LE SEPTIÈME ORDRE DES INSECTES
LES HÉMIPTÈRES. (Ryncora. Fab.)
Terminent, dans notre méthode, la division nombreuse des insectes à étuis, et sont les seuls, parmi eux, qui n’ont ni mandibules, ni mâchoires proprement dites. Une pièce tubulaire, articulée, cylindrique ou conique, courbée inférieurement ou se dirigeant le Jong de la poitrine, ayant l'apparence d’une espèce de bec (rosérurn ), présentant tout le
méthod. et les autres auteurs cités par Fabricius , au genre gryllus, comme Schæffer, Herbst , Drury , Roes. etc. Voyez aussi Latr. Gen. Crust, et Insect. IIT, p. 104.
(1) Acrydium subulatum , F. De Géer ; Schæff. Icon. Insect, CLIV , 9, 10; cLx1,2, 3,—a. bipunctatum , Panz. ibid, V, xvix, var. ;— a. scutellatum, De Géer, M. Insect. IT, xx1u, 15, Voyez aussi Herbst, Archiv. Ins. Lit, 1-5.
long de sa face supérieure, lorsque cette pièce est relevée, une gouttière ou un canal, d’où l’on peut faire sortir trois soies écailleuses, roides, très-fines et pointues, recouvertes à leur base par une languette. Voilà les parties qui composent uniquement leur bouche. Les trois soies forment, par leur réunion, un suçcoir semblable à un aguillon, ayant pour gaine, la pièce tubulaire que je viens de décrire, et dans lequel il est maintenu, au moyen de la languette supérieure située à son origine. La soie inférieure est composée de deux filets qui se réunissent en un, un peu au-delà de leur point de départ; ainsi le nombre des pièces du suçoir est réellement de quatre. M. Savigny en a conclu que Jes deux soies supérieures, ou celles qui sont simples, représentent les mandibules des insectes broyeurs, et que les deux filets de la soie inférieure répondent à leurs mâchoires ; dès-lors la lèvre est remplacée par la gaine du suçoir, et la pièce triangulaire de la base devient un labre. Les palpes sont les seules parties qui aient totalement disparu; on en apercoit cependant des vestiges dans les thrips.
La bouche des hémiptères n’est donc pro- TOME 3. 25
pre qu’à extraire , par la succion, des matières fluides ; les stylets déliés, dont est formé le sucoir, percent les vaisseaux des plantes et des animaux, et la liqueur nutritive, successivement compæimée, est forcée de suivre le canal intérieur et arrive à l’œsophage. Le fourreau du sucoir est souvent alôrs plié en genou ou fait un angle avec lui.
Dans la plupart des insectes de cet ordre, Jes étuis sont coriaces ou crustacés, avec l’extrémité postérieure membraneuse et leur formant une sorte d’appendice; ils se croisent presque toujours; ceux des autres hémiptères sont simplement plus € épais et plus grands que les ailes, demi-membraneux, ainsi que les étuis des orthoptères, et tantôt opaques et colorés , tantôt transparens et veinés. Les ailes ont quelques plis longitudinaux.
La composition du tronc commence à éprouver des modifications qui le rapprochent de celui des insectes des ordres suivans. Son premier segment, désigné jusqu'ici sous le nom de corselet, a, dans plusieurs, bien moins détendue, et s’incorpore avec le second , qui est également découvert.
Les hémigtères nous offrent, dans leurs trois états, les mêmes formes et les mêmes
HÉMIPTÈRES. |: "085 habitudes. Le seul changement qu'ils subissent, consiste dans le développement des ailes et l'accroissement du volume du corps.
Is ont, en général, un estomac à parois assez solides et musculeuses, un intestin grêle de longueur médiocre, suivi d’un gros instestin divisé en divers renflemens, des vaisseaux Diliaires peu nombreux et insérés assez loin
du pylore.
Je divise cet ordre en deux sections.
Dans la première, celle Des HéréroprÈères. ( HereroprerA. Lait. )
Le bec naît du front; les étuis sont membraneux à leur extrémité, et le premier segment du tronc, beaucoup plus grand que les autres, forme à lui seul le corselet.
Les élytres et les ailes sont toujours horizontales, ou légèrement inclinées.
Cette section se compose de deux familles.
La première, celle Des Géocorises ou PUNAISES TERRESTRES,
À les antennes découvertes, plus longues
que la tête, et insérées entre les yeux, près de leur bord interne.
Elle forme le genre Des Punaises ( Cimex ) de Linnæus.
Les unes ont la gaine du sucoir de quatre articles distincts et découverts, le labre tres-prolongé au-delà de la tête, en forme d’alène, et sirié en dessus.
Les tarses ont toujours trois articles distincts, dont le premier presque égal au second ou plus long que lui.
Ces espèces répandent souvent une odeur désagréable et sucent divers insectes.
Tantôt leurs antennes, toujours filiformes, sont composées de cinq articles ; le corps est ordinairement court, ovale ou arrondi.
Les ScuTELLÈRES. (ScUTELLERA. Lam. TETyYRA, Fab. ) Où l’écusson couvre tout l'abdomen.
La S. rayée ( Cimex lineatus. Lin.) Wolff. Cimic. I, 11, 1, longue de quatre lignes, rouge, avec le dessus rayé de noir, dans toute sa longueur ; des points noirs, disposés en lignes, sur le ventre. Aux environs de Paris, et dans le midi de l’Europe, sur les fleurs, les ombellifères particulièrement (r).
Les PENTATOMES. (PENTATOMA. Oliv.—EnEssa, ÆLIA, Cimex, Harys, Cxpnus. Fab.)
Le P. des crucifères (Cimex ornatus. Lin.) Wolf. ibid. 11, 15, long de quatre lignes et demie , ovoide-arrondi , rouge, avec un grand nombre de taches, la tête et les ailes noires. Sur le chou et d’autres cruciferes.
Le LP. du choux ( Cimex oleraceus. Lin.) Wolff. ibid. 11,
16, long de trois lignes, ovoide , d’un vert bleuâtre, avec {
(1) Consultez Fabricius pour les autres espèces, genre fefyra. (Syst, Ryngot.)
une ligne sur le corselet, un point sur l’écusson, un autre sur chaque étui, blancs ou rouges.
Le P. hémorrhoïdal (C. hæmorrhoidalis. Lin.) Wolf. ibid. 1, 10, long de sept lignes, ovoide, vert en dessus, jaunâtre en dessous, avec les angles postérieurs du corselet prolongés en pointe mousse, une grande tache brune sur les étuis, et le dessus de l'abdomen rouge, tacheté de noir. Une arête terminée en pointe sur le sternum. è
La femelle du P. gris (C. griseus. Lin.) garde et conduit ses petits, comme une poule conduit ses poussins (1).
Tantôt les antennes n’ont que quatre articles , et le corps est oblong.
Les "espèces dont les antennes sont filiformes ou plus grosses à leur extrémité peuvent être réunies dans un seul sous-cenre ,
Celui des Lycées. (Lyczæus.)
Qui a été subdivisé comme il suit :
Les Corérs (Corus de Fabricius.}
Ont le corps ovale, et le dernier article des antennes de la même forme, beaucoup plus court que le précédent ete plus souvent renflé.
Le C. bordé ( Cimex marginatus. Lin.) Wolff. Cimic: I, III, 20, long de six lignes, d’un brun canelle , avec une saillie arrondie, de chaque côté de l’extrémité postérieure du corselet, le milieu des antennes rougeâtre , et le dessus de l’abdomen rouge. Sur les plantes et répandant une forte odeur de pomme (2).
Les LYGÉES proprement dits (Lyceæus) du même.
Dont le corps est encore ovale ou seulement un pew
{1) Voy. Fab. genres indiqués ci-dessus.
(2) Voyez Fabricius, Syst. Ryngotorum ; Latr. Gen. Crust. et lnscot, III, p. 117.
plus oblong, mais qui ont des antennes terminées par un
article allongé, presque cylindrique et de la grosseur du précédent,
Le L. croix de chevalier (Cimex equestris. Lin.) Wolff. ibid. IIT, 24, long de cinq lignes, rouge , à taches noires,
avec la portion membraneuse ses étuis brune, tathetée de blanc.
Le ZL. demi-ailé (C. apterus. Lin.) Stoll. Cimic. II, xv, 103, long de quatre lignes, sans ailes, rouge; la tête, une tache au milieu du corselet et un gros point
sur chaque étui, noirs ; extrémité de ses étuis tronquée, ou sans appendices membraneux. Très-commun dans nos jardins. On letrouve, mais très-rarement, avec des ailes (1). +
Les Arypes (Arypus) de Fabricius.
Nediffèrentdes lygées que par la forme étroite et allong ie ducorps (2).
Presque tous ses GERrRIs (GERRIS) ne sont même que
des alydes , ou plutôt des lygées encore plus allongés , avec les pieds très-longs (3).
Ses BÉryTEs. (Beryrus—Nripes. Lat.)
Où la forme du corps est la même, mais dont les antennes sont coudées et renflées à leur extrémité (4).
Les MyopoQques (Myorocua) de Latreille.
Se distinguent, dans cette division, par leur tête rétrécie en arrière, en forme de cou, comme dans les reduves (5).
(1) Fab. ibid. ; Latr. ibid. p. 121.
(2) Fab. ibid.; Latr, ibid. p. 119.
(5) Fab. ibid. ; Latr. ibid. p. 120, (4) Fab, ibid, FR (5) Latr. Gen, Crust. el Insect. ILE, p. 126 ; Oliv. Encycl. métis
Les espèces où les antennes sont plus grêles à leur extrémité, ou en forme de soie, comprendront un autre sousgenre , celui
Des Mrris (Mrrrs).
Fabricius ne désigne ainsi que les espèces dont les aniennes vont insensiblement en pointe, et dont le corps est ordinairement assez étroit et allongé (r).
Celles où les deux derniers articles des antennes sont beaucoup plus menus que le précédent , et dont le corps est proportionnellement plus court et plus large , ovoïde ou arrondi, forment son genre Capse (Capsus) (2),
Les autres hémiptères de cette famille n’ont que deux ou trois articles apparens à la gaîne du suçoir ; le labre est court, sans stries.
Le premier article des tarses, et souvent même le second, : est très-court, dans le plus grand nombre.
Tantôt les pieds sont insérés au milieu de la poitrine, terminés par deux crochets distincts, et prennent naissance du milieu de l’extrémité du tarse ; ils ne servent point à ramer ni à courir sur l’eau.
Nous séparons ensuite les espèces dont le bec est toujours droit, engaîné à sa base ou dans sa longueur; dont les yeux n’ont point de grandeur extraordinaire ; et dont la tête n'offre point , à sa jonction avec le corselet, de cou ni d’étranglement brusque.
Leur corps est ordinairement ou tout ou en partie membraneux et le plus souvent très-aplati. Elles composent la majeure partie du genre primitif
(1) Fab, Syst. Ryng.; Lat, ibid. p. 124.
(2) Fab. ibid. ; Latr. ibid. p. 123.
397 INSECTES Des AcanrTaius (AcanrTurA de Fabricius}.
Dont cet auteur a ensuite démembré les suivans :
Les SyrrTis. (SyrTis. Fab.— MaAcROcEPHALUS. Swed. Lat.— PaymaATA. Lat.)
Où les pieds antérieurs sont en orne de serre monodactyle de crustacés , et leur servent aussi à saisir leur proie (1).
Les TinçGis. (Tincrs. Fab.)
Qui ont le corps très-plat et les antennes terminées en bouton , avec le troisième article beaucoup plus long que les autres.
La plupart vivent sur les plantes, en piquent les feuilles ou les fleurs, et y produisent quelquefois des fausses galles. Les feuilles du poirier sont souvent criblées par une nc de ce genre (7°. pyri. E.) (2).
Les AraDss. (Arapus. Fab.)
Qui ressemblent aux tingis par la forme du corps , mais dont les antennes sont cylindriques, avec le second article presque aussi grand que le troisième ou même plus long.
Ils se tiennent sous les écorces des arbres , dans les fentes du vieux bois, etc. (3).
Les Punaises proprement dites. (Crmex. Lat.— ACANTHIA. Fab.)
Ayant aussi le corps très-plat, mais dont les antennes se terminent brusquement en forme de soie.
(1) Fab. Syst. Ryngotorum ; Latr. Gen. Crust, et Insect. IH, p.197, 198
(2) Fab, ibid.; Latr. ibid.
(5) Fab. ibid, ; Latr. ibid.
On ne connaît que trop
La Punaise des lits (Cimex lectularius. Lin.) Wolf. Cimic. IV , xr11, 121. On prétend qu'elle n'existait pas en Angleterre avant l'incendie de Londres, en 1666, et qu'elle y fut transportée avec des bois d'Amérique. Quant , au continent de l’Europe, Dioscoride en fait déjà mention. On a encore avancé que celte espèce acquérait quelquefois des ailes. Elle tourmente aussi les jeunes pigeons, des petits d’hirondelles , etc.; mais celle qui vit sur ces derniers oiseaux me paraît former une espèce particulière.
On a proposé bien des moyens pour détruire ces in-
sectes; la plus grande propreté et une extrème vigilance sont les meilleurs (1).
Les autres géocorises de cette subdivision ont le bec découvert, arqué, ou quelquefois droit, mais avec le labre saillant ; la tête étranglée brusquement ou rétrécie en forme de cou par derrière. Quelques espèces ont des yeux d’une grosseur très-remarquable.
Celles qui ne présentent pas ce caractère , et dont la tête est portée sur un cou, forment le genre primitif
Des Renuves (Reouvius) de Fabricius.
Ils ont le bec court, mais très-aigu et piquant fortement. On se ressent même long-temps de la douleur. Leurs antennes sont très-déliées vers le bout ou en forme de soie. Plusieurs espèces produisent un bruit pareil à celui que font les criocères , les capricornes, etc., mais dont les tons se succèdent avec plus de rapidité. |
Ce genre a été divisé ainsi :
Les Repuves proprement dits. (Repuvius. Fab.)
Qui ont le corps ovale, oblong, avec les pieds de longueur moyenne.
(:) Fab. ibid. ; Latr, ibid.
Do sENSE6 Rs
On peut leur associer les Nabis de Latreille, et les Pezalocheires de Palisot de Beauvois ; ces derniers ont les jambes antérieures en forme de rondache.
Le Reduve masqué (Cimex personatus. Lin.),la Punaïse mouche de Geoffroi , I, 1x, 3, long de huit lignes, d’un brun noirâtre sans tache. Il habite l’intérieur des maisons, où il vit de mouches et de divers autres insectes, dont il s’approche à petits pas, et sur lesquels il s'élance ensuite. Ses piqûres les font périr sur-lechamp. Dans l’état de larve et de nymphe, il ressemble à une araignée toute couverte d’ordure ou de poussière de
balayures (1).
Les ZELus. (Zeus. Fab.)
Dont le corps est linéaire, avec les pattes très-longues, fort grêles et toutes semblables entre elles (2).
Les PLoiÈres. (PLorarrA. Scop.—Emesa. Fab.)
Analogues aux précédens par la forme linéaire du corps, la longueur et la ténuité des pieds , mais doni les deux pieds antérieurs ont les hanches allongées , et sont propres, comme dans les mantes, à saisir leur proie (3).
Viennent maintenant les géocorises, remarquables par la grosseur de leurs yeux, qui n’ont point de cou apparent, . mais dont la tête transverse est séparée du corselet par un étranolement. Elles vivent sur le bord des eaux, où elles courent très-vite et font souvent de petits sauts. Fabricius , qui les avait d’abord réunies aux acanthies, les distingue maintenant sous le nom générique
(1) Fab. Syst. Ryng. ; Latr. Gen. Crust. et Insect. III, p. 128. (2) Fab. Syst. Ryngot.; Lalr., Gen. Crust, el Insect, IIT, p. 129. (3) Fab. ibid.; Latr. ibid.
De SALDEs. (Sazva.)
Les uns ont le-bec court et arqué, et les antennes en forme de soie. Ce sont
Les Leprores (Lerrorus) de Latreille (r).
Les autres ont le bec long, droit, avec le labre saillant hors de sa gaine , et les antennes filiformes ou un peu plus grosses vers le bout. Ce sont
Les SALDES proprement dites. (SALDA. Fab.)
Latreille les divise en deux. Ses Acanru1Es (ou les SALDES propres de Fabricius) (2), ont les antennes de la longueur au moins de la moitié de celle du corps et saillantes. Leur forme est ovale. Dans ses PELOGONES (PeLzoconus) (3), ces organes sont beaucoup plus courts et repliés sous les veux. Le corps est plus court et plus arrondi, avec un écusson assez grand. Ces hémiptères se rapprochent des Vaucores , et paraissent y conduire , avec les suivans.
Tantôt les quatre pieds postérieurs, très-srèles et fort lonss, sont insérés sur les côtés de la poitrine, et très-" écartés entre eux, à leur naissance; les crochets des tarses sont très-petits, peu distincts, et situés dans une fissure de l'extrémité latérale du tarse. Ces pieds servent à ramer ou à marcher sur l’eau. Ils sont propres au genre
Des Hypromètres (HyproMEeTRA) de Fabricius (4).
Que Latreille divise en trois sous-genres.
Les HYDROMÈTRES proprement dites. (HyDROMETRA. Lat.)
Qui ont les antennes en forme de soie, et la tête prolon-
(1) Latr. Consid. sur l'Ord. nat. des Crust. et des rate 259.
(2) Fab. ibid. Les saldes : zosteræ , striata , littoralis ; Latr. ibid, genres lygée et acanthie,
(5) Lat. ibid. p, 142,
(4) Fab. ibid,
gée en un long museau, recevant le bec dans une gouttière inférieure (r).
Les GErris. (Gerris. Latr.)
Dont les antennes sont filiformes; qui ont la gaîne du suçoir de trois articles, et les pieds de la seconde paire très-éloignés des deux premiers, et une fois au moins plus longs que le corps (2).
Les deux pieds antérieurs, ainsi que dans le sous-genre suivant, font l'office de pinces.
Les VÉLIESs. ( VELIA. Lat.)
Où les antennes sont encore filiformes, mais dont la gaîne du suçoir n’a que deux articles apparens , et dont les pieds, beaucoup plus courts, sont à des distances presque égales les uns des autres (3).
La seconde famille des HémiprÈères, Celle des Hyprocorises où PUNAISES D'EAU.
À les antennes insérées et cachées sous les yeux, plus courtes que la tête ou à peine de sa longueur.
Ces hémiptères sont tous aquatiques, carnassiers , et saisissent d’autres insectes avec leurs pieds antérieurs, qui se replient sur eux-mêmes, et servent de pince. Ils piquent fortement.
Leurs tarses n’offrent qu'un à deux articles.
(1) Latr, Gen, Crust, et Insect, II , p. 131. (2) Latr, ibid, (5) Latr. ibid,
Leurs yeux sont ordinairement d’une grandeur remarquable.
Les unes ont les deux pieds antérieurs en forme de serres ou de tenailles , composés d’une cuisse, soit très-grosse, soit très- longue, ayant en-dessous un canal pour recevoir le bord inférieur de la jambe, et d’un tarse très-court ou se confondant même avec la jambe et formant avec elle un grand crochet.
Le corps est ovale et très-déprimé dans les unes, de forme linéaire dans les autres. Ces espèces for. ment le genre
Des Nëèpres (NepA ) de Linnæus,ou DES Scorpions AQUATIQUES, Qu'on partage ainsi : ‘A Les GaLGuLeEs. (GaALGurus. Lat.)
Dont tous les tarses sont semblables, cylindriques, à deux articles très-distincts, avec deux crochets au bout du dernier. Leurs antennes ne paraissent avoir que trois articles, dont le dernier plus grand et ovoide.
Celles des genres suivans sont composées de quatre pièces (1).
Les Berosromes.(BErLosromaA. Lat.)
Où les deux tarses antérieurs forment un grand onglet; qui ont le labre étroit et allongé, et reçu dans la gaîne du suçoir ; les quatre tarses postérieurs à deux articles distincts et les antennes en peigne (2).
LS
(1) Latr. Gen. Crust, et Insect. IT , p. 144; naucoris oculata, Fab.
(2) Lat. ibid. p. 144; les nèpes : grandis, annulata, rustica de Fabricius.
Les Nèpes proprement dites. (NEpA. Lat.)
Ayant les tarses antérieurs et le labre comme dans le genre précédent, mais dont les quatre larses postérieurs n’ont qu’un seul article bien distinct, et dont les antennes paraissent fourchues ; leur bec est courbé en dessous ; leurs deux pieds antérieurs ont les hanches courtes et les cuisses beaucoup plus larges que les autres parties.
Leur corps est plus étroit et plus allongé que dans les genres précédens, presque elliptique. Leur abdomen est terminé par deux soies qui leur servent à respirer , dans les lieux aquatiques et vaseux , au fond desquels elles se tienpeut. Leurs œufs ressemblent à une graine de plante, de figure ovale , couronnée d’une aigrette formée de sept poils.
La NV. cendrée (N. cinerea. Lin.) Roœæs. Insect. IIT,
Cim. aquat. xx11, longue d'environ huit lignes , cendrée ,
avec le dessus de l'abdomen rouge, et la queue un peu
plus courte que le corps (1).
Les RanNATRES. (RaANATRA. Fab.)
Qui ne diffèrent des Nèpes que par la forme linéaire de leur corps, leur bec dirigé en avant, et les deux pieds antérieurs, dont les hanches et les cuisses sont allongées et grèles.
La NN. linéaire( Nepa linearis. Lin.) Rœæs. ibid. xx11r,
longue d’un pouce, d’un cendré clair, un peu jaunâtre, avec la queue de la longueur du corps.
L’aigrette deses œufs n’est composéequede deux soies (2).
Les Naucores. (Naucoris. Geoff. Fab.)
Dont les deux pieds antérieurs se terminent aussi en
onglet, mais qui ont le labre grand, triangulaire, recouvrant la base du bec.
(1) Ajoutez : 7. fusca ,grossa , rubra , nigra , maculata , de Fab. (2) Voyez pour les autres espèces Fabricius, Syst. Ryng.
Leur corps est plus court et plus large que dans les précédens, avec la tête arrondie, et les yeux très-plats, et ne s’élevant point au-dessus de la tête. Les quaire derniers pieds sont très-ciliés, et leurs tarses ont deux articles. Leurs antennes sont simples, sans saillie en forme de dent.
La N. punaise ( Nepa cimicoides. Lin.) Roœæs. ibid. xxvVI11, longue de cinq à six lignes , d’un brun verdâäire, avec la tête et le corselet d’une couleur plus claire ; bords de l’abdomen dentés en scie, débordant les étuis (1).
Les autres ont les deux pieds antérieurs simplement courbés en dessous, avec les cuisses de grandeur ordinaire, et le tarse allant en pointe et trèscilié, ou semblable aux autres. Leur corps est presque cylindrique ou ovoïde et assez épais, ou moins déprimé que dans les précédens. Leurs pieds postérieurs sont très-ciliés, en forme de rames, et terminés par deux crochets très-petits, peu distincts. Ils nagent ou rament avec une grande vitesse, et souvent sur'le dos. Ils composent le genre
Des NoToxECTES ( NOTONECTA ) de Linnæus.
Que l’on a divisé comme il suit :
Les Corises. (Cor1xA. Geoff.— SiGARA. Fab.)
Manquant d’écusson; ayant le bec très-court, triangu- -—laire, avec des stries transversales ; les étuis horisontaux ; les pieds antérieurs très-courts, avec les tarses d’un seul article, comprimé et cilié; les autres pieds allongés , et les
-deux du milieu terminés par deux crochets fort longs. F
(1) Fab. ibid. ; Latr. Gen, Crust, et Insect, IT, p. 146.
La C. striée ( Notonecta striata. Lin.) Roœs. Insect. 111, Cim. aquat. xx1x. Les plus grands individus, longs de cinq lignes. Dessus d’un brun foncé, avec un grand nombre de points ou de petites raies jaunâtres ; tête , dessous du corps et pieds de cette dernière couleur (r).
Les Noronecres. (NoronecrA. Geoff. Fab.)
Qui ont un écusson très-distinct, un bec en cône allongé et articulé, les étuis en toit, et tous les tarses à deux articles; les quatre pieds antérieurs sont coudés , avec des tarses cy= lindriques, simples , et terminés par deux crochets.
La N. glauque ( Notonecta glauca. Lin.) Roœæs. 1bid. xxvI1, longue de six lignes; dessus jaunâtre, avec une teinte roussâtre sur les étuis ; leur bord intérieur tacheté de noirätre ; écusson noir.
Elle nage sur le dos, afin de mieux saisir sa proie, et pique vivement (2).
La seconde section des HémiprÈèRes, Celle des HomoprÈres. ( Homoprera. Lat. )
Se distingue de la précédente aux caractères suivans : le bec nait de la partie la plus inférieure de la tête, près de la poitrine, ou même de l’entre-deux des deux pieds antérieurs ; les étuis (presque toujours en toit) sont partout de la même consistance et demi-membraneux, quelquefois même presque semblables aux ailes. Le premier segment du tronc,
(:) Voyez pour les autres espèces Fab. Syst. Ryng. (2) Fab. ibid. ; Latr, Gen, Crust. et Insect, IL, p. 150.
HÉMIPTÈRES. hot tout au plus aussi grand que le second, et
ordinairement plus court, s’unit avec lui, pour former le corselet.
Tous les hémiptères de cette section ne se nourrissent que du suc des végétaux. Les femelles ont une tarière écailleuse, ordinairement composée de trois lames dentelées, et logée dans une coulisse à deux valves. Elles s'en servent comme d’une scie pour faire des entailles dans ces végétaux et y placer leurs œufs. .
Je la diviserai en trois familles, La première, celle des Cicapaïres ou des CiGALEs en cénéral.
Comprend ceux qui ont trois articles aux tarses et des antennes ordinairement trèspetites, coniques ou en forme d’alène, de trois à six pièces, avec une soie très-fine au bout du dernier.
Les unes ont les antennes de six articles et trois yeux lisses. Elles embrassent la division des cigales porte-manne de Linnæus, le genre des éettigontes de Fabricius et forment pour nous celui
Le CD