‹ Le règne animal distribué d'après son organisationChapitre 31 sur 92 · TOME · texte numérisé non relu

TOME

50 CRUSTACES

de la queue, où ils s’'annoncent par des filets ou des crochets. Les femelles portent leurs œufs sous la poitrine, soit entre des écailles, soit dans une poche ou un sac membraneux, qu'elles ouvrent afin de livrer passage aux petits, qui ont, en naissant, la forme propre à leur espèce, et ne font que changer de peau en grandissant.

Cet ordre, dans Linnæus, embrasse le genre Des CLoPoRTESs. ( Oxiscus. Liun.)

Et comprend encore quelques-uns de ses cancers. Nous le partagerons en trois sections, d’après la forme et la position des branchies.

La première section, Les CYSTIBRANCHES.

N'a pour organes respiratoires apparens, ou présumés tels, que des corps vésiculaires, très-mous, tantôt au nombre de six , et situés, un de chaque côté, sur les second, troisième et quatrième segmens, à la base extérièure des pieds qui y sont attachés ; tantôt au nombre de quatre, et annexés à autant de pattes, vraies ou fausses, du second et du troisième segmens , ou à leur place, si ces segmens sont absolument dépourvus d'organes locotnotiles. Les deux pieds antérieurs sont insérés sur la tête, le premier segment du corps étant intimement uni avec elle, tres-court, et lui formant un cou ou un prolongement en arrière.

Le corps, ordinairement linéaire ou semblable à un fil, est composé 1° d’une tête portant quatre antenues en forme de soies, dont les deux supérieures plus longues ; deux yeux immobiles et point ou peu saillans; la bouche , qui consiste en uu labre, deux mandibules, une languette profondément

échancrée, deux paires de mâchoires rapprochées sur un même plan transversal, et deux pieds-mâchoires réunis à leur base, représentant une lèvre; et la première paire de pieds qui est située près du cou. 2°. Desix segmens (le premier, ou celui qui est uni à la tête, non compris ), sur chacun desquels est insérée une paire de pieds, mais qui manquent le plus souvent ou ne sont que rudimentaires sur le second et le troisième de ces anneaux. 3°. D'une queue très-courte, composée d’un à deux segmens, avec quelques petits appendices peu saillans, en forme de tubercules, à l'extrémité postérieure et inférieure. Les pieds complets, au nombre de dix à quatorze , sont terminés par un fort crochet; ceux de la seconde paire sont plus grands ; l’avant - dernier article est renfié et forme, avec le crochet du bout , ou le dernier article, une serre ou griffe.

Les femelles portent leurs œufs sous les second et troisième segmens du corps, dans une poche formée d’écailles rapprochées (1). (

Les uns ont le corps et les pieds allongés et menus, ou filiformes ; la quatrième et dernière pièce des antennes supérieures, composée de plusieurs articles, et n’offrent que des yeux composés.

Ils se tiennent parmi les plantes marines, marchent à la manière des chenilles arpenteuses, tournent quelquefois avec rapidité sur eux-mêmes, ou redressent leur corps, en fesant vibrer leurs antennes. Ils courbent, en nageant, les extrémités de leur corps.

Les LEPTOMÈRES. ( LEPTOMERA. Lat.)

Ont quatorze pieds, disposés dans une série continue, depuis la tête jusqu’à l’extrémité postérieure du corps (2).

(1) Suivant M. Savigny, ces animaux avoisinent les pycrogonides, qui lui paraissent lier les arachnides aux crustacés.

(2) Squilla ventricosa, Müll. Zool. dan. tab. Lv1 , 1-3. Herbst, ÆEXXVI T7

Les Prorons. (Proro. Leach.)

Ont dix pieds, disposés dans une série continue, depuis Ja tête jusqu’au quatrième anneau inclusivement (r).

Les Casvrozrres. (CapreLLAa. Lam.)

Ont dix pieds, mais dans une série interrompue; le second et le troisième anneaux du corps n’en offrant d'aucune sorte (2).

Les autres ont le corps ovale, formé de segmens larges ou transversaux ; les pieds de longueur moyenne et robustes ; la quatrième et dernière pièce des antennes supérieures simple ou sans articles , et deux yeux lisses sur le sommet de la têie, outre les yeux composés.

Ils n’ont que dix pieds parfaits ; le second et le troisième ‘anueaux du corps en sont dépourvus, et offrent, à leur place, des appendices grèles, articulés, ou de fausses pattes, et qui portent les organes vésiculeux, présumés respiratoires. Ces corps sont allongés et non globuleux ou ovales, comme dans les genres précédens. Ces animaux vivent en parasites, sur des célacés et des poissons. On n’en connait qu'un genre,

Les Cyames. (Cyamus. Lat.—LarunDA. Leach.)

Dont la seule espèce décrite (Oniscus Ceti.L. Pycnognum Ceti. Fab. ) vit plus particulièrement sur les baleines (3).

(1) Gammarus pedatus, Müll. ibid. tab. cr, 1, 2.

Cancer linearis ? Linn.

(2) Squilla quadrilobata, Müll. ibid. tab. Lvt, 4-6 ; —oniscus scolopendroides, Pall. spicil. Zool. fasc. IX, 1v, 15.

Gammarus quadrilobatus, Mull. ib. tab. cx1v, 11, 12.

Rapportez à ce genre les cancer atomus et filiformis de Linnæus.

Forskahl en a décrit une espèce comme une larve d’un genre incertain , Faun, arab. pag. 87. |

(5) De Géer, Pallas et Müller l’ont figurée. Voyez le dernier : Zool. dan, çx1x , 19-174

La seconde section des Isopodes, ou LES PHYTIBRANCHES..

À les branchies sous la queue, toujours nues, en forme de tiges pluStou moins divisées. Les uns ont dix pieds à onglet, les autres en ont quatorze, mais dont les quatre derniers au moins n’ont point de crochet au bout, et ne sont propres qu’à la natation.

Elle est composée de plusieurs petits crustacés peu conaus, et qui forment les genres suivans : |

Les Typurs. (Typuis. Riss.)

Ont dix pieds , insérés par paires sur autant de segmens, et dont quatre sont terminés par une serre à deux doigts ; deux antennes très-petites; et, de chaque côté du trone, deux lames réunies longitudinalement, pouvant s'ouvrir ou se fermer comme deux battans de porte.

L'animal peut se contracter, prendre une forme ovoide, et cacher toutes les parties inférieures de son corps, en inclinant sa tête, courbant sa queue vers la poitrine, et en rapprochant les deux valvules mobiles, adhérentes aux côtés du tronc (1).

Les ANncÉes. ( AncEus. Riss.)

N'ont encore que dix pieds, et insérés aussi, par paires, sur autant de seomens ; mais aucun de ces organes n’est terminé en serre, et leurs antennes sont au nombre de quatre, et très-distinctes. L’extrémité de leur queue a des appendices en feuillets. Ils ne peuvent d’ailleurs se contracter en boule , comme les précédens.

Les mâles ont, au-devant dela tête, deux grandes saillies, en {orme de mandibules avancées (2).

+ cm

(1) Typhis ovoïdes , Riss. Hist, nat. des Crnst, de Nice, tab. 1:

(2) Anceus forficularins, ib. tab. ‘eâd. 10, mäle ; cancer maxillaris, Montag. Trans. Linn. soc. tom. 7, tab, vi, 2

Les PRaAN1ZEs. (PRAN1ZA. Leach.)

Ont dix pieds, sans serres, quatre antennes, et des feuillets au bout de leur queue, comme les ancées. Leur tronc est divisé en trois segmens, dont le dernier très - grand, et servant d’attaches aux trois dernières paires de pieds. Les

deux autres paires sont suspendues aux deux segmens antérieurs (1).

Les ArsEUDESs. ( Apseunes. Leach. — Euparus. Riss.)

Ont quatorze pieds, dont les quatre derniers uniquement propres à la natation, les deux premiers en pince, et les deux suivans élargis, comprimés et dentés au bout. Les antennes sont au nombre de quatre. Le corps est allongé et terminé par deux soies (2).

Les Iones. (Ion. Latr.)

Ont encore qualorze pieds, mais tous sans onglet, en forme de lanières arrondies à leur extrémité, et simplement propres à la natation. Leurs branchies sont très-ramifiées. Leur queue est terminée par deux longs appendices presque semblables aux pieds. [ls ont d’ailleurs des antennes distinctes (3).

La troisième section des Isopodes , celle

DEs PTÉRYGIBRANCHES.

A les branchies sous la queue, soit libres et en forme d’écaill 5 vasculaires ou de bourses membraneuses , tantôt nues, tantôt recouvertes par des lames ; soit renfermées dans des écailles en recouvrement.

Les uns ont quatre antennes très-apparentes.

(1) Genre communiqué par M. Leach.

(2) Cancer talpa, Montag. Trans. Linn. soc. IX, 1v, 6. (5) Oniscus thoracicus, Montag. Trans. Linn. soc. ibid. 11, 3.

Leurs branchies sont libres ,en forme d'’écailles vasculaires ou de bourses membraneuses. Ces crustacés sont tous aquatiques, et la plupart marins.

Tantôt l'extrémité postérieure du corps offre, de chaque côté, une nageoire formée de deux feuillets, portés sur un pédicule commun , et les écailles sous-caudales se recouvrent graduellement.

PA

Les Cymornoés. (Cymoroa. Fab.)

Ont la queue composée de six segmens ; les pieds insérés aux bords latéraux du tronc, terminés par un crochet trèsfort. Plusieurs segmens du tronc ont, de chaque côté, une division en forme d'article.

Nous y réunissons les genres : Zimnoria, Eurydice, et Æga de M. Leach.

Ils vivent, en parasites, sur des poissons et d’autres animaux marins. On les a désignés sous les noms de Poux de mer, d’Asile ou d’Œstre de poisson , etc. (1).

Les SPHÉROMES. (SpHÆRroMA. Latr.)

N'ont que deux segmens à la queue, dont le dernier très-voûté. Leur corps se met en boule.

Nous leur associons les genres Campecopea, Næœsa , Cymodoce et Dynamene de M. Leach (2).

Tantôt l'extrémité postérieure du corps est dépourvue d’appendices en nageoire, et le dessous de leur queue

(1) Cymothoa asilus, Fab. ; eniscus asilus , Pall. spicil. Zool. fasc. IX, tab. IV, 12; —onëscus æstrum, Pall. ibid. 13.—Cymothoa rosacea, Riss. Hist. nat. des Crust. de Nice, tab. 1V, 9. — Cymothoa æstrum , Fab.

Les zdotea psora et physodes de Fabricius et ses cymothoa paradoxa , falcata , imbricata, Guadeloupensis, Americana, outre les especes citées plus haut.

(2) Oniscus globator, Pall. spicil. Zvol. fasc. 1X, 1V, 18; cymothoa serrata , Fab. ;—sphæroma spinosa, Riss. Hist, nat. des Crust. de Nice, tab. 111, 14,

qui n'a jämais au-delà de trois segmens, présente deux grandes écailles recouvrant entièrement ou presque entièrement les autres.

Les IporTées. (TnoteA. Fab.) ;

"* N'ont aucune sorte d'appendice aû bout de la queue; ses deux écailles inférieures et recouvrant les autres sont étroites, allongées , parallèles, fixées par leur côté extérieur, et s’ouvrent comme deux battans de porte (r).

Les espèces qui ont une forme linéaire, et dont les an-

tennes sont de la longueur du corps, forment le genre Stenosome de M. Leach.

Les AsELrrs. (AsErrLus. Geoff.)

Auxquelles je réunis les Janires et les Jaeres de M. Leach, ont deux pointes fourchues ou deux appendices en forme de tubercules au bout de la queue. Les deux écailles extérieures recouvrant les branchies sont arrondies et fixées seulement à leur base.

La plupart vivent dans les eaux douces ou dans les lieux humides , sous les pierres , la mousse, et les autres se tiennent parmi les fucus, les ulves, etc. (2).

Les autres PTÉRYGIBRANCHES n’ont que deux #r ?nnes

apparentes, les miloyennes étant fort courtes et cachées, ou même n’existant pas du tout.

(1) Oniscus entomon, Linn. Pall. Spicil. Zool. fase. 1x, v, 1-6.

Squilla marina, de G. Insect. VIL, xxXxIT, 11; oniscus marinus ? Linn.

Idotea viridissima ? Riss. Hist. nat. des Crust. de Nice, pl. 117,8 ; — oniscus balthicus, Pall. ibid. 1V, 6 ; — o.hecticus, ibid. 10 ; — 0. ungulatus , ibid. 11;—0. linearis, ïib. 17. Baster, subs. H, XIIT, 2:

Gronov. Zooph. tab. xvun, 3.

(2) Oniscus aquaticus, Linn. ;—squilla asellus , de G. Insect. tom, %,-Pls X3XL, 14 | or.

Leur queue est toujours composée de six à sept anneaux. La plupart sont terrestres.

Les Licies. (LierA. Fab.)

Dont les antennes latérales ou apparentes sont terminées par une pièce composée d'un grand nombre de petits articles, et qui ont, à l'extrémité postérieure du corps, deux pointes fourchues. Beaucoup d’entre elles vivent aux bords de la mer (i).

Les ParLoscres. ( Paicoscra. Latr.)

Qui ont des antennes latérales de huit articles, et découvertes à leur base, et dont le corps est terminé postérieurement par quatre appendices coniques, saillans et presque égaux (2).

Les CLoportes. (Onrscus. Latr. )

Dont les antennes latérales sont également de huit articles, mais ayant la base recouverte par les bords latéraux de la tête, et dont les appendices du bout de a queue sont d’inégale longueur, les deux latéraux étant beaucoup plus grands (3).

Les PorcEezLrons. (Porcerzio. Laitr.)

Qui ressemblent aux cloportes, mais dont les antennes n’ont que sept articles (4).

C’est à ces deux sous genres qu’appartiennent les espèces communes, dans leslieux humides et étouffés de nos maisons.

{1) Oniscus oceanicus, Linn. Bast. subst. IT, x111, 4.— Oniscus ‘ assimilis, Linn. Bast. ibid. 3; le précédent, à pointes de la queue mutilées ? — Oniscus agilis, Panz. Faun. Insect. Germ. IX, xxIV ; — oniscus hypnorum, Cuv. Journ. d'Hist. nal. xxvi1, 8,4, 5.

(2) Oniseus sylvestris, Fab. ; o. muscorum , Cuv. ibid. 6-8. Coqueb. illust. Icon. Iusect. dec. I, w1, 12.

(5) Oniscus murarius, Fabr. Cuv. , ibid. 11-153.

(4) Oniscus asellus, Cuv. ibid. 9. Panz. ibid, IX, xxx.

58 CRUSTACÉS LEs ARMADILLES. (ARMADILLO. Latr.)

Voisins des porcellions par les antennes, mais dont les appendices postérieurs de la queue ne font point de saillie ; les latéraux se terminent par un article élargi à son extrémité , et leur corps se met en boule.

Les écailles branchiales et supérieures du dessous de la queue ont une rangée de petits trous, donnant passage à l'air (r).

Les Boryres. (Boryrus. Latr.)

S'éloignent de tous les genres de cet ordre par le défaut d'antennes, d'organes de la vue, et de mandibules.

Leur corps est en ovale court, rétréci et terminé en pointe à son extrémité postérieure, presque membraneux, très-plat, avec un rebord inférieur portant les pieds, et au-dessous d’eux de petites lames membraneuses, dont les deux dermères allongées. Les pieds sont très-petits et contournés. Le dessous de la queue est garni de deux rangées de petits feuillets ciliés. Son extrémité n’a point d’appendices.

Les bopyres ont de l’analogie avec les cymothoés, et vivent cachés sous un des côtés antérieurs du test de la crevette commune ou palémon squille , où ils forment des tubercules qui s’élèvent en forme de loupe. Les pêcheurs de la Manche croient que ce sont des individus très-jeunes de plies ou de soles. Le rebord latéral et inférieur du corps sert à retenir les œufs nombreux dont la poitrine est chargée.

Sur cette partie, près de la queue, est souvent appliqué un autre bopyre, mais très-pelit, et qu’on soupçonne être le mâle (2).

(1) Oniscus armadillo, Linn. Cuv. ibid. 14-15 ;—oniscus cinereus, Panz. ibid. Lx11, tab. xxn.— Oniscus pulchellus, Panz. ibid. xxr.

(2) Monoculus crangorum*, Fab. ; bopyrus squillarum, Lalr. Gener. Crust. et Insect., I, 11, 4 Mém. de l’Acad. royale des Sciences , 1772 , pag. 29, pl. 1,

BRANCHIOPODES. 5g

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