LE SECOND ORDRE DES ARACHNIDES
LES TRACHÉENES.
Diffèrent du précédent par des organes respiratoires, consistant en des trachées rayon-
nées ou ramifiées ; et à l'égard du nombre des yeux qui nest que de deux à quatre (+).
La première famille des ARACHNIDES TrA- CHÉENNES, celle des Faux-Scorrions.
À le dessus du tronc partagé en trois segmens, dont l’antérieur, beaucoup plus spacieux, en forme de corselet ; un abdomen très — distmct et annelé; des palpes trèsgrands, en forme de pieds ou de serres ; huit pieds dans les deux sexes; des mächoires et une lèvre. ( Langue sternale. Savigny.)
Ils sont tous terrestres, ont le corps ovale où oblong, deux mandibuüles en pince, rapprochées l’une de l’autre dans leur longueur, portées sur un pédicule très-court, prenantes et incisives, et les deux crochets des tarses égaux.
Les GALÉODES. (GALEODES. Oliv. — SoLPucA.
Licht. Fab. )
Ont des mandibules très-grandes ; les palpes en forme de pieds, terminés en bouton, et sans crochet au bout; les deux pieds antérieurs presque semblables, mais plus petits; les tarses des autres
(1} Suivant Müller, lAydrachine umbrata a six yeux ; mais n'est-ce pas une erreur d'optique ou une méprise ?
terminés par deux espèces de doigts, avec un onglet au bout, et deux yeux contigus où rapprochés sur une éminence antérieure du coxselet.
On soupconne que les anciens ont désigné ces arachnides sous les noms de phalangium , solifuga, tetragnatha , etc. Leur corps est allongé, trèsvelu , avec le corselet en cœur, l'abdomen mou et les pieds allongés. Ils ont un stigmate de chaque côté, près la seconde paire de pieds, et les mandibules de plusieurs sont accompagnées d’un cirrhe.
Les galéodes habitent les pays chauds et sablonneux de l’ancien continent, courent avec une extrême vitesse, el sont réputés venimeux (1).
Les Pinces. (CHELireRr. Geoff. — Ogrsium. Illig.)
Ont les palpes allongés en forme de bras, avec une pince au bout ; tous les pieds égaux, terminés par deux crochets, et les yeux placés sur les côtés du corselet.
Ces animaux ressemblent à de petits scorpions privés de queue. Leur corps est aplati, avec le corselet presque carré, et ayant de chaque côté deux
yeux (2).
(1) Solpuga fatalis, Fab: Herbst. Monog. solp. 1, 1, du Bengale ; —s. chelicornis , Fab, Herbst. ibid. 11, 1.—Phalangium araneoides, Pall, spicil. Zool. fasc. IX, 111,7, 8, 9. Voyez en outre la Monographie de ce genre publiée par Herbst., etles voyages de Pallas et d'Olivier.
M. Léon Dufour en a découvert une nouvelle espèce en Espagne.
(2) Suivant Hermann fils.
TRACHÉENNES. 109
Ils courent vite, etsouvent à reculons ou de côté, comme les crabes. Rœsel a vu une femelle pondre ses œufs et les rassembler en tas. Hermann père dit que ces individus les portent réunis en pelotte , sous leur ventre. Il croit même, d’après une autre observation, que ces arachnides peuvent filer.
Son fils (Wém. aptérol. ) divise ce genre en deux sections. Les uns (CAelifer. Leach.) ont le premier segment du tronc, ou le corselet, partagé en déux par une ligne imprimée et transversale; les tarses d’un seul article; une espèce de
stylet au bout du doigt mobile des mandibules, et les poils du corps en forme de spatule.
La Pince Crabe (Phalangium cancroïdes. Linn. Scorp. cancroides. Fab.) Roœs. Ins. IIL, suppl. Lx1v , vulgairement Sccrpion des livres , se trouve dans les herbiers, les vieux livres , etc., où elle se nourrit des petits insectes qui les rongent.
Une autre (Scorp. cimicoïdes. Fab.) Herm. mém. aptér. VII, 9, habite sous les écorces d’arbres, les pierres, etc.
D'autres ( Obisium. Leach.) ont le corselet sans division, les mandibules sans stylet, les poils du corps en forme de soîes (1).
La seconde famille des ARACHNIDES TRA- CHÉENNES, celle des Pyexoconipes.
À le tronc composé de quatre segmens, occupant presque toute la longueur du Corps, terminé à chaque extrémité par un article tubulaire, dont l’antérieur plus grand , tantôt
(1) Herm, Mém. aptér, v,6 ; vi, 14.
simple, tantôt accompagné de mandibules et de palpes, ou d’une seule sorte de ces organes, constitue la bouche. Les deux sexes ont huit pieds propres à la course; mais les femelles offrent, en outre, deux fausses pattes, servant uniquement à porter les œuls.
Les Pycnogonides sont des animaux marins (1), ayant de l’analogie, soit avec les Cyames et les Chevrolles, soit avec les arachnides du genre Phalangium ou les F'aucheurs, auxquels Linnæus les a réunis. Leur corps est ordinairement linéaire, avec les pieds très-longs, de huit à neuf articles, et terminés par deux crochets inégaux, paroissant n’en former qu'un seul, et dont le plus petit est fendu. Le premier article du corps, et qui tient lieu de tête et de bouche, forme un tube avancé, presque cylindrique ou en cône tronqué, ayant à son extrémité une ouverture triangulaire ou en trèfle. Il porte à sa base Les mandibules et les palpes. Les mandibules sont cylindriques ou en forme de fil, simplement prenantes, composées de deux pièces, dont la dernière en pince, avec le
(1) Suivant M. Savigny, ils font le passage des arachnides aux
- crustacés, Nous ne les plaçons ici qu'avec doute.
TRACHÉEN NES, TI
doigt inférieur, ou celui qui est immobile, quelquefois Has court. Les palpes sont en forme de fil, de cinq arucles, avec un crochet au bout. Chaque segment suivant , à l'exception du dernier, sert d'attache à une paire de pieds; mais le premier, ou celui avec lequel s'articule la bouche, a sur le dos un tubercule portant, de chaque côté, deux yeux lisses , et en dessous, dans les femelles seulement, deux autres petits pieds, repliés sur eux-mêmes, et portant les œufs qui sont rassemblés tout autour d'eux, en une ou deux pelottes. Le dernier segment est petit, cylindrique, et percé d’un petit trou à son extrémité. On ne découvre aucuns vestiges de stigmates. Peut-être respirent-ils par l’extrémuté postérieure du corps.
Ces animaux se trouvent parmi les poule marines, quelquefois sous les pierres, près des rivages , et quelquefois aussi sur des cétacés.
Les Pycnocoxoxs. ( Pycxoconum. Brun.
Müll. Fab.)
Sont dépourvus de mandibules et de palpes, et la
guère celle du
corps, qui est proportionnellement plus court et
longueur de leurs pieds ne surpasse
plus épais que dans les genres suivans. Ils vivent sur des cétacés (1).
Les ProxicxiLes. (ProxicurLus. Latr.)
N'offrent point de palpes, de même que les précédens, mais ont des pieds fort longs et deux mandibules (2).
Les Nymprxows. (NyMPHON. Fab.)
Ressemblent aux PAoxichiles par la forme trèsétroite et oblongue de leur corps, la longueur de
leurs pieds, et la présence des mandibules, mais ont, en outre, deux palpes (5).
(1) Muüil. Zool. dan. cx1x, 10-12, femelle. Trouvé sur nos côtes par MM. Surirey et d’Orbigny, médecins.
(2) Rapportez à ce genre le pycnogonum spinipes d’Othon Fabricius ; sa variété du p. grossipes, sans antennes ; les phalangium aculeatum, spinosum, de Montagus (Linn. Trans.); les zyrnphon femoratum des acles de la soc. d’'Hist. naturelie de Copenhague ( 1797 }; le zymphon hirtum de Fabricius, qui peul-être ne diffère pas des phalangium spinipes, spinosum, cilés plus haut.
(3) Pycnogonum grossipes, Oth. Fab. ; Müll. Zool. dan. cx1x, 5-0, fem. ; à comparer avec les zymphons gracile et femoratum du docteur Leach. ( Zool. Miscell. x1x, 1, 2.) Son genre ammothea (a. carolinensis ibid. xri1), diffère de celui des 7ymphons par les mandibules beaucoup plus courtes que la bouche , leur première pièce, ou celle de la racine, étant fort petite. Dans ce genre , ainsi que ceux de phoxichile et de pycnogonon, le second article des tarses est fort court. Le tubercwle portant les yeux est quelquefois placé sur une saillie qui s’avance au-dessus de la base de l’article antérieur, ou la
bouche,
TRACHÉENNES. ie
La troisième famille des ARACHNIDES rra- CHÉENNES, celle des
Horèrres. (HorEerrA. Hermann.)
À le tronc et l’abdomen réunis en une masse, sous un épiderme commun : le tronc est tout au plus divisé en deux, par un étran- -glement, et l'abdomen présente seulement dans quelques-uns des apparences d’anneaux, formés par des plis de l’épiderme.
L’extrémité antérieure de leur corps est souvent avancée en forme de museau ou de bec; la plupart ont huit pic et les autres
er
Cette famille se compose de deux tribus.
La première tribu des Aracunines Horèrres, celle des
Paarancrens. (PHarancrrA. Latr.)
À des mandibules très-apparentes, soit en saillie au-devant du tronc, soit inférieures, et coudées ou composées de deux ou trois pièces distinctes , dont la dernière toujours en pince.
(1) Le troembidium longipes d'Herman fils, Mém. aptér. pl 1, 8, est représenté avec dix pieds, dont les deux premiers très-longs. Il
ne lui en donne que huit dans le texte,