(2) Aj. Cancer Diogenes, Herbst. xxt1, 5;— c. miles, ibid. 7 ;—0. clibonarius , id. xxuni, 1 ;—clypeatus, ibid. 2;—sclopetarius , ibid. 5 ; — oculatus, ibid. 4 ;—tympanista , ibid. 5 ;—tibicen, ibid. 6 ; — hungarus , ibid. 7;—arrosor, id. xLut, 1;—dubius, id. LX, D ;— canaliculatus, ibid. 6, el Planc, conch. app. tab. 4, À ;—c. megistos, id. Lx1, 1, queue fausse ;—c, pedunculatus, ibid. 2 ;—c. strigatus , 2b1d. 5;—pagurus streblonyx, Leach. Malac. Brit. xxvi1, 1-4 3—p. prideaux, ibid. 5-6,

Les autres ont les appendices latéraux du bout de la queue réunis avec son dernier segment, et formant ensemble une nageoire commune et en éventail.

Iis ont le pédontule des antennes miloyennes allongé, comme dans le genre précédent; les yeux écartés ; les deux serres antérieures très-crandes ; les pieds des trois paires suivantes terminés en pointe, et les deux derniers trèspetits et grêles.

Les PoRCELLANES. ( PORCELLANA. Laitr. )

Ont la queue repliée en dessous, presque comme les brachyures; le tronc presque carré; les antennes mitoyennes retirées dans leurs fossettes , et les serres ovales ou triangulaires.

La Porcellane à six pieds ( Cancer hexapus. Lin.) Herbst. xLvir, 4, est très-petite , glabre, avec trois dents au bord extérieur du test; les serres ovales unies en dessus et dépourvues de poils ou de cils. — Parmi les fucus des mers de l’Europe (1). ÿ

Les GALATRÉES. (GALATHEA. Fab.)

Ont la queue étendue; le tronc presque ovoide ou oblong; les antennes mitoyennes saillantes et les serres allongées.

La Galathée rayée. (Cancer strigosus. Lin.) Leach. Malac. Brit. xxvii1, B, a le front avancé, en forme de bec, avec trois épines de chaque côté; les pieds trèsépineux et garnis de duvet; les serres oblongues, comprimées , avec les doigts velus. Les bords latéraux du test sont épineux-

La G. Rugueuse (rugosa. Fab.) Leach: Malac. Brit. xxix,a les deux pieds antérieurs très- longs, cylindriques , épineux , et son front est armé de trois pointes avancées, en forme d’épines, dont l'intermédiaire plus

longue.

(1} Aj. Cancer platycheles, Herbst. xLVI1, 2; #- © longicornis,

ib10. 3,

Cette espèce a été nommée le Lion par Rondelet. Elle se trouve , avec la précédente, sur nos côtes (1).

La second section, ou LEs HoMaARDSs.

Ont, comme les précédens , les pieds sans divisions, et les quatre antennes insérées presque à la même hauteur, avec le pédoncule des latérales nu; mais leurs deux ou quatre pieds postérieurs ont une grandeur proportionnelle à celle des antérieurs.

Le dessous de la queue a des fausses pattes dans les deux sexes, et les appendices latéraux de son extrémité

postérieure composent toujours, avec son dernier sesment, une nageoire commune en éventail.

Dans les uns, tous les pieds sont presque semblables, cylindriques , et se terminent graduellement en pointe. Le pédoncule des antennes mitoyennes est beaucoup plus long que les deux filets de son extrémité. Le corcelet est carré ou cylindrique , et les nageoires du bout de la queue sont en grande partie membraneuses.

Les ScyLLaAREs. (ScyLraArus. Fab.)

Ont les antennes latérales courtes, sans soies, et ne conservant que les articles de la base, lesquels sont trèslarses , aplatis et forment, par leur réunion , une sorte de crête; les yeux sont petits et logés dans des fossettes orbiculaires du test. Leur tronc est presque carré.

Ils sont connus sous le nom de Cigales de mer.

Le Scyllare ours. (Cancer arctus. Tinn.) Herbst. xxx, 3, a Les yeux situés près des angles antérieurs du test ; une dent avancée à l’extrémité inférieure du pénultième article des pieds postérieurs ; les antennes latérales trèsdentées, et trois arêtes longitudinales et dentées sur le test. Il estcommun dans la Méditerranée. On y trouve aussi

(1) Aj. Galaihea squamiferg ; Lieach, Malac, Brit, xxvint, À.

32 CRUSTACÉS l’espèce que Rondelet nommeSquille large, qui est beaucoup plus grande, et dont les antennes latérales ne sont point dentées sur leurs bords. Gesner en a donné une bonne figure. Hist. anim. tome LIT, pag. 1097 (x).

Les LaNGousrtes. (PariNurus. Fab.)

Ont les antennes latérales très-longues, en forme de soie, et les yeux saillans, gros et rapprochés sur un support commun et transversal. Leur tronc est cylindrique.

Elles se plaisent dans les rochers ou les lieux pierreux de la mer. Leur chair, et particulièrement leurs œufs, nommés corail de la langouste , passent pour des mets délicats. Quelques individus parviennent à une taille trèsconsidérable. L’avant-dernier article des pieds est garni en dessous, dans une espèce, d’une forte brosse de poils; dans d’autres il est simplement épineux.

La Langeustecommune (Pal. quadricornis. Fab.) Leach, Malac. Brit. xxx, est grande, rougeâtre, avec le test hérissé de piquans , garni de duvet , et armé à sa partie antérieure, au- dessus des yeux, de deux dents trèsfortes, avancées, comprimées et dentelées en dessous. La queue est tachetée ou ponctuée de blanc-jaunâtre ; les segmens ont un sillon transversal et interrompu. Les pieds sont entrecoupés de jaunâtre et de rougeâtre. — Sur nos côtes (2).

D'autres ont les deux pieds antérieurs plus forts que les autres, et terminés par un grand article en forme de main ou de serre. Le pédoncule des antennes mitoyennes

(1) A). Tbacus Peronii, Leach, Zool. miscell, cx1x ;—cancer arctus, Herbst. xxx ,1. Rumph. Mus. Il, D.;—Cancer ursus major , Herbst. xxx,2. Rumph.Mus. Il, G.;—potiquiquixe, Marcg.

(2) Cette espèce est le cancer elephas d'Herbst. xXIX , 1 ; aj. canc. homarus , ejusd. xxxI, 1;—cancer polyphagus, ejusd. xxxu ;—

potiquiquiya , Marcg.

est plus court que les deux filets de l'extrémité, ou à peine de leur longueur. Le tronc se rétrécit en avant, et prend une forme ovoide. Les appendices du bout de la queue sont entièrement crustacés.

Les yeux sont toujours rapprochés et saillans ; le test se termine, par, devant, en pointe ou en museau déprimé. Ces animaux se tiennent souvent cachés dans des trous.

Les Écrevisses. (Asracus. Fabr.)

Ont des saillies , en forme de petites écailles ou de dents, sur le pédoncule des antennes latérales ; les six pieds antérieurs terminés par une pince à deux doigts ; et la pièce extérieure des appendices natatoires du bout de la queue divisée en deux parties.

Les unes vivent dans les eaux douces , et les autres dans la mer. Elles sont toutes très-voraces et peuvent vivre vingt ans et au-delà. Leur chair est estimée. L'estomac de l’écre= visse fluviatile renferme, lorsqu'elle est sur le point de ‘ muer, deux concrétions pierreuses, qu'on appelle yeux d’écrevisse, et dont la médecine fait usage comme absorbans. C’est particulièrement sur cette espèce qu’on a constaté la faculté qu'ont les crustacés de régénérer leurs pieds lorsqu'ils les ont perdus, ou qu’ils ont été mutilés.

Les unes ont le dernier segment de la queue d’une seule pièce , et sont toutes marines.

L’Ecrevisse de Norwége (Cancer Norwegicus. Linn.) De Géer. insect. tom. VII, pl. xx1v ; Herbst. xxvr. 3. dont les deux serres antérieures sont égales, allongées , prismatiques , avec les arêtes dentées, et dont les segmens de la queue sont ciselés (x).

Le Homard ( Cancer gammarus. Linn.) Herbst. xxv.

(1) Genre Nephrops de M, Lech.

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