‹ Le règne animal (volume 2)Chapitre 18 sur 105 · FONCTIONS ORGANIQUES · texte numérisé non relu

FONCTIONS ORGANIQUES

Couduils ensuite dans le reste du canal , ils y reçoivent encore d'autres sucs destinés à achever leur préparation. Les parois du canal ont des pores qui tirent de la masse alimentaire la portion convenable pour la nutrition , et le résidu inutile est rejeté comme excrément.

Le canal dans lequel s'opère ce piemier acte de la nutrition est une continuation de la peau , et se compose de lames semblables aux siennes ^ les fibres mêmes qui l'entourent, sont analogues à celles qui adhèrent à la face interne de la peau, et qu'on nomme le pannicule charnu ; il se fait dans tout l'intérieur du canal une transsudation qui a des rapports avec la transpiration cutanée , et qui devient plus abondante quand celle-ci est supprimée : la peau exerce même une absorption fort analogue à celle des intestins.

11 n'y a que les derniers des animaux où les excréments lessortent par la bouche , et dont l'intestin ait la forme d'un sac sans issue.

Parmi ceux mêmes où le canal intestinal a deux orifices, il en est beaucoup où le suc nourricier, absorbé par les parois de l'intestin, se répand immédiatement dans toute laspongiosité du corps : toute la classe des insectes paraît y appartenir.

Mais à compter des arachnides et des vers, le suc nourricier circule dans un système de vaisseaux clos dont les derniers rameaux seuls en dispensent les molécules aux parties qui doivent en être entretenues : les vaisseaux qui portent ainsi le fluide nourricier aux parties se nomment artères; ceux qui le rapportent au centre de la circulation se nomment veines; le tourbillon circulatoire est tantôt simple, tantôt double et même triple (en comptant celui de la veine-porte) ; la rapidité de son mouvement est souvent aidée par les contractions de certains appareils charnus que l'on nomme cœurs, et qui sont placés à l'un ou à l'autre des centres de circulation, quelquefois à tous les deux.

Dans les animaux vertébrés et à sang rouge , le fluide nourricier sort blanc ou transparent des intestins , et porte alors le nom de chyle; il aboutit par des vaisseaux particuliers , nommés lactés , dans le système veineux , où il se mêle avec le sang. Des vaisseaux semblables aux lactés, et formant avec eux un ensemble appelé système lymphatique , rapportent aussi dans le sang veineux, le résidu de la nutrition des parties et les produits de l'absorption cutanée.

Pour que le sang soit propre à nourrir les parties, il faut qu'il

éprouve de la part de l'élément ambiant , par la respiration , la modification dont nous avons parlé ci-dessus. Dans les animaux qui ont une circulation , une partie des vaisseaux est destinée à porter le sang dans des organes où ils le subdivisent sur une grande surface, pour que l'action delélément ambiant soit plus forte. Quand cet élément est de l'air, la surface est creuse et se nomme pou nioji; quand c'est de l'eau, elle est saillante, et s'appelle branchie. 11 y a toujours des organes de mouvement disposés pour amener l'élément ambiant dans ou sur l'organe respiratoire.

Dans les animaux qui n'ont pas de circulation, l'air se répand dans tous les points du corps par des vaisseaux élastiques appelés trachées; ou bien l'eau agit, soit en pénétrant aussi par des vaisseaux , soit en baignant seulement la surface de la peau.

Le sang qui a respiré est propre à rétablir la composition de toutes les parties, et à opérer ce qu'on appelle la nutrition proprement dite. C'est une grande merveille que cette facilité qu'il a de se décomposer dans chaque point , de manière à y laisser précisément l'espèce de molécules qui y est nécessaire; mais c'est cette merveille qui constitue toute la vie végétative. On ne voit, pour la nutrition des solides, d'autre arrangement qu'une grande subdivision des dernières branches artérielles; mais pour la production des liquides, les appareils sont plus variés et plus compliqués ; tantôt ces dernières extrémités des vaisseaux s'épanouissent simplement sur de grandes surfaces d'où s'exhale le liquide produit; tantôt c'est dans le fond de petites cavités d'où ce hquide suinte ; le plus souvent ces extrémités artérielles, avant de se changer en veines, donnent naissance à des vaisseaux particuliers, qui transportent ce liquide, et c'est au point d'union des deux genres de vaisseaux qu'il paraît naître ; alors les vaisseaux sanguins et ces vaisseaux appelés propres , forment , par leur entrelacement, des corps noxnmés glandes conglomérées ou sécî^étoires .

Dans les animaux qui n'ont pas de circulation, notamment dans les insectes , le fluide nourricier baigne toutes les parties ; chacune d'elles y puise les molécules nécessaires à son entretien ; s'il faut que quelque liquide soit produit, des vaisseaux propres flottent dans le fluide nourricier, et y pompent, par leurs pores , les éléments nécessaires à la composition de ce liquide.

C'est ainsi que le sang entretient sans cesse la composition de

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