TOME
466 INSECTES Les PÉLÉCINES. (PELECINUS. Lat. Fab.)
Où l’abdomen , inséré à l'extrémité postérieure et inférieure du corselet, est filiforme et très-long. Leur languette a trois divisions (1).
Les Evanies. (EvANIA. Fab. Lat.—Spnex. Lin.)
Où l'abdomen, inséré à l'extrémité postérieure et supérieure du corselet, est très-petit, fort comprimé, triangulaire ou ovoïde , avec un pédicule brusque à sa base. Les antennes sont coudées (2).
Les Fœnes. (Fæœnus. Fab.)
Qui ont l’abdomen inséré, comme dans les évanies, mais allongé, en forme de massue, avec les jambes postérieures en massue, les antennes droites, filiformes et la tête portée sur un cou (3).
LEs AULAQUES. (AuLacus. Jur.)
Très-voisins des fœnes , mais ayant l’abdomen ellipsoide et comprimé, les antennes sétacées et les jambes grèles (4). |
Les autres espèces ont les antennes composées de vingt articles ou davantage, et forment le genre
Des IcHNEUMONS proprement dits.
Les uns ont les mandibules terminées par une seule dent, ou sans échancrure sensible, et la tête presque globuleuse.
Cette division renferme le genre stéphané de Jurine (5), ; *
{1} Voyez Latr. Gen. Crust. et Insect. IIf, p. 254.
(2) Ibid. , Fabricius et Jurine.
(5) Latr. Fabricius et Jurine, ibidem.
(4) Jur. hym. ; Latr. Gen. Crust, et Tnsect, IV, 3, et Panz. sux les Ayménoptères.
(5) Latr. ibid.
HYMÉNOPTÈRES, 465 rapproché des précédens, et distinct des suivans par l’insertion supérieure de l’abdomen, et celui de xoride de Latreille (r). Les femelles Ont toutes une tarière trèssaillante.
D'autres ont l’extrémité ‘de leurs mandibules échancrée ou refendue, et terminée ainsi par deux dents. Tantôt leur tête est arrondie en devant, ou ne se prolonge point en forme de museau. Ici se placent :
1°. Les pimples de Fabricius, que l’on distingue à la forme cylindrique de leur abdomen, plus épais, tronqué obliquement et terminé par une longue tarière dans les femelles. De ce nombre est :
L’Ichneumon pointillé. (Tchneumon persuasorius, Tin.) Panz. Faun. Insect. Germ. XIX , xvir, la femelle. Une ‘de nos plus grandes espèces ; noire, avec l’écusson et deux points sur chaque anneau de l'abdomen blancs ou jaus nâtres ; pieds rouges ; tarière de la longueur du corps (2).
2°. Les cryptes du même, auxquels la plupart des ses bassus me paraissent devoir être réunis. Leur tarière est encore très-saillante; mais leur abdomen est presque ovale ou en triangle allongé , et rétréci assez brusquement en pédicule, à sa base.
3°. Ses ichneumons, dont la tarière est cachée ou à peine extérieure, et qui ont l’abdomen composé au moins de cinq anneaux apparens , déprimé, soit presque cylindrique, soit ovale. |
Ceux où il est presque cylindrique, demi-sessile et fort long, et qui ont le second article des palpes maxillaires très-dilaté, forment le genre métopie de Panzer, ou celui de peltaste d’Illiger. Le premier sépare, sous le nom générique d’alomye, les espèces dont l’abdomen est en forme de fuseau allongé, avec un pédicule court et aminci insen-
(1) Latr. ibid,
(2) Fabric, Syst. Piezatorum,
blement. Dans d’autres , l'abdomen est plus ovale ou ellip tique , et tient au corselet par un filet ou un étranglement brusque. Le genre érogus du même, et à ce que je présume les joppa de Fabricius , font partie de cette subdivision,
Enfin d’autres espèces ont l'abdomen petit, très-aplati et annexé au corselet par un très-court pédicule. Latreille les range dans son genre rricrogastre.
Quelques femelles de cette division et de la précédente n’ont point d'ailes (1).
4°. Les ophions de Fabricius ont l'abdomen très-comprimé , plus ou moins arqué en faucille, tronqué au bout, avec la tarière courte, mais saillante.
L’'O. jaune ( Ichneumon luteus. Tin. ) Schæff. Icon. Insect. tab. 1, fig. 10, est d’un jaune roussâtre, avec les yeux verts. La femelle dépose ses œufs sur la peau de quelques chenilles, particulièrement de celle qu'on a nommée la queue-fourchue. {s y sont fixés au moyen d'un pédicule long et délié. Les larves y vivent, ayant l’extrémité postérieure de leur corps engagé dans les pellicules des œufs d’où elles sont sorties, y croissent, sans empêcher la chenille de faire sa coque; mais elles finissent par la tuer, en consumant sa substance intérieure, se filent ensuite des coques oblongues, les unes auprès des autres, et en sortent sous la forme d’ichneumons , ainsi que de l'enveloppe commune.
La larve d’une espèce (J. moderator) détruit celle d’un autre ichneumon (J. sérobilellæ ).
5°, Les banchus , dont l’abdomen est encore très-comprimé et en faucille, diffèrent des ophions en ce qu'il est pointu au bout et que la tarière est cachée.
6°. Les sigalphes de Latreille et les chélones de Jurine sont remarquables par leur abdomen élargi et arrondi à son
(1) Voyez la Monographie qu’en a publiée M. Grayenorsth.
HYMÉNOPTÈRES. 469 extrémité postérieure et creusé en voûte inférieurement ; il ne parait composé, vu en dessus , que de trois anneaux
dans les sigalphes, et d’un seul dans les chélones. Leur tarière est intérieure.
Tantôt l'extrémité antérieure de la tête, par l’avancement des parties de la bouche, forme une sorte de museau, comme dans les bracons de Jurine et de Fabricius, auxquels on peut réunir les agathis de Latreille.
Les autres ichneumonides ont les mandibules en carré résulier, écartées , et offrant trois dentelures. Ils rentrent dans le genre des a/ysies de Latreille.
Celui des anomalons de M. Jurine se compose des ichneumons qui n’ont que deux cellules cubitales, n'importe
les différences qu’ils peuvent présenter dans les autres parties de leur organisation (x).
La seconde tribu, Les GrarzicoLes. ( Diproreparræ. Lat.)
N’ont point les ailes inférieures veinées, ni d’aiguillon au bout de la tarière; cette tarière est filiforme et nait de la partie inférieure de l'abdomen ; les palpes sont très-courts et quelquefois nuls ; les antennes sont droites ou sans coude, filiformes ou à peine plus grosses vers le bout, et ordinairement composées de treize à quinze articles.
Les gallicoles forment le genre
(1) Consullez les ouvrages cités plus haut, et l’Encycl. méthod. pour l’article ophion. Mais tous ces travaux sont très-imparfaits,
quant à Ja méthode , et très-incomplets quant aux espèces.
476 INSECTES Des Cynips (Cyxies) de Linnæus.
Géoffroi les distingue mal à propos sous le nom de diplolèpe et appelle cynips des insectes de la famille suivante, compris par Linnæus dans sa dernière division des ichneumons.
Les cynips paraissent comme bossus, ayant Îa tête petite, et le corselet gros et élevé. Leur abdomen est comprimé , en carène ou tranchant, à sa partie inférieure , et tronqué obliquement, ou trèsobtus, à son extrémité. Il renferme , dans les femelles , une tarière qui ne paraît composée que . d’une seule pièce longue et très-déliée, ou capillaire, roulée en spirale à sa base , ou vers l’origine du ventre, et dont la portion terminale se loge sous l'anus, entre deux valvules allongées, quilui forment chacune un demi-fourreau. L’extrémité de cette tarière est creusée en gouttière, avec des dents latérales, imitant celles d’un fer de flèche, et avec lesquelles l’insecte élargit les entailles qu'il fait aux différentes parties des végétaux pour y placer ses œufs. Les sucs s’épanchent à l’eudroit qui a été piqué, et y forment une excroissance ou une tumeur qu’on nomme galle , et dont la plus connue, noix de galle, galle du Levant , est employée avee une solution de sitriol vert, ou de sulfate de fer, dans la teinture en noir. La forme et la solidité de ces protubérances varient selon la nature des parties des végétaux qui ont été offensées, comme les feuilles, leurs pétioles, les boutons, l'écorce ou V’aubier , les racines, etc. La plupart sont sphé-
HYMÉNOPTÈRES. 4x
viques ; quelques-unes imitent des fruits ; telles sont les galles en pomme , en groseille, en pepin, la galle en forme de nèfle du chène tozin, etc. D'autres sont chevelues, comme celle qu’on nomme bédéguar, mousse chevelue, et qui vient sur le rosier sauvage ou l’églantier. Il y en a de semblables à. des pommes d’artichauds , à des champignons, à de petits boutons , etc. ; les œufs renfermés dans ces excroissances acquièrent du volume et de la consistance. Il en naît de petites larves sans pattes, mais ayant souvent des mamelons qui en tiennent lieu. Tantôt elles y vivent solitairement et tantôt en société. Elles en rongent l’intérieur, sans nuire à son développement, et y restent cinq à six mois dans cet état. Les unes ÿ subissent leurs métamorphoses ; les autres la quittent pour s’enfoncer dans la terre, où elles demeurent jusqu’à leur dernière transformation. Des trous ronds que l’on voit à la surface des salles, annoncent que l’animal en est sorti. On y trouve aussi plusieurs insectes de la famille suivante ; mais ils ont pris la place des habitans naturels qu'ils ont détruits, à la manière des ichneumons.
Quelques cynips sont aptères. Une espèce dépose ses œufs dans la semence du figuier sauvage le plus précoce. Les grecs modernes , suivant à cet égard une méthode que l'antiquité leur a transmise, enfilent plusieurs de ces fruits et les placent sur les figuiers tardifs ; les cynips sortent chargés de poussière fécondante, s'introduisent dans l'œil des figues de ces derniers , en fécondent les graines et provoquent la
maturité du fruit. Cette opération a été appelée ; caprification.
Les uns ont le pédicule de l’abdomen très-court ; les an- .
tennes de treize à quinze articles, des palpes, des mä-
choires et une lèvre très-distincts. Tels sont
Les Cynips proprement dits (Cvynres. L.),les Diplolèpes de Geoffroi.
On peut Jeur associer les ibalies de Latreille qui ont l'abdomen très-comprimé dans toute sa hauteur et en forme de lame de couteau (1); et ses figites (2) dont les antenes sont grenues, un peu plus grosses vers le bout, et de treize articles dans les femelles ; celles des mâles ont un article de plus , et ressemblent, à cet égard , aux antennes des diplolèpes femelles de Geoffroi; on compte quinze articles à celles de leurs mâles.
Le C. de la galle à teinture ( Diplolepis gallæ tinctoriæ. Oliv. Voy. en Turq.), est d’un fauve très-pâle, couvert d’un duvet soyeux et blanchâtre, avec une tache d’un brun noirätre et luisant sur l'abdomen. Dans la galle ronde, dure et hérissée de tubercules , qui vient sur une espèce de chêne du Levant, et qu’on emploie dans le commerce. En cassant cette galle, on en retire souvent l'insecte parfait.
Nous citerons encore le C: des fleurs du chéne (C. quercus pedunculi. Lin.) Réaum. {ns. IIT, xz, 1-6, qui est gris, avec une croix linéaire sur les ailes ; il pique les chatons des fleurs mâles du chêne, et y produit des galles rondes, ce qui les fait ressembler à de petites crappes de fruit.
Le C. du bédéguar (C; rosæ. Lin.) Réaum. ibid. xLvY,
er
(2) Latr. Gen. Crust. et [nsect. IV, p, 17.
(2) Latr. ibid. p. 19, et Jurine.
5-8; et XLVIT, 1-4; noir, avec les pieds et l’abdomen, son extrémité exceptée, rouges (1).
Les autres ont l’abdomen porté sur un long pédicule, les antennes de douze articles grenus, et leur bouche n’a d’autres parties distinctes que les mandibules.
Latreille les a distingués sous le nom générique d'EucxA- Ris. (EucHARIs) (2).
La troisième tribu, Celle des Cuarcrnrres. (Cuarcnræ. Spin. )
Ne diffère essentiellement de la précédente que par les antennes qui sont brisées et forment, à partir du coude, une massue allongée ou en fuseau ; elles n’ont pas au-delà de douze articles.
On peut rapporter les genres qu'on a établis dans cette tribu , à celui
Des CuaALcipes. (CHALCIs. Fab.)
Ces insectes sont fort petits, ornés de couleurs métalliques très-brillantes , et ont, pour la plupart, la faculté de sauter. La tarière est souvent composée de trois filets, ainsi que celle des ichneumons, et les larves sont également parasites. Quelques-
(1) Voyez pour les autres espèces, Linnæus ; Oliv. art. diplolèpe de l’Encycl. méthod.; Latr. Hist. gén. des Crust, et des Insect. XI, p- 206, et Gen. Crust. et Insect, LV, p. 18; Jur, el Panzer sur les Lyménoptéres.
(2) Latr, Gen, Crast, et Insect, LV, p. 20.
unes , à raison de leur extrême petitesse, se nourrissent de l’intérieur d’œufs d'insectes, presque imperceptibles. Plusieurs autres vivent dans les galles et les chrysalides des lépidoptères. Je soupconne qu’elles ne se filent point de coque pour passer à l’état de nymphe.
Les CHALcIDESs proprement dits. (CHALcis. — VEspA.— SPHEX. Lin.)
Dont les pieds postérieurs ont les jambes très-arquées , avec les cuisses très-srandes ; dont l’abdomen, attaché au corselet par un pédicule très-apparent , est ovoide ou conique, pointu au bout, avec la tarière cachée ou extérieure, mais droite , et qui ont les ailes étendues.
Les uns ont le pédicule de l'abdomen allongé; tels sont ceux que Fabricius nomme sispes et clavipes , et qui se trouvent dans les lieux marécageux. Ils sont noirs l’un et l’autre. Le premier a les cuisses postérieures jaunes; elles sont fauves dans le second.
Les autres ont le pédicule de l'abdomen très-court.
T'els sont le C. nain ( Vespa minuta. Lin.) , qui est trèscommun sur les fleurs ombellifères , noir, avec les pieds jaunes ; et le C. à jarretières (C. annulata. Fab.), qui se trouve dans les nids des guêpes cartonnières de l’Amérique méridionale, et que Réaumur (Insect. VI, xx, 2, et xx1,9, 4) a pris pour l'individu femelle de cette guêpe. Il est noir, avec la pointe de l'abdomen allongée , un point blanc à l’extrémité des cuisses postérieures, et les jambes blanches , entrécoupées de blanc (1).
Les Leucospis. (LEucospis. Fab.)
Qui ont les pieds postérieurs semblables à ceux des
(1) Voyez Latr. Gen. Crust. et Insect. IV, p. 25; Fab, Syst.
Piez. ; el Olivier , art, chalcis de l’'Encycl. méthodique,
LS
chalcides, mais dont l'abdomen paraît appliqué contre. l’extrémiié postérieure du corselet, comprimé dans toute
sa hauteur, arrondi postérieurement, avec la tarière recourbée sur le dos; les ailes supérieures sont doublées.
Le Z. dorsigère. ( L, dorsigera. Fab. la fem.; L. dispar: le mâle.) Panz. Faun. Insect. Germ. LVILII, xv,le mâle. Noir ; abdomen presque une fois plus long que le corselet, avec trois bandes et deux petites taches jaunes; une ligne transverse sur l’écusson , et deux autres à la partie antérieure du corselet, de cette même couleur. La femelle place ses œufs dans les nids de quelques abeilles maçonnes de Réaumur. Celle d’une autre espèce (gigas) pond dans les guêpiers (r).
Les Europxes. (EuroPaus. Geoff.)
Dont les pieds postérieurs n’ont ni les cuisses à la fois très-renflées et lenticulaires , ni les jambes très-arquées.
Nous comprenons dans ce sous-genre les ichneumons nains (minuti) de Linuæus, les diplolèpes de Fabricius (Syst. Piez.g les cynips de Geolfroi , ses eulophes, et plusieurs autres genres peu importans établis par Latreille et M. Maximilien Spinola, dent l’étude est d’autant plus difficile que ces insectes sont, en général, d’une extrême petitesse.
J'y rapporte encore ici, d’après la considération des palpes qui sont irès-courts, comme tous ceux des insectes de cette tribu, le psil de Bosc de M. Jurine. Le premier anneau de son abdomen donne naissance à une corne solide, recourbée en avant, jusques au-dessus de la tête, etqui, suivant les observations de M. Leclerc de Laval , est le
(1) Les mêmes ouvrages et la Monographie de ce genre de M. Klüg, dans les mémoires des Cur. de la Nature de Berlin.
476 INSECTES fourreau de la tarière. Cette espèce est très-petite et entière< ment noire (1).
La quatrième tribu, Les Oxvyures. (Procrorrurur. Lat.)
Semblables aux précédens quant aux ailes inférieures sans nervures, ont, dans les femelles , l'abdomen terminé par une tarière tubulaire, conique, ou en forme de queue, soit d’une pièce, soit de deux ou trois réunies longitudinalement. Les palpes maxillaires sont longs et pendans.
Nous réduisons les divers genres dont elle se compose à celui
Des BÉTHYLES (BEeTuyius) de Latreille et de Fabricius. à
Leurs habitudes sont, probablement, les mêmes que celles des chalcidites ; mais comme la plupart de ces insectes se trouvent sur le sable ou sur les plantes peu élevées, je soupconne que leurs larves vivent cachées dans la terre.
Dans les femelles des codres de M. Jurine , SOUSsenre de cette tribu, la tarière forme une queue écailleuse, longue , arquée et très-pointue.
NE MRC EN TA CDTET ET ETS EE CNE EDS CNET DRC US EEE EC ESNEOEEENR EE TIT ENET
(1) Voyez Latr. Gen. Crust, et Insect. IV, p. 27-52, genres 453- 4635 ; Max. Spinola, Ann. du Mus. d'Hist. natur.; Fabricius , genre diplol8pis , avec les six dernières espèces de cleples ; et la dernière division des chalcis de M, Jurine.
Dans les autres sous-genres, cette tarière est rétractile et presque en forme d’aiguillon.
L1 Les dryines de Latreille sont remarquables par la forme du corselet, qui est divisé en deux nœuds, et par leurs
tarses qui ont au bout deux longs crochets , dont l’un se replie et fait l'office de griffe (r).
La cinquième tribu, Les Curysines. ( Carysipines. Lat.)
N’ont point, de même que ceux des trois tribus précédentes, les ailes inférieures veinées ; mas leur tarière est formée par les derniers anneaux de l’abdomen, à la manière des tubes d’une lunette d'approche, et se termine par un petit aiguillon. L’abdomen, qui, dans les femelles, ne paraît composé que de trois à quatre anneaux, est voüté ou plat en dessous, et peut se replier contre la poitrine ; l’insecte prend alors la forme d’une boule.
Cette tribu comprend le genre
Des Cuarysis (Carysis) de Linnæus.
Par la richesse et l'éclat de leurs couleurs, ils
(1) Voyez Latr. Gen. Crust. et Insect, IV, p. 335, et les genres de M. Jurine qui y sont indiqués,
vont de pair avec les colibris et les oiseaux-mouches ; aussi les désigne- -t-on sous le nom de guépes dorées. On les voit se promener, mais foujours dans une agitation continuelle et avec une grande vivacité, sur les murs et sur les vieux bois, exposés aux ardeurs du soleil. On les trouve aussi sur les fleurs. Leur corps est allongé et couvert d’un derme solide. Leurs antennes sont filiformes , coudées, vibratiles, et composées de treize articles dans les deux sexes. Les mandibules sont arquées, étroites et pointues. Les palpes maxillaires sont ordinairement plus longs que les labiaux, filiformes, et de cinq articles inégaux; les labiaux en ont trois. La languette est le plus souvent échancrée. Le corselet est demi-cylindrique, et offre plusieurs sutures ou lignes imprimées et transverses. L’abdomen du plus grand nombre est en demi-ovale, tronqué à sa base, et semble, au premier coup d’æil, suspendu au corselet par toute sa largeur; le dernier anneau a souvent de gros points enfoncés, et se termine par des dentelures.
Les chrysides déposent leurs œufs dans les nids des apiaires solitaires maconnes, ou dans ceux de quelques autres hyménoptères. Leurs larves dévorent celles de ces insectes.
Les uns ont les mäâchoires et la lèvre très-longues, composant une fausse trompe, fléchie en dessous , et les palpes très-petits , de deux articles. Tels sont
4 A HYMENOPTÈRES. 479 Les Parnorës (Parnores) de Latreille.
Le P. incarnat place ses œufs dans les nids du bembex rostrata de Fabricius (1).
Les autres n’ont point de fausse trompe : leurs palpes maxillaires sont de grandeur moyenne ou allongés et composés de cinq articles ; il y en a trois aux labiaux.
Tantôt le corselet n’est point rétréci antérieurement ; l’abdomen est en demi-ovale , voûté, et n’offre à l’extérieur que trois segmens ; comme dans
Les Carysis proprement dits. (Carysis. Fab.)
Ceux dont les quatre palpes sont égaux , et dont la lan-
guette est profondément échancrée, forment le genre sti/be de M. Max. Spinola, auquel on peut réunir les euchrées de Latreille.
Ceux dont les palpes maxillaires sont beaucoup plus longs que les labiaux, et qui ont la languette échancrée, avec l'abdomen arrondi et uni au bout, ont été distingués génériquement sous le nom d’Aédychres.
Ceux qui, semblables aux hédychres par les proportions relatives des palpes, ont la languette arrondie et entière, forment les genres elampe et chrysis de M. Spinola: Les mandibules , dans le premier, ont deux dents au côté interne ; l’abdomen est uni et arrondi au bout; l’extrémité postérieure du corselet a une épine. Les mandibules, dans le second, n’ont qu’une dentelure au même bord; l’abdomen est plus allongé, tronqué au bout , et offre souvent près de cette extrémité une rangée transverse de gros points enfoncés ; dans cette subdivision se place le chrysis le plus commun en Europe,
Le C. enflammé (C. ignita. Lin.) Panz. Faun. Insect. RERO R DEEE EEE RROSS CREER RSR ER nm en een)
(1) Eatr. Gen. Crust. et Insect. 1V, p. #7, et Annales du Muséum d'Hist, naturelle,
Germ. V, xx11, qui est bleu, mêlé de vert, avec l’abdomen d’un rouge cuivreux doré, et terminé par quatre dentelures.
Tantôt le corselet est rétréci en devant; l'abdomen a une figure presque ovoide , sans être vouté, et offre quatre sesmens dans les femelles et cinq dans les mâles. Tels sont
Les Crepres (CLEPTES) de Latreille.
Les mandibules sont courtes et dentelées. La languette est entière (1).
: La seconde section des Hyménoptères, Celle des PorRTE-AIGUILLON. ( ACULEATA. )
Diffère de la première par le défaut de tarière ; un aiguillon de trois pièces, caché et rétractile, la remplace ordinairement, dans les femelles, et dans les neutres des espèces réunies en société. Quelquefois, comme dans plusieurs fourmis, cet aiguillon n'existe point, et l’insecte se défend en éjaculant une liqueur acide renfermée dans desréservoirs spéciaux, sous la forme de glandes.
Les hyménoptères de cette section ont toujours les antennes simples et composées
(1) Voyez, pour toutes ces divisions, Latr. Gen. Crust. et Insect. IV , pag. 41 et suiv.; Améd. Lepelletier, Ann. du Mus, d'Hist. nat. ; Maxim. Spinola, Insect. Ligur.; Jurine et Panzer sur les
d'un nombre d’articles constant, savoir de treize dans les mâles et de douze dans les femelles. Les palpes sont ordinairement filiformes ; les maxillares, souvent plus longs, ont six articles et les labiaux quatre. Les mandibules sont plus petites et souvent moins dentées dans les mâles que dans les autres individus. Les quatre ailes sont toujours veinées. L’abdomen, uni au corselet par un pédicule ou un filet, est composé de sept articles dans les mâles, et de six dans les femelles.
Les larves n’ont jamais de pieds, et vivent des alimens que les femelles ou les neutres leur fournissent, et qui consistent soit en cadavres d'insectes, soit en sucs de fruits, et pour d’autres, en un mélange de pollen d’étamines et de miel.
Cette section est divisée en quatre familles.
La première famille de la seconde sectiorr, Celle des Hérérocynes. ( HeTERoGYNA.)
Se compose de deux ou trois sortes d’individus, dont les plus communs, les neutres ou les femelles, n’ont point d'ailes, et rarement des yeux lisses très-distincts.