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LE CINQUIÈME ORDRE DES CRUSTACÉS

Cerur nes BRANCHIOPODES. (Entomostraca. Müll. —Monoculus. Linn. )

Se rapproche du précédent en ce que les mandibules, lorsqu'elles existent et qu'on peut les distinguer, n’ont point de palpes ; mais il s’en éloigne, soit par l’organisation de la bouche, tantôt en forme de bec, tantôt composée de mandibules et de deux paires de mächoires en feuillets inarticulés ; soit par les pieds, garnis d’appendices branchiaux, ou de petits feuillets propres à la natation.

Le corps du plus grand nombre est recouvert d’un test corné, souvent membraneux, sur lequel les yeux, souvent très-rapprochés, sont implantés et immobiles. La tête est rarement séparée du tronc.

Ces animaux sont aquatiques, et nagent très-bien. Les organes sexuels masculins sont doubles, situés tantôt à l'extrémité postérieure dela poitrine ou à l’origine de la queue, tantôt eux antennes. C’est toujours à l’origine de la queue que sont placés ceux de la femelle, et ses

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œufs, qui forment par leur réunion des espèces de grappes, sous une enveloppe commune. Les petits y éclosent et l’ouvrent pour en sortir. Plusieurs de leurs organes ne paraissent qu'à la suite de divers changemens de peau, et ces crustacés éprouvent une métamorphose, quolque moins complète que celle des insectes.

Ce n’est guère qu'à la cinquième ou sixième mue qu'ils deviennent parfaits ou capables de se reproduire. Leur vie, en général, est de courte durée. Il parait que leurs œufs peuvent se conserver long-temps dans un état de dessicatlon , sans qu'ils perdent leurs propriétés.

Plusieurs de ces animaux sont de véritables suceurs, et se rapprochent, à cet égard, des

Cet ordre composant, avec le précédent , celui des polygonates de Fabricius, ne formait dans Linnæus que le genre

DEs Monoczes. (Monocurus. Linn.)

Nous le diviserons en trois sections, d’après la considétion des organes du mouvement, de la forme générale du corps et des habitudes. Nous placerons en tête, des Branchiopodes qui paraissent supérieurs aux autres par la faculté qu’ils ont de courir et de nager. Leur test a ordinairement la forme d’un bouclier. Leurs pieds sont nombreux; les branchies le plus souvent situées sous l'arrière du corps. Ces animaux sont plus éminemment carnassiers et suceurs.

BRANCHIOPODES. ‘Gt La première section des Branchiopodes , celle Des PœciLopss.

À en avant quelques pieds ou pieds-mâchoires terminés par un ou deux crochets , propres à la course et à la préhension , et en arrière les pieds en nageoire , soit composés ou accompagnés de lames , soit membraneux et en digitation.

Ils ont tous la tête confondue avec le tronc, un test, ou la partie antérieure du corps en forme de bouclier.

Les antennes sont toujours courtes et simples. La plupart ont des yeux distincts. Ces animaux peuvent courir et naser , et sont, en partie, parasites.

Les uns n’offrent ni bec ni suçoir. Ils font, par leur grandeur , un singulier contraste avec le reste de cet ordre. Ce sont

Les Limures. (Limurus. Fabr.)

Leur test ést formé de deux pièces, et terminé par un style roide et pointu. La pièce antérieure est en forme de croissant, très-bombée en dessus, et y portant deux yeux composés , écartés , et trois petits yeux lisses rapprochés. Il n'y a point d'antennes , à moins qu'on ne voulüt prendre pour telles deux parties qui seront tout aussi bien des palpes ou des mandibules, insérées sur une petite lèvre supérieure, et terminées en pinces. À leur suite viennent cinq paires de pieds-maächoires, tous terminés en pinces, et dont les hanches hérissées de pointes, gt entourant l'ouverture de la bouche, peuvent servir à la mastication. La première a, dans le mâle, la pince irrégulièrement gonflée et dépourvue de doigt mobile. La dernière a, dans les deux sexes, quatre feuillets cornés à la base de sa pince. Derrière elle sout deux petites hanches sans pieds ; puis une large lame transversale qui porte les organes des sexes à la base de sa face postérieure. Le second segment du corps, qui est plus petit que l’autre et armé sur ses bords dépines mobiles, a en dessous cinq

autres lames transverses ou pieds-nageoires, unis par leur base, et portant à leur face postérieure de nombreux et fins feuillets empilés qui sont les branchies. L’anus est à la racine du style qui termine le corps.

Le cœur, comme dans les stomapodes , est un gros vaisseau garni en dedans de colonnes charnues , régnant Île long du dos, et donnant des branches des deux côtés. Un œsophase ridé, remontant en avant, conduit dans un gésier très-charnu , garni intérieurement d’une veloutée cartilagineuse, toute hérissée de tubercules, et suivi d’un intestin large et droit. Le foie verse la bile dans l'intestin par deux canaux de chaque côté. Une grande partie du test est remplie par l'ovaire dans la femelle, par les testicules dans le mâle.

Ces crustacés arrivent quelquefois à deux pieds de longueur; ils habitent les mers des pays chauds. Quelques Sauvages font des flèches du style! de leur queue. On mange leurs œufs à la Chine. Quand ils rampent, on ne voit point leurs pieds; si on les menace, ils relèvent leur stylet dont la piqûre est redoutable.

On en trouve de fossiles dans certaines couches calcaires d’une ancienneté moyenne (1).

Le ZLimule cyclope (Monoculus polyphemus. Linn.) porte une épine sur le milieu de la carène mitoyenne de la partie antérieure du test; la branche supérieure de son stylet est faiblement dentée. Il habite ie long des côtes de la Caroline, de la Floride et dans le golfe du Mexique.

Le Limule des Moluqgues (L. Moluccanus. Latr.) vulgairement Crabe des Moluques. Rumph. mus. x11. Bonutius, hist. nat. [nd. lib. V,cap. xxx1, u’a point d’épine au milieu de la carène mitoyenne; son stylet est fortement denté ; il est plus brun que le précédent, et devient plus grand. Il habite la mer des Indes.

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(1) Knorr. monum. du déluge, I, pl. xiv.

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Les mers de la Chine en nourrissent une espèce ( Z. heterodactylus. Latr.) où les quatre pieds-mâchoires antérieurs du mäle manquent de deuxième doist.

Les autres pœcilopes ont un bec ou un suçoir, formé de la réunion de deux lèvres et de très-petites mandibules.

Ces crustacés sont parasites et vivent sur des cétacés, des poissons, des têtards de grenouilles, etc. dont ils sucent le sang. Ils se fixent sur eux au moyen de leurs pieds à crochets , et souvent de deux petites serres situées à l’extrémité antérieure de leur corps. Sous le rapport des habitudes, ils ont de l’analosie avec les Zernées, et Linnæus en a effectivement rangé avec elles quelques espèces. Mais ils ont de véritables pieds , et Jurine fiis a vu la circulation de l’argule foliacé, si voisin des caliges et des autres branchiopodes de cette famille.

Tantôt le devant du corps et ses organes locomotiles antérieurs sont recouverts par une sorte de bouclier; le corps est déprimé, rétréci en queue vers son extrémité postérieure , ou ovale.

Les Cazices. (Carieus. Müll.)

Ont deux soies ou deux filets articulés et saillans à l'extrémité postérieure de leur queue, qui pourraient être des ovaires, et deux sortes de pieds, les uns à crochet, et les autres en nageoire.

Le Calige des poissons ( Monoculus piscinus. Lin.) Caligus curtus. Müll. Entom. XXI, 1, 2. Long de quatre à cinq lignes ; à bouclier ovale, portant deux yeux, deux petites antennes en forme de soie, et sous lequel sont six paires de pieds, dont les trois premières crochues au bout , et les autres en nageoire ou branchiales. Le corps est terminé postérieurement par une pièce étroite, presque carrée , avec- deux longs filets ou tuyaux au bout, et un appendice échancré dans l’entre-deux. Le bee n'est point représenté dans la figure de Müller. Cette

espèce est encore désignée sous le nom de Po de poissoï ; parce qu’elle s'attache fortement à des animaux de cette classe. Ÿ

On trouve sur le maquereau un animal analogue au précédent, mais que nous n'avons pas encore analysé (1). Nous réunissons provisoirement aux caliges les genres pandarus et anthosoma de M. Leach, dont la queue est recouverte, par imbrication, d’écailles ou de feuillets, de même que dans le calise prolongé de Müller (2).

Les Arcuzës. (ArçuLus. Müll.)

Ont deux lames en nageoire, à l'extrémité postérieure dé leur queue; trois sortes de pieds : les deux premiers en ventouse ; les deux suivans propres à la préhension, avec deux crochets, et les autres, au nombre de huit, terminés par une nageoire formée de deux feuillets.

Leur bouclier est ovale et porte deux yeux et quatre antennes très-pelites, placées au-dessus d’eux, et dont les deux intermédiaires adhèrent chacune à une espèce de corne ou de crochet denté. Le bec est dirigé en avant. Les pieds sont au nombre de douze ; les deux premiers se terminent par un empatement qui paraît agir à la manière d’une ventouse ou d'un suçoir. Ceux de la paire suivante sont épineux. Les deux derniers partent de l’origine de la queue , et ont à leur base, dans les males, les organes de la génération. Les parties sexuelles de la femelle ne sont point distinctes de l'anus. Elle colle ses œufs contre des pierres ou d’autres corps solides , et les arrange sur deux files. Leur nombre varie de 100 à 400. Les petits éprouvent, dans leurs mues , des changemens assez remarquables. |

(1) Le pou du maquereau , Cuv. Tabl. élémentaire de l'Hist, nat. des anim. p. 454.

(2) Entom, xxt, 5, 4.

BR A NCHIOPODES. 06

Ces observations ont pour objet un branchiopode (x) qui s'attache aux épinoches et aux têtards de grenouilles, et sur lequel Jurine fils a donné un excellent mémoire.

Les Cécrops. (Cecrops. Leach.)

Ont le corps sans appendices postérieurs, ovale, recouvert par quatre pièces échancrées à leur bord postérieur, et dont la seconde plus petite.

Ils ont, deux antennes très - petites, trois paires de pieds - mächoires, dont ceux de la première et de la troisième paires crochus, et plusieurs paires de piedsnageoires. Les deux derniers sont fort larges, membraneux, et recouvrent les œufs dans la femelle.

On n’en connaît qu’une espèce qui vit sur les branchies du turbot ( Cecrops Latreillii. Leach.)

D’autres fois il n’y a point de bouclier ou de test; le segment antérieur de leur corps est simplement très-srand, et porte sur le front deux serres avancées.

Les DicaéLesrions. (DicHELEestrium. Herm.)

Leur corps est presque cylindrique, un peu et insensiblement plus grèle vers son extrémité postérieure, composé de sept segmens, dont l’antérieur, beaucoup plus grand, porte deux antennes en forme de soie, deux serres frontales et avancées, un bec avec des espèces de palpes, et quatre pieds crochus et dentés. Au segment suivant sont attachés quatre autres pieds , terminés par des doists dentelés. Le

(1) Monoculus foliaceus , Linn.;le pou du tétard, Cuv.; ozole du gasteroste eb binocle du gasteroste Liatr. ; argulus foliaceus , Jur. Ann.du Mus, d'Hist. nat. tom. vir, pag, 451.

N. B. Le binocle à queue en plumet de Geoffroi, nous est inconnu ; et si la fisure qu’il en a donnée est exacte, il doit former un

geure propre. ,

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