FONCTIONS ORGANIQUES. 2Ô
toutes les parties, et y répai'e les altérations qui sont la suite continuelle et nécessaire de leurs fonctions. Les idées générales que nous pouvons nous faire de cette opération sont assez claires, quoique nous n'ayons pas de notion distincte et détaillée de ce qui se passe sur chaque point ; et que , faute de connaître la composition chimique de chaque partie avec assez de précision, nous ne puissions nous rendre un compte exact des transformations nécessaires pour la produire.
Outre les glandes qui séparent du sang les liquides qui doivent jouer quelque rôle dans l'économie intérieure , il en est qui en séparent des liquides destinés à être rejetés au dehors , soit simplement comme matières superflues , telles que Wirine , qui est produite par les reins , soit pour quelque utilité de l'animal, comme l'encre des sèches , la pourpre de divers autres mollusques , etc..
Quant à la génération, il y a une opération ou un phénomène encore bien autrement difficile à concevoir que les sécrétions , c'est la production du germe. Nous avons vu même qu'on doit la regarder à peu près comme incompréhensible ; mais , une fois l'existence du germe admise , il n'y a point sur la génération de difficulté particulière. Tant qu'il adhère à sa mère , il est nourri comme s'il était un de ses organes : et une fois qu'il s'en détache , il a lui-même sa vie propre , qui est au fond semblable à celle de l'adulte.
Le germe, l'embryon, le fœtus, le petit nouveau-né , ne sont cependant jamais parfaitement de la même forme que l'adulte, et leur différence est quelquefois assez grande pour que leur assimilation ait mérité le nom de tnétamorphose. Ainsi , personne ne devinerait , s'il ne l'avait observé ou appris , qu'une chenille dût devenir un papillon.
Tous les êtres vivants se métamorphosent plus ou moins dans le cours de leur accroissement, c'est-à-dire qu'ils perdent certaines parties et en développent qui étaient auparavant moins considérables. Les antennes, les ailes, toutes les parties du papillon étaient enfermées sous la peau de chenille ; cette peau disparaît avec des mâchoires , des pieds et d'autres organes qui ne restent pas au papillon. Les pieds de la grenouille sont renfermés dans la peau du têtard, et le têtard, pour devenir grenouille, perd sa queue, sa bouche et ses branchies. L'enfant même , en naissant , perd son placenta et ses enveloppes :, à un certain âge , il perd presque son tymus , et il gagne petit à petit
des cheveux , des dents el de la barbe ; les rapports de grandeur de ses organes chang^ent , et son corps augmente à proportion plus que sa tête, sa tête plus que son oreille interne , etc.
Le lieu où les germes se montrent, l'assemblage de ces germes se nomme ïovaire; le canal, par où les germes une fois détachés se rendent au dehors, Voviductus; la cavité où ils sont obligés, dans plusieurs espèces, de séjourner un temps plus ou moins long avant de naître, la matrice ou V utérus; l'orifice extérieur par lequel ils sortent, la vulve. Quand il y a des sexes, le sexe mâle est celui qui féconde ^ le sexe femelle celui dans lequel les germes paraissent. La liqueur fécondante se nomme sperme; les glandes qui la séparent du sang, testicules; et, quand il faut qu'elle soit introduite dans le corps de la femelle , l'organe qui l'y porte s'appelle verge.
EXPOSÉ RAPIDE DES FOÎsCTIONS INTELLECTUELLES DES ANIMAUX.
L'impression des objets extérieurs sur le moi, la production d'une sensation, d'une image, est un mystère impénétrable pour notre esprit, et le matérialisme une hypothèse d'autant plus hasardée , que la philosophie ne peut donner aucune preuve directe de l'existence effective de la matière. Mais le naturaliste doit examiner quelles paraissent être les conditions matérielles de la sensation: il doit suivre les opérations ultérieures de l'esprit, reconnaître jusqu'à quel point elles s'élèvent dans chaque être, et s'assurer s'il n'y a pas encore pour elles des conditions de perfection dépendantes de l'organisation de chaque espèce ou de l'état momentané du corps de chaque individu.
Pour que le moi perçoive , il faut qu'il y ait une communication nerveuse non interrompue entre le sens extérieur et les masses centrales du système médullaire. Ce n'est donc que la modification éprouvée par ces masses que le moi perçoit^ aussi peut-il y avoir des sensations très réelles sans que l'organe extérieur soit affecté, et qui naissent, soit dans le trajet nerveux , soit dans la masse centrale même : ce sont les rêves et les visions ou certaines sensations accidentelles.
Par masses centrales , nous entendons une partie du système nerveux d'autant plus circonscrit que l'animal est plus parfait. Dans I homme, c'est exclusivement une portion restreinte du