TOME
dont les serres sont inégales, l’une ovale, avec des dents
fortes et mousses, et l’autre oblongue avec de petites dents
nombreuses. C’est un des crustacés de mer que l’on sert le
plus sur nos tables.
Les autres ont le dernier segment de la queue composé de deux pièces soudées et vivent dans les eaux douces.
L’Æcrevisse commune. ( Cancer astacus. Linn.) Roes. ins. tom. III, L1v—Lvir. Ses deux serres antérieures sont inégales , chagrinées , et n’ont au côté interne que des dentelures très-fines. Quelques circonstances locales
font varier ses couleurs.
T’Ecrevisse de Barton (Astacus Bartonii. Fab.) est propre aux eaux douces de l'Amérique Septentrionale.
Les THaLassines. Latr. (Les genres GEBIA, CALLIANASSA et Axius. Leach.)
Diffèrent en général des écrevisses, en ce que le pédoncule des antennes latérales n’a point de saillies en forme d’écailles ou d’épines , et que la lame extérieure des appendices natatoires du bout de la queue n’est que d’une seule pièce ; mais les THALASSINES propres (1) ont les quatre pieds antérieurs terminés par une serre dont le doigt inférieur ou celui qui est immobile, n’est qu'ébauché ou en forme de dent. Les Gegies (2) ne s’en éloignent guère que par la forme presque triangulaire et non linéaire des feuillets du bout de la queue. Dans les CALLIANASSES (3), les deux premières paires de pieds ont une serre à deux doigts très-distincts; ceux de la troisième paire sont terminés par un onglet, qui manque aux quaire derniers.
(1) Thalassina scorpionides , Latr. ; cancer anomalus , Herbst. LXH.
(2) Cancer stellatus, Montag. Trans. Linn. soc. tom, IX.
(3) Cancer subterraneus, Montag. ibid.
Les AxIEs (1) ont aussi les deux premières paires de pieds terminés en une pince à deux doigts; mais tous ceux qui suivent finissent par un onglet.
La troisième section, ou celle Des SALICOQUES.
À, de même que les précédentes , les pieds formés d’une série unique d’articulations, mais les antennes latérales ou extérieures sont situées au-dessous des mitoyennes, et leur pédoncule est entièrement recouvert par une grande écaille annexée à sa base. |
Leur corps est arqué, comme bossu , et d’une consistance moins solide que celui des crustacés précédens. Les antennes sont toujours avancées ; les latérales sont fort longues, et les intermédiaires se terminent par deux ou trois filets. Les yeux sont très - rapprochés. L’extrémité antérieure forme souvent au-dessus d'eux un bec avancé et comprimé. Les pieds-mâchoires extérieurs ressemblent, dans la plupart, à des palpes longs et grêles, ou même à des antennes. Une des deux premières paires de pieds est pliée sur elle-même, ou doublée dans un grand nombre. Les sesmens du milieu de la queue sont dilatés ou élargis sur les côtés; elle se termine par une nageoire en éventail, comme dans les autres macroures. Les fausses pattes inférieures sont allongées , et souvent en forme de feuillets.
On fait une grande consommation de ces crustacés dans toutes les parties du monde. On en sale même quelques espèces , afin de les conserver.
Les uns n’ont aucun appendice particulier sur leurs pieds, et leurs pieds-mâchoires extérieurs ne servent point à la ‘ locomotion.
Taniôt leurs antennes intermédiaires sont terminées par deux filets, comme dans les suivans. |
(2) Axius styryrchus, Leach, Trans. Linu, spe, tom. XI ; —canc. modestus, Herbst, xurtr , #.
36 CRUSTACÉS , Les Processes. Leach. ou Les Nikas. Risso.
Se distinguent de tous les autres macroures de cette tribu, par une anomalie singulière de leurs deux pieds anivrieurs ; l’un d’eux se termine en une serre à deux doigts , tandis que l’autre finit simplement en pointe. Ceux de la paire suivante sont en pince, et l’article qui précède la pince est composé. RE
Le Nika comestible, Risso, est d’un rouge de chair pointillé de jaunâtre. L’extrémité antérieure de son test a trois pointes aiguës. Le pied droit de la paire antérieure est en pince. On le vend, pendant toute l'année, dans les marchés de la ville de Nice (1).
Les PExées. ( PEenæus. Fag.)
Ont les trois premières paires de pieds terminées par une serre à deux doigts.
L'espèce la plus connue est celle que Rondelet nomme la Caramote (2). On en mange beaucoup dans le Levant.
Les Azpuges. ( ArPHEUS. Fab.)
N'ont que les deux premières paires de pieds terminées en pince, et l’article qui précède immédiatement la pince est divisé, par des lignes transverses, en plusieurs autres petits articles.
Nous y rapportons le genre HippozyTE Leach (3). Celui
(:) Aj. Processa canaliculata, Lieach. Malac. Brit. tab. xt,
(2) Rond, de Pise. lib. 18, cap. 18, p. 547; palæmon sulcatus, Oliv. ;—squilla indica, Bont. Hist, Nat. p. 81.
Cancer setiferus, Linn. Herbst. Xxx1Y, 3.
(5) Hippolyte varians, Leach. Transact, Linn. soc. tom. XI ;— h.sinermis, ibid. ;—cancer nautilator, Herbst. xLIT , 4 ;—cancer longipes , id. xxxI, 2.
qu'il nomme ArTiA (1) nous est inconnu, et parait faire le passage des penées aux alphées.
Les CrANGons. (CRANGON. Fab.)
Ressemblent aux alphées par le nombre et la correspondance des pieds en pince; mais le doigt inférieur des deux premiers est très - court et en forme de dent; ceux de la seconde paire sont coudés et filiformes.
The Crangon vulgaire (Cr. Fulgaris. Fab.) ,ou le Cardor, Roes. insect. III, LxXIII, I, 2, est petit, avec le test lisse, et la pointe antérieure très- courte, sans dents. Il est fort commun sur nos côtes.
Les mers du Nord offrent une espèce assez grande. (Canc. boreas. Phipps, Voy. au nord, pl. xr, 1. Herbst. XXIX 2.) UE
Les PanDazes. Leach.
N'ont que la seconde paire de pieds en pince, avec l’article qui la précède composé comme dans les alphées (2).
Tantôt les antennes intermédiaires sont terminées par trois filets, et tels sont
Les Paréaons. (Paz æÆmon. Fab.)
Dont les quatre pieds antérieurs sont en pince. On en trouve, aux deux Indes, des espèces remarquables par leur taille et la grandeur de leurs deux pieds antérieurs. Celles de nos côtes sont beaucoup plus petites, et sont désignées sous le nom de Crevettes, de Salicogues, etc.’
La Salicoque ou Crevette commune (Cancer squilla. Lin.
Squilla fusca, Bast. Opusc. Subs. lib. 2, IIT, 5. ) a une
(1) Atya scabra, Leach. Trans. Linn, soc, tom. XI, Voyez canc. je »
innocuus , Herbst, xxvIuT , 3.
(2) Pandalus annulicornis, Leach. Malac. Brit. xL;—canc.narsal, Herbst, XX VI, 2 ;—cane, armiger ? Herbst, xxxIV, 4.
tache d’un rouge vif sur le milieu du test. La corne du front est droite, ne dépasse guère le pédoncule des antennes mitoyennes, a huit dents en dessus, sans compter les deux de la pointe, et trois en dessous. La seconde paire de pieds est plus longue que la première.
Le Palémon à dents de scie ( Pal. Serratus. Leacb. )} Herbst. xxVit, 1, que l’on confond souvent avec le précédent, est plus grand. La corne du front dépasse le pédoncule des antennes mitoyennes , se relève à son extrémité et a sept dents en dessus , la pointe non comprise, et cinq en dessous. La seconde paire de pieds est plus courte que la première. La queue a des bandes transverses d’un rouge assez vif ; c’est aussi la couleur de la nageoire de son extrémité. Dans ces deux espèces, les deux pieds antérieurs sont coudés. Ellés sontexcellentes à manger(r).
D'autres SALICOQUES ont , au côté extérieur de leurs pieds, vers leur origine , un appendice en forme de soie, et leurs pieds - mâchoires extérieurs servent également à la locomotion. Tels sont
Les PAsipnËEs (PasipnÆaA. Saviony.)
Ils se rapprochent des alphées, à l'égard des antennes et du nombre de leurs pieds en pince; mais par les caractères énoncés ci-dessus, ils font le passage des salicoques aux crustacés de la section suivante.
ba quatrième et dernière seclion , celle
DEs ScaizoPopEs.
À les pieds divisés jusqu'à la base ou jusque pre de eur milieu en deux branches.
Le corps est toujours mou, et d’une forme analogue à celte des salicoques. Les pieds sont très-srêles, soyeux, et uniquement propres à la natation.
(2) Aj. Palæmon carcinus, Leach, Zool. mise. xci1 ; Herbst. xxvir,
2;-eanc, cercinus, Herbst, XX VIN, 1 ;—guaricuru ? Marcg.
Les femelles portent leurs œufs dans une capsule bivalve, à l'extrémité postérieure de la poitrine. Toutes les espèces connues sont très-petites et marines.
Les Mysis. (Mysrs. Lat.)
Ont les pieds-mäâchoires et les pieds propres divisés jusqu’à la base en deux tiges, de sorte que ces organes sont disposés sur quatre séries longitudinales , et que ces crustacés paroissent avoir quatorze paires de pieds. Les antennes latérales sont, comme dans les salicoques, accompagnées d’une grande écaille , et situées plus bas que les mitoyennes.
La queue est terminée par une nageoire de quatre à cinq feuillets (x).
Les Nésarres. (NEBaLrA. Leach.)
Ont dix pieds, divisés, jusque près de la moitié de leur Jongueur , en deux branches soyeuses. Leurs antennes latérales, qu’on a prises pour d’autres pieds, sont insérées beaucoup au-dessous des mitoyennes, et n’ont pas d’écaille apparente à leur base. La queue est terminée par deux appendices, en forme de soies.
= L’extrémité antérieure du test se prolonge en forme de bec, sous lequel les yeux sont insérés et très-rapprochés. Ce genre a de l’analogie avec celui des Cyclops (2).
RSR TA
(1) Genre mysis, Leach. Trans. Linn. soc. tom. XI ;—canc. oculatus, Oth. Fab. Faun. Groënl. fig. à ;— cancer pedatus,ejusd. n°, 221 ; — cancer flexuosus , Mull, Zool. dan. Lxvi ;—l’astacus hurengum de Fabricius est peut-être aussi de ce sous-genre.
(2) Nebalia Herbstii , Leach. Zool. misc. xL1V;—çancer bipes, Oth. Fab. Faun, Groënl]. fig. 2.