TOME 3. e j
core cet ordre du neuvième ou de celui des lépidoptères, dont les quatre ailes sont d’ailleurs farineuses. Dans les névroptères, ces ailes ont leur surface garnie d’un réseau très-fin ; les inférieures sont, le plus souvent, de la grandeur des supérieures, ou tantôt plus larges , tantôt plus étroites mais plus longues. Leurs mächoires et la pièce inférieure de leur lèvre, ou le menton, n’ont jamais une forme tubulaire. L’abdomen est presque toujours dépourvu d’aiguillon et de tarière ayant une figure analogue.
Ils ont, pour la plupart, des antennes en forme de soie, et composées d’un grand nombre d'articles; deux ou trois yeux lisses ; le tronc formé de trois segmens intimement unis en un seul corps, distinct de l'abdomen, et portant les six pieds; le premier de ces segmens est ordinairement très-court, en forme de collier. Le nombre des articles des tarses est encore variable. Le corps est généralement allongé, avec des tégumens assez mous , ou faiblement écailleux; l’abdomen est toujours sessile. Beaucoup de ces insectes sont carnassiers dans leur premier et leur dernier état. |
Les uns ne subissent qu’une demi-méta-
| NÉVROPTÈRES. 419 morphose; les autres en éprouvent une complète; mais les larves ont constamment six pieds à crochet, dont elles font ordinairement usage pour chercher leur nourriture.
Je diviserai cet ordre en trois familles, qui dans leur marche progressive nous présenteront les rapports naturels suivans: 1°. Insectes carnassiers ; demi-métamorphose; larves aquatiques. 20, Insectes carnassiers; métamorphose complète ; larves terrestres ou aquatiques.
30. Insectes carnassiérs ou omnivores, terrestres ; demi- métamorphose. 40. Insectes herbivores; métamorphose complète ; larves aquatiques, se construisant des domiciles portatifs. Nous finirons par ceux dont les ailes sont le moins en réseau, et qui ressemblent à des phalènes ou à des teignes.
La première famille , celle Des SuBuLICORNES. (SUBULICORNES. Lat.)
Se compose de l’ordre des odonates de Fabricius, et du genre éphémère. Les antennes sont en forme d’alène, guère plus longues que la tête, de sept articles au plus, dont le dernier sous la figure d'une soie.
Les mandibules et les mâchoires sont entièrement couvertes par le labre et la lèvre, ou par l'extrémité antérieure et avancée de la tête.
Les ailes sont toujours très-réticulées, écartées, tantôt horizontales, et tantôt élevées perpendiculairement ; les mférieures sont de la grandeur des supérieures où quelquefois très-petites, et même nulles. Îls ont tous les yeux ordinaires, gros ou très-sallans, et deux à trois yeux lisses situés entre les précédens. Us passent les deux premiers âges de leur vie au sein des eaux, où ils se nourrissent de proie vivante.
Les larves et les nymphes, dont la forme se rapproche de celle de linsecte parfait, respirent par le moyen d'organes particuliers, situés sur les côtés de l'abdomen ou à son extrémité. Elles sortent de l'eau pour subir leur dernière métamorphose.
Tes uns ont des mandibules et des mâAchoires cornées, très-fortes, et recouvertes par les deux lèvres; trois articles aux tarses; les ailes égales, et l'extrémité postérieure de l’abdomen terminée simplement par des crochets ou des appendices en lames ou en feuillets. Ils forment l’ordre des odonates de Fabricius, ou le genre
a NÉVROPTÈRES. 221:
Des DEMoIsELLESs ou LiIBELLULES. (LABELLULA, Lin. Geoff.)
Leur forme svelte, les couleurs agréables et varices qui les parent, leurs ailes grandes et semblables à une gaze éclatante, la rapidité du vol avec laquelle elles poursuivent les mouches ou les autres insectes qüi leur servent de nourriture, fixent notre attention et font distinguer aisément cesnévroptères. Ils ont la tête grosse, arrondie, ou en forme de triangle large; deux grands yeux latéraux (1), trois yeux lisses , situés sur le vertex; deux antennes insérées sur le front, derrière une élévation vésiculeuse, dans le plus grand nombre de cinq à sept articles, ou du moins de trois, dont le dernier composé, et s'amincissaut en forme de stylet; le labre demi - circulaire , voüté; deux mandibules écailleuses, très-fortes et très-deutées ; des mâchoires terminées par une pièce de la même consistance, dentée, épineuse et ciliée au côté intérieur, avec un palpe d’un seul article, appliqué sur le dos, et imitant la galète des orthoptères ; une lèvre grande, voütée, à trois feuillets ou divisions, sans palpes; une sorte d’épiglotte ou de langue vésiculeuse et lonsitudinale dans l’intérieur de leur bouche ; le corselet gros, arrondi; l’abdomen trèsallongé, tantôt en forme d'épée, tantôt en forme de baguette ; enfin des pieds courts et courbés en avant.
(1) Voyez pour leur composition, Cuvier , Mém. de Ja Soc. d'Hist. Nat. de Paris, in-4°. p. 41, *
h22 INSECTES
Le dessous du second anneau de l'abdomen renferme , dans les mâles, leurs organes sexuels, et, comme ceux de la femelle, sont situés au dernier anneau, l’accouplement de ces insectes s'opère différemment que dans les autres. Le mâle, planant d’abord au-dessus de sa femelle la saisit par le col, au moyen des crochets de l'extrémité postérieure de son ventre, et s'envole ainsi avec elle. Au bout d’un temps, plus ou moins long, celle-ci se prêétant à ses désirs, courbe en dessous son abdomen et en applique l'extrémité sur les parties du mâle, dont le corps est alors courbé en forme de boucle. La copulation a souvent lieu dans les airs, et quelquefois encore sur les corps où ces insectes sont posés. La femelle, pour pondre ses œufs, se met sur des plantes aquatiques, peu élevées au-dessus de la surface de l’eau, et y plonge l'extrémité postérieure de son ventre.
Les larves et les nymphes vivent dans l’eau jusqu'à l’époque de leur dernière transformation, et sont assez semblables à linsecte parfait, aux ailes près. Mais leur tête, sur laquelle on ne découvre pas encore les yeux lisses, est remarquable par la forme singulière de la pièce qui remplace la lèvre inférieure. C’est une espèce de masque, recouvrant les mandibules, les mâchoires et presque tout le dessous de la tête. Il est composé 1°. d’une pièce principale, triangulaire , tantôt voûtée, tantôt plate, que Réaumur nomme mentonnière, s'articulant, par une charnière , ayec un pédicule ou sorte de manche annexé à la tête; 2°. de deux autres pièces insérées
NÉVROPTÈRES. 423 aux angles latéraux et supérieurs de la précédente, mobiles à leur base, transversales , soit en forme de lames assez larges et dentelées, semblables par leur jeu et la manière dont elles ferment la bouche, à des volets, soit sous la figure de crochets ou de petites serres. Réaumur donne à cette partie du masque où la mentonnière s'articule avec son support, ou le genou, et qui paraît la terminer inférieurement, lorsque le masque est replié sur luimême , le nom de rnenton. L’insecte le déploie ou l’étend d’une manière très-preste, et saisit sa proie avec les tenailles de son extrémité supérieure. L’extrémité postérieure de l’abdomen présente tantôt cinq appendices en forme de feuillets de grandeur inégale, pouvant s’écarter ou se rapprocher, et composant alors une sorte de queue pyramidale ; tantôt trois lames allongées et velues, ou des espèces de nageoires. On voit ces insectes les épanouir à chaque instant, ouvrir leur rectum, le remplir d’eau, puis le fermer, éjaculer bientôt après avec force, en manière de fusée, cette eau mêlée de grosses bulles d'air, jeu qui paraît favoriser leurs mouvemens. L'intérieur du rectum (1) présente à l'œil nu douze rangées longitudinales de petites taches noires, rapprochées par paire, semblables aux feuilles ailées des botanistes. Vues au microscope, chacune de ces taches est un composé de petits tubes coniques, ayant la structure des tra-
(1) Cuv. Mém. de la Soc. d'Hist. Nat. in-4°, pag. 48,
chées, et d’où partent de petits rameaux qui vont .se reudre dans six grands troncs de trachées principales, parcourant toute la longueur du corps. Arrivées à l’époque de leur dernier changement, les nymphes sortent de l’eau, grimpent sur les tiges des plantes, s’y fixent et se défont de leur peau.
Fabricius, devancé à cet égard par Réaumur, divise les hbellules en trois genres.
Les Li8ELLULES proprement dites. (Lir8ELLuLA. Fab.}
Qui ont les ailes étendues horizontalement dans le repos, la tête presque globuleuse , avec les yeux très-grands, contigus ou très-rapprochés , la division mitoyenne de la lèvre beaucoup plus petite que les latérales, qui se joignent en dessus, par une suture longitudinale, en fermant exactement la bouche. Leur abdomen est ordinairement en forme d’épée et aplati.
Les larves et les nymphes ont cinq appendices à étiez mité postérieure du corps, réunis en une queue pointue ; le corps court; la mentonnière voütée , en forme de casque, avec les deux serres en forme de volets.
La Z. aplatie (L. depressa. Lin.) Roœs. Insect. aquat. VI,vi1,3, d’un brun un peu jaunâtre; base des ailes noirätre; deux lignes jaunes au corselet; -abdomen en forme de lame d’épée, tantôt brun , tantôt couleur d’ardoise , avec les côtés jaunâtres (1).
Les Æsunes. (ÆsxnA. Fab.)
Semblables aux libellules propres par la manière dont elles portent les ailes et la forme de la tête, mais qui ont le lobe intermédiaire de la lèvre plus grand, et les deux
(1) Voyez pour les autres espèces Fabricius (Entom. System.) , et Tatreille, Hist, Gén. des Crust. et Insect. XIII, p. 10 et suiv.
NÉVROPTÈRES. 425
autres écartés, armés d’une dent très-forte et d’un appendice en forme d’épine; l'abdomen est toujours étroit et allongé , à la manière d’une baguette.
Le corps des larves et des nymphes est aussi plus allongé que celui des libellules , dans les mêmes états. Le masque est plat, et les deux serres sont étroites, avec un onglet mobile au bout. L’abdomen est d’ailleurs terminé par cinq appendices , mais dont l'un est tronqué à sa pointe.
L'Æs. grande (Libellula grandis. Lin.) Ros. ibid. 1V , une des plus grandes de cette famille, et qui a près de deux pouces et demi de long; d’un brun fauve, avec deux lignes jaunes de chaque côté du corselet, l’abdomen tacheté de vert ou de jaunâtre, et les ailes irisées. Elle vole avec une extrême rapidité dans les prairies et
sur les bords des eaux, poursuit les mouches, à la manière des hirondelles (1).
Les AcGrions. (AGrIown. Fab.)
Dont les ailes s'élèvent perpendiculairement dans le repos , et qui ont la tête transversale, avec les yeux écartés.
La forme de leur lèvre est analogue à celle des æshnes; mais le lobe du milieu est divisé en deux jusqu’à sa base, et l’appendice mobile des latéraux n’est point terminé en pointe cornée. L’abdomen est irès-menu ou même filiforme, et quelquefois très-long. Celui des femelles a des lames en scie à son extrémité postérieure.
Leur corps, dans le premier et le second états, est pareillement menu et ailongé; l’abdomen est terminé par trois lames en nageoire. Le masque est plat, avec l’extrémité supérieure de la mentonnière s’élevant en pointe dans les uns , fourchue ou évidée dans les autres; les serres sont étroites, mais terminées par plusieurs dentelures et ” en forme de mains.
(1) Voyez les mêmes ouvrages. ù
h26 INSECTES
L’2. vierge ( Libellula virgo. Lin.) Roœæs. ibid. 1x , d’un vert doré ou d’un bleu vert, avec les ailes supérieures tantôt bleues, soit entièrement, soit dans leur milieu, tantôt d’un brun jaunâtre. La mentonnière des larves et des nymphes est évidée au bout , en forme de losange, et terminée par deux pointes.
L'A4. jouvencelle (Libellula puella. Lin.) Roœs. ibid. xet x1, variant beaucoup pour les couleurs, mais ayant le plus souvent l’abdomen annelé de noir et les ailes sans couleurs.
L'exirémité supérieure de la mentonnière des larves et des nymphes forme un angle saillant (r)
Les autres NÉUROPTÈRES SUBULICORNES ont la bouche entièrement membraneuse ou très-molle , et composée de parties peu distinctes; quatre articles aux tarses ; les ailes inférieures beaucoup plus petites que les supérieures ou même nulles; et l'abdomen terminé par deux ou trois soies. Ils forment le genre
A UM à .
Des EPHÉMÈRES. (EPHEMERA. Lin.)
Ainsi nommées de la courte durée de leur vie, dans leur état parfait. Leur corps est très-mou, long, efhilé, et se termine postérieurement par deux . ou trois soies longues et articulées. Les antennes sont très-petiles et composées de trois articles, dont le dernier très-long, en forme de filet conique. Le devant de leur tête s’avance , en manière de chaperon, souvent caréné et échancré, et recouvre la
(1) Voyez pour les autres espèces Fabricius (Entom. Syst.); Latr. Hist, Gen. des Crust, et des Insect. XIIT, p. 15; et Olivier, Encycel. Méthod. article Zbellule.
NÉVROPTÈRES. 427 bouche, dont on ne peut distinguer les organes , à raison de leur mollesse et de leur exiguité. Ces insectes portent presque toujours les ailes élevées perpendiculairement, ou un peu inclinées en arrière, de même que les agrions. Les pieds sont très-grêles, avec les jambes très-courtes, se confondant avec le tarse, ou paraissant en former le premier article; et c’est probablement, à raison de cela, que des auteurs ont dit que leurs tarses avaient cinq articles; les deux pieds antérieurs sont beaucoup plus longs que les autres , presque insérés sous la tête et dirigés en avant. |
Les éphémères paraissent ordinairement au coucher du soleil, dans les beaux jours d’été ou d’automne, le long des rivières, des lacs, etc., et quelfois en si grande abondance , que le sol, après leur mort, en est tout couvert, et que dans certains cantons, on les amasse , par charretées, pour fumer les terres. |
La chüûte d’une espèce remarquable par la blancheur de ses ailes (a/bipennis), renouvelle à nos yeux le spectacle de ces jours d'hiver, où l’on voit tomber la neige par gros flocons.
Ces insectes s’attroupent dans les airs, y voltigent et s’y balancent, à la manière des diptères, connus sous le nom de tipules , en tenant écartés les filets de leur queue. C’est là aussi que les deux sexes se réunissent, Les mâles sont distingués des femelles par deux crochets articulés, qu’ils ont an bout de l'abdomen , et avec lesquels ils les saisissent. Il paraît
qu'ils ont encore les pieds antérieurs et les filets de la queue plus longs, et les yeux plus gros; quelques-uns même ont quatre yeux à réseau, dont deux beaucoup plus grands, élevés, et qu'on a nommés, à raison de leurs formes, des yeux en turban ou en colonne. Les couples s'étant formés, se posent sur des arbres ou sur des plantes, pour achever leur accouplement qui ne dure qu’un instant. La femelle , bientôt après, répand dans l’eau tous ses œufs à la fois, rassemblés en un paquet. La propagation de leur race est la seule fonction que ces insectes aient à remplir; car ils ne prennent pas de nourriture et meurent souvent le même jour qu'ils se sont métamorphosés, ou ne vivent même que quelques heures. Ceux quitombent dans Peau sont un régal pour les poissons, et les pêcheurs leur ont donné le nom de manne. | Mais si on remonte à l’époque où ils ont paru sous la forme de larves, leur carrière est beaucoup plus longue, et de deux à trois ans. Dans cet état et celui de deminympbhe, ils vivent dans l’eau, souvent cachés, du moins pendant le jour, dans la vase ou sous les pierres, quelquefois encore dans des trous horizontaux, divisés intérieurement en deux canaux réunis, etayant chacun leur ouverture propre. Ces habitations sont toujours pratiquées dans de la terre glaise baignée par l’eau qui en occupe les cavités ; on croitmême que ces larves se nourrissent de cette terre. Quoiqu’elles aient des rapports avec Pinsecte parfait, lorsqu'il a subi sa dernière transformation , elles s'en éloignent cependant à quel-
NÉVROPTÈRES. 429 ques égards ; les antennes sont plus longues; les yeux lisses manquent ; la bouche offre deux saillies en forme de cornes, qu'on regarde comme des mandibules; l'abdomen a, de chaque côté, une rangée de lames ou feuillets, ordinairement réunis par paires, à leur base, qui sont des espèces de fausses branchies, sur lesquelles les trachées s'étendent et se ramifient, et qui leur servent, non-seulement à la respiration, mais encore pour nager ou se mouvoir avec facilité; les tarses n’ont qu’un crochet à leur extrémité. L’extrémité postérieure du corps se termine par des soies, et en même nombre que dans l’insecte parfait. La demi-nymphe ne diffère de la larve que par la présence des fourreaux renfermant les ailes. Au moment où elles doivent s’y développer, elle sort de l’eau, et se montre, après avoir changé de.peau, sous une nouvelle forme; mais par une exception singulière, ces insectes doivent encore muer une autre fois, avant que de devenir propres à la génération. On trouve souvent leur dernière dépouille accrochée aux arbres et sur les murs; souvent même l’animal la laisse sur les vêtemens des personnes qui se promènent autour des lieux qu'il habitait. |
De Géer avait formé un ordre particulier avec ce genre et celui des friganes, d’après l'absence ou l’extrême petitesse des mandibules. Dans notre T'ableau élémentaire de l’histoire naturelle des Animaux, ils composent aussi une famille spéciale, celle .des agnates, mais faisant toujours partie de l’ordre des névroptèrss, |
450 INSECTES Le nombre des ailes et celui des filets de la queué donnent le moyen de diviser le genre des éphémères.
L’Æ. de Swammerdam(E. Swammerdiana. Latr. Æ. longicauda. Oliv.) Swamm. Bib. nat. IT, xi11,6,6, la plus grande de toutes les espèces connues; quatre ailes; queue de deux filets, deux ou trois fois plus longs que le corps ; d’un jaune roussâtre , avec les yeux noirs. Eu Hollande et en Allemagne, dans les grandes rivières.
L’ÆE. commune (E. vulgata. Lin.) De G. Insect. LI, xv, 9—15; quatre ailes; trois filets au bout de l'abdomen ; brune, avec l'abdomen d’un jaune foncé, ayant des taches trianoulaires noires ; ailes tachetées de brun.
L’E. diptera de Linnæus n’a que deux ailes; le male
a quatre yeux à réseau, dont deux plus grands , pla- .cés perpendiculairement comme deux espèces de co-
lonnes (1).
La seconde famille , Celle des PLANIPENNES,
Qui compose , avec la suivante, la plus grande partie de l’ordre des syrustates de Fabricius, comprend les névroptères dont les antennes , toujours composées d’un grand nombre d'articles, sont notablement plus longues que la tête, sans avoir la forme d’une alène ou d’un stylet; qui ont des mandibules
(1) Voyez pour les autres espèces, Olivier, Encycl. Méth. ; Fabricius et Latreille, Hist. gén. des Crust. et des Insect, tom. XII‘, pe 953 et Gen. Crust. et Insect, INT, p. 183.
NÉVROPTÈRES. 431 très-disuinctes, et les ailes inférieures presque égales aux supérieures, étendues ou repliées simplement, en dessous, à leur bord intérieur.
Ils ont presque toujours Îles ailes très-réticulées et nues, avec les palpes maxillaires ordinairement filiformes, ou un peu plus gros à leur extrémité, plus courts que la tête, et composés de quatre à cinq articles.
Je partagerai cette famille en six sections, composant, à raison des habitudes, autant de petites sous-familles particulières.
10, Les panorpates de Latreille, qui ont cinq articles à tous les tarses, et l'extrémité antérieure de leur tête prolongée et rétrécie en forme de bec ou de trompe.
Ils constituent le genre
DEs Paxorpes (PANORPA, Lin. Fab.) où Moucues- SCORPIONS. |
Elles ont les antennes sétacées et insérées entre les yeux; le chaperon prolongé en une lame cornée, conique, voütée en dessous, pour recouvrir la bouche ; les mandibules, les mâchoires et la lèvre presque linéaires; quatre à six palpes courts, fihformes , et dont les maxillaires ne m’ont offert distinctement que quatre articles.
Leur corps est allongé , avec la tête verticale ; le
452 INSECTES premier segment du tronc ordinairement très-petit, en forme de collier , et ’abdomen conique ou presque cylindrique. Mes
Les deux sexes différent beaucoup l’un del’autre, dans plusieurs espèces. On n’a pas encore observé leurs métamorphoses.
Les unes, et c’est le plus grand nombre, ont la partie nue ou découverte du corselet formée de deux segmens, dont le premier plus petit ; les deux sexes sont ailés, et les ailes sont plus longues que l’abdomen, propres au vol, ovales ou linéaires, mais point rétrécies à leur extrémité, en manière d’alène. Tels sont
Les NémoprÈres. (NEMOPTERA. Lat. Oliv.)
Qui ont les ailes supérieures écartées, presque ovales, très-finement reticulées ; les ‘mférieures très-longues et linéaires, et qui manquent d’yeux lisses. ê
Leur abdomen 4 presque la même forme dans les deux sexes ; ils paraissent #oir six palpes, et n’ont été observés jusqu'ici que dans les parties les plus méridionales de l’Europe, en Afrique et dans les contrées adjacentes de
l'Asie(r). * LEs BiTTAQuEs. (BiTraces. Lat.)
Où les quatre ailes sont égales et couchées horizontalement sur le corps ; qui ont des yeux lisses, l’abdomen presque semblable dans les deux sexes, et les pieds trèslongs , avec les tarses terminés. par un seul crochet et sans pelotte (2).
(1) Latr. Gen. Crust. et Insect. IT, p. 186; Olivier, Encycl. Méth. article némoptère.
(2) Latr. ibid,
NÉVROPTÈRES. … 605
Les Panorpes propres. (Panorpa. Lat.) ©
Ayant les ailes et les yeux lisses, ëomme dans le genre précédent; mais où l'abdomen des mâles se termine par une queue articulée, presqué à la manière de celui des scorpions, avec une pince au boul; où celui des femelles finit en pointe ; et dont les deux sexes ont les pieds de longueur moyenne , avec deux crochels et une pelotte au bout des tarses.
La P. commune (Panorpa communis. Lin.) De G.
Insect. Il, xx1v, 34, longue de sept à huit lignes; noire, avec le museau et l'extrémité de l’abdomen rous:âtres , et les ailes tachetées de noir. — Sur les haies et dans les bois (1).
« ; 6 À d Les autres ont le premier segment du tronc grand, en forme de corselet, et les deux suivans couverts par les ailes dans les mâles ; les ailes sont en forme d’alène , recourbées au bout , plus courtes que labdomen etwmañquent aux femelles, où cette par een, corps est. terminée par une tarière en sabre. re
Les Bones. (Boreus. Lat.)
La seule espèce connue (Panorpa hiemalis. Lin. Gryi-
lus proboscideus. Panz. Kaun. Insect. Germ. XXII,
XVIII) se trouve en hiver, sous la mousse, au nord de l'Europe et dans les Alpes (2).
20, Les fournulions, ayant aussi cinq
articles aux tarses, mais dont là tête ne se
prolonge päs en forme de bec ou de museau,
(1) Voy. pour les aulres espèces, Latr, ibid.; Oliv, ibid. art. panorpe. (2) Oliv. ibid. art. id.