TOME
402 INSECTES Des CicALES proprement dites. (CicApA. Oliv.)
Ces insectes, dont les étuis sont presque toujours iransparens et veinés, diffèrent des suivans, nonseulement par la composition de leurs antennes et le nombre des yeux lisses, mais encore, en ce qu'ils ne sautent point, et que les mâles font entendre, dans les fortes chaleurs des jours d’éié, époque de leur apparition, une espèce de musique monotone et très-bruyante. Aussi des auteurs ont-ils désigné ces cigales par l’épithète de chanteuses. Les organes du chant sont situés à chaque côté de la base de l'abdomen, intérieurs et recouverts chacun par une plaque cartilagmeuse , en forme de volet. La cavité qui renferme ces instramens est divisée en deux loges par une cloison écailleuse et triangulaire. Vue du côté du ventre, chaque cellule offre an- {érieurement une membrane blanche et plissée, et
“plus bas, dans le fond, une lame tendue, mince, transparente, que Réaumur nomme Île miroir. Si on ouvre, en dessus, cette partie du corps, on voit, de chaque côté, une autre membrane plissée, qui se meut par un muscle très- puissant, composé d’un. grand nombre de fibres droites et parallèles, et partant de la cloison écailleuse ; cette membrane est la timbale. Les muscles en se contractant et se relichant avec promptitude, agissent sur les timbales, les étendent ou les remettent dans leur état naturel ; telle est l’origine des sons qu’elles produisent même après la mort de l'animal, si elles éprouvent alors des tiraillemens semblables.
Les cigales se tiennent sur les arbres ou sur des arbustes, dont elles sucent la sève. La femelle perce avec une farière logée dans un fourreau de deux lames en demi-tube, composée de trois pièces écaitleuses, étroites , allongées, et dont deux terminées en forme de lime, les petites branches de bois mort, jusqu’à la moelle, afin d'y déposer ses œufs. Le ombre en étant considérable, elle y fait successivement plusieurs trous, dont la place est indiquée à l'extérieur par autant d’élévations. Les jeunes larves quittent cependant leur berceau pour s’enfoncer dans la terre, où elles croissent et se métamorphosent en nymphes. Leurs pieds antérieurs sont courts et ont des cuisses très - fortes, armées de dents, et propres à creuser la terre. Les Grecs mangeaient les nymphes, qu'ils nommoient tettigornètres, et même l'insecte, dans son dernier état. Avant l’accouplement, on préférait les mâles, et lorsqu'il avait eu lieu, on recherchait davantage les femelles, parce que leur ventre était alors rempli d'œufs. La cigale de l’orne, en piquant cet arbre, fait écouler ce suc mielleux et purgatif, qu’on appelle manne.
La C. de l’orne(C. orni. Lin.) Rœs. Insect. IT, Locusé. XXV» I, 23 XXVI,; 9, 9, longue d'environ un pouce, jaunâtre , pâle en dessous, mélangé de cette couleur et de noir en dessus, avec les bords des articles de l’abdomen roussâtres; deux rangées de points noirâtres sur les élytres, dont les plus voisins de leur bord interne plus petits. — Midi de la France, Italie, etc.
La C, commune (C. plebeia, Lin.) Rœs, ibid. xx, 4;
XXVI, {s 6,7 8, la plus grande de nos espèces ; noire, avec plusieurs taches sur le premier segment du tronc; son bord postérieur, les parties relevées et arquées de l’écusson , et plusieurs veines des élytres , roussâtres (1).
Les autres CicAparrREs n’ont que trois articles distincts aux antennes et deux petits yeux lisses. Leurs pieds sont, en général, propres pour le saut. Aucun des sexes n'est pourvu d'organes sonores.
Les étuis sont souvent corlaces et opaques.
Plusieurs femelles enveloppent leurs œufs d’une matière blanche et cotonneuse.
Tantôt les antennes sont insérées immédiatement sous les yeux, et le front est souvent prolongé en forme de museau, de figure variable selon les espèces. C’est ce qui distingue le genre
Des Fuccores. ( FuLcora. Lin. Oliv. )
Les espèces dont le front est avancé sont les fulgores proprement dites, de Fabricius. Telle est
La À. porte-lanterne (F. laternaria. Lin.) Roœæs. Insect. IT, Locust. xxXv1Ir, XXIX, très-orande espèce, agréablement variée de jaune et de roux, avec une grande tache , en forme d'œil, sur chaque aile; museau trèsdilaté, vésiculeux, large et arrondi en devant. Plusieurs voyageurs assurent qu’il répand une forte lumière dans l'obscurité.
(1) Voyez Latr. Gen. Crust. et Insect. III, p. 164; Fab. Syst Ryng. genre fettigonia , et Olivier, Encycl. Méth. , article cigale, où toutes les figures de Stoll relatives aux espèces de ce genre sont rapportées.
Le midi de l’Europe nous offre une petite espèce du même genre.
La Æ. européenne (F'. europæa. Lin.) Panz. Faun. Insect.® Germ. XX , xvr, verte, avec le front conique, les élytres et les ailes transparentes (x).
Celles dont la tête n’a point d'avancement remarquable, composent dans Fabricius divers genres.
; Ses FLATES. (FWLATA.)
Ont les élytres et les ailes très-larges, et ressemblent à de petites phalènes, et mieux encore à des pyrales (2).
Ses Isses. ( Issus.)
Ont le corps court, les élytres dilatées et arquées à la base, et rétrécies ensuite (5).
Des espèces dont le corps est plus allongé, et qui ressemblent, au premier coup-d’œil, à de petites cigales proprement dites, sont comprises dans son genre LySsTRE
( LysTra.) (4).
Ses Derges. ( DERBA.)
Me sont inconnues. Suivant lui, la lèvre, ou plutôt la partie relevée, comprise inférieurement entre les yeux, et d’où part le bec, est grande, et présente trois carènes (5).
Latreille a séparé, sous le nom générique de TETT:comèTres (TETrIGOMETRA }, des insectes analogues aux précédens, mais dont les antennes sont logées entre les angles postérieurs et latéraux de la tête, et ceux de l’ex-
(1) Voyez pour les autres espèces Fab. ibid. et Oliv. Encycl. Méth. arlicle fulgore.
(2) Fab. Syst. Ryng.; Latr., Gen. Crust, et Insect, IL], p, 165.
(5) Fab. ibid. ; Latr. ibid,
(4) Fab, ibid.
(5) Fab. ibid,
trémité antérieure du corselet. Les yeux ne sont poiut saillans (1).
Enfin, les Derrxax (Derpnax ) de Fabricius.
Que Latreille avait distingués par la dénomination d’asiraques (asiraca ), ont les antennes insérées dans une échancrure inférieure des yeux, et de la longueur de la tête, ou même beaucoup plus longues (2).
Tantôt les antennes sont insérées entre les yeux comme dans
LEs CicADELLES ( CICADELLA ), ou les Cigales ranatres de Linnæus, Que l’on peut subdiviser ainsi :
Le corselet des unes n’est point transversal; son extrémité postérieure est plus ou moins prolongée en arrière.
Les Ærarions ( Ærazrons) de Latreille (3).
Ont les antennes inférieures, tandis qu'elles sont frontales dans Les sous-senres'suivans.
Les Lipres. ( LeprA. Fab.)
Où les deux premiers articles des antennes sont presque de longueur égale, et dont le corselet est dilaté uniquement sur les côtés. Telle est la Cigale nommée par Geoffroi le grand Diable (Cicada aurita. Lin.) (4).
ee
(1) Eat. ibid. p. 163.
(2) Fab. ibid. ; Latr, ibid. p. 167 et 168, genres : asiraca, delphax, Olivier a suivi Linnæus.
(3) Latr, Consid. sur l’Ord. des Crust. et des Insect. et Zool. de MM. de Humbold et Bonpland,.
(4) Fab. Syst, Ryngot.'; Latr. Gen. Crust, et Iusect. II, p. 157.
HÉMIPTÈRES. 4o7 Les Mempraces (Memsracis ) de Fabricius.
Dont ses centrotes , ainsi que ses darnis , ne me paraissent pas différer, ont aussi les deux premiers articles des antennes de longueur identique, mais le corselet se prolonge toujours en arrière, et se dilate même aussi quelquefois dans d’autres sens,
On en trouve souvent dans nos bois deux espèces :
Le petit Diable (Cicada cornuta. Lin.) Panz. Faun. Insect. Germ. L, x1x, long de quatre lignes; corselet ayant une corne de chaque côté, et prolongé postérieurement en une pointe de la longueur de l'abdomen.
Le Demi-Diable (Centrotus genistæ. Fab.) Panz. ibid. xx, de moitié plus petit, et dont le corselet est simplement prolongé en arrière. — Sur le genêt.
Dans quelques espèces exotiques, le corselet s’avance en avant en forme d'épée. Dans d’autres pareillement étrangères, il s'élève dans le sens de la hauteur, et est très- ; comprimé par les côtés, arrondi et arqué en-dessus ; il a l'apparence d’une feuille (1).
Les CEercopes. (CErcoptis. Fab.)
Dont le second article des antennes est une fois au moins
plus long que le premier, et dont le corselet n’est sensiblement dilaté dans aucun sens.
La C. ensanglantée ( Cercopis sanguinolenta. Fab.) la Cigale à taches rouges, Geoff. Insect. IT, vrrr, 5,
longue de quatre lignes, noire, avec six taches rouges sur les étuis. — Dans les bois.
La C. écumeuse (Cicada spumaria.) Lin. Roœs. Ins. 11, Locust. xx111, brune, avec deux taches blanches sur les
(1) Latr. Gen, Crust. et [nsect, III, p. 158 ; Fab. Syst. Ryng, genres indiqués plus haut,
4o8S INSECTES
étuis, près de leur bord extérieur. Sa larve vit sur les feuilles, dans une liqueur écumeuse et blanche, que des auteurs ont nommée : écume printanière , crachat de grenouille (1).
Les autres cicadelles ont le corselet transversal, avec le
bord postérieur droit. Olivier les réunit aux cercopes dans son genre
Des Terricones ( TETTIGONIA ); ce sont Îles Cigales ( Cicada), et les Tasses (Iassus) de Fabricius.
Il y en a beaucoup d'espèces , et dont les couleurs sont irès-jolies. Elles sont généralement très-petites (2).
La seconde famille des HÉémIPpTÈREs HoMmor- TÈRES, Ou la quatrième de l’ordre,
Les Arniprens ( Arminn ), autrement les Pu- CERONS.
Se distingue de la précédente par les tarses qui n’ont que deux articles et par les antennes filiformes, ou en forme de soie, plus longues que la iête, de six à onze articles.
Les individus ailés ont toujours deux élytres et deux ailes. |
Ce sont de très - petits insectes, dt le corps est ordinairement mou, et dont les étuis sont presque semblables aux ailes, ou
(1) Fab, ibid.
(2) Fab. ibid; Latr. ibid.
n'en différent que par ce qu'ils sont plus grands et un peu plus épais. Ils pullulent prodigieusement.
Les uns ont dix à onze articles aux antennes, dont le dernier est terminé par deux soies.
Ils sautent et composent le genre
Des PsyLzes ( PsyrcA ) de Geoffroi, ou celui DES CHERMES de Linnæus.
Ces hémiptères, désignés aussi sous le nom de Jaux-pucerons , vivent sur les arbres et sur les plantes, dont ils tirent leur nourriture ; les deux sexes ont des ailes. Leurs larves ont, ordinairement, le corps très-plat, la tête large, et l'abdomen arrondi par derrière. Leurs pieds sont terminés par une petite vessie membraneuse, accompagnée, en dessous, de deux crochets. Quatre pièces larges et plates, qui sont les fourreaux des étuis et des ailes, distinguent les nymphes. Plusieurs, dans cet état, de même que dans le premier, sont couverts d’une matière cotonneuse et blanche, disposée par flocons. Leurs excrémens forment des filets ou des masses d’une nature sommeuse ef sucrée.
Quelques espèces, en piquant les végétaux pour en sucer le suc, occasionnent dans quelques-unes de leurs parties, particulièrement leurs feuilles ou leurs boutons, des mons-
truosités ou des apparences de galles.
De ce nombre est
La Psylle du buis (Chermes buxi. Lin.) Réeum. Mém. Insect. IT, x1x, 1, 14, verte, avec les ailes d’un jaunâtre-brun,
A1o INSECTES L’aune, le figuier, l’ortie , etc., en nourrissent aussi
d’autres espèces (1).
Latreille a formé, avec celle qui vit dans les fleurs du jonc, un genre sous le nom de Livie ( Livia). Les antennes sont beaucoup plus grosses intérieurement qu’à leur extrémité (2).
Les autres aphidiens n’ont que six à huit arücles aux antennes; le dernier n’est point terminé par deux soies.
Tantôt les étuis et les ailes sont linéaires, frangés de poils, et couchés horizontalement sur le corps, qui a une forme presque cylindrique; le bec est très-petit ou peu distinct. Les tarses sont terminés par un article vésiculeux, sans crochets; les antennes ont huit articles en forme de grains. Tels sont
Les Tunis. ( Tartes. Lin.)
Ïls sont d’une extrême agilité et semblent sauter plutôt que voler. Lorsqu'on les inquiète trop, ils élèvent et recourbent en arc l’extrémuté postérieure de leur corps, à la manière des staphylins. Ils vivent sur les fleurs, les plantes, sous les écorces des arbres. Les espèces les plus grandes n’ont guère plus
d’une ligne de long (3).
Tantôt les étuis et les ailes, ovales ou trian-
(1) Voyez Fab. Geoff, De Géer.
{2) Latr. Gen. Crust. et Insect. TL, p. 170.
(35) Voyez Latr. ibid. p. eâd. et les auteurs cités plus haut,
HÉMIPTÉRES. AE:
oulaires, et sans frange de poils, sont imclinés, en forme de toit; le bec est très-distinct; les tarses sont terminés par deux crochets; les antennes n’ont que six à sept articles. Tels sont
Les Pucerons. (Apuis. Lin.)
Que l’on peut diviser comme il suit :
Les PucEroNs proprement dits. ( Apurs.)
Dont les antennes sont plus longues que le corselet , de sept articles, dont le troisième allongé ; qui ont les yeux entiers, et deux cornes ou deux mamelons à l'extrémité postérieure de l’abdomen.
Ils vivent presque tous en société, sur les arbres et sur les plantes, qu'ils sucent avec leur trompe. Ils ne sautent point , et marchent lentement. Les deux cornes que l’on observe à l’extrémité postérieure de l’abdomen, dans un srand nombre d’espèces, sont des tuyaux creux, et d’où s’'échappent souvent de petites gouttes d’une liqueur transparente, mielleuse, dont les fourmis sont très-friandes. Chaque société offre , au printemps etenété, des pucerons toujours aplères, et des demi-nymphes, dont les ailes doivent se développer; tous ces individus sont des femelles, qui mettent au jour des petits vivans, sortant à reculons du ventre de leurs mères, et sans accouplement préalable. Les mâles, parmi lesquels on en trouve d’ailés et d’aptères, ne paraissent qu’à la fin de la belle saison , ou en automne. Ils fécondent la dernière génération produite par les individus précédens, et consistant en des femelles non ailées, qui ont besoin d’accouplement. Après avoir eu commerce avec des mâles, elles pondent des œufs sur les branches des arbres, qui y restent tout l'hiver, et d’où sortent, au printemps suivant, de petits pucerons, devant bientôt se multiplier sans le concours des mâles.
h12 INSECTES
L'influence d’une première fécondation s'étend ainsi sur plusieurs générations successives. Bonnet , auquel on doit le plus de faits sur cet objet , a obtenu, par l'isolement des femelles , jusqu’à neuf générations dans l’espace de trois mois.
Les piqûres que font les pucerons aux feuilles ou aux jeunes tiges des végétaux, font prendre à ces parties différentes formes, comme on peut le voir aux nouvelles pousses des tilleuls, aux feuilles de groseillers, de pommiers, et plus particulièrement à celles de l’orme, du peuplier et du pistachier , où elles produisent des espèces de vessies ou d’excroissances , renfermant dans leur intérieur des familles de pucerons, et souvent une liqueur sucrée, assez abondante. La plupart de ces insectes sont couverts d’une matière farineuse, ou de filets cotonneux, disposés quelquefois en faisceaux. Les larves des hémérobes, celles de plusieurs diptères, des coccinelles, détruisent un grand nombre de pucerons.
Celui du Chéne (A. quercus. Lin.) Réaum. Insect. IT, xxvVI11, 5,10, brun, et remarquable par son bec, trois fois au moins plus long que le corps.
Le P. du hêtre ( A. fagi. Lin.) Réaum.ibid. xxvi, I, tout couvert d’un duvet cotonneux et blanc.
Les ALryYRODESs. ( ALEYRODES. Lat. — TinEA. Lin.)
Qui ont des antennes courtes de six articles, et des yeux échancrés.
LA. de l’éclaire(Tinea proletella. Lin.) Réaum. ibid. IF, xxv,1,7, semblable à une très-petite phalène, blanche , avec une tache et un point noirâtres sur chaque étui. — Sous les feuilles de la grande chélidoine, sur le chou, le chêne, etc.
La larve est ovale, très-aplatie, en forme de petite écaille, et ressemble à celle des psylles. La nymphe est fixée et renfermée sous une enveloppe, de sorte que cet insecte subit une métamorphose complète.
RÉMIPTÈRES. 419 La dernière famille,
Les Garrinsectes, dont de Géer forme un ordre particulier,
N’ont qu'un article aux tarses, avec un seul crochet au bout. Le mäle est dépourvu de bec, n’a que deux ailes, qui se recouvrent nou sur le corps; son abdomen est terminé par deux soies. La femelle est sans ailes et munie d’un bec. Les antennes sont en forme de fil ou de soie, le plus souvent de onze articles. r.
Ils comprennent le genre Des CocxeniLces ( Coccus ) de Linnæus.
L’écorce de plusieurs de nos arbres paraît souvent comme galeuse, à raison d’une multitude de petits corps ovales ou arrondis, en forme de bouclier ou d’écaille, qui y sont fixés et auxquels on ne découvre pas d’abord d’organes extérieurs, indiquant un insecte. Ce sont néanmoins des animaux de cette classe et du genre des cochenilles. Les uns sont des individus femelles; les autres des mâles dans leur premier âge, et dont la forme est presque la même. Mais il arrive une époque où tous ces individus éprouvent de singuliers changemens. Ils se fixent alors; les larves des mâles pour un tems
déterminé, celui qui est nécessaire à leurs dernières
transformations, et les femelles pour toujours. Si
on observe celles-ci au printems, l’on voit que leur corps acquiert peu à peu un grand volume et qu’il finit par ressembler à une galle, tantôt sphérique , tantôt en forme de rein, de bateau, etc. La peau des unes est unie et très-lisse ; celle des autres offre des incisions ou des vestiges des segmens. C’est dans cet état que les femelles s’acccouplent et qu’elles pondent bientôt après leurs œufs, dont le nombre est très-considérable. Elles les font passer entre la peau du ventre et un duvet cotonneux qui revêt intérieurement la place qu’elles occupent. Leur corps se dessèche ensuite et devient une coque solide qui couvre ces œufs. D’autres femelles les enveloppent d’une matière cotonneuse et très-abondante, qui Jes garantit. Celles qui sont sphériques leur forment, de leur corps, une sorte de boîte. Les jeunes gallinsectes ont le corps ovale, très -aplati et pourvu des mêmes organes que celui de la mère. Ils se répandent sur les feuilles, et gagnent, vers la fin de l'automne , les branches, pour s’y fixer et passer l'hiver. Les uns, comme les femelles, se préparent, au retour de la belle saison, à devenir mères, et les autres, comme les larves des mâles, se transforment ennymphes et sous leur propre peau. Ces nymphes ont les deux pieds antérieurs dirigés en avant, et nou en sens contraire, comme le sont leurs autres pieds, et tous les six dans les autres nymphes. Ayant acquis des ailes, ces mâles sortent à reculons, de l'extrémité postérieure de leur coque, vont ensuite trouver leurs femelles., Ils sont bien plus petits qu’elles, Leur partie sexuclle forme entre les deux
soies du bout de leur abdomen, une queue recourbée. Réaumur a vu deux petits grains, semblables à des yeux lisses, à la partie de la tête qui correspond à la bouche. J'ai distingué à la tête du mâle de la cochernille de l’orme, dix petits corps semblables et deux espèces de balanciers au corselet, Geoffroi dit que les femelles ont à l’extrémité postérieure du corps quatre filets blancs, mais qui ne sortent qu’en le pressant un peu. Te
Dorthez a observé sur leuphorbe characias un gallinsecte qui paraît différer par quelques caracitères de formes et d’habitudes des autres espèces. C'est ce qui a déterminé son ami M. Bosc à faire de cette espèce un genre propre : dorthesia. La femelle n’a que huit articles aux antennes et continue de vivre et de courir après la ponte. Le mâle à l'extrémité postérieure de l'abdomen garni d’une houpe de filets blancs. Get insecte est ainsi plus voisin des pucerons que des cochenilles.
Les gallinsectes paraissent nuire aux arbres, en occasionnant par leur piqüre une transpiration trop abondante. Aussi excitent-ils la vigilance de ceux qui culüivent particulièrement les pêchers, les orangers, les figuiers et les oliviers. Des espèces. s’attachent aux racines des plantes. Quelques-unes sont précieuses par la belle couleur rouge qu’elles fournissent à la teinture. D’autres recherches sur ces insectes pourraient peut-être nous en faire découvrir qui nous seraient utiles sous le même rapport. |
Geoffroi divise les Galle-insectes, ou par contraction Ga/-
h10 INSECTES
linsectes , en deux genres, ceux du Xermès ( Chermes) et de la Cochenille (Coccus). Réaumur désisne celui-ci sous le nom de Progail-insecte. |
La C. des serres. ( C. adonidum. Lin. ) Corps d’une couleur presque rose, couvert d’une poussière farineuse blanche ; ailes et soies de la queue du mâle de cette dernière couleur ; femelle ayant sur les côtés des appendices, dont les deux derniers plus longs et formant une sorte de queue. Elle enveloppe ses œufs d’une matière cotonneuse et blanche, qui leur sertde nid. N'aturalisée dans nos serres, où elle est très-nuisible.
La C. du nopal (C. cacti. Lin.) Thier. de Menonv. de Ja cult. du nop. et de la cochen. Femelle d’un brun foncé, couverte d’une poussière blanche, plate en dessous, convexe en dessus, bordée, avec les anneaux assez distincts, mais s’oblitérant au temps de la ponte. Mäle d’un rouge foncé , avec les ailes blanches. Cultivée au Mexique sur une espèce de nopal ou d’opuntia, et distinguée sous les noms de zestèque , cochenille fine , d’une autre irès-analogue, moius grosse et plus cotonneuse, la, sylvestre. Elle est célèbre par la teinture cramoisie qu’elle fournit et qui donne l’écarlate en mélangeant sa décoction avec la solution d’étain ,par l'acide nitro - muriatique. C'est aussi de la cochenille que l’on tire le carmin. Cette production est l’une des principales richesses du Mexique. ( Voyez les Voy. de M. de Humboldt.)
La C. de Pologne (Polonicus. Lin. ) Bréyn. EF. 1v,76, 1731; Frisch. Ins. 5, p. 6,t. 11. Femelle d’un brun rougeâtre, en forme de grain, s’attachant aux racines du scleranthus perennis, et de quelques autres plantes. Elle était pour la Pologne, avant l’introductiôn de la cochenille, un objet important de commerce. La couleur qu’elle donne est presque aussi belle et de la même teinte que celle de la précédente, On en fait encore usage en Allemage et en Russie.
La C. du chéne vert ou le Kermès (C. ilicis. Lin.) Réaum. Insect. IV , v. La femelle prend la forme et la grosseur
* d’un pois. Elle est couleur de prune ou d’un noir violet, avec une poussière blanche. Sur une espèce de chéne ; vert de la Provence, du Languedoc et des parties méridionales de l’Europe. Elle sert à teindre en cramoisi, | surtout dans le Levant et en Barbarie, etonentirait aussi de l’écarlate avant que la cochenille du Mexique füt d’un usage général. On l’emploie encore dans la médecine (r).
Une espèce des Indes orientales forme la gomme laque. Une autre entre dans la composition d’une bougie particulière employée à la Chine.