LE SIXIÈME ORDRE DES INSECTES
LES ORTHOPTÈRES. (Ucoxara. Fab. )
Confondus en grande pare, par Linnœæus, avec les hémiptères , réunis par Geoffroi aux coléoptères, mais y formant une division spéciale, nous présentent un corps généraiement moins dur que les derniers; des étuis mous, demi-membraneux, chargés de nervures, et ne se joignant point, dans le plus grand nombre, à la suture, par une ligne
(1) Latr. ibid. IL, p. 77; Herbst. Col. IV, xxxix ,9, 10, 11, | (2) Latr. ibid. I, p. 78; Panz. Faun, Insect, Germ, LIX, nr.
droite ; des ailes pliées dans leur longueur , et le plus souvent en manière d’éventail, divisées, dans le même sens, par des nervures membraneuses; des mâchoires toujours terminées en une pièce cornée, dentelée et recouverte d’une galète; enfin une sorte de langue ou d'épiglotte.
Les orthoptères sont des insectes à demimnétamorphose, dont toutes les mutations se réduisent à la croissance et au développement des étuis et des ailes, qui commencent à se montrer, sous une forme rudimentaire ou comme des moignons, dans la nymphe.
Cette nymphe et la larve ressemblant d’ail- : leurs à l'insecte parfait, marchent et se nourrissent de la même manière.
La bouche des orthoptères se compose d'un labre , de deux mandibules, d’autant de mâchoires, d’une lèvre, et de quatre palpes; ceux des mâchoires ont toujours cinq articles; les labiaux, ainsi que dans les coléoptères, n’en offrent que trois. Les mandibules sont toujours très- fortes et cornées, et la languette est constamment divisée en deux ou quatre lanières. La forme des antennes varie moins que dans les coléoptères ; mais elles sont généralement composées d’un plus grand
nombre d'articles. Plusieurs ont , outre les yeux à réseau, deux ou trois petits yeux lisses. Le dessous des premiers articles des tarses est souvent charnu oumembraneux. Beaucoup de femelles ont une véritable tarière , formée de deux lames, pour placer leurs œufs, que recouvre souvent une enveloppe commune.
L’extrémité postérieure du corps offre, dans la plupart, des appendices.
Tous les orthoptères ont un premier estomac membraneux ou jabot, suivi d’un gésier musculeux, armé à l'intérieur d’écailles ou de dents cornées, selon les espèces ; autour du pylore sont, excepté dans les forficules, deux ou plusieurs intestins aveugles, munis à leur fond de plusieurs petits vaisseaux biliaires. D’autres vaisseaux de même genre, très-nombreux, s’insèrent vers le milieu de l'intestin.
Les intestins des larves sont les mêmes que ceux des insectes parfaits.
Tous les orthoptères connus, sans exception , sont terrestres, même dans leurs deux premiers états. Quelques-uns sont carnivores ou omnivores ; mais le plus grand nombre se nourrit de plantes vivantes. Les espèces de nos climats ne font qu’une ponte par année,
508 | INSECTES qui a lieu vers la fin de l'été. C'est aussi l’époque de leur dernière transformation.
Nous diviserons les orthopières en deux familles.
Les uns ont tous les pieds semblables, et uniquement propres à la course : ce sont les orthoptères coureurs ; les autres ont les cuisses de la paire postérieure beaucoup plus grandes que celles des autres, ce qui leur donne la faculté de sauter. Les mâles, en outre, produisent un bruit aigu ou une espèce de stridulation; ce sont des orthoptères sauteurs , et en quelque sorte zzusiciens.
La première famille des OrruorrTÈres, Les Coureurs. (CursorrA.)
Ont les pieds postérieurs uniquement propres , ainsi que les autres, à la course.
Ls ont presque tous les étuis et les ailes couchés horisontalement sur le corps ; les femelles sont dépourvues de tarière cornée.
Ils forment trois genres : le premier, celui
Des PERCE-OREILLES. (WORFICULA. Lin.)
À trois articles aux tarses; des ailes plissées en éventail et se repliant en travers, sous des étuis
crustacés, tres-courts et à suture droite ; le corps linéaire, avec deux grandes pièces écailleuses, mobiles, qui forment une pince à son extrémité postérieure.
La tête est découverte.
Les antennes sont filiformes, insérées au-devant des yeux, et composées de douze à trente articles, suivant les espèces, La galète est grêle, allongée et presque cylindrique. La languette est fourchue. Le corselet est en formé de plaque.
Ces insectes sont très-communs dans les lieux frais et humides, se rassemblent souvent en troupe sous les piérres, les écorces des arbres, font beaucoup de tort aux fruits de nos jardins, dévorent même les cadavres de leur propre espèce, se défendent avec leur.pince, dont la forme varie un peu selon le sexe. On a cru qu’ils s’insinuaient dans les oreilles , et de là l’origine de leur dénomination. Seuls parmi les orthoptères, les perce - oreilles manquent de cœcums au pylore.
Le grand Perce-oreille (Forficula auricularia. Lan.) De G. Mém. Insect. III, xxv , 16—25, long d’un demipouce, brun, avec la tête rousse, les bords du corselet grisâtres et les pieds d’un jus d’ocre; antennes de quatorze articles.
Les deux sexes sont unis bout à bout dans l’accouplement. La femelle veille à la conservation de ses œufs, et même, pendant quelque temps à celle de ses petits.
Le petit Perce-oreille (Forficula minor. Lin.) Dé G .#bid. pl. xxv, 26, 27, de deux tiers plus petit, brun, à iêle et corselet noirs , à pattes jaunes; antennes de onze