TOME J
434 INSECTES et où les antennes vont en grossissant ou se terminent par un bouton.
Ils ont la tête transverse, verticale, n’offrant que les yeux ordinaires , qui sont ronds et saillans ; six palpes , dont les labiaux ordinairement plus longs que les autres et renflés au bout; le palais de la bouche élevé, en forme d’épiglotte ; le premier segment du tronc petit; les ailes égales, allongées , disposées en toit; l'abdomen le plus souvent long et cylindrique, avec deux appendices saillans, à son extrémité, dans les mâles. Les pieds sont courts. Ils fréquentent les endroits chauds des contrées méridionales des deux continens, s’accrochent aux plantes où ils se tiennent tranquilles pendant le jour, et volent très-bien pour la plupart. Leurs nymphes sont inactives.
Ces insectes forment le genre
Des FourmiLioNs. (MYRMELEON. Lin.) Que l’on a divisé en deux.
Les FouRMILIONS proprement dits. (MyYRMELEON. Fab.)
Dont les antennes grossissent insensiblement , presque sous la forme d’un fuseau , sont crochues au bout et beaucoup plus courtes que le corps ; et qui ont l’abdomen trèslong et linéaire.
La destruction que la larve de l'espèce la plus commune en Europe, fait particulièrement des fourmis, lui a valu la dénomination de formica-leo ou fourmilion. Son
NÉVROPTÈRES. ES
abdomen est très - volumineux, proportionnellement au reste du corps. Sa tête est très-petite ,aplatie , et armée de deux longues mandibules, en forme de cornes, dentelées au côté intérieur , pointues au bout, et qui lui servent à la fois de pinces et de suçoirs. Son corps est grisâtre ou de la couleur du sable où elle vit. Quoique pourvue de six pattes, elle marche lentement, et presque toujours à reculons. Ne pouvant ainsi saisir sa proie à la course, elle lui tend un piése , en forme d’entonnoir, qu’elle creuse dans le sable le plus fin , au pied des arbres , des vieux murs dégradés, au bas s terrains coupés et exposés au midi. Elle arrive au lieu où elle veut s'établir, en pratiquant un fossé, et trace l'enceinte de l’entounoir, dont la grandeur est relative à sa croissance. Puis, allant toujours à reculons, décrivant par sa marche des tours de spire, dont le diamètre diminue progressivement, chargeant sa tête de sable avec une de ses pattes antérieures, le jetant ensuite au loin, elle vient à bout, quelquefois dans l’espace d’une demiheure, d’enlever un cône de sable renversé, dont la base a un diamètre égal à celui de l’enceinte, et dont la hauteur égale à peu près les trois quarts de ce diamètre. Cachée et tranquille au fond de sa retraite, ne laissant paraître que ses mandibules, elle attend patiemment qu'un insecte tombe dans le précipice; s’il cherche à s'échapper, ou s’il est à une distance qui ne lui permet pas de s’en saisir, elle fait pleuvoir sur lui, avec sa tête et ses mandibules, une si grande quantité de grains de sable, qu’elle l’étourdit et le fait rouler au fond du trou. Elle ni tuE ensuite, le suce et rejette loin d’elle son cadavre. $ La matière nutritive qu’elle en retire ne se convertit point en excrémens sensibles, d’autant mieux que cette larve, ainsi que plusieurs autres, n’a point d’ouverture analogue à l'anus. Klle peut supporter de longs jeûnes sans paraitre en souffrir.
Ellesefile, lorsqu'elle veut passer à l’état de nymphe, une coque parfaitement ronde, d’une matière soyeuse, d’un
blanc satiné, qu’elle recouvre extérieurement de grains de sable. Ses filières sont situées à l'extrémité postérieure du €orps. L’insecte parfait sort au bout de quinze à vingt jours , et laisse sa dépouille de nymphe à l'ouverture qu’il a | faite à la coque.
Le Fourmilion ordinaire ( Myrmeleo formicarius. Lin.) Roœs. Insect. III, xvir—xx, long d'environ un pouce, noirâtre tacheté de jaunätre; ailes transparentes, avec les nervures noires, entrecoupées de blanc, des taches
obscures, et une autre blanchâtre, vers l'extrémité du bord antérieur (1).
Les AscarApues. ( AscaALApHus. Fab.)
Qui ont les antennes longues et terminées brusquement en bouton, avec l'abdomen ovale-oblong et guère plus long que le corselet.
Les ailes sont proportionnellement plus larges et moins longues que celles des fourmilions.
Bonnet a observé, aux environs de Genève , une larve semblable à celles du sous-cenre précédent, mais qui ne marche pas à reculons et ne fait pas d’entonnoir. L’extrémité postérieure de son ventre oifre une plaque bifide et tronquée au bout. Cette larve est peut-être celle de l’ascalaphe itadique , propre au midi de l’Europe, et que l’on commence à trouver, en France, aux environs de Fontainebleau (2).
30. Les kémérobins de Latreille , semblables aux précédens par la forme générale du corps et les ailes, mais dont les antennes sont en filets, et qui n’ont que quatre palpes.
(1) Voyez pour les autres espèces, Lair. Gen. Crust. et Insect. IE, p- 190 ; Oliv. Encycl. Méth. article Hyrmeleon.
(2) Les mêmes ouvrages. Voyez aussi, pour quelques espèces de la Nouvelle-Hollande, Leach. Mélanges de Zoologie.
NÉVROPTÈRES. 437 Ïs forment le genre | Des HémÉRoBes. (H£EMEROBIUS. Lin. Fab.)
Les uns ont le premier segment du tronc fort petit, les ailes en toit, le dernier article des palpes plus épais, ovoïde et pointu. Ils forment le genre
Des HÉMÉROBES proprement dits. (HemErogius. Lat.)
Qu'on a aussi nommés demoiselles terrestres. Leur corps est mou, avec les yeux globuleux et ornés souvent de couleurs métalliques ; les ailes grandes, très-inclinées, et dont le limbe extérieur est élargi. Ils volent lourdement, et plusieurs répandent une odeur forte d’excrémens, dont les doigts demeurent long-temps imprégnés, lorsqu'on les touche. |
Les femelles pondent sur les feuilles, au nombre de dix à douze, des œufs ovales, blancs, qui y sont fixés par le moyen d’un pédicule fort long et capillaire. Quelques auteurs les ont pris pour des espèces de champignons. Les larves ressemblent beaucoup à celles de la division précédente; elles sont plus allongées et vagabondes. Réaumur les romme lions des pucerons , parce qu’elles se nourrissent de ces insectes. Elles les saisissent avec leurs mandibules, en forme de cornes, et les sucent en très-peu de temps. Quelques-unes se forment avec leurs. dépouilles un fourreau assez épais, ce qui leur donne une apparence bizarre. La nymphe est renfermée dans une coque de soie d’un tissu très-serré, dont le volume est trèspetit, comparativement à celui de l'insecte. Les filières de la larve sont situées à l'extrémité postérieure du ventre , comme celles des larves de fourmilions.
L’Z1. perle (Hemerobius perla, Lin.) Roes. Insect. III,
suppl. xx1, 4,5, d’un jaune vert ; yeux dorés ; ailes transparentes, avec les nervures entièrement vertes (1).
L’Æ. tacheté de Fabricius a trois petits yeux lisses, tandis que les autres en sont dépourvus. Latreille en a formé son genre osmyle (2).
Les autres ont le premier segment du tronc grand, en forme de corselet, les ailes couchées horizontalement sur LÉ corps, et les palpes filiformes, avec le dernier article conique ou presque cylindrique.
Fabricius les réunit aux espèces du genre perle de Geoffroi, mais qui s’en éloignent par le nombre des articles des tarses , sous le nom générique:
De SEMBLIDES. (SEMBLIS.) À
Ce genre se compose de ceux de corydale, de has et de sialis de Latreille. Le premier se distingue par les mandibules qui sont très-srandes et en forme de cornes, dans les mâles (3); le second par les antennes pectinées (4), et le troisième en ce que ses mandibules sent de grandeur moyenne comme dans celui-ci, et que les antennes sont simples, ainsi que dans celui-là. A ce dernier sous-genre appartient
La Semblide de La boue. (Hemerobius lutarius. Lin.) Rs. Insect. IT, class. 2, insect. aquat. x111, d’un noir
(1) Ajoutez les hémérobes : filosus, albus, capitatus, phalænoides , nitidulus , hirtus, fuscatus, humul:, variegatus , nervosus, de Fabricius. Voy. Latr. Gen. Crust, et Insect, HIT, pag. 196.
(5) Latr. Gen. Crust. et Insect. IT, p. 199.
(2) Ibid. p. 198.
NÉVROPTÈRES. 459
mat, avec les ailes d’un brun clair, chargées de nervures noires. La femelle dépose une quantité prodigieused'œufs, qui se terminent brusquement par une pelite pointe, sur les feuilles des plantes ou des corps situés près des eaux. Ils y sont implantés perpendiculairement comme des quilles, avec symétrie, contigus, et y Tlorment de grandes plaques brunes. La larve vit dans l’eau , où elle court et nage très-vite. Elle a , ainsi que celles des éphémères , des fausses branchies sur les côtés de l'abdomen, et son dernier anneau s’allonge en forme de queue; mais elle se change en une nymphe immobile.
4°. Les {ermitines, où les tarses ont au plus quatre articles; qui ont les mandibules toujours cornées, fortes; et les ailes inférieures de la grandeur des supérieures ou plus petites, sans plis au côté intérieur.
Ce sont des insectes à demi-métamorphose, terrestres, actifs, carnassiers ou rongeurs, dans tous les états.
Les uns ont le premier segment du tronc srand, en forme de corselet, quatre palpes distincts, les ailes égales, et quatre articles aux tarses. Tels sont ”
Les Rapnipres. (RAPHiDIA. Lin. Fab.)
Dont les ailes sont en toit; qui ont la tête allongée, retrécie en arrière, et le corselet long, étroit, presque cylindrique.
La À. commune.{R. ophiopsis. Lin.) De G. Insect. IT, xxV: 4—8, longue d’un demi-pouce, noire, avec des
440 INSECTES raies jaunâtres sur l'abdomen; ailes transparentes, avec une tache noire vers le bout. Dans les bois.
La femelle a une longue tarière, composée de deux lames. La larve se tient dans les fissures des écorces d'arbres ; et a la ferme d'un petit serpent. Elle est très-
vive (1).
Les TERMITES. (TERMES, HemERoBIUs. Lin.)
Qui ont les ailes couchées horizontalement sur le corps, très-longues ; la tête arrondie, et le corselet presque carré ou en demi-cercle.
Leur corpsest déprimé , avec les antennes courtes ét en forme de chapelet; la bouche presque semblable à celle des orthoptères, la lèvre quadrifide; trois yeux lisses, dont un, peu distinct, sur le front, et les deux autres situés un de chaque côté, près du. bord interne des yeux ordinaires ; les ailes d'ordinaire légèrement transparentes, colorées, à nervures très-fines et très-serrées, ne formant pas de réseau bien distinct; deux petites pointes coniques et à deux articles au bout de | ADI et les pieds courts. |
Les termites, propres aux contrées situées entre les tropiques ou à celles qui lés avoisinent , sont connus sous le nom de fourmis blanches, poux de bois, caria , etc. et y font d’horribles dégats, sous Ja forme de larves, plus particulièrement. Ces larves ou Îles termites ouvriers, travailleurs , ressemblent beau-
(1) Voyez Latr. Gen. Crust. et Insect. Ill; p. 205; Fab. Entom. Syst. et liliger , édition du Fauna Eltrusca de Rossi,
NÉVROPTÈRES. AA coup à l’insecte parfait ; mais elles ont le corps plus mou, sans ailes, et leur tête, qui paraît proportionnellement plus grande, est ordinairement privée d’yeux, ou n’en a que detrès-petits. Elles sont réunies en sociétés, dont la population surpasse tout calcul, vivent à couvert, dans l’intérieur de la terre , des arbres, et de toutes les matières ligueuses, comme meubles, planches, solives , etc., qui font partie des habitations. Elles y creusent des galeries , qui forment autant de routes conduisant au point central de leur domicile, et ces corps ainsi minés, ne conservant que leur écorce, tombent bientôt en poussiéi2. Si des obstacles les forcent d’en sortir, elles construisent en dehors, avec les matières qu’elles rongent, des tuyaux ou des chemins qui les dérobent toujours à la vue. Les habitations ou les nids de plusieurs espèces sont extérieurs, mais sans issue apparente. Tantôt elles s'élèvent au dessus du sol, en forme de pyramides, de tourelles, quelquefois surmontées d’un chapiteau ou d’un toit très-solide, et qui par leur hauteur et leur nombre, ont l'apparence d’un petit village ; tantôt elles forment, sur lés branchés des arbres, une grosse masse globuleuse. Uné autre sorte d'individus, des neutres, nommés aussi so/dats , et que Fabricius prend faussement pour des zymphes , défendent l'habitation. On les distingue à leur tête beaucoup plus forte et plus allongée, et dont les mandibules sont aussi plus longues, étroites et très-croisées l’une sur l’autre. Is sont beaucoup moins nombreux, se tiennent près dé la surface extérieure de l'habitation, se présentent
4h INSECTES
les premiers, dès qu'on y fait une brêche, et pinceut. avec force. On dit aussi qu’ils forcent les ouvriers au travail. Les derni-nymphes ont des rudimens d'ailes, et ressemblent d’ailleurs aux larves.
Devenus insectes parfaits, les termites quittent leur retraite primitive, s’envolent, le soir ou la nuif, en quantité prodigieuse, perdent, au lever du soleil, leurs ailes qui se sont desséchées, tombent, et sont, en majeure partie, dévorés par les oiseaux , les lézards et leurs autres ennemis. Au rapport de Smeathmann, les larves recueillent les couples qu'elles rencontrent , enferment chacun d'eux dans une grande cellule, une sorte de prison nuptiale , où elles nourrissent les époux; mais j'ai lieu de présumer que l’accouplement a lieu , comme celui des fourmis, dans l’air ou hors de l'habitation, et que les femelles occupent seules l’attention des larves, dans le but de former une nouvelle colonie. L’abdomen des femelles acquiert, à raison de la quantité innombrable des œufs dont il est rempli, un volume d’une grandeur étonnante. La chambre nuptiale occupe le centre de l'habitation , et autour d’eile sont distribuées avec ordre celles qui contiennent les œufs et les provisions.
Quelques larves de termites, dits voyageurs , ont des yeux et paraissent avoir des habitudes un peu différentes, et se rapprocher davantage, sous ce rapport , de nos fourmis.
Les Nègres, les Hottentots , sont très-friands de ces insectes. On les détruit avec de la chaux vive, et micux encore avec de l’arsenic que l’on intro-
NÉVROPTÈRES. 443 duit dans leur domicile. Les deux espèces suivantes, que l’on trouve dans nos départemens méridionaux, vivent dans l’intérieur des arbres ou dans les bois. |
Le T. lucifuge (T. lucifugum. Ross. Fauu. Etrusc: Mant. Il, v,k.) noir, luisant; ailes brunâtres , un peu transparentes, avec la côte plus obscure ; extrémités supérieures desantennes, jambes et tarses d’un roussâtre päle. Il s’est tellement multiplié à Rochefort, dans les ateliers et les magasins de la marine, qu’on ne peut réussir à le détruire, et qu’il y fait de grands ravages.
Le T. à corselet jaune (T. flavicolle. Fab. ) n’en diffère que par la couleur du corselet. Il nuit beaucoup aux oliviers , surtout en Espagne.
Linnæus a placé les larves dans son genre fermes de l’ordre des aptères, et les individus ailés avec les hémérobes.
On n'a caractérisé que très-imparfaitement les espèces exotiques. Linnæus en confond plusieurs sous le nom de termes fatale (1).
Les autres /ermitines ont le premier segment du tronc très-petit, les palpes labiaux peu distincts, les ailes inférieures plus petites que les supérieures , et deux ou trois articles aux tarses.
Ils forment le genre
Des PsOQUESs. (Psocus. Lat. Fab. — TERMES, HEMERoOBIUs. Lin.)
Ce sont de très-petits insectes, dont le corps esi
(1) Voyez Latr. Gen. Crust. et‘Insect, IT, p. 203, et nouv, Dict. d’Elist. nat, art. fermés,
#44 INSECTES court , très-mou , souvent renflé ou comme bossu, avec la tête grande, les antennes sétacées, les palpes maxillaires saillans, et les ailes en toit, peu réticulées ou simplement veinées. Ils sont très-agiles , vivent sur les écorces des arbres, dans le bois, le vieux chaunte, etc. On les trouve communément dansleslivres , les collections d’insectes ou de plantes. Le P. pulsateur, vulsairement pou du bois ( Termes Pulsatorium. Lin.) Schætff. Elem. Entom. cxxvI, 1, 2, est, le plus souvent sans ailes, d’un blanc jaunâtre, avec les yeux et de petites taches sur l'abdomen, de couleur rousse. On avait cru qu’il produisait ce petit bruit, pareil au battement d’une montre , que l’on entend souvent dans nos maisons, et dont nous avons parlé au genre vrillette. Telle est l’origine de son nom spécifique (r).
50, Les perlides , qui ont trois articles aux tarses, les mandibules presque toujours en partie membraneuses et petites, avec les ailes inférieures plus larges que les supérieures, et doublées sur elles-mêmes au côté interne.
Elles comprennent le genre PERLE. (PERLA, de Geoffroi.}
Leur corps est allongé, étroit, aplati, avec la tête assez grande, les antennes sétacées, les palpes maxillaires très-saillans , le premier segment du tronc presque carré, les ailes couchées et croisées
© (1) Voyez Latr. Gen. Crust. et Insect. IIT, p.207; Fab. Supp. Entom. Syst. et la Monographie de ce genre, dans la première dé-
cade des Illust. Icon. des Iusect. de Coquebert.
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horizontalement sur le corps , et l'abdomen terminé ordinairement par deux süies articulées. Leurs larves sontaquatiqueset vivent dans des fourreaux, qu’elles se construisent à la manière de celles de la famille suivante , et où elles passent à l’état de nymphe. Elles subissent leur dernière transformation aux premiers jours du printems.
Les nemoures, de Latreille, diffèrent des perles proprement dites par leur labre très-apparent, leurs mandibules cornées, les articles presque également longs de leurs tarses, et en ce que leur abdomen n’a presque pas de soies au bout (1).
La P. à longue queue ( Phryganea bicaudata. Lin.) Geoff. Insect. IT, xr11, 2, longue de huit lignes, d’un brun obscur , avec une ligne jaune le long du milieu de la tête et du corselet ; nervures des ailes brunes ; soies de la queue presque aussi longues que les antennes. Commune au printems sur les bords des rivières (2).
La, troisième famille des NévroPrères,
Les PLICIPENNES.
N'ont point de mandibules, et leurs ailes inférieures, plus larges que les supérieures, sont plissées dans leur longueur. Elle se compose du genre
(1) Voyez Latr.. Gen. Crust. et Insect. IT, p. 210; Oliv. Éncycl. Meth. article némoure ; phrygänea nebulosa , Linn, etc,
(2) Voyez Geoffroi et Latr. ibid,
416 INSECTES Des FRIGAXES. (PHRYGANEA. L. et Fab.)
Ces névroptères ont l'air, au premier coup-d'œil, de petites phalènes, ce qui les a fait nommer par Réaumur , mouches papilionacées. De Géer même, observe que l’organisation intérieure de leurs larves a les plus Prends rapports avec celle des chenilles. La tête de ces névroptères est petite, et offre deux antennes sétacées, ordinairement fort longues et avancées; des yeux arrondis et saillans; deux yeux lisses situés sur le front ; un labre conique ou courbé ; quatre palpes, dont les maxillaires le plus souvent très-longs , filiformes ou presque sétacés, de cinq articles , et les labiaux de trois, avec le dernier un peu plus gros; des mâchoires et une lèvre membraneuse réunies. Le corps est le plus souvent hérissé de poils, et forme, avec les ailes, un triangle allongé, comme plusieurs noctuelles ou pyrales. Le premier segment du tronc est petit. Les ailes sont simplementveinées , ordinairement colorées où pgesque opaques, soyeuses ou velues, daus plusieurs, et toujours en toit trés-incliné. Les pieds sont allongés, garnis de petites épines, avec cinq articles à tous les tarses. Ces insectes volent principalement le soir et dans la nuit, pénètrentsouvent dans les maisons, attirés par la lumière , sont d’une vivacité extrême dans tous leurs mouvemens , ont une mauvaise odeur , sont placés bont à bout dans l’accouplement, et restent long-temps dans cet état. Les petites espèces voltigent par troupes, au- -dessus des étangs et des rivières. J’ai vu plusieurs femelles portant lérs
NÉVROPTÈRES. 447 œufs, rassemblés en un paquet verdâtre, à l’extrémité postérieure de leur abdomen. De Géer a vu de ces œufs qui étaient renfermés dans une matière glaireuse, semblable à du frai de grenouille, et placée sur des plantes ou d’autres corps, au bord des eaux.
Leurs larves , que d’anciens naturalistes ont nommées /zgniperdes, et d’autres charrées, vivent toujours comme les teignes dans des fourreaux, ordinairement cylindriques, recouverts de différentes matières qu’elles trouvent dans l’eau, comme des morceaux de gramen, de jonc, de feuilles, de bois, de racines, de graines, de sable, même de petites coquilles, et souvent arrangés avec symétrie. Elles lient ces différens corps avec des fils de soie, contenus dans des réservoirs intérieurs, semblables à ceux des chenilles, et dont les fils sortent également par des filières de la lèvre. L'intérieur de l'habitation forme un tube qui est ouvert aux deux bouts pour l'entrée de l’eau. La larve traîne toujours son fourreau avec elle, fait sortir l'extrémité antérieure de son corps, lorsqu'elle marche, ne quitte jamais sa maison, et y rentre volontairement lorsqu'on len retire de force et qu’on la laisse à sa portée.
Les larves sont allongées, presque cylindriques, ont la tête écailleuse, pourvue de fortes mandibules et d’un petit œil de chaque côt£; six pieds, dont les deux antérieurs plus courts et ordinairement plus gros, et les autres allongés. Leur corps est composé de douze anneaux, dont le quatrième a,
de chaque côté, dans le plus grand nombre, un . mamelon conique ; le dernier se termine par deux crochets mobiles. On voit aussi, dans la plupart, deux rangées de filets blancs, membraneux et trèsflexibles , qui paraissent être des organes respiratoires. Lorsque ces larves veulent se transformer en nymphes, elles fixent à différens corps , mais toujours dans l’eau , leurs tuyaux, en ferment les deux ouvertures avec une porte grillée, dont la forme, de même que celle du tuyau, varie selon les espèces.
Elles ont soin d'arrêter leur demeure portative de manière que l’ouverture, située au point d’appui , ne soit point bouchée.
La nymphe a, en devant, deux crochets qui se croisent, et forment l’apparence d’un nez ou d’un bec. Elle s’en sert pour percer une des deux cloisons grillées, et en sortir lorsque le moment de sa dernière transformation est arrivé.
Immobile jusqu'alors, elle marche ou nage maintenant avec agilité, au moyen de ses quatre pieds antérieurs qui sont libres et pourvus de franges de poils serrés. Les nymphes des grandes espèces sortent tout-à-fait de l’eau et grimpent sur différens corps, où s'opère leur dernière mue; les petites se rendent simplement à sa surface et s’ÿ transforment en insectes ailés, à la manière des cousins et de plusieurs tipulaires; leur ancienne dépouille leur sert de bateau. -
La F. grande ( P. grandis.) Rœs. Insect. IT, Ins. aq. cl. 2, xvir, la plus grande de notre pays. Antennes de
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la longueur du corp$ ; ailes supérieures d’un brun grisâtre, avec des taches cendrées, une raie loncitudinale noire et deux ou trois points blancs à leur extrémité.
Le tuyau de sa larve est revêtu de petits fragmens d’écorces ou de matières ligneuses, disposés horizontalement.
La F. fauve. (P. striata. Lin.) Geoff. Insect. II, xr1x, 5, longue de près d’un pouce, fauve, avec les yeux noirs el les nervures des ailes un peu plus foncées que le restez
La F. à rhombe (P. rhombica.) Rœs. ibid. xvt, longue desept lignes ; d’un jaune brun; une grande tacheblanche, en forme de rhombe et latérale, aux ailes supérieures. Le tuyau de la larve est garni de petites pierres et de débris de coquilles.
Quelques espèces , telles que les suivantes, flosa, quadrifasciata, longicornis , hirla, nigra, ont des antennes excessivement longues (1).