‹ Le règne animal distribué d'après son organisationChapitre 71 sur 92 · TOME · texte numérisé non relu

TOME

450 INSECTES nées; les femelles ont l'abdomen terminé par une tarière ou un aiguillon.

Ils ont tous, outre les yeux composés, rois petits yeux lisses; des antennes variables, non-seulement selon les genres, mais encore dans les sexes de la mème espèce, néanmoins filiformes ou sétacées dans la plupart; des machoires et une lèvre généralement étroites , allongées, attachées dans une cavité profonde de la tète par de longs muscles, en demi-tube à leur partie inférieure, souvent repliées à leur extrémité, plus propres à conduire les sucs nutritifs qu’à la mastication, et réunies , en forme de trompe, dans plusieurs ; la languette membraneuse, soit évasée à son extrémité , soit longue et filiforme ; quatre palpes, dont deux maxillaires et deux labiaux ; le corselet de trois segmens réunis en une masse, dont l’antérieur très-c@urt, et les deux autres confondus en un; les ailes croisées horizontalement sur le corps; l'abdomen suspendu le plus souvent à l'extrémité postérieure du corselet par un petit filet ou un pédicule ; enfin des tarses à cinq articles, et dont aucun n’est divisé. La tarière ou l’oviducie et l’aiguillon sont composés dans la plupart de trois pièces longues et grèles, dont

HYMÉNOPTÈRES. A5 deux servent de fourreau à la troisième , dans ceux qui ont une tarière, et dont une seule, la supérieure, a une coulisse en dessous pour emboiter les deux autres, dans ceux où cette tarière est transformée en aiguillon. Cette arme offensive et l’oviducte sont dentelés en scie à leur extrémité.

M. Jurine a trouvé dans la réticulation des ailes (Vous. rmeéth. de class. les Hymen. et les Dipt.) de bons caractères auxiliaires pour la distinction des genres, mais dont l’exposition ne convient point à la nature de notre ouvrage, et ne dispenserait pas de recourir au

sien. Nous nous bornerons à dire qu'il fait principalement usage de la présence ou de l'absence, du nombre, de la forme et de la connexion de deux sortes de cellules , situées près du bord externe des ailes supérieures, et quil nomme 7radiales et cubitales. Le milieu de ce bord offre le plus souvent une petite callosité désignée sous le nom de porgnet ou de carpe. I en sort une nervure qui se dirigeant vers le bout de l’aile, forme avec æe bord la cellule radiale, quelquefois divisée en deux. Près de ce point nait encore une seconde nervure, qui va aussi vers le bord postérieur et qui laisse entre elle et la précédente

un espace, celui des cellules cubrtales , dont le nombre varie d'un à quatre.

Les hyménoptères subissent une métamorphose complète. La plupart de leurs larves ressemblent à un ver, et sont dépourvues de pattes; telles sont celles des hyménoptères de la seconde famille et des suivantes. Celles de la première en ont six à crochet, et souvent, en outre, douze à seize autres simplement membraneuses. Ces sortes de larves ont été nommées fausses-chenilles. Lies unes et les autres ont la tête écailleuse, avec des mandibules, des mâchoires, et une lèvre, à l’extrémité de laquelle est une filière pour le passage de la matière soyeuse, qui doit être employée pour la construction de la coque de la nymphe.

Les unes vivent de substances végétales :

d’autres, toujours sans pattes, se nourrissent de cadavres d'insectes, de leurs larves, de leurs nymphes, et même de leurs œufs. Pour suppléer à limpuissance où elles sont d'agir, la mère les approvisionne, tantôt en portant leurs alimens dans les nids qu'elle leur a pré-, parés , et souvent construits avec un art qui excite notre surprise; tantôt en placant ses œufs dans le corps des larves et des nymphes

HYMÉNOPTÈRES. 453 d'insectes , dont ses petits doivent se nourrir. D'autres larves d’hyménoptères , également sans pattes, ont besoin de matières alimentaires, tant végétales qu'animales, plus élaborées et souvent renouvelées. Celles-ci sont élevées en commun par des individus sans sexes, réunis en sociétés, chargés exclusivement de tous les travaux, et dont les ouvrages et le régime de vie sont pour nous le sujet d’une continuelle admiration.

Les hyménoptères, dans leur état parfait, vivent presque tous sur les fleurs. et sont, en général, plus abondans dans les contrées méridionales. La durée de leur vie, depuis leur naissance jusqu'à leur dernière métamorphose, est bornée au cercle d'une année. |

Je diviserai cet ordre en deux sections.

La première, celle des TéréBrans (TERE- BRANTIA), a pour caractères d'avoir une tarière dans les femelles.

Je la partage en deux grandes familles.

La première, Celle des Porte-scrr. (SEGURIFERA. )

Se distingue des suivantes par l'abdomen sessile, ou dont la base s’unit au corselet dans

454 INSECTES toute son épaisseur, et semble en être une continuation et ne pas avoir de mouvement propre. |

Les femelles ont une tarière, le plus soufent en forme de scie, et qui leur sert nonseulement à déposer les œufs, mais encore à préparer la place qui doit les recevoir. Les larves ont toujours six pieds écailleux, et souvent d’autres, mais qui sont membraneux.

Cette famille se compose de deux tribus.

La première,

Celle des Fenrarénnes , ou vulgairement Moucues-A-scrE. (TENTHREDINETÆ. Eat.)

À des mandibules allongées et comprimées ; la languette divisée en trois, et comme digitée; la tarière composée de deux lames, dentelées en scie, pointues, réunies , et logées dans une coulissse sous l'anus. Cette tribu compose le genre

Des TENTHRÈDES ( TENTHREDO ) de Linnæus.

Leur abdomen cylindrique, arrondi postérieurement, composé de neuf anneaux, tellement uni au corselet qu'il semble n’en être qu'une continuité, leurs ailes qui paraissent comme chiffonnées, les deux petits corps arrondis, ordinairement colorés, en forme de grains, que l’on observe derrière

l'écusson , leur port lourd, les font aisément reconnaître. La forme et la composition des antennes varient. Leurs mandibules sont fortes et dentées. Les extrémités de leurs mâchoires sont presque membraneuses, ou moins coriaces que leur tige; leurs palpes sont filiformes ou presque sétacés, de six articles. La languette est droite, arrondie, divisée en trois parties, doublées, et dont lintermédiaire plus étroite ; sa gaîne est ordinairement courte; ses palpes plus courts que les maxillaires, ont quatre articles , dont le dernier presque ovalaire. L’abdomen de la femelle offre à son extrémité inférieure une double tarière mobile, écailleuse, dentelée en scie, pointue, logée entre deux autres lames concaves et qui lui servent d’étui. C’est avec le jeu alternatif des dents de la tarière qu’elle fait suecessivement dans les branches ou diverses autres parties des végétaux de petits trous, dans chacun desquels elle dépose un œuf et ensuite une liqueur mousseuse, dont lusage est, à ce que l’on présume, d'empêcher l'ouverture de se fermer. Les plaies, faites par les entailles de la scie , deviennent de plus en plus convexes, par l’augmentfation du volume de l’œuf. Quelquefois même ces parties prennent la forme d’une galle, tantôt ligneuse , tantôt molle et pulpeuse, semblable à un petit fruit, selon la nature des parties végétales offensées. Ces tumeurs forment alors le domicile des larves qui y vivent soit solitaires, soit en compagnie. Elles y subissent leurs métamorphoses, et l’insecte y pratique avec ses dents, une ouverture circulaire, pour sa sortie.

Mais , en général, ces larves se tiennent à découvert, sur les feuilles des arbres et des plantes, dont elles se nourrissent. Par la forme générale de leurs corps, leurs couleurs, la disposition extérieure de leur derme, le nombre considérable de leurs pattes, ces larves ressemblent beaucoup aux chenilles, et ont aussi été nommées fausses-chenilles ; mais elles ont dix-huit à vingt-deux pieds ou n’en offrent que six, ce.qui les distingue des chenilles, où le nombre de ces organes est de dix à seize. Plusieurs de ces fausses-chenilles se roulent en spirale; d’autres ont le derrière de leur corps élevé en arc. Pour se transformer en nympbhes, elles filent, soit dans la terre, soit en dehors, sur les végétaux où elles ont vécu, une coque; mais elles y restent souvent, plusieurs mois de suite, l'hiver même,, dans leur premier état, et ne passent à celui de nymphe, que peu de jours avant de devenir mouches-à-scie.

Les unes ont le labre saillant et très-apparent; leur tête. vue en dessus, paraît plus large que longue ou transverse.

Les CimBex. (CimBex. Oliv. Fab.— Crarro. Geoff.)

Dont les antennes, de cinq à sept articles, sont terminées en bouton, ou en une massue épaisse et presque ovoide. Les fausses-chenilles ont en tout vingt-deux pattes. Quelquesunes, étant tourmentées, seringuent par les côtés du corps, et jusqu’à un pied de distance, des jets d’une liqueur verdâtre.

Le C. jaune. (Tenthredo lutea. Lin.) De G. Insect. IT, XXxXI11, 6—16, long de près d’un pouce, brun; antennes et abdomen jaunes ; des bandes d’un noir violet sur cette dernière parlie. Sa fausse-chenille est d’un jaune foncé,

avec une raie bleue, bordée de noir, le long du dos. Sur le saule, le bouleau , etc.

Le C. à grosses cuisses. (Tenthredo femorata. Lin.) De G. Ins. IL, xxx1v, 1—6, grand, noir; antennes et tarses d’un jaune brun; des taches d’un brun noirâtre au bord postérieur des ailes supérieures ; cuisses postérieures très-srandes, du moins dans l’un des sexes. Sa fausse chenille vit aussi sur le saule; elle est verte, avec trois raies sur le dos, dont celle du milieu bleuâtre, et les latérales jaunâtres (1).

Les Hyroromes.(HycLoroma. Lat.— CryPTus.Jur.)

N'ayant que trois articles aux antennes , et dont le dernier, beaucoup plus long, forme, dans les mâles, une massue grêle, prismatique, et quelquefois une fourche. Les fausses chenilles ont dix-huit à vingt pattes.

L’/Z1, du rosier ( Tenthredo rosæ. Lin.) Roœs. Ens. IT, Vesp. IL, long de quatre lignes ; tête, dessus du corselet et bord extérieur des ailes supérieures noirs ; le reste du corps d’un jaune safran , avec les tarses annelés de rose. Sa larve est jaune, pointillée de noir, et ronge les feuilles de rosier (2).

Les Tenrarènes. (Tenrurepo. Lat. Fab.)

Qui ont les antennes tantôt légèrement plus grosses vers le bout ou filiformes, tantôt sétacées, simples, dans les deux sexes, de neuf articles dans le plus grand nombre, et de onze dans les autres.

Leurs larves ont de dix-huit à vingt-deux pattes.

(1) Voyez, pour les antres espèces, Oliv. (Fncycl. méth. article cimbex } ( Fab.) Latr. Gen. Crust. et Insect, IIT, p. 227, Jurine, genre tenthredo, et Panz. hymen.

(2) Latr. et Jur. ibidem, et la division ** des Aylotomes de Fabricius.

Le nombre des dentelures des mandibules varie, dans l'insecte parfait, de deux à quatre. Ses ailes supérieures présentent aussi des différences dans celui de leurs cellules radiales et cubitales. Ces caractères ont servi de fondement à plusieurs autres sous-cenres que nous réunissons à celui-ci. Il se compose des allantes, des dolères , des némates , et des seconde et troisième familles des péérones de M. Jurine, ou des pristiphores de Latreille. El est encore formé de la troisième division des Aylotomes de Fabricius , et de ses tenthrèdes.

La T. de la scrophulaire. (T. scroplulariæ. Lin.) Panz. Faun. Insect. Germ. C, x, le mâle. Longue de cinq lignes , noire, avec les antennes un peu plus grosses vers leur extrémité et fauves ; anneaux de l'abdomen, le second et le troisième exceptés, bordés postérieurement de jaune; jambes et tarses fauves. Elle ressemble à une guèpe. Larve à vinet-deux pattes , blanche , avec la tête et des points noirs. Elle mange les feuilles de la serophulaire.

La 7°. verte. (T. viridis. Lin.) Panz. ibid. LXIV , 11, même grandeur ; antennes sétacées ; corps vert, avec des taches sur le corselet et une bande le long du milieu du dos de l’abdomen, noires. Sur Le bouleau (r).

Les LoPxyres. (Lopayrus. Lat.)

Dont les antennes sont en peigne ou en panache dans les mâles , et en scie dans les femelles.

Je rapporte à ce sous-genre la première famille des ptérones de M. Jurine, ainsi que la première division des hylotomes de Fabricius. Les antennes sont composées de neuf ou de vingt-quatre articles dans les mâles; de neuf ou de seize, dans les femelles. Les fausses chenilles ont vingt-

(1) Voyez, pour les autres espèces, les auteurs mentionnés

précédemment.

deux pattes , vivent en société et plus particulièrement sur Jes pins (1).

Les autres ont le labre caché ou peu saillant; leur tête, vue en dessus, paraît presque carrée ou ronde.

Les antennes ont douze articles et au-delà.

Tantôt les mandibules sont allongées et étroites; le cou n’est point allongé ; la tarière ne fait pas de saillie au-delà de l’anus.

Elles forment le genre cephaleia de Jurine, quel’on divise en deux.

Les Mécaroponres. (M£scAroDONTEs. Lat. — TaArpaA. Fab.)

Où les antennes sont en scie ou en peigne (2). Les PamPuiries. (Pampnrrius. Lat.—Lypa. Fab.)

Qui ont les antennes simples dans les deux sexes.

Leurs larves n'ont point de pattes membraneuses, et l'extrémité postérieure de leur corps se termine par deux cornes. Elles vivent de feuilles, qu’elles plient souvent pour s’y tenir cachées (3). |

Tantôt les mandibules ne sont guère plus longues que larges ; le cou est allongé ; la tarière est saillante.

Les larves vivent probablement dans l’irtérieur des végétaux ou dans les vieux bois.

Les Cépaus. (Cepaus. Lat. Fab. — TracneLus. Jur.)

Qui ont les antennes insérées près du front, et plus grosses vers le bout (4). 4

(1) Tbidem , et la Monogr. de ce sous-genre publiée par M. Klug, dans les Mém. des Curieux de la Nature, de Berlin.

(2) Voyez les ouvrages ci-dessus.

(5) Ibid.; l’article pamphilie de l'Encycl. méth., et la Monographie du genre lyda du docteur Klüg (Mém. des Cur. de la nature, de Berlin}.

(4) Les ouvrages cités plus haut et la Monog. des szrex du docteur Klug » g. astatus,

Les X1PHYDRIES. (XipaypriA. Lat. Fab. — URocERUS. UE)

Dont les antennes sont insérées près de la bouche et plus grêles vers le bout (r).

La seconde tribu, Celle des Urocères. (UroceraTa. Lat. )

Se distingue de la précédente aux caractères suivans: les mandibules sont courtes et épaisses ; la languette est entière ; la tarière des femelles est tantôt très-saillante et composée de trois filets, tantôt roulée en spirale dans l’intérieur de l’abdomen et sous une forme capillaire. Cette tribu est composée du genre

Des SIREx (SIREX) de LinnϾus.

Leurs antennes sont filiformes ou sétacées, vibratiles , de dix à vingt-cinq articles. La tête est arrondie ef presque globuleuse, avec le labre trèspetit, les palpes maxillaires filiformes, de deux à cinq articles, les labiaux de trois, dont le dernier plus gros. Le corps est presque cylindrique. Les tarses antérieurs ou postérieurs, et dans plusieurs la: couleur de l'abdomen différent selon les sexes. La femelle enfonce ses œufs dansles vieux arbres, et le

(1) Ibidem et M. Jurine. M. Klüg désigne ce genre sous Le nom d’Azybonotus.

plus souvent dans les pins. Sa tarrière est logée à sa base, entre deux valves, formant une coulisse.

Les Onvsses. (Oryssus. Lat. Fab.)

Qui ont les antennes insérées près de la bouche, de dix à onze articles ; les mandibules sans dents; les palpes maxillaires longs et de cinq articles ; l'extrémité postérieure de l’abdomen presque arrondie ou faiblement prolongée ; et dont la tarière est capillaire et roulée en spirale dans l'intérieur de l'abdomen.

Les deux espèces connues se trouvent, en Europe, sur les arbres, dans les premiers jours du printems, et sont très-agiles (1).

Les S1REx propres ou les IcHaNEuMoN-BourDoNs. ( SIREX. Lin.— UrocERus. Geoff. }

Ayant les anteñnes insérées près du front, de treize à vingt-cinq articles; les mandibules dentelées au côté interne; les palpes maxillaires très-petits , presque coniques , de deux articles, avec l’extrémité du dernier segment de l'abdomen prolongé en forme de queue ou de corne, et la tarière saillante , de trois filets.

Ces insectes, qui sont d’assez grande taille, habitent plus particulièrement les forêts de pins et de sapins des contrées froides et montagneuses, produisent, en volant, un bourdonnement semblable à celui des bourdons et des frélons , et paraissent, certaines années , en telle abondance, qu’ils ont été pour le peuple un sujet d’effroi. La larve a six pieds, avec l'extrémité postérieure du corps terminée en pointe, vit dans le bois, où elle se file une coques et achève ses” métamorphoses.

Le S. géant. (Sirex gigas. Lin. la fem.—$S. mariscus. Do

(:) Voyez Latr. Gen. Crust. et Insect, II, p, 245, et l’article erysse de Y'Encycl, méthod.

465 | INSECTES ejusd. e mâle.) Rœæs. Ins. IT, Vesp. vrir, 1x. La femelle æst longue d’un peu plus d'un pouce, noire, avec une tache derrière chaque œil; le second anneau de l’abdomen et ses trois derniers, jaunes. Les jambes et Les tarses * sont jaunâtres. Le mâle a l'abdomen d’un jaunätre fauve, avec son extrémité noire.

Les tremex de M. Jurine ne diffèrent des sirex que par les antennes plus courtes, moins grêles à leur extrémité ou filiformes , composées seulement de treize à quatorze articles , et par leurs ailes supérieures n'ayant que deux cellules cubitales (1).

La seconde famille des HymÉNorrères, Les Purivores. (Purrvora.)

Ont l’abdomen attaché au corselet par une simple portion de leur diamètre transversal, et mème le plus souvent par un très-petit filet ou pédicule , de manière que son insertion est très-distincte, et qu'il se meut sur cette partie du corps. Les femelles ont une tarière qui leur sert d’oviducte.

Je la partage en cinq tribus.

La première,

Celle des lenxeumonies. (IcaneumoniDEs. Lat.)

À les quatre ailes veinées.

(1) Voyez Latr. Gen. Crust. et Insect. HT, p. 258, la Monographie de ce genre du docteur Klüg, l'ouvrage de M. Jurine et celui de

Pauzer sur les hyménoptéres,

HYMÉNOPTÈRES. 463 Les antennes sont presque toujours filiformes ou sétacées , vibratiles , composées d’un grand nombre d'articles. Les palpes maxillaires sont apparens. La tarière des femelles est toujours de trois filets.

Cette tribu embrasse la presque totalité du genre

DES IcaNEUMONS ( ICHNEUMON ) de Linnæus.

Qui détruisent la postérité des lépidoptères, si nuisibles à l’agriculture sous la forme de chenilles, de même que lichneumon quadrupède était censé le faire à l'égard du crocodile, en cassant ses œufs ou même en, s’introduisant dans son corps, pour dévorer ses entrailles. D’autres auteurs ont nommé ces insectes mouches tripiles, à raison des trois soies de leur tarière , et mouches vibrantes, parce qu'ils agitent continuellement leurs antennes, qui sont souvent contournées, avec une tache blanche ou jaunâtre, en forme d’anneau, dans leur milieu. Ils out les palpes maxillaires allongés , presque sétacés, de cinq à six articles; les labiaux sont plus courts, filiformes, et de trois à quatre articulations. La languette est ordinairement entière ou simplement échancrée. Leur corps a, le plus souvent, une ‘forme étroite et allongée ou linéaire, avec la tarière tantôt extérieure, en manière de queue, tantôt fort, courte et cachée dans l’intérieur de l'abdomen, qui se termine alors en pointe, tandis qu’il est plus épais et comme en massue tronquée obliquement

dans ceux où la tarière est saillante, Des trois pièces qui la composent, celle du milieu est la seule qui pénètre dans les corps où ils déposent leurs œufs ; son extrénuté est aplatie et taillée quelquefois en bec de plume. Les femelles pressées de pondre marchent ou volent continuellement, pour tâcher de découvrir les larves , les nymphes, les œufs des insectes, et méme des araignées, des pucerons , etc: destinés à recevoir les leurs et à nourrir, lorsqu’ils seront éclos, leur famille. Elles montrent dans ces recherches un instinct admirable, et qui leur dévoile les retraites les plus cachées. C’est sous les écorces des arbres , dans leurs fentes ou dans leurs crevasses que celles dont la tarière est longue , placent le germe de leur race. Elles y infroduisent leur oviducte ou la tarière propre, dans uné direction presque perpendiculaire ; 1l est entièrement dégagé des demi-fourreaux , qui sont parallèles entre eux et soutenus en l'air dans la ligne du corps. Mais les femelles, dont la tarière est très-courte, peu ou point apparente, placent leurs œufs dans le corps ou sur la peau des larves , des chenilles et dans les nymphes, qui sont à découvert, ou très-accessibles.

Leslarves des ichneumonides n’ont point de pattes, ainsi que toutes les autres des familles suivantes. Celles qui vivent, à la manière des vers intéstinaux, dans le corps des larves ou des chenilles , où elles sont méme quelquefois en société, ne rongent que leur corps graisseux , ou les parties intérieures qui ne sont point rigoureusement nécessaires à leur conservation ; œais sur le point de se chauger en nym-

HYMÉNOPTÈRES. 465 phes , ellés perceut leur peau , afin d’en sortir, ou bien leur donnent la mort et ÿ achèvent tranquillement leurs dernières anétamorphoses. Telles sont aussi les habitudes des larves d’ichueumonides, qui se nourrissent de nymphes ou de chrysalides. Presque toutes se filent une coque soyeuse, pour passer à l’état de nymphe. Ces coques sont quelquefois agglomérées, et soit nues, soit enveloppées d’une bourre où d’un coton , en une masse ovale, que l’on trouve souvent attachée aux tiges des plantes. Leur réunion et leur disposition symétrique forment dans une espèce un COrps alvéolaire, semblable à un petit rayon d'abeille domestique. La soie de ces coques est tantôt d’un jaune où d’un blanc uniforme; tantôt mêlangée de noir ou de fils de deux couleurs. Les coques de quelques espèces sont suspendues à une feuille ou à une petite branche, au moyen d’un fil assez long. Réaumur a observé que détachées du corps où elles sont fixées, elles font des sauts dont la hauteur peut aller jusqu’à quatre pouces , les larves renfermées dans les coques rapprochant les deux extrémités de leurs corps et les débandant ensuite, à la manière de quelques petites larves sauteuses de diptères que l’on trouve sur le vieux fromage. Cette famille est très-nombreuse en espèces.

Les unes ont les antennes composées de treize à quatorze

articles. Latreille les réunit eu uve pelite famille sous le nom d'evaniales.

Page 1