TOME
troisième anneau a, de chaque côté, un corps ovalaire et simple. On voit deux petits appendices , en forme de tubercules, au bout de l’anneau postérieur, qui porte souvent deux longs filets articulés.
La seule espèce qu’on ait observée jusqu'ici, vit sur les branchies de l’esturgeon (1).
La seconde section des Branchiopodes,
ou les PHYLLOPES.
A tous les pieds en nageoire, hormis quelquefois les deux premiers, qui sont en forme de rames, et terminés par des soies articulées , semblables à des antennes.
Ils ont, au moins, onzepaires de pieds, et lous uniquement propres à la natation. Ils habitent les eaux dormantes, souvent en quantité considérable.
Les uns ont la tête confondue avec le tronc, les yeux immobiles; ce sont
Les Apus. ( Apus. Scop. Cuv.)
Que Müller réunit aux limules ; ils ont le corps mou; le test ou le bouclier d’une seule pièce, très-mince, ovale, échancrée et libre postérieurement, et portant sur le dos, près de son extrémité antérieure, trois yeux simples, dont deux antérieurs plus grands, très-rapprochés et un peu en forme de croissant, et le troisième postérieur, très-petit, ovale. Les antennes sont au nombre de deux, très-courtes , de deux articles différant peu en grosseur, et insérées auprès des imandibules, qui sont cornées, fortes et dentées. La languetie est profondément bifide, et a un canal cilié qui conduit droit à l’œsophage, suivant M. Savigny. Les deux imächoires supérieures sont en forme de feuillet épineux et cilié à son extrémité; les deux inférieures sont simplement velues, et annexées à une pièce membraneuse, en forme
(1) Dichelestium sturionis, Herm, mém. apler. pag. 126, pl. v. 7, 0.
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de fausse patte. Les pieds sont au nombre d'environ soixante paires, diminuant progressivement ; ils ont tous la base ciliée, et sur un de leurs côtés une srande lame branchiale, .avec un sac ovalaire vésiculeux en dessous; les deux premiers ont quatre filets articulés, dont les deux supérieurs plus longs et imitant des antennes ; les autres ont, au côié opposé à celui où est située la lame branchiale, quatre petits feuillets triansulaires et ciliés , et se terminent par deux autres appendices de même forme, et qui ressemblent à des doigts comprimés. Les filets de la paire antérieure remplacent ces feuillets.
Sur chaque pied de la onzième paire est une capsule de deux valves , renfermant les œufs , qui sont d’un beau rouge. La queue est cylindrique, composée d’un grand nombre de petits anneaux, et dont le dernier, plus grand, est terminé par deux longues soies articulées.
Ces crustacés habitent les fossés, les mares, les eaux dormantes, ct le plus souvent en grandes sociétés. Ils nagent sur le dos. Leurs œufs peuvent se conserver desséchés pendant plusieurs années, sans que le germe éprouve d’altération.
1” 4pus cancriforme ( Cancriformis. Bosc. Le Binocle à queue en filet, Geoff. IT, xxr, 4.), Schœff. Mono. 1-v, long d’un pouce et demi avec sa queue, terminée sim piement par deux filets.
L’Apus prolongé. (Monoculus Apus. Lin. Fab.) Limule serricaude. Herm. Schœff. Monog. tab. vr. Un peu plus petit ; carène du bouclier se prolongeant postérieurement en pointe ; bout de la queue ayant une lame entre ses deux filets. Commun dans les départemens de l’ouest.
Les autres PHYLLOPES ont une tête distincte, avec deux yeux portés sur un pédicule ; le corps nu ou sans bouclier.
Les Brancxipes. ( BRANcHIPUS. )
Leur corps est allongé, presque filiforme et très-mou. La
tête est distincte, et offre des antennes capillaires au nombre de quatre dans les femelles, et de deux dans les mâles; deux yeux à réseau, situes sur les côtés, et portés sur un long pédicule; deux espèces de cornes sur le frort, beaucoup plus grandes, et très-avancées dans les mâles, et une bouche composée d’une papille, en forme de bec, et de quatre autres pièces latérales. Le tronc est cylindrique, porte onze paires de pieds de quatre articles, et dont les trois derniers en forme de lames ovales ei ciliées sur leurs bords. La queue est allongée, conique, et terminée par deux feuillets, allongés et sarnis de poils.
Les organes sexuels et les œufs sont placés près de l’origine de la queue (1).
M. Leach forme, avec le Cancer salinus de Linnæus, un genre qu'il nomme Ærtemisia.
On trouve dans la Méditerranée un branchiopode trèsanalogue aux précédens par la forme générale du corps et celle des pieds; maisil n’a point de queue.
J'en ai composé un nouveau genre, sous la dénomination d'EuLimÈne. ( Eulimene albida. )
La troisième section des Branchiopodes, Celle des LoPpHyroPEs.
A tous les pieds uniquement propres à la natation, mais simplement garnis de poils, tantôt simples, tantôt branchus ou en forme de rames. Le nombre de ces organes, autant qu'on a pu les compter, est de six à douze. La tête est toujours confondue avec l’exirémité antérieure du ironc.
Ce sont de tres-petits animaux qui remplissent nos eaux dormantes.
Les uns ont un test de deux pièces réumies, en forme
(1) Cancer stagnalis, Linn.; apus pisciformis, Schœff. monosg. ;
brancluvopeda stagnalis, Lam, Herbst, Crust. xxxvI, 5-10.
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de valves de coquilles, pouvant s'ouvrir ou se fermer , et “enveloppant le corps.
Tantôt ce test imitant les deux battans d’une coquille bivalve, renferme entièrement le corps, et cache les yeux ainsi que les antennes, ou du moins leur portion inférieure. Les deux yeux sont réunis, ou si rapprochés, qu'ils paraissent se confondre. On ne distingue que deux antennes. Tels.sont
Les CyTu£rées. (Cyrmere. Müll.)
Dont les antennes sont simplement garnies de poils dans leur longueur , et dont les pieds sont au nombre de huit (r).
Les Cypris. (Cyreris. Müll.)
Qui ont leurs antennes terminées par une aigrette de poils ou en pinceau, et qui n’ont que quatre pieds apparens (2)
Tantôt, les antennes (presque toujours au nombre de quatre) et les yeux sont exlérieurs, entièrement à découvert, et l’extrémité antérieure du corps présente l’apparence d’une tête. Les pieds sont au nombre de huit à douze.
Les Lyncés. (Lynceus. Müll.)
Ont deux yeux distincts, et des antennes simples , velues ou en pinceau (5).
LEs Dapnnies. (DapanrA. Mull. ) N'offrent qu’un seul œil , et leurs antennes sont rameuses et en forme de bras (4).
La Daphnie puce (Monoculus pulex. Linn.) Mull. Entom. x11, 4-7, désignée par Geoffroi sous le nom de
(1) Cythere , Mull. Entom.ostr, (2) Cypris, Müll. Entom.
{3) Lynceus, ibid.
(4) Daphnia , ibid,
perroquet d’eau, est distincte par ses valves , terminées postérieurement en pointe. Son œil est mobile.
Elle a, suivant M. Jurine, deux mandibules sans dentelures et une soupape, qui fait passer la nourriture entre ces organes et deux palpes articulés. La transparence de ses tésumens permet de voir les partiés intérieures, et notamment les mouvemens du cœur, qui se contracte deux cents fois par minute. Le mâle est moitié plus petit que la femelle. Pour s’accoupler , il s’élance sur elle, la saisit avec les longs filets de ses pieds de devant, avance sa queue entre les valves de son test, et la force à rapprocher l'extrémité postérieure de son corps. L'union ne dure qu’un instant. Un seul accouplement suffit pour la fécondation de six générations successives. La première portée est de quatre à cinq petits; les autres vont, en croissant, jusqu’à dix-huit. Les ovaires ne paraissent qu’à la troisième mue. Les œufs sont deux à trois Jours à éclore en été, et de neuf à dix en hiver. Ils sont ronds et verdâtres. i
La daphnie puce, ainsi que les autres espèces , exécute ses mouvemens , non-seulement par le moyen de ses pieds, au nombre de dix, et de sa queue, mais encore en se servant de ses antennes, qui sont peut-être des pieds analogues aux deux premiers des apus. Tantôt elle nage en ligne droite, tantôt en zig-zag, et quelquefois par secousses ou par bonds , ce qui a fait nommer cet animal: puce aquatique. Il fourmille au printemps dans certaines eaux dormantes , et commeses intestins et ses pieds sont rouges, il fzit paraître ces eaux de la même couleur , et a fait croire quelquefois à des pluies de sang.
Les autres LopHiROPESs ont le corps nu, ou leur test est fort court et laisse la plus grande partie du corps à découvert.
LEs Cycropes. (Cycrors. Muil.)
N'ont qu'un seul œil placé sur le dos du segment an-
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térieur du tronc. Le corps est allongé et se retrécit, peu à peu, vers son extrémité postérieure.
Ils ont deux à quatre antennes simples, six à dix pieds apparens , soyeux , et une queue longue et fourchue.
Les soies ou les filets déliés dont leurs pieds sont garnis, leur servent à pousser l’eau. Ils nagent ordinairement par secousses , ou ont un mouvemext analogue à celui d’un bateau que l’on fait avancer au moyen de rames. Les femelles portent leurs œufs sous la forme de deux grappes de raisins, ou de deux paquets ovales, à l’extrémité postérieure et inférieure du tronc. Ces œufs sont renfermés dans un sac membraneux et qui tient,au corps par un fil. Les petits y éclosent et le crèvent, pour en sortir. C’est aussi près de l'origine de la queue que les parties sexuelles des femelles sont situées; mais ceMles des mäles, du moins dans quelques espèces, sont aux antennes, où elles forment une grosseur. L'union des deux sexes dure plusieurs jours ; la femelle entraîne le mâle, suspendu à sa queue, et qui se trouve tantôt sur lé dos , tantôt sous le ventre de sa compagne. Les jeunes individus ont une forme si différente de celle qui leur est propre, dans l’état parfait, que Müller en a fait deux genres, sous les noms d’amymone et de nauplie.
Le Cyclope quadricorne ( Monoculus quadricornis. Tin.) Müull. Entom. xix, 7-9, a quatre antennes, dont deux très-longues , et la queue droite et bifide.
Il habite les eaux douces.
Les Poryrnèues. (Poryraemus. Müll. — CEpmALocuLus. Lam.)
Ont leurs deux yeux réunis en un seul, fort gros, situé à l'extrémité antérieure du corps, et figurant une espèce de tête. Les deux premiers pieds sont beaucoup plus grands que les autres ,et ressemblent à deux rames fourchues.
Le corps est transparent, presque crustacé, comprimé s et se lermine par une queue en forme de dard, avec deux
soies au bout. Les pieds sont au nombre de dix, et velus. Les branches des deux antérieurs sontarticulées.On n’a point aperçu d'antennes. De Geer a vu une femelle accoucher de tous ses petits à La fois, qui étaient au nombre de sept.
Le Polyphème pou ( Monoculus pediculus. Linn. Fab.) Müull. Entom. xx, 1-5, habite les eaux dormantes et pures. Il nage toujours sur le dos, pousse l’eau avec promptitude et comme avec des rames. C'est la seule espèce décrite.
Les Zoé. (Zor. Bosc. ).
Qui ont deux yeux situés au-devant du tronc, écartés et très-gros.
Je soupçonne que ce genre, établi par M. Bosc, sur un crustacé de l'Océan Atlantique, appartient moins à cette famille qu’à la dernière tribu des décapodes. Son corps est demi-transparent. Le corselet a en devant une sorte de long bec, avec un œil de chaque côté, quatre antennes insérées au-dessous d’eux, et dont les extérieures sont coudées et divisées en deux. Le dos a une élévation, pointue, longue et rejetée en arrière. Les pieds sont très-courts et à peine visibles, à l'exception des deux derniers qui sont allongés et en nageoire. La queue est de la longueur du corselet, courbée, de cinq articles, dont le dernier plus grand , en croissant, et armé d’épines. |
Le Monoculus taurus de Slabber ( Micros. V.)et le Cancer sermanus de Linnæus paraissent avoir beaucoup d’affinité avec ce crustacé (1). J’ai vu dans la collection de M. de Wranceune autre espèce très-analogue aussi aux précédentes.
(1) Zoe pelagica. Bosc. Hist. nat. des Crust. tom, If, xv, 5,4.
Dong rmatetnge chers. asie
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