‹ Le règne animal distribué d'après son organisationChapitre 64 sur 92 · TOME · texte numérisé non relu

TOME

articles. Il se trouve plus fréquemment autour des fumiers (1).

Les BLATTES. ( BLATTA. Lin. )

Qui ont cinq articles à tous les tarses, les ailes pliées seulement dans leur longueur, la tête cachée sous la plaque du corselef, et le corps ovale ou orbiculaire, aplati.

Les antennes sont en forme de soie, insérées dans une échancrure interne des yeux, longues et composées d’une grande quantité d'articles. Les palpes sont longs. Le corselet a la forme d’un bouclier. Les étuis sont ordinairement de la longueur de l'abdomen, coriaces ou demi-membraneux et se croisent un peu à la suture. L’extrémité postérieure de l'abdomen offre deux appendices coniques et articulés. Les jambes sont garnies de petites épines. Leur jabot est longitudinal; leur gésier a en dedans de fortes dents crochues; on leur compte huit à dix cœcums autour du pylore.

Les blattes sont des insectes nocturnes trés-agiles, dont les uns vivent dans l’intérieur des maisons, particulièrement dans les cuisines, les boulangeries et les moulins à farine, et dont les autres habitent la campagne. lis sont très-voraces, consommant toutes sortes de provisions de bouche. Les espèces propres à nos colonies y sont désignées sous le nom

(1) Ajoutez f. bipunetata, Fab, Panz. Faun. Ivsect. Gerw. LXXXVI, x ;—f. gigantea, Fab. Herbst, archiv. insect, XLIX, r; ‘et Palis. de Beauv. Insect. d’Afr, et d’Amér.

ORTHOPTÈRES. SRE

de kakerlacs ou kakkerlagues, et imporfunent beaucoup leurs habitans, par les dégats qu’elles y font. Non-seulement elles attaquent les comestibles, mais rongent encore les étoffes de laine et de soie, et jusqu'aux souliers. Elles mangent aussi des insectes. Des espèces de sphex leur font la guerre.

La B. orientale ( B. orientalis. Lin.) De G. Mém. Insect. TITI, xxv, 1—7, longue de dix lignes, d’un brun marron roussätre ; des ailes plus courtes que l'abdomen, dans le mäle; de simples rudimens de ces organes dans la femelle. Ses œuls, au nombre de seize, sont renfermés syméiriquement dans une coque ovale, comprimée, d’a= bord blanche , ensuite brune, solide, dentelée en scie sur un des côtés. La femelle la porte quelque temps à l'anus, où elle fait une saillie, et la fixe ensuite, à l’aide d’une matière gommeuse , à divers corps. Cette espèce est un fléau pour les habitans de la Russie et dela Finlande. On la dit originaire de l’Asie. Quelques auteurs la font venir de l'Amérique méridionale.

La B. de Laponie ( B. Lapponica. Lin.) De G. ibid. 8, 9, 10, d’un brun noirâtre; bords du corselet d’un gris clair ; étuis de la même couleur. Elle ronge le poisson sec, dont les Lapons font des provisions pour leur tenir lieu de pain. Chez nous , elle habite les bois.

La B. Kakerlac (B. Americana.) de G. ibid. xLIw, 1, 2,9, rousse; Gorselet jaunâtre avec deux taches et une bordure brunes; abdomen roux; antennes très-longues. — En Amérique (1). |

(1) Voyez pour les autres espèces De Géer , ibid.; Fab.; Oliv. Encycl. Méthod. ; blatta acervorum, Panz. Faun. Insect. Germ. LXVIIL, xx1v; Fuesl. arch. Insect. Lab. XLIX , 2-11 ; et Coqueb. Hilust. Icon. Tlusect. IL, xxr, 1; 0. pacifica , L.

372 INSECTES Les ManTes. ( Manris. Lan.)

Où l’on trouve encore cinq articles à tous les tarses , et des ailes simplement pliées dans leur longueur; mais dont la tête est découverte, et dont le corps est étroit et allongé.

Elles diffèrent encore des blattes par leurs palpes courts, finissant en pointe; et par leur languette quadrifide.

Ces insectes ne se trouvent que dans les contrées iempérées et méridionales , se tiennentsur les plantes ousur les arbres, ressemblent même souvent à leurs feuilles ou à leurs branches, par la forme et la couleur du corps, et recherchent la lumière du jour. Les uns vivent de rapine et les autres sont herbivores. Leurs œufs sont ordinairement renfermés dans une capsule de matière gommeuse, se durcissant à l’air, divisée intérieurement en plusieurs loges, tantôt sous la forme d’une coque ovale, tantôt sous celle d’une graine, avec des arêtes ou des angles, hérissée même de petites épines. La femelle la colle sur des plantes ou sur d’autres corps élevés à la surface de la terre. Leurs estomacs ressemblent à ceux des blaïtes, mais leurs intestins sont plus courts à proportion.

Les unes, désiguées par Stoll sous les noms de feuilles ambulantes , ont les deux pieds antérieurs plus grands que les autres, avec les hanches longues, les cuisses fortes, comprimées et armées d’épines en dessous, et les jambes terminées par un fort crochet; elles ont trois yeux lisses, distincts, rapprochés en triangle; le premier segment du

tronc fort grand, les quatre lobes de la languette presque de la même longueur; les antennes insérées entre les yeux, et la tête triangulaire et verticale.

Ces espèces sont carnassières , saisissent leur proie avec leurs pieds antérieurs, qu’elles relèvent ou portent en avant, et dont elles replient avec promptitude la jambe contre le dessous de la cuisse. Leurs œufs , très -nombreux, sont renfermés dans autant de petites cellules, disposées par séries réoulières et réunies en une masse ovoide.

Ces orthoptères forment le genre spécial

Des Manres. (Manris.)

Celles dont le front se prolonge en forme de corne, et dont les mâles ont des antennes pectinées, sont des ampuses (ampusa) pour Illiger. Elles ont au bout des cuisses un appendice arrondi et membraneux, en forme de manchette. L’abdomen est festonné sur ses bords dans plusieurs (1). |

Celles qui n’ont point de corne sur la tête, et dont Îles antennes sont simples dans les deux sexes , composent seules le genre des mantes du même naturaliste. Tantôt les ailes sont horizontales , comme dans la suivante.

La M. prie-dieu (M. religiosa. Lin.) Roœs. Insect. IF, Gryll 1,11, ainsi nommée de ce qu’elle relève et rapproche ses deux bras à la manière d’une personne suppliante. Les Turcs ont même pour cet insecte un respect religieux , et une autre espèce de ce genre est encore plus vénérée chez les Hottentots.

La MW. prie-dieu, irès-commune dans les provinces méridionales de la France et en Italie, est longue de deux pouces , d’un vert clair, quelquefois brune, sans taches

(1) Stoll, Mant. var, 30 ; 1x, 34; ibid. 35; x, 4o; x1, 44; x11, 47 ; ibid. 48; ibid, Fi XVI, 58, HO RIT , a s'XX TES MNT Oe La fig. 94 de la pl. xx1V est une larve, très-semblable à celle du mantis pauperatà de Fab.

On remarque seulement au côté interne des hanches antérieures une tache jaune, bordée de noir, caractère qui Ja distingue d’une mante du Cap de Bonne-Espérance , presque semblable (1).

Tantôt les ailes sont en toit, comme dans les mantispes de Latreille (2).

Les autres ont les pieds antérieurs semblables aux suivans, les yeux lisses, très-peu distincts où nuls; le premier segment du tronc plus court ou de longueur au plus du suivant, les divisions intérieures de la languette plus courtes que les latérales, les antennes insérées devant les yeux, et la tête presque ovoide et avancée, avec des mandibules épaisses et les palpes comprimés.

Ces insectes ont des formes très-singulières , et ressemblent soit à une petite branche d’arbre, soit à des feuilles. Ïls paraissent ne se nourrir [ue de végétaux, et ont, de même que plusieurs sauterelles, la couleur de ceux où ils vivent habituellement, Les deux sexes diffèrent souvent beaucoup.

115 forment le genre

Des Srecrres (Srecrrum) de Stoll.

On l’a partagé en deux autres.

Les espèces dont le corps est filiforme ou linéaire , semblable à un bâton, sont

Les Pnasmes ( PaasmaA) de Fabricius.

Plusieurs sont tout-à-fait privées d'ailes ou ont des étuis fort courts.

(1) Voyez pour les autres espèces Stoll, genre des mantes ou des feuilles ambulantes, à Vexception de celles qui se rapportent au genre des phyllies (voyez plus bas), Voyez encore la Monographie des mantes de Lichtenstein (Lin. Soc. Trans. tom. vi); Pal, de Beauv. Inscct. d'Afr,et d'Amér, et Herbst. Arch. des Insectes.

(2) Lat, Gen, Crust. et Insect., ILL, p. 93.

ORTHOPTÈRES. do ù

On en trouve de très-grandes aux Moluques et dans l'Amérique méridionale. Le midi de la France nous offre

Le P. de rossi( P. rossia. Fab.) Faun. Etrusc. IE, wir, 1,sans ailes dans les deux sexes , vert, jaunâtre ou d’un brun cendré; antennes très-courtes , grenues et coniques ; pieds ayant des arêtes ; une dent près de l'extrémité des cuisses (1).

Les espèces dont le corps est très-aplati et membraneux, ainsi que les pieds, composent le genre

Des Payccres (Payrrium) d’Illiger.

Telle est la P. feuille sèche { Mantis siccifolia. Lin. Fab.) Stoll, Spect. vir, 24—26, très-aplatie, d’un vert pâle ou jaunâire; corselet court, dentelé sur les bords; des feuillets dentelés aux cuisses. La femelle a des antennes lrès-courtes , et des étuis de la longueur de l’abdomen ; les ailes manquent. Le mâle est plus étroit et plus allongé, avec des antennes longues et en soie; des étuis courts et des ailes aussi longues que l’abdomen.

Des habitans des îles Séchelles élèvent cette espèce, comme objet de commerce d’histoire naturelle.

- Stoll a représenté le mâle d’une autre espèce. Mantes, pl. xxr1r, 89.

La seconde famille des Orrnorrères , celle Des Saureurs. (SArTATORIA.)

Dont les deux pieds postérieurs, remarquables par la grandeur de leurs cuisses, et

(1) Voyez pour les autres espèces les figures de Stoll, genre des spectres; Lichtenstein , Monog. des mantes; genre phasma, Lin. Soc. Trans. vi; et Palis, de Bcauv, Irisect. d'Afr. et d'Amér,

376 INSECTES leurs jambes très- épineuses, sont propres pour le saut.

Les mâles appellent leurs femelles en faisant entendre un son bruyant, auquel le vulgaire donne le nom de chant. Tantôt ils le produisent en frottant intérieurement et avec rapidité l’un contre l’autre, une portion intérieure ,. plus membraneuse, en forme de talc ou de miroir de chaque étui; tantôt ils lexcitent par une action semblable et alternave des cuisses postérieures sur les élytres et sur les ailes, ces cuisses fesant l'effet d’un archet de violon.

La plupart des femelles déposent leurs œufs dans la terre.

Cette fanulle est composée du genre

Des SAUTERELLES ( GRyLLUS ) de Linnæus, Que nous diviserons ainsi :

Les uns, dont les mâles ont pour le chant une portion intérieure de leurs étuis en forme de miroir ou de peau de tambour, et dont les femelles ont très-souvent une tarière très-saillante, en forme de stylet ou de sabre, nous offrent des antennes, soit beaucoup plus grêles et plus menues à leur extrémité, soit de la même grosseur dans toute leur étendue, mais très-courtes, et presque en forme de chapelet. Les étuis et les ailes sont couchés horizoïtalement sur le corps dans ceux, en petit nombre, qui ont moins de quaire articles à tous les tarses,

La languette a toujours quatre divisions, dont les deux mitoyennes très-petites. Le labre est entier.

Tantiôt les étuis et les ailes sont horizontaux; les ailes formeut, dans le repos, des espèces de lanières ou de filets qui se prolongent au-delà des étuis ; et les tarses n’ont que trois articles, comme dans le genre !

Des Grizrows (GryLLus. Geoff. Oliv.) ou les Achètes ( Gryllus acheta. Lin.) de Fabricius.

Ils se cachent dans des trous, et se nourrissent ordinairement d'insectes. Plusieurs sont nocturnes. Leur jabot forme souvent une poche latérale. Ils n’ont au pylore que deux gros cœcums. Leurs vaisseaux biliaires s’insèrent dans l'intestin par un canal commun.

Ils forment trois sous-senres :

1°. Les CourtiriÈres. ( GryLLo-TaALpA. Lat.)

Dont les jambes et les tarses des deux pieds antérieurs sont larges, plats et deniés, en forme de mains » ou propres à fouir; qui ont les autres tarses de figure ordinaire, terminés par deux crochets, et les antennes plus grêles au bout, allongées, et composées d’un grand nombre d’articles.

La C. commune (Gryllus gryllo- talÿa. Lin.) Roes. Insect. IL, Gry/2. XIV, XV, longue d’un pouce et demi, brune en dessus, d’un jaune-roussäâire en dessous; quatre dents aux jambes antérieures; ailes une fois plus longues que les étuis. Espèce trop connue par les désâts qu’elle fait dans nos jardins et les champs cultivés, vivant dans la terre, où ses deux pieds antérieurs, qui agissent comme une scie et comme une pelle, et à la manière de ceux des taupes, lui fraient un chemin. Elle coupe ou détache les racines des plantes, mais moins pour s’en nourrir que pour se faire un passage, car elle vit, à ce qu'il paraît, d'insectes ou de vers. Le chant du mâle,

qu’on n’entend que le soir ou pendant la nuit, est doux et assez agréable,

La femelle se,creuse, en juin ou en juillet, à La profondeur d’enyiron un demi-pied , une cavité souterraine arrondie , et lisse à l’intérieur, où elle dépose deux à quatre centaines d'œufs ; ce nid, avec la galerie qui y conduit , ressemble à une bouteille dont le cou est courbé. Ses pelits vivent quelque temps en société. Voyez pour d’autres détails les observations de M. le Feburier. ( Vous. Cours d’Agric.) (1).

2°. Les TripacryLes. (Tripacryrus. Oliv. —X YA. Jllig. )

Fouissant aussi la terre, mais avec les jambes antérieures seulement, et qui ont à la place des tarses postérieurs, des appendices mobiles, étroits, crochus, et en forme de doigts. Les antennes sont de la même grosseur, très-courtes, et de dix articles arrondis. :

On trouve dans le midi de la France, sur les bords des ‘ rivières ,

Le 7. mélangé. (Xya variegata. lis.)

Cette espèce est petite, noire, avec un grand nombre de taches ou de points d'un blanc - jaunâtre, et saute très-fort (2).

9°. Les GRILLONS proprement dits. (GRrYLLUS.)

Qui n’ont point de pieds propres à fouir la terre, et dont les femelles portent, à l'extrémité postérieure de leur corps, une farière saillante. =

Leurs antennes sont toujours allongées , plus menues

(1) Latr. Gen. Crust. et Insect. III, p. 95.

(2) Latr. ibid, p.96 ; £. paradoxus , Coqueb. Illust. Icon, Insect. HR xtr, 3! P

vers le bout, et finissant en pointe. Les yeux lisses sont moins distincts que dans les tridactyles et les courtilières.

Le G. des champs (G. campestris. Lin.) Roœs. Ins. LI. Gryll. x111, noir, avec la base des étuis jaunâtre; tête grosse; cuisses postérieures rouges en dessous. Il se creuse sur les bords des chemins, dans les terreins secs et exposés au soleil, des trous assez profonds, où il se tient à l’affüt des insectes, dont il fait sa proie. La femelle y fait sa ponte, composée d’environ trois cents œufs. Il donne la chasse au suivant :

Le G. domestique (G. domesticus. Lin.) Rœsel. Insect. IL. Gryll. x11, d’un jaunâtre-pâle, mélangé de brun. Il fréquente les parties intérieures des maisons, où l’on a fait plus habituellement du feu, et qui lui fournissent des retraites et des vivres, comme derrière les cheminées , les fours, etc. C'est là aussi qu'il se multiplie. Le mâle produit un bruit aigu et désagréable.

On trouve en Espagne, en Barbarie, un grillon trèssingulier. ( Gryllus umbraculatus. Lin.) Le mâle a sur le front un prolongement membraneux, qui tombe en forme de voile. 1

Dans le G. monstrueux, les ailes se roulent en plusieurs tours de spires à leur extrémité (r).

Tantôt les étuis et les ailes sont en toit, et les tarses ont quatre articles. |

Les antennes sont toujours fort longues, et en forme de soie. Les mandibules sont moins dentées, et la galète est plus large que dans les grillons. Les femelles out constam-

(1) Ajoutez gryllus pellucens, Panz. Faun. Insect, Germ. XXII, xvur, mâle de l’acheta italica de Fab. ; il vit sur les fleurs ;—acheta sylestris, Fab, Coqueb. Illust. Icon, I, 1, 2;—a. umbraculata , 18 Coq. ibid. IT, xx1,2; et d’autres espèces figurées par De Géer ) - Drury, HUE etc. vou Fabricius.

ment une tarière avancée , comprimée , en forme de sabre ou de coutelas.

Il n’y a que deux cœcums, comme dans les précédens, mais les vaisseaux biliaires entourent le milieu de l'intestin, et s’y insèrent directement.

Ces orthoptères sont herbivores , et forment le genre

Des Locusres ou SAUTERELLES . proprement dites. (Locusra.Geoff. Fab.—GRYLLUS TETTIGONTA. Lin.)

La grande Sauterelle (L, viridissima. Fab.) Res. Insect. IT, Gryll. x, x1, longue de deux pouces, verie, sans taches ; tarière de la femelle droite.

La Sauterelle tachetée (-L. verrucivora. Fab.) Roes. ibid. VIIT , longue d’un pouce et demi , verte, avec des taches brunes ou noirâtres sur, les étuis; tarière de la femelle recourbée. Elle mord fortement, et l’on dit que les paysans de la Suède se font mordre par cet insecte les verrues des mains, et que la liqueur noire et bilieuse qu’il désorge dans la plaie, fait sécher et disparaître ces excroissances cutanées.

Plusieurs espèces de ce genre n'ont point d'ailes, ou n'offrent que des étuis très-courts , comme

Ba 0: porte=selle (Z. ephippiger. Fab.) de notre Ross. Faun. Etrusc. IT, vit, 3, 4 (r).

Les autres, dont les mâles ne produisent leur stridulation que par le frottement des cuisses contre les étuis ou les ailes, dont les femelles n’ont point de tarière saillante, se distinguent encore des précédens par leurs antennes , tantôt filiformes et cylindriques , tantôt en forme d’épée ou

(1) Ajoutez locusta varia, Fab. Panz. ibid. XXXITT, 1,—l. fusca, ibid, 11 32, clypeata, ibid. 1v;—1. denticulata, ibid. v. Son gryllus proboscideus, ibid. XXII, xvrx, est le panorpa hiemalis. Voyez aussi De Géer, Herbst, Donovan et Stoll, sauter, 4 sabre, pl. 1-xit 3 Latrs Gen. Crust, et Insect, IT 3 P:+ 100

ORTHOPTÈRES. 381 terminées en massue, et toujours aussi longues au moins que la tête et le corselet ; ils.ont tous les étuis et les ailes en toit ou inclinés, et trois articles aux tarses. Leurs cœcums sont au nombre de cinq ou six, et leurs vaisseaux biliaires s’insèrent, comme dans la généralité de l’ordre, immédiatement à l'intestin.

La languette du plus grand nombre n’a que deux divisions. Tous ont trois yeux lisses distincts , le labre échancré, les mandibules très-dentelées, l'abdomen conique et comprimé latéralement. Ils sautent mieux que les précédens, ont un vol plus soutenu et plus élevé, et se nourrissent de

végétaux, dont ils sont très-voraces. On peut les comprendre dans un même genre, celui

Des Criquerts. ( Acrypium. Geoffr. )

Et que l’on peut sous-diviser de la manière suivante :

Les uns ont la bouche découverte, la lansuette bifide, et, une pelote membraneuse entre les crochets du bout des tarses. Tels sont

1°. Les Pneumores. ({ PNeumora. Thunb. partie des GryLLius bulla de Lin.)

Distincts des suivans par leurs pieds postérieurs, plus courts que le corps, moins propres à sauter, et par leur abdomen vésiculeux, du moins dans l’un des sexes.

Leurs antennes sont filiformes.

On ne les trouve que dans la partie la plus méridionale

de l'Afrique (1).

2°. Les TRruxALES. (TruxaALis. Fab. — GryLLus acrida. Lin.)

Qui, par leurs antennes comprimées, prismatiques et

(1) Pneumora sexguttata, Thunb. Act. Suec. 1775, vit, 3; gryllus inanis, Fab.; — p. éimmaculata, Thunb. ibid. vir, 1;

g Papillosus, F,;—p. maculata, Thunb. ibid. VIT, 25 g. vario- Lesus , F.

383 INSECTES en forme d’épée , et leur tête élevée en pyramide, s'éloignent de tous les autres orthoptères (1).

Quelques espèces du genre suivant , telles que le gry//us carinatus de Linnæus , le G. gallinaceus de Fabricius, sont, par les antennes, intermédiaires entre les deux, et pourraient faire un genre propre.

3°. Les CRIQUETS proprement.dits. ( GryzLus. Fab. — GRYLLUS locusta. Lin., et quelques G. bulla.)

Qui diffèrent des pneumores par leurs pieds postérieurs, plus lonos que le corps, leur abdomen solide et non vésiculeux ; et des truxales, à raison de leur tête ovoide, et des antennes filiformes ou terminées en bouton.

Ils volent assez haut et par tirades.

Les ailes sont souvent agréablement colorées, et particulièrement de rouge et de bleu, comme on le voit dans plusieurs espèces de notre pays. Parmi celles des "pays étrangers , le corselet présente souvent des crêtes, de grosses verrues , el un mot, des formes très-bizarres.

Certaines espèces, nommées par les voyageurs Sauterelles de passage, se réunissent quelquefois par bandes, dont le nombre des individus est au-dessus de tout calcul, émigrent, paraissent dans les airs comme un nuage épais, tel que celui qui porte la grêle ou la foudre, etconvertissent. bientôt en un désert les lieux où elles se sont arrêtées. Souvent même leur mort est un nouveau fléau, l'air étant corrompu par la quantité effroyable de leurs cadavres restés sur le sol.

On mange ces insectes dans diverses contrées de l’Afrique. Leurs habitans en font des provisions pour leur propre usage et le commerce. Ils ôtent les élytres et les ailes de

(1) Gryllus nasutus, Linr, ; Roes, Iusect, Il, Gryll. 1v, 1, 2: Les antennes sont fausses ; Herbsi. ibid. 111, 7, le mäle; 6, la fem.; Stoll, vit, b, 27 ; —Drur. Iusect. I, xL, 1.

ces orthoptères , et les conservent ensuite dans de la saumure.

Une grande partie de l’Europe est souvent ravagée par

Le C. de passage (Gryllus migratorius. Lin.) Rœs. Insect. Il, Gryll. xx1v , long de deux pouces et demi, ordinairement vert, avec des taches obscures, les mandibules noires, les étuis d’un brun-clair, tachetés de noir, une crête peu élevée sur le corselet. Les œufs sont enveloppés d’une matière écumeuse et glutineuse , couleur de chair, et formant une coque, que l'insecte colle, dit-on, sur les plantes. — Commun en Pologne.

Le midi de l'Europe, la Barbärie, l'Esypte, etc., éprouvent les mêmes pertes de quelques autres espèces, un peu plus grandes ( G. Æcyptius, Tataricus , Lin.),et qui diffèrent peu du gryllus lineola de Fabricius, que Von trouve au midi de la France. ( Herbst. Archiv. ns: LIV.: 2.)

Le C. à ailes rouges ( Gryllus stridulus. Lin.) Roœs. ibid. xxt1, 1, 2, 3, d’un brun-foncé ou noirâtre ; corselet | élevé en carène; ailes rouges, avec l’extrémité noire. Le C. à ailes bleues (G. cærulescens. Lin.) Ros. ibid. xx1, 4, dont les ailes sont d’un bleu un peu verdûtre, avec une bandé noire.

Quelques espèces ont les antennes terminées en bouton. Telle est |

Le C. de Sibérie (G. Sibiricus. F.) Panz. Faun. Insect. Germ. X XIII, xx, dont le mäle a les jambes antérieures tres-renflées, en forme de massue. On le trouve en Sibérie et au mont Saint-Gothard (r).

(1) Ajoutez g, biguttulus, Panz. ibid. XXXIH, vi ;—g, grossus, ibid. vit ;—g. pedestris , ibid. vIt1;—p, lineatus, ibid. 1x ; et voyez aussi De Géer, Stoll (sauterelles de passage, pl. 1-x11, à lexcéption dés figures citées au genre truxale ); Olivier (article criquet de l’Enc.

Dans la seconde division du genre des criquets, l’avantsternum recoit dans une cavité une partie du dessous de la tête ; la languette est quadrifide; les tarses n’ont point de pelotte entre leurs crochets.

Les antennes n’ont que treize à quatorze articles. Le corselet se prolonge en arrière, en forme de grand écusson, quelquefois plus long que le corps, et les étuis sont trèspetits. Ces orthoptères forment le genre

Des Térrix ('Térrix. Lat. — À Ro Fab ee Partie des GRYLLUs bulla de Lin.) de Latreille.

Il n’est composé que de très-petites espèces (1).

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