TOME
ets) . tARACHNIDES
elle est commune, jouit d’une grande célébrité. Dans lopinion du peuple, son venin produit des accidens très-vraves , suivis même souvent de la mort, ou le {arentisme, et qu'on ne peut dissiper que par le secours de la musique et de la danse. Les personnes éclairées et judicieuses pensent qu’il est plus nécessaire de combattre les terreurs de l’imagination, que les effets de ce venin, et la médecine, au surplus, ofire d’autres moyens curatifs. |
M. Chabrier a publié (Soc. Acad. de Lille, 4°. cah.}) des observalions curieuses sur la lycose éarentule du midi de la France.
Ce genre est très-nombreux en espèces, mais qu’on n’a pas encore bien caractérisées.
La Zycose Tarentule. ( Aranea Tarentula. Tin. Fab.)
Albin. Aran. tab. xxx1x. Senouerd. de Tarant.
Longue d’environ un pouce. Dessous de l'abdomen rouse , traversé dans son milieu par une bande noire.
La Tarentule du midi de la France est un peu moins grande , avec le dessous de son abdomen très-noir , bordé de rouge tout autour.
On trouve aux environs de Paris une espèce analogue, la Zycoseouvrière (Fabrilis. Clerck.Aran.Suec. pl. 4,tab. 11.)
La Lycose à sac.( Aranea saccata. Lin. ) À. littoralis. Des.
Petite, noirâtre; carène du corselet d’un roussâire
obscur, avec une ligne cendrée; un petit faisceau de poils
gris, à la base supérieure de l'abdomen; pieds d’un roux
livide, entrecoupé de taches noirâtres; cocon aplati et
verdâtre. — Très-commune aux environs de Paris (r).
La septième section des fileuses, celle des SALTIGRADES,
désignées par d’autres sous le nom d’Araignées phalanges. À les yeux disposées en un grand quadrilatère , et dont le
(1) Voyez pour les autres espèces le Tableau et lHistoire des Aranéides de M. Walckenuer.
côté antérieur, ou la ligne formée par les premiers, s'étend dans toute la largeur du corselei ; cette partie du corps est presque carrée ou en der1i-ovoide, plane ou peu bombée en dessus, aussi large en devant que dans le reste de son étendue, et tombe brusquement sur les côtés. Les pieds sont propres à la course et au saut.
Les cuisses des deux pieds de devant sont ordinairement remarquables par leur grandeur. |
L’Araignée à chevrons blancs, de Geoffroi, espèce de saltique, très - commune en élé, sur les murs ou sur les vitres exposés au soleil, marche comme par saccades, s'arrête tout court après avoir fait quelques pas, et se hausse sur les pieds antérieurs. Vient-elle à découvrir une mouche, un-cousin surtout , elle s’en approche tout doucement, jusqu'à une distance qu'elle puisse franchir d’un trait, et ‘s’élance tout d’un coup sur l'animal qu’elle épiait. Elle ne craint pas de sauter perpendiculairement au mur, parce qu'elle s’y trouve toujours attachée par le moyen d’un fil de soie, et qu'elle le devide à mesure qu’elle avance. Il lui sert encore à se suspendre en l'air, à remonter au point d’oùelle était descendue , ou à se laisser tfansporter par le vent d’un lieu à l’autre. Ces habitudes conviennent, en général, aux espèces de cette tribu. à
Plusieurs se construisent, entre des feuilles, sous des pierres, etc. , des nids de soie, en forme de sacs ovales et ouverts aux deux bouts. Ces arachnides s’y retirent pour se reposer , changer de mue, et se garantir des intempéries des saisons. Si quelque danger les menace, elles en sortent aussitôt et s’enfulent avec agilité.
Des femelles se font, avec la même matière, une espèce de tente, qui devient le berceau de leur postérité, et où les petits vivent, pendant quelque temps, en commun avec leur mère.
Quelques espèces , semblables à des fourmis, élèvent leurs pieds antérieurs, et les font vibrer très - rapidement.
Les mâles se livrent quelquefois des combats très-singu-
liers par leurs manœuvres, mais qui n’ont aucune issue funeste.
Les ÉrÈses. (Eresuüs. Walck. )
Qui ont près du milieu de l'extrémité antérieure du corselet, quatre yeux rapprochés en un petit trapèze, et Les quatre autres sur ses côtés , et formant aussi un autre quadrilatère , mais beaucoup plus grand (r).
Les SALTIQUES. (SazTicus. Lat. — Arrus. Walck.)
Qui ont quatre yeux, dont les deux intermédiaires plus gros, en avant du corselet, sur une ligne transverse, et les autres près des bords latéraux, deux de chaque côté; ils forment ainsi un grand carré ouvert postérieurement , ou une parabole. . |
Plusieurs mâles ont de très-orandes mandibules.
Les uns ont le corselet épais et en talus , très-incliné à sa
base.
Le Saltique de Sloane. ( Aranea sanguinolenta. Lin.)
Noir, une ligne blanche formée par un duvet, de chaque côté du corselet; abdomen d’un rouge-cinabre, avec une tache allongée, noire, au milieu du dos. — Midi de la France, sur les pierresg2).
Les autres ont le corselet très-aplati, et presque insensiblement en pente, à sa base. à
Tantôt leur corps est simplement ovale, garni de poils ou de duvet épais, avec les pieds courts et robustes.
Le Saltique chevronné. (ranea scenica. Linn.— L'Araignée
(1) Eresus cinnaberinus, Walck, ; aranea quatuor-guttata, Ross. Faun. etrusc. tom. Il, 1, 8,09. Coqueb. illust. Icon. Insect. decas. 3, XXVIT, 12;—aranea nigra , petagna. Deux autres espèces inédites, rapportées de l'Espagne par M. Léon Dufour.
(2) Cette division comprend les aftes suivans de M. Walckenaer : bicolor, chalybeius, niger, cupreus, muscorum , Varanea grossipes de
Degeer.
PULMONAIRES. TOI à chevrons. Geoff.) Araignée à bandes blanches. Des. Insect. VII, xvir, 8, 9.
Long d'environ deu’ lignes et demie ; dessus noir, avec
les bords du corselet et trois lignes en forme de chevrons sur le dessus de l'abdomen, blancs. — Très-commune (x).
Tantôt leur corps est étroit, alloncé, Hque cylindrique et ras; les pieds sont lonss et grèles.
Le Saltique fourmi. ( Formicarius.) Aranea formicaria. Des. Insect. tom. VII, xviir, I, 2.
Roux; devant du corselet noir ; des bandes noires et deux taches blanches sur l'abdomen.
La seconde famille des ArRAcHNIDES PurLMo- NAIRES , celle des PéprPALPES.
Nous offre des palpes très-grands, en forme de bras avancés, terminés en pince ou en.
grifle;unabdomen composé de segmens trèsdistincts, sans filières au bout; et des organes sexuels simples et situés à la base du ventre.
Les uns, qui forment le genre
TATENTULE. ( TARENTULA. Fabric.)
Ont l'abdomen attaché au tronc par un pédicule ou par une portion de leur diamètre transversal , saus lames en forme de peigne à sa base inférieure, ni d’aiguillon à son extrémité ; leurs stigomates ne sont qu’au nombre de deux , situés près de l’origine du ventre, et recouverts d’une plaque ; leurs man-
(1) Ajout. Attus tardigradus , Walck. Hist. des Aran. 5, 1v, fém. Voyez son Tableau des Araneïdes,
dibules sont en griffe, ou terminées simplement par un crochet mobile. Le tronc n’est que d’une seule piéce. (s
Ils ont tous huit yeux , les palpes épineux, et les tarses des deux pieds, antérieurs différens des autres, composés de beaucoup d'articles, en forme de fil ou de soie, et sans onglet au bout.
Ces arachnides n’habitent que les pays très-chauds de l'Asie et de l'Amérique. Leurs habitudes nous sont inconnues. On en fait aujourd’hui deux genres.
Les Parynes. (PHrynus. Oliv.)
Qui ont des palpes terminés en griffe; le corps trèsaplati ; le corselet ou le tronc large, presque en forme de croissant ; l’abdomen sans queue, et les deux tarses antérieurs très-longs, très-menus, semblables à des antennes en forme de soie (1).
Les THéÉcyPnones. (TaezyPpuonus. Latr.)
Se distinguent des phrynes par leurs palpes plus courts , plus gros, terminés en pince ou par deux doigts réunis; par leur corps oblons, avec le corselet ovale, et le bout de l’abdomen muni d’une soie articulée, formant une queue; leurs deux tarses antérieurs sont courts, d’une même venue, et à
articulations peu nombreuses (2).
(1) Phalangium reniforme, Linn. Pall. spicil. Zool, fasc. 9, 115, 5,6. Herbst. monog. phal. m1. Indes Orientales ; îles Séchelles. Herbst. ibid, v, 1. Amérique Méridionale.—T'arantula reniformis , Fab. Pall. spicil. Zool. 9, 111, 5, 4. Herbst. ibid. v, 1; ejusd, 1V, 2; var.? Antilles.
(2) Phalangium caudatum, Lihn. Pall. spicil. Zool. fasc. 9, mx, à, 2, de Java. L'Amérique Méridionale fournit un aulre espèce , dé— crile et figurée dans le Journal de Physique et d'Histoire naturelle
(1777) ; les habitans de la Martinique lappellent le sznargrier.
Les autres ont l'abdomen intimement uni au tronc par toute sa largeur, offrant à sa base inférieure deux lames mobiles en forme de peigne, et terminé par une queue noueuse, armée d’un aiguillon à son extrémité; leurs stigmates sont au nombre de huit, découverts et disposés quatre par quatre de chaque côté, de la longueur du ventre; le dessus du tronc est recouvert de trois plaques, dont la première très-grande, en forme de corselet; leurs mandibules sont en pince. [ls forment le genre
Des Scorpions. (Scorpio. Lin. ab.)
Qui ont le corps long, et terminé brusquement par une queue longue, grêle, composée de six nœuds, dont le dernier finit en pointe arquée et très-aiguë , ou eu un dard, sous l'extrémité duquel sont deux petits trous, servant d’issue à une liqueur venimeuse, contenue dans un réservoir inférieur,
Les palpes sont très-orands, avec une serre au bout , en forme de main. À l’origine de chacun des quatre pieds antérieurs, est un appendice triangulaire, et ces pièces forment, par leur rapprochement, l’apparence d’une lèvre à quatre divisions. Les peignes, situés près de la naissance du ventre, sont composés d’une pièce principale, étroite , allongée, articulée , mobile à sa base, et garnie, le long de son côté inférieur, d’une suite de petites lames , réunies avec elle par une articulation,
étroites, allongées, creuses intérieurement , parallèles , ‘et imitant des dents de peigne. Leur nombre est plus ou moins considérable , selon les espèces ; il varie quelquefois d’une certaine quantité, et peutêtre avec l’âge , dans la même. On n’a pas encore déterminé , par des expériences positives, quel est l'usage de ces appendices. Tous les tarses sont semblables, de trois articles, avec deux crochets au bout du dernier.
Les huit stigmates donnent dans autant de bourses blanches , renfermant chacune un grand nombre de petites lames très-déliées, entre lesquelles il est probable que l'air se filtre. Un vaisseau musculeux règne le long du dos, et envoie à chaque bourse une artère etune veine ; d’autres branchesen partent pour toutes les parties. Le canal intestinal est droit et grèle. Le foie se compose de quatre paires de grappes glanduleuses qui versent leur liqueur dans quatre points de lintestin. Le mâle a deux verges sortant près des peignes, et la femelle deux vulves. Ces dernières donnent dans une matrice composée de plusieurs canaux qui communiquent les uns avec les autres, et que l’on trouve au temps du part, remplis de petits vivans; les testicules sont aussi formés de quelques vaisseaux anamostosés ensemble.
Ces arachnides habitent les pays chauds des deux hémisphères, vivent à terre, se cachent sous les pierres ou d’autres corps, le plus souvent dans les masures ou dans les lieux sombres et frais, et même dans l’intérieur des maisons. Ils courent vite, en
recourbant leur queue en forme d’arc sur le dos. Is la dirigent en tout sens, et s’en servent comme d’une arme offensive et défensive. Ils saisissent avec leurs serres les cloportes et les différens insectes, tels que des carabes, des charansons , des orthoptères, etc., dont ils se nourrissent , les piquent avec l’'aiguillon de leur queue, en la portant en avant, ct font ensuite passer leur proie entre leurs mandibules et leurs mâchoires. Ils sont friands des œufs d’aranéides et de ceux d'insectes.
La piqüre du Scorpion d’ Europe, n’est pas, à ce qu'il paraît, ordinairement dangereuse. Celle du scorpion de Souvignargues, de Maupertuis, ou de l'espèce que j'ai nommée roussätre ( Occitanus) , et qui est plus forte que la précédente, produit , d’après les expériences que le docteur Maccary a eu le courage de faire sur lui-même, des accidens plus graves et plus alarmans ; le venin paraît être . d'autant plus actif que le scorpion est plus âgé. On emploie, pour en arréter les effets, l’alkahi volatil, soit extérieurement, soit à l’intérieur.
Quelques naturalistes ont avancé que nos espèces indigènes produisent deux générations par an. Celle qui me semble la mieux constatée, a lieu au mois d'août. La femelle, dans l’accouplement, est renversée sur le dos. Suivant M. Maccary, elle change de peau avant de mettre bas ses petits. Le mâle en fait autant à la même époque.
La femelle fait ses petits à diverses reprises. Elle les porte sur son dos pendant les premiers jours, ne sort pas alors de sa retraite , et veille à leur con-
servation l’espace d’environ un mois, époque à laquelle ils sont assez forts pour s'établir ailleurs et pourvoir à leur subsistance. Ce n’est guère qu’au bout de deux ans qu’ils sont en état d’engendrer.
Les uns ont huit yeux, et forment le genre Butlius de M. Leach.
Le Scorpion d'Afrique. ( Afer. Linn. Fab.) Res. insect.
3, LxV.— Herbst. monog. scorp. 1. Long de cinq à six
pouces, d’un brun noirâtre, avec les serres grandes , en
cœur, très-chagrinées et un peu velues. Bord antérieur
du corselet fortement échancré. Treize dents à chaque peigne. — Des Indes orientales, de Ceylan , etc.
Les autres n'ont que six yeux, et composent le genre Scorpion , proprement dit , du même naturaliste.
Le Scorpion d'Europe. (Europæus. Linn. Fab.) Herbst. Monos. scorp. LIL, 1, 2. D'un brun plus ou moins foncé, avec les pieds et le dernier article de la queue d’un brun plus clair ou jaunätre; serres en forme de cœur et angu- Jeuses ; neuf dents à chaque peigne. — Les départemens les plus méridionaux et orientaux de la France.
Le Scorpion roussâtre. ( Occitanus. Amor.) Tunetanus. Herbst. monog. scorp. IIL, 3. Jausnâtre ou roussâtre; queue un peu plus longue que le corps, avec des lignes élevées et finement crénelées. Vinst-huit dents et au-delà (52—65, Maccary.) à chaque peigne. — Midi de l’'Europe, Barbarie, et très-commun en Espagne.