‹ Le règne animal (volume 2)Chapitre 36 sur 105 · DEUXIEME ORDRE DES MAMMIFERES · texte numérisé non relu

DEUXIEME ORDRE DES MAMMIFERES

Indépendamment des détails anatomiques, qui la distinguent de l'homme , et que nous avons exposés , cette famille difiFère de notre espèce par le caractère très sensible, que ses pieds de derrière ont les pouces libres et opposables aux autres doigts , et que les doigts des pieds sont longs et flexibles comme ceux de la main ; aussi toutes les espèces grimpent-elles aux arbres avec facilité , tandis qu'elles ne se tiennent et ne marchent debout qu'avec peine, leur pied ne se posant alors que sur le tranchant extérieur, et leur bassin étroit ne favorisant point l'équilibre. Elles ont toutes des intestins assez semblables aux nôtres, les yeux dirigés en avant, les mamelles sur la poitrine, la verge pendante , le cerveau à trois lobes de chaque côté , dont le postérieur recouvre le cervelet, la fosse temporale séparée de l'orbite par une cloison osseuse ; mais pour le reste elles s'éloignent de notre forme par degrés , en prenant un museau de plus en plus alongé , une queue , une marche plus exclusivement quadrupède ; néanmoins , la liberté de leurs avant-bras et la complication de leurs mains, leur permettent à toutes beaucoup d'actions et de gestes semblables à ceux de l'homme.

On les divise depuis long-temps en deux genres , les singes elles makis ^ devenus aujourd'hui en quelque sorte , par la multiplication des formes secondaires , deux petites familles , et entre lesquels il faut placer un troisième genre, celui des onistitisy qui ne se rapporte bien ni à l'un ni à l'autre.

LES SINGES. (SIMIÂ.Zin.)

Sont tous les quadrumanes qui ont à chaque mâchoire quatre dents incisives droites , et à tous les doigts des ongles plats , deux caractères qui

(1) Voyez, sur les Américains, outre le Voyage de Humboldt, si riche en documents importants, les Dissertations de Vater, de Mifchill.

52 MAMMIFERES,

les rapprochent de l'hoinme plus que les genres suivants ; leurs molaires n'ont aussi , eomme les nôtres , que des tubercules mousses , et ils vivent essentiellement de fruits ; mais leurs canines , dépassant les autres dents , leur fournissent une arme qui nous manque, et exigent un vide dans la mâchoire opposée , pour s'y loger quand la bouche se ferme.

On peut les répartir , d'après le nombre de leurs molaires , en deux principaux sous-genres, qui se subdivisent eux-mêmes en des groupes nombreux (1).

Les Singes proprement dits, ou de l'ancien continent.

Ont le même nombre de mâchelières que Thommc , mais diffi^rcnt d'ailleurs entre eux par des caractères qui ont fourni les subdivisions suivantes :

Les Orancs (2) ( SiMiA. Erxl. Pithecus. Geoffr. Vid{}. Hommes sauvages.)

Sont les seuls singes de l'ancien continent qui n'aicnl point de callosités aux 4esses , et leur os hyoïde , leur foie et leur cœcum ressemblent à ceux de l'homme. Leur nez ne saille point, ils n'ont point d'abajoues , ni aucun vestige de queue.

Les uns ont les bras assez longs pour atteindre à terre quand ils sont debout, et les jambes au contraire très courtes. Ce sont les orangs proprement dits.

lé'Orang-Outang. {Sîmla satyrus. L.) Audeb., pi. 2, Fr. Cuv. , pi. 2. (2)

Passe pour être, de tous les animaux, celui qui ressemble le plus à l'homme parla forme de sa tête, la grandeur de son front et le volume de son cerveAi; mais les expressions exagérées de quelques auteurs sur cette ressemblance , tiennent en partie à ce que Ton nVn avait vu que de jeunes individus, et tout fait croire qu'avec Tàge , son museau devient beaucoup plus proéminent. Il a le corps couvert de gros poils roux , la face bleuâtre , les pouces de derrière très courts comparativement aux doigts. Ses lèvres peuvent s'alonger singulièrement, et jouissent d'une grande mobilité. On a fort altéré son histoire , par le mélange que l'on en a fait avec celle des autres grands singes , et surtout du Chimpansé. Après l'avoir soumise à une critique sévère, on

(1) N. B. Bufibn avait subdivisé les singes en cinq tribus : les singes propres, sans queue; les pap/ows, à queue courte; les guenons^ à queue longue, à fesses calleuses; les sapajous, à queue longue et prenante, sans callosités; les sagouins, à queue longue et non prenante , sans callosités ; Erxleben , en adoptant cette division , avait traduit ces noms par simia, papio , cercojnthccus , cebus et callithrix. C'est ainsi que les noms de cebus et de callithrix qui, auparavant, désignaient des singes de l'Afrique et des Indes, ont été transportés à des singes d'Amérique. Le genre des papions, fondé uniquement sur la brièveté de la queue , n'a pu être conservé, parce qu'il rompait trop les rapports naturels, et tous les autres ont dû être subdivisés; il a été nécessaire enfin de mettre bors de rang le genre des ouistitis, que l'on comprenait dans celui des sagouins, mais qui ne répond pas entièrement aux caractères communs des autres singes.

( 2) Orang est im mot malais, signifiant être raisonnable , et qui s'applique à l'homme, à l'orang-outang et à l'éléphant. Outang veut dire sauvage ou des bois. C'est pourquoi vulgairement ou traduit oratig-outang par homme des bois.

(û) La seule bonne figure de l'orang-outang a été long-temps celle de Vosmaer , faite d'après un individu qui a vécu à La Haye. Celle de Buffbn , Suppl. VII, pi. i, pèche à tous égards; celle à'jllamand (BufT. d'Holl. XV, pi. xl) est un peu meilleure; elle a été copiée dans Schreber, pi. n, B. Celle de Camper, copiée ih., pi. n , C, ne manque pas d'exactitude; mais on voit trop qu'elle est faite d'après un cadavre. Bontius, Médt ind. 84 , n'en donne qu'une tout-à-fait imaginaire, quoique Linnœtts en ait fait le type de son troglodyte. (Amœn. ac. VI, pi. i, ^ i.) Il y en a d'assez bonnes dans la trad. angl. du présent ouvrage , et dans le voyage de Krusenstern , pi. 94 et 95 , mais toujours d'après de jeunes sujets.

Iroiivc que l'Orang-Oiitan{î n'habite que les contrées les plus orientales , comme Malaca , la Cochinchine , et surtout la grande île de Bornéo , d'où on l'a fait venir par Java , mais très rarement. Jeune , et tel qu'on l'a vu en Europe , c'est un animal assez doux, qui s'apprivoise et s'attache aisément, qui, par sa conformation, parvient a imiter un grand' nombre de nos actions, mais dont l'intelligence ne paraît pas s'élever autant qu'on l'a dit, ni même surpasser beaucoup celle du chien. Campera découvert et bien décrit deux sacs membraneux qui communiquent avec les ventricules de la glotte de cet animal, et qui assourdissent sa voix; mais il a eu tort de croire que les ongles manquent toujours à ses pouces de derrière.

Un singe de Bornéo , qui n'est encore connu que par son squelette , et que l'on a nommé Pongo (1) ressemble tellement à l'Orang-Outang par les proportions de toutes ses parties, et par toutes les dispositions des trous et des sutures de sa tète, que, malgré la grande proéminence de son museau, la petitesse de son crâne et la hauteur des branches de sa mâchoire inférieure , on peut le croire un adulte, sinon de l'espèce de l'orang-outang, du moins d'une espèce très voisine. La longueur de ses bras , celle des apophyses de ses vertèbres cervicales, et la tubérosité de son calcanéum, peuvent lui faciliter la station et la marche sur deux pieds. C'est le plus grand de tous les singes, et un animal des plus redoutables; il approche de la taille de l'homme, M. J. Harwood (trans. Lin., XV, p. 471), décrit des pieds d'un Orang, longs de quinze pouces anglais , ce qui annoncerait une taille bien considérable , et le porterait à regarder le Pongo comme l'adulte de l'Orang-Outang, si le squelette du Pongo du Collège des Chirurgiens , à Londres , n'avait un vertèbre lombaire de plus que les squelettes d'orang-outang. Ce ne serait pas une objection , car la même variation a été observée plus d'une fois dans l'espèce humaine.

Dans les autres Orangs , les bras ne descendent que jusqu'aux genoux. Ils

n'ont point de front, et leur crâne fuit immédiatement derrière la crête des

sourcils. On pourrait leur réserver le nom de Chimpansés.

Le Chîmpansé. {Simia troglodytes , L.) (2)

Couvert de poils noirs ou bruns , rares en avant. Si l'on s'en fiait au rapport des voyageurs, il approcherait de la taille de l'homme, ou la surpasserait; mais on n'en a vu encore en Europe aucune partie qui indiquât cette grandeur. Il habite en Guinée et au Congo, vit en troupes, se construit des

(1) Audeb. Singes, pi. anat. II. Ce nom de pongo, conompu de celui de boijyo, que l'on donne en Afrique au cliimpansé ou au mandrill , a été applujué par Buffon à une prétendue grande espèce d'orang-outang , qui n'était que le produit imaginaire de ses combinaisons. Wurmb, naturaliste de Batavia , l'a transporté à cet animal-ci, qu'il a décrit le premier , et dont BulTon n'avait nulle idée. Foijez les Mém. de la soc. de Batavia , tome II, p. 245. La pensée qu'il pourrait être un orang adulte m'est venue à la vue d'une tête d'orang ordinaire, à museau beaucoup plus saillant que celles de très jeunes individus , que l'on a décrites jusqu'à ce jour; je l'ai fait connaître , dans un mémoire lu à l'Académie des Se. en 1818. Tilesius et Rudolphi paraissent l'avoir eu eaussi de leur côté, f^oi/ez les Mém. del'Acad. de Berlin pour 1824, p. 131.

(2) C'est le quojas ou le satyre d'Angola^ de Tulpius qui en donne une mauvaise figure (Obs. méd., p. 271), et lapijgméc, beaucoup mieux représenté par Tyson (Anat. of a Pyginy, pi. 1), et copié par Schrcber, pi. I. B. Scotin en avait donné une autre figure passable, copiée Mnœn. acad. Fljph I^fig.ô, et Sclircb.,l. C. Un individu cpii a \éc.u chez Buffon, et que l'on conserve au muséum, est représenté, ([uoique assez mal , Hist. nat. XIV, I, où il est nommé Jocko. Le même individu est beaucoup mieux dans Lccat {Traité du mouvement musc, pi. I,fig. 1), sous le nom de Quiinpesé; c'est aussi lui que donne Audehert, mais d'après l'empaillé seulement. Il le nomme Pongo.

huttes de feuillages, sait s'armer de pierres et de bâtons, et les emploie à repousser loin de sa demeure les hommes et les éléphants; poursuit, dit-on, les négresses, et les enlève quelquefois dans les bois, etc. Les naturalistes l'ont presque tous confondu avec V Orang-Outang .Y,n domesticité, il est assez docile pour être dressé à marcher, à s'asseoir et à manger à notre manière. On sépare maintenant des Orangs

Les Gibbons. (Hilobates, llig.)

Qui ont, avec les longs bras de l'Orang propre , et le front abaissé du Chimpansé , les fesses calleuses comme les guenons; mais diffèrent de cellesci , parce qu'ils manquent de queue et d'abajoues. Ils virent tous dans les parties les plus reculées des Indes et de leur archipel.

Le Gibbon noir. {Simla lar. L.) Buff. XIV, ii. Onko. Fréd- Cuv. pi. 5 et 6.

Est couvert de poils grossiers et noirs; il a le visage entouré d'un cercle blanchâtre.

Le Gibbon brun. {Hîlob. agilis. Fréd. Cuv. pi. 3 et A.) Petit Gibbon. Buf., XIV.^iii.

Est brun, et a le tour du visage et le bas du dos d'un fauve pâle. Les jeunes sont d'un blanc jaunâtre uniforme. Son agilité est extrême ; il vit par paires, et son nom malais wouwou est tiré de son cri.

Le Gibbon cendré. {Sim. leucisca. Schreb. pi. 3, B.)

Couvert d'une laine douce et cendrée, à visage noir, se tient dans les roseaux et grimpe aux plus hautes tiges des bambous, s'y balançant avec ses longs bras. On le nomme aussi wouivou. On pourrait distinguer des autres Gibbons :

Le Siamang (Simia syndactyla. Rafl.) Fréd. Cuv., pi. 2

Qui a les deuxième et troisième doigts des pieds de derrière unis ensemble par une membrane étroite , sur toute la longueur de la première phalange. Il est noir et a le menton et les sourcils roux ; il vit en troupes nombreuses qui sont conduites par des chefs courageux et vigilants, et qui font retentir les forêts de cris épouvantables , au lever et au coucher du soleil. Son larynx a un sac membraneux.

Tous les singes de l'ancien continent , qui vont suivre, ont le foie divisé

en plusieurs lobes; le cœcum gros, court et sans appendice; l'os hyoïde en

forme de bouclier.

Les Guenons. (Vulg. Singes à queue. Cercopithecus Erxl. : en partie.) (1)

A museau médiocrement proéminent ( de 60<*) ; des abajoues ; une queue; les fesses calleuses; la dernière molaire d'en basa quatre tubercules comme les autres. Leurs espèces, très nombreuses, de grandeur et de couleurs très variées, remplissent l'Afrique , vivent en troupes , et font de grands dégâts dans les jardins et les champs cultivés. Elles s'apprivoisent encore assez aisément.

Le Patas {Simia rubra. Gm.) Buff. XIV, xxv, xxvi. Fréd. Cuv. 23.

Fauve roux assez vif en dessus , blanchâtre en dessous ; un bandeau noir sur les yeux , quelquefois surmonté de blanc. Du Sénégal.

(1) Cercopithecus , singe à queue, nom usité chez les anciens Grecs.

Le Mangabey à collier (Slmia cethiopi. L. ) Buff. XIV , xxxiii. Fréd. Cuv. %i.

Brun de chocolat en dessus , blanchâtre en dessous et sur la nuque ; calotte d'un roux vif, paupières blanches.

Bulïbn le dit de Madagascar, et Hasselquist , d'Abyssinie. Sonnerai affirme qu'il n'y a point de singes à Madagascar.

Le Mangabey sans collier. {Simia fuliginosa. Geoff. ) Buff. XIV, xxxu. Fréd. Cuv. 25.

Brun de chocolat, uniforme en dessus , fauve paie en dessous, les paupières blanches. Buffon le dit de Madagascar, et le croit une variété du précédent.

Le Callitrlche. ( Simia sabœa. L. ) Buff. XIV , xxxvii. Fr. Cuv. 19.

Verdàtre en dessus , blanchâtre en dessous , la face noire , les touffes des joues jaunâtres , le bout de la queue jaune. Du Sénégal (1).

Le Malbroucj Buff. {Simia faunus. Gm.) Buff, XIV, xxix. Simia synoswos scopol. Schr. pi. XIV. C. Fréd. Cuv. pi. 22. Var. du callitriche. Audeb., 4" fam., 2«sect., pi. 5 (2).

Verdàtre en dessus, cendré sur les membres, la face couleur de chair, point de jaune à la queue, un bandeau blanc et un autre noir sur les sourcils; le scrotum d'une belle couleur d'outre-mer.

Le Feiwet. {S. erythropyga. Fréd. Cuv. pi. 21.) Diffère du Malbrouc par un scrotum entouré de poils blancs et de poils roux autour de l'anus , et du Grivet {S. grisea ) Fréd. Cuv. 21 , par un scrotum vert , entouré de poils fauves.

Le Talapoin. [S. melarkina. Fr. Cuv., pi. 18. ) Buff. XIV, pi. 10. Est verdàtre en dessus; il a les touffes des joues jaunâtres, le nez noir au milieu d'une face couleur de chair.

LaMone. {Simia mona et S. monacha. Schr.) Buff. XIV , xxxvi. Fréd. Cuv. 13.

Corps brun; membres noirs; poitrine, intérieur des bras et tour de la tête blanchâtres ; un bandeau noir sur le front; une tache blanch'ê de chaque côté de la racine de la queue.

heRolowaî. {Simia diana.h.) Exquima Margr. (3) Audeb. IV Fam. sect. II , pi. vi,etBuff. Suppl. VII.xx.

Noirâtre et pointillé de blanc en dessus, blanc en dessous; la croupe d'un roux pourpré ; la face noire , entourée de blanc ; et une petite barbe blanchâtre au menton.

(1) Le nom de callithrix est, dans Pline, 1. VIII, c. 54, celui d'un singe d'Ethiopie, muni d'une barbe et d'une queue floconneuse; c'était vraisemblablement Vouanderou. BufTon l'a appliqué arbitrairement à l'espèce ci-dessus.

(2) Le cercop. harhatus de Cliisius, que Linn. cite comme exemple de son faunus , est plutôt un ouanderou qu'un malbrouc.

(3) La figure, jointe à la description de l'exquima dans Margrav, est celle d'une ouanne; et celle de l'exquima est à la description de Vouarine ou guariba. Cette transposition a causé depuis beaucoup d'erreurs de synonymie.

Le Moustac. (Simia cephus. h.) Buff. XIV, xxxiv. l'r. C. 17.

Cendré brunâtre, une touffe jaune au devant de chaque oreille , une bande bleu clair, en forme de chevron renversé , sur la lèvre supérieure.

VJscagne. {Simia petaurista. Gm.) Audeb. IV'' Fam. sect, II, pi. xui. Frcd. Cuv. pi. 16.

Brun olivâtre en dessus, gris en dessous ; visage bleu ; nez blanc ; une touffe blanche devant chaque oreille ; moustache noire.

Le Hocheur. {Simia niclitans. Gm.) Audeb. ib. XIV. Fréd. Cuv. 13.

Noir ou brun pointillé de blanc ; le nez seul blanc au milieu d'un visage noir ; le tour des lèvres et des yeux roussàtre.

Ces cinq dernières espèces , toutes petites , joliment variées en couleurs , cl d'un naturel très doux, sont communes en Guinée (1).

Les Semnopithhiques , Fréd. Cuv.

Diffèrent des guenons par un petit tubercule qu'ils ont de plus à la dernière molaire d'en bas. Ce sont des singes des contrées orientales, auxquels leurs membres alongés, et surtout leur très longue queue , donnent un air particulier. Leur museau n'est guère plus saillant que celui des gibbons, et ils ont comme eux les fesses calleuses. Ils paraissent manquer aussi d'abajoues. Leur larynx est muni d'un sac.

Le plus anciennement connu est :

Le Doue. ( Simia nemœus. L. ) Buff. XIV , xn , Fr. C. pi. 12.

Remarquable par les couleurs vives et variées de son pelage ; gris sur le corps et les bras ; noir sur les mains , les cuisses et les pieds; d'un roux vif sur les jambes; il sont la queue et une grande tache triangulaire sur les reins blanches; le visage orangé , un collier roux et noir, et des touffes de poils jaunes sur les côtés de la tête. Il habite à la Cochinchine (2). Une autre espèce se fait remarquer parla forme très extraordinaire de son nez ; c'est

Le Nasique ou Kahau. {Simia nasica. Schr. ) Buff. Supp. VII , xi et xii.

Fauve, teint de,roux, le nez excessivement long et saillant en forme de spatule échancrée. Ce singe vit à Bornéo en grandes troupes, qui s'assemblent matin et soir sur les branches des grands arbres aux bords des rivières : kahau est son cri. On le dit aussi de la Cochinchine.

On compte encore dans ce sous-genre :

h'Entelle. { S. entellus. Dufr. ) Fr. C. pi. 8 et 9. D'un gris jaunâtre pâle; des poils noirs aux sourcils et aux côtés de la tête,

(1) Pennant a décrit certaines guenons sans pouces , sim. polycomos et siin. ferruginca, dont Iliger a fait son genre colobus ; mais je n'ai pu encore les voir; c'est pourquoi je n'ai pas cru devoir en parler. M. Temminck nous assure que leur tête etleurs dents ressemblent à celles des seninopitbèques.

(2) M. Diard ayant envoyé plusieurs doues de la Cocliinchine, au Muséum d'Histoire naturelle, on s'est assuré qu'ils ont des callosités; ce caractère leur a été refusé pai' Buffon , parce qu'il n'en a vu qu'un individu altéré; par l'empaillage : ainsi il faut supprimer le genre lasiopyga d'Iliger , qui n'est fondé que sur cette erreur.

dirigés en avant. Du haut Bengale. CVst une des espaces vénérées dans la religion des brames.

Le Cmepaye. ( S. mclalopkos. Rafl.) Fr. C. pi. 7.

D'un beau roux, 1res vif; le dessous du corps blanc ; la face bleue et une crête de poils noirs sur la tète, s'étendant d'une oreille à Taulre.

Le Croo. {S. cotnata. Desm. S.cristata. Rafl.) Fr. C. pi. 11. Presbytis mitrata. Kotzeb.

D'un beau cendré; le dessous blanc, ainsi qu'une touffe au bout delà queue. Une crête noire aux sourcils ; les poils du sommet de la tête alonpés et relevés.

Le Tchincou. {S. maurah.) Fr. C. pi. 10.

Tout noir; les jeunes d'un brun fauve. ^

Ces trois derniers sont des îles de la Sonde (1).

Les Macaques. (2)

Ont, comme les semnopithèques, un cinqviiême tubercule à leurs dernières molaires , et, comme les guenons, des callosités et des abajoues. Leurs membres sont plus gros et plus courts qu'aux premiers; leur museau est plus saillant, leur arcade surcilière plus renflée qu'aux uns et aux autres. Assez dociles dans leurs premières années , ils deviennent intraitables avec l'âge. Ils ont tous un sac qui communique avec le larynx sous le cartilage thyroïde; ce sac qui se remplit d'air quand ils crient. Leur queue est pendante et ne prend point de part à leurs mouvements ; ils produisent de bonne heure , mais ils ne sont tout-à-fait adulles qu'à quatre ou cinq ans. Leur gestation dure sept mois ; les femelles ont souvent, dans le temps du rut, d'énormes gonflements aux parties antérieures (3).

La plupart viennent des Indes.

Le Macaque à crinière. {Sim. silemts et leonina. L. et Gm. ) Ouanderou de Buff. Audeb. 11'= Fam. sect. I, pi. m.

Noir; une crinière cendrée et une barbe blanchâtre lui entourent la tête. De Ceyian.

Le Bonnet chinois. ( Simia sînica. Gm. ) Buff. XIY , xxx. Fr. C. 50.

D'un brun fauve assez vif en dessus; blanc en dessous; la face couleur de chair ; les poils du sommet de la tête disposés en rayons et formant une sorte de chapeau. Du Bengale, de Ceyian.

(1) Il y a quelque variation pour leurs noms malais. Rafles (trans. Lin. xii), nomme le S. comata, chinkau ; le S. maura, lotong. Aj. S. fascicularis, ou Kra, Rafles, ib.

(2) Macaco , macaque, est le nom générique des singes à la côte de Guinée et parmi les nègres transportés aux colonies ; Margrav en indique une espèce en disant qu'elle a nares datas bifidas; ces mots vagues, employés uniquement d'après lui, sont restés dans le caractère que l'on applique au macaque de Bufi'on , quoiqu'on n'y voie rien de tel.

(3) C'est ce qui a fait dire à Élien , que l'on voit dans les Indes des singes qui ont une chute de matrice.

Le Toque {S. radiata. Geoff. ) Fr. C. 29 , En diffère par une teinte verdàtre.

Le Macaque. {Simia cynomolgos et cynocephalus . L.) Buff. XIV, xx. Fr. C. 26 et 27.

Verdàtre en dessus , jaunâtre ou blanchâtre en dessous ; les oreilles et les mains noires; la face et le scrotum tannés (\).''L'' Aigrette. (Simia aygula. L.) Buff. XIV, XXI , paraît n'en être qu'une variété , distinguée par un bouquet de poils plus longs, au sommet de la tête.

Quelques espèces de macaques se distinguent par une queue courte.

Le Rhésus. Audeb. Fam. II. pi. Patas à queue courte , ib. pi. iv, et Bu Supp. XIV, pi. XVI ; le premier maimon représenté par Buff. XIV, pi. xxx ff-

Grisâtre; teint de fauve à la tête et au croupion, quelquefois sur tout le dos; la face couleur de chair; la queue passant le jarret. Du Bengale (3).

IjC Maimon. (Simia nemestrina, L. et Simia platypigos. Schreb.) Audeb. 11^ Fam. sect. I, pi. n. Fr. Cuv. Mammif. sous le nom de singe à queue de cochon.

Brun foncé en dessus ; une bande noire commençantsur latête, ets'affaiblissant le long du dos ; jaunâtre autour de la tête et aux membres ; la queue grêlerecoquillée (4).

Les Magots. (Inuus. Cuv.)

Ne sont que des Macaques auxquels un petit tubercule tient lieu de queue.

Le Magot commun. (S. Silvanus , pithecus et inuus. L.) Buff. XIV, 7. 8. Fr. Cuv. Mammif.

Couvert entièrement d'un poil gris brun clair, est, de tous les singes, celui qui supporte le plus aisément notre climat. Originaire de Barbarie, on dit qu'il s'est naturalisé dans les parties les moins accessibles du rocher de Gibraltar (5).

Les C-ïNOcÉPHALEs. ( Cynocéphalus, C. ) (6)

Ont, avec les dents , les abajoues et les callosités des précédents, un museau alongé et comme tronqué au bout, où sont percées les narines, ce qui le fait

(1) Aj. \e Macaque à face noire. Fr. Cuv. Mammif. 28, et les autres espèces décrites clans le même ouvrage.

(2) Les deux individus qui ont servi à Audebert sont au muséum. Je les ai examinés ; ils ne font qu'une espèce.

(ô) Le macaque à queue courte de Buif. , Suppl. VII , pi. XIII. (Sim. erytrhaea , Schr.), me paraît un vrai macaque (S. cynomolgos) , dont la queue était coupée.

(4) Aj. le macaque de l'Inde : et le macaque à face rouge , Fréd. Cuv. Mammif.

(5) Le ]7ithèque de Buff. , SuppL VII , pi. 4 et 5, n'était qu'un jeune magot. Son petit cynocéphale, ib.^ pi. 6, et les grands et petits cynocéphales de Prosper Alpin sont aussi de cette espèce.

riccTjjj^oç est le nom grec du singe en général , et le singe dont Galien a donné l'anatomic, n'est pas autre chose qu'un magot, quoique Camper ait pensé que c'était l'orangoutang. M. de Blainville s^est aperçu de cette méprise, que j'ai constatée en comparant avec ces deux espèces tout ce que Galien dit de l'anatomie de son pithèque.

(0) Cynocéphale , tête de chien, nom très connu chez les anciens, surtout parce que cet animal jouait un grand rôle dans les figures symboliqiics des Égyptiens, où il représentait Tôt oti Mercure.

ressembler à celui d'un chien plus que ceux des autres sinnes ; leur queue varie en longueur. Ce sont en général de grands singes féroces et dangereux : la plupart vivent en Afrique.

Le Papîon. Buff. {Simla sphynx. L.) D'un jaune tirant plus ou moins sur le brun ; les touffes des joues fauves ; le visage noir; la queue longue (1). On en voit de plusieurs grandeurs, qui ne diffèrent probablement que par Tâge. Adulte, il effraie par sa férocité et sa lubricité brutale. De Guinée. Il y en a une espèce voisine , à queue plus courte, à pelage plus verdâtre, à touffes des joues blanchâtres, à visage couleur de chair. {S. Cynocephalus .) Le Babouin, Fr. Cuv. Mém. du Mus.

IV, pi. XIX.

Le Papion noir. (Slmîa porcaria. Bodd. S. ursina. Penn. S. sphyngîola. Herm. La guenon à face alongée. Penn.; Buff, Supp. VIT, pi. xv. Singe noir, Le vaillant (2), Cliacma. Fr. Cuv, Mammif. )

D'un noir glacé de jaunâtre ou de verdâtre, surtout au front ; les touffes des joues grises ; le visage et les mains noirs. Sa queue descend jusqu'au talon et se termine par un bouquet de poils. L'adulte a une forte crinière. Du reste il est semblable aux précédents , pour la forme et pour les mœurs. Du Cap.

Le Tartarîn de Belon (Ois. fol. 101), ou Papîon à perruque. {Simia hamadryas. Linn.) Papion à face de chien. Penn. Singe de Moco. Buff. Supp. VII, X (5).

D'un cendré un peu bleuâtre; les poils du camail et surtout ceux des côtés de la tête très longs 5 le visage couleur de chair. Ce grand singe est l'un des plus lubriques et des plus horriblement féroces. Il vit en Arabie et en Ethiopie.

On doit distinguer des autres cynocéphales , une espèce des Philippines, toute noire et sans aucune queue [S. nigra. Cuv.), mais dont la tête est semblable aux autres.

Les Mandrills Sont, de tous les singes, ceux qui ont le museau le plus long (angle fac. de 30"); leur queue est très courte ; ils sont aussi très brutaux et très féroces. Leur nez est le même qu'aux précédents.

Le Mandrill, Boggo, Choras. Buff. XIV, xvi, xvii, et Supp. VII, ix. (Simia maimon et mormon. Linn.)

Gris brun, olivâtre en dessus, une petite barbe jaune citron au menton; les joues bleues et sillonnées. Les mâles adultes prennent un nez rouge, surtout au bout , où il devient écarlate ; et c'est mal à propos qu'on en a fait une espèce particulière (4). Les parties génitales et le tour de l'anus ont la

(1) Ceux à qui on la représente courte, comme les papions de Buifon , XIV, pi. xni et XIV, etc. , l'avaient coupée. Brongjiiard l'a représenté le premier avec quelque exactitude , mais sous le nom impropre de sim. cynocephalus. Sa figure est copiée dans Schreber, pi. xui, B. Voyez maintenant les différents papions dans les Mammif. de Fr. Cuv.

(2) Toutes ces espèces factices ne tiennent qu'au plus ou moins bon état des individus, ou à leur âge.

(ô) Copié dans Schreber, mais mal enluminé. Il y en a maintenant une bonne figure dans les Mammif. de Fr. Cuv.

(4) Nous avons vu nous-même , ainsi que Geoffroy, deux ou trois mandriUs ou S. maimon se changer en choras ou S. mormon, dans la ménagerie du Muséum. Le bouquet de poils, qu'on ajoute comme caractère du «(orwiow, est souvent aussi dans le mainiou. T. I. 8

60 MAMMIFERES.

même couleur. Les fesses sont d'une belle teinte violette. On ne peut se figurer un animal plus extraordinaire et plus hideux. Il atteint presque la taille de Thomme. Les négresses de Guinée le redoutent beaucoup. On a mêlé plusieurs traits de son histoire à celle du chimpansé , et par suite à celle de l'orang-outang.

Le Dr'ill. {Sîmîa leucophœa. ) Fréd. Cuv. Ann. du Mus. d'hist. nat. IX, pi. 37, d'après un jeune ind. , et Hist. des Mammif. d'après l'adulte.

Gris jaunâtre; le visage noir ; la queue très courte et très menue. Dans les vieux individus , le pelage devient plus sombre, et le menton d'un rouge brillant.

Les Singes du nouveau continent

Ont quatre màchelières déplus que les autres, trente-six dents en tout; queue longue; point d'abajoues; fesses velues et sans callosités; narines percées aux côtés du nez , et non en dessous. Tous les grands quadrumanes de l'Amérique appartiennent à cette division. Leurs gros intestins sont moins boursoufflés ; leur caecum est plus long et plus grêle que dans les singes de l'ancien monde.

Les uns ont la queue prenante, c'est-à-dire que son extrémité peut s'entortiller avec assez de force autour des corps pour les saisir comme ferait une main. On leur donne particulièrement le nom de Sapajous {Cebus Erxleben.) (1). A leur tête peuvent se mettre les Alouattes (Mycetes. Hig.) , qui se distinguent par une tête pyramidale, dont la mâchoire supérieure descend beaucoup plus bas que le crâne , attendu que l'inférieure a ses branches montantes très hautes, pour loger un tambour osseux, formé par un renflement vésiculaire de l'os hyoïde, qui communique avec leur larynx, et donne à leur voix un volume énorme et un son effroyable. De là leur nom de Singes hurleurs. La partie prenante de leur queue est nue en dessous.

11 y en a plusieurs espèces, dont les caractères distinctifs ne sont pas encore bien assurés, car la couleur du pelage , sur laquelle on les fonde , varie avec l'âge et d'un sexe à l'autre.

U Aloiiatte rousse {Simîa senîculus ) , Vulg. Hurleur roux. Buff. Sup. VIT, XXV,

Qui nous vient souvent des bois de la Guiane, ou elle vit en troupes ; elle est de la taille d'un fort renard, d'un roux-marron vif, plus foncé à la tête et à la queue. Yi'Alouatte ourson (^Stentor ursinus , Geoff.), Humb. , Obs. zool. I, pi. 50, doit en différer bien peu. Mais il paraît qu'il y en a plusieurs autres dont les unes sont noirâtres ou brunes, les autres de couleur pâle. Dans certaines espèces, cette teinte pâle est celle de la femelle (2).

(1) Cebus ou Cepus, ou K/rcç, noms d'un singe d'Ethiopie, qui, d'après la description d'Élien, 1. xvn , c. 8, doit avoir été le patas.

(2) Margrav, bras. 226, parle d'un guariba noir à mains brunes, que Spix croit avoir retrouvé dans son seniculusniger. Mém. de Slunich, pour 1813, p. 353, mycetes rufimanus. Ruhl.

Wargr . , 227 , parle d'une autre espèce toute noire et barbue , dont la figure est p. 228 , sous le faux nom à^exquima, et qui semble devoir être le mycetes harhatus , Spix, pi. 32. Sa femelle , ih. , pi. 33, est d'un gris jaunâtre pâle. Le mâle doit être le mycetes niger de Kulil et du pr. Maximil. de Neuwied. Le caraia de d'Azzara , noir, à poitrine et ventre roux obscur, et dont la femelle est brunâtre, pourrait rentrer dans cette même espèce.

Le pr. Max. a encore un mycetes ursinus , qui paraît beaucoup plus brun que l'ursinus de Geoffroy , et se rapprocher davantage du M. fuscus ou du M. discolor de Spix , pi. 30 et 54. C'est ce dernier qui paraît plutôt être le Stent. fuscus de Geoffroy.

V^louatlc couleur de j^aiUe, Stentor stramineus , Geoffr. , et Myc. stramincus, Spix,

Les Sapajous ordinaires ont la tête plate, le museau peu proéminent (angle fac. de 60°).

Il en est quelques-uns dont les pouces de devant sont en tout ou en grande partie cachés sous la peau, et la partie prenante de la queue nue en dessous. Geoffroy en fait un genre sous le nom d'ÂTÈLEs (1).

La première espèce, le Chamek {Ateles -pentadactylus , Geoff.), diffère encore des autres , parce qu'elle a le pouce un peu saillant , quoique d'une phalange seulement, mais sans ongle; tout son pelage est noir.

Une deuxième espèce , le Mikiri [At. hyjtoxanthus , pr. Max., hrachyteles macrotarsus, Spix, pi. 1 ) , a aussi un très petit pouce , et même il porte parfois un ongle. Son pelage est jaunâtre, et devient ferrugineux vers la queue. Ces deux espèces sont séparées , par Spix, sous le nom de Brachytjîles. Elles lient les atèles aux lagothrix.

Les autres Atïîles, auxquels seuls Spix réserve ce nom (fioalta, Buff.) , manquent absolument de pouce apparent. Tels sont :.

Le Coaita. {Simia pantscus. L.) Buff. XV, i.

Couvert tout entier d'un poil noir, comme le chamek , mais absolument sans pouce visible. La face couleur de chair.

Le Cayou. {Ateles ater.), Fr. Cuv. Mammif. A la face noire comme le reste du corps.

Le Chuva. Humb., ou Coaita à face bordée. {Ateles margînatus. Geoff.) Ann. du Mus. XIll , pi. x.

Noir, avec une bordure de poils blancs autour de la face.

Le Marîmonda. Humb. , ou Coaita à ventre blanc. {Simia Beelzebuth. Briss. ) Geoff. Ann. du Mus. VII , pi. xvi.

Noir en dessus , blancs en dessous ; le tour des yeux couleur de chair.

Le Coaita fauve. {Ateles Arachnoïdes. Geoff.) Ann. Mus. XIII, pi. ix.

Gris fauve ou roux ; les sourcils noirs. Tous ces animaux viennent de la Guiane et du Brésil; leurs pieds de devant sont très longs, très grêles, et toute leur démarche singulièrement lente (2).

Les Lagothrix. Geoff. {Gastrlmargus. Spix.)

Ont la tête ronde comme les atèles, un pouce développé comme les alouattes, et la queue en partie nue comme les uns et les autres. Tels sont ;

Le Caparo. Humb. ( Lagothrix Humboldii. Geoff. ) Gast. olivaceus. Spix , pi. 28., et le Grison {Lag. Canus. Geoff.) , ou Gastr. înfumatus. Spix ,29.

Singes de l'intérieur de l'Amérique méridionale , que l'on dit d'une gourmandise singulière.

pi. 31 , d'un gris jaunâtre , paraît, d'après son crâne, différer par l'espèce; mais ce pourrait bien n'être que la femelle d'une des précédentes. On comprend d'ailleurs que si leurs caractères sont si peu certains , leur synonymie doit l'être bien moins encore.

Aj. le St. flavicaudatus , Geoffr. ; d'un brun noir, avec une strie jaune de chaque côté de la queue.

( 1 ) Ann. du Muséum , VII, 260 et suiv.

(2) Ils ont avec l'homme quelques ressemblances assez remarquables dans les muscles. Seuls, parmi les animaux, ils ont le biceps de la cuisse fait comme le nôtre.

C2 MAMMIFERES.

Les autres sapajous (Cebus Geoff.) ont à la fois la tête ronde , les pouces distincts et la queue toute velue , quoique prenante. Les espèces en sont encore plus multipliées et presque aussi difficiles à caractériser que celles des alouattes.

Quelques-uns ont le poil du front de longueur uniforme.

Le Sajou {Slmia appella. L.) et le Sal {Sbnla capucina. L. ) Buff. XV, iv, v:. et VIII , IX.

L'un et l'autre de différents bruns ; le premier a le tour du visage noirâtre, l'autre l'a blanchâtre ; mais toutes les nuances du reste de leur corps varient entre le brun noir et le fauve , quelquefois même le blanchâtre. La région des épaules et de la poitrine est cependant d'ordinaire plus pâle; et la calotte et les mains sont plus foncées (1).

D'autres ont les poils du front diversement disposés en aigrette.

Le Sajou cornu. {Simîa fatuellus . Gm.), Buff. Sup. VII, 29.

A, de chaque côté du front, une petite touffe de poils noirs (2).

Le naturel de ces singes est doux , leurs mouvements sont vifs et légers : on les apprivoise aisément. Leur petit cri flîité leur a fait donner le nom de singes pleureurs.

Dans les Saïmiris , la queue est déprimée et cesse presque d'être prenante, la tête est très plate ; il y a, à la cloison interorbitaire du squelette , un espace membraneux. Nous n'en connaissons qu'un.

Le Sahnîrî. {Simia sciurea.) Buff. XV, x.

Grand comme un écureil , d'un gris jaunâtre ; les avant-bras, les jambes et les quatre mains d'une jaune fauve; le bout du museau tout noir. Ceux des singes d'Amérique (5) qui n'ont pas la queue du tout prenante, s'appellent en général Sakis. Plusieurs ont la queue très longue et touffue , ce qui les fait nommer aussi singes à queue de renard : leurs dents saillent en avant plus que dans les autres singes. Ce sont les Pithecia. de Desmarets et d'Iliger.

(1) Les sajous et les sais varient si fort du brun au jaunâtre et au blanchâtre, qu'on serait tenté d'en faire beaucoup d'espèces , si l'on n'avait les variétés intermédiaires : tels sont les sim. trépida, syrichta, lugubris, jlavia , L. et Schreb., ainsi que quelques-uns de ceux que distingue Geoffroy, Ann. du Mus. XIX, ni et 112. Spix vient encore de les multiplier, selon nous, assez légèrement.

Nous rapprochons du sajou {sim. appella. L.) le cehus rohustus, pr. Max. , qui ne nous semble autre que le sajou vieux. Le ceh. macrocephalus, Spix., pi. i, ne nous paraît pas non plus en ditférer par l'espèce. Nous rapprochons du saï (S. capucina, L. ) le saï à gorge blanche, BufF. (S. Jiypoleucos) , le échus libidinosus, Spix, 2; le ce&. xanthostcrnus, pr. Max., ou le ceb. xanthoceplialus, Spix, 3; le ceb. cucuUatus, id., 6.

Nous serions plus disposés à regarder comme des espèces à part : le sajou à pieds dorés, Fréd. Cuv.; le sajou brun, id., ou ceb. unicolor, Spix, pi. 4; le sim. flavia, Schreb. 51 B., dont le ceh. gracilis, Spix , pi. 5 , ne nous semble différer qu'accidentellement; mais il faudra encore de nombreuses observations, faites dans les lieux que ces animaux habitent, avant que l'on puisse se flatter de ne pas en établir les espèces arbitrairement.

(2) Ici doivent venir le cebus ctrrhifer, Geoffr. , et le ceb. du même nom , pr. Max., mais qui est différent. Ceb. crislatus, Fr. Cuv.

(ô) Tous les singes d'Amérique , à queue non prenante, et les ouistitis, portent dans Buffon , en commun, le nom de sagouins (callithrix Erxl.). Ce nom de sagouin ou çagtii appartient en effet, au Brésil, à tous les petits quadrumanes à queue non prenante.

N. B. Geoffr., Ann. Mus. XIX , 112-113, donne en commun à ses callithrix, qui ne sont qu'une division de ceux d'Erxleben , aux nocthores et aux pithecia , le nom de géopithèque.

Le Yarké. {Simîa pîthec'ia. L.) Biiff. XV, xii. Pilhecîa înusta. Spix, pi. 10. Noirâtre , avec le tour du visage blanchâtre.

Le Saki gris. Pith. hlrsuta. Spix , pi. 8.

Gris , à mains jaunâtres.

Le Saki noir. (Si mia salarias. Hofmansegg. ) Humb. Obs. zool. L. xxvii.

Tout noir.

Le Saki à ventre roux on Singe de nuit. {Pîthecia rufiventrls. Geoff.) Buff. Supp. VU , XXXI. pith. capillamentosa. Spix , pi. ii.

Brun ; ventre roux.

Spix en distingue les espèces dont la queue, quoique touffue , est moins longue que le corps. Ce sont ses Brachiurus. Son Br. Ouaraki , Sp., pi. 8, a le corps fauve, la tête, le cou, les bras et les pieds noirs. On doit y joindre, si toutefois c'est une autre espèce , le Sim. melanocephala , Humb. Obs. zool. pi. 29 5 fauve , à tête noire.

Il y en a aussi (les Callitheix. Geoff. ou Sagouins , Fr. Cuv.) dont la queue est grêle , et dont les dents n'ont point de saillie. On leur a , pendant quelque temps, associé les saimiris ; mais la tête des sagouins est plus haute , et leurs canines sont beaucoup moins longues. Tels sont :

Le Sagouin à masque. {Call. personata. Geoff.) Spix, pi. 12. Call. nîgrîfrons. Id. , 15.

Gris fauve ; tête et mains noires.

Le S. en deuil ou la Veuve. {Sim. lugens. Humb.)

Noirâtre , avec un large hausse-col blanc , dont le Call. amicta, Geoff. Sp. pi. 13, et Call. Torquata, Hofmansegg , doivent peu différer (1).

Les NocTHORES , Fréd. Cuv. , ou JSyctipithecus , Spix , nommés mal à propos Aotus par Higer,

Ne diffèrent des sagouins que par de grands yeux nocturnes, des oreilles en partie cachées sous le poil. On n'en connaît qu'un ,

heDouroucoull. Humb. Obs. zool. 28. {Nocthora trivirgata.'Sv. Cuv. Mammif.) NfCtipith. vociferans. Spix , pi. 18.

Cendré en dessus , fauve en dessous ; une ligne verticale noire sur le milieu du front et une sur chaque tempe. C'est un animal nocturne de l'Amérique méridionale (2).

Tous ces animaux sont de la Guiane ou du Brésil.

(1) Aj. Call. mclanochir, pr. 3Iux. — C. ciiicrascens ., Spix, pi. 14, en est le jeune .îge, selon Temmink. — C. cuprca , Spix, pi. 17. — C. Gigo, id. , pi. 16.

N. B. Ce nom de Gigo ou Guigo est donne par le pr. Maxim, à son Mvlanochir, en sorte qu'on doit le croire fjénérique.

(2) Aj. Nyctiptthec. fdinus. Spix, pi. 18.

Les Ouistitis ( Hapale , Iliger. Arctopithecus , Geoff. )

Forment un petit genre, semblable aux salds, et qui a long-temps été confondu avec eux , dans le grand genre des singes ; ils ont , en effet , comme les singes d'Amérique en général , la tête ronde , le visage plat , les narines latérales , les fesses velues , point d'abajoues ; et , comme les sakis en particulier, la queue non prenante; mais ils n'ont que vingt mâchelières, comme les singes de l'ancien continent; tous leurs ongles sont comprimés et pointus, excepté ceux des pouces de derrière ; leurs pouces de devant s'écartent si peu des autres doigts , qu'on ne leur donne qu'en hésitant le nom de quadrumanes. Ce sont tous de petits animaux de forme agréable, et qui s'apprivoisent aisément.

M. Geoffoy distingue les Ouistitis proprement dits , qu''il nomme Jacchus ; ils ont pour caractères, des incisives inférieures pointues, placées sur une ligne courbe, et égalant les canines. Leur queue est bien fournie etannelée; leurs oreilles ont d'ordinaire un pinceau de poils.

L'Ouistiti commun. {Sim. jacchus. li.) Titî , au Paraguay, Buff. XV, xiv.

A queue assez touffue , colorée par anneaux de brun et de blanchâtre; , corps gris-brun ; deux grandes touffes de poils blancs devant les oreilles. De presque toute l'Amérique méridionale (1). M. Geoffroy nomme Midas, les espèces à incisives inférieures tranchantes,

placées presqu'en ligne droite, moindres que les canines. Leur queue est

moins épaisse et non annelée.

Le Pinche. {Simia OEdipus. L.) Buff. XV, xvii.

Gris, onde de brun ; de longs poils blancs sur la tête, pendants derrière les oreilles; la queue grêle et rousse. Des bords de la rivière des Amazones (2).

Le Tamarin. {Simia midas. L. ) Mid. Rufimanus. Geoff. Buff. XV, xiii. Noir, avec les quatre mains jaunâtres. De la Guiane.

Le Tamarin nègre. {Mid. ursulus. Geoff. ) Buff. Sup. VII , xxxil. Mid. Fuscicollis , Spix, pi. 20.

Tout noir ; des ondes roussâtres sur le dos.

Le Tamarin à lèvres blanches. {Mid. Labiatus. Geoff.) M. Nigrîcollis. Spix, 21.

Noir , avec la croupe roussâtre ; le tour du museau blanc.

0) Il est difficile d'établir des limites bien spécifiques entre les ouistitis de dilTérentes couleurs. Le Jacch. penicillatus, Geoffr., Spix., pi. 26, a une tache blanche au front , et les touffes des oreilles brunes ou noires. — Son J. leucocephalus, pr. Max., S" Uv. , a les mêmes touffes, mais le blanc y occupe toute la tête et le devant du cou. — Son J. humeralifer a les épaules, la poitrine et les bras blancs. — Le Jacch. albicoUis, Spix, pi. 25, a la tache du front, les touffes des oreilles et un large collier blancs. Il y en a, au contraire, où tout le blanc a disparu. Toyes Annal, du Mus., XIX, p. 119-122.

(2) Je soupçonne le Mid. hicolor, de Spix , pi. 24, de n'être qu'une variété du S. OEdi- Pii^.; et son M. nnjsiax, du M. labiatus.

Le Marlkîna. {Shma rosalîa. L. ) Viilg. singe lion. Buff. XIV, xvi.

Jaunâtre ; la tête entourée d'une crinière fauve doré ; la queue brune au bout. De Surinam (1).

Le Alarîkina noir. {Hapale chrysomelas. Pr. Max. 2"= livr. )

Noir ; les avant-bras , le dessus de la queue et une crinière autour de la tête, d'un roux doré vif.

Le 3IÎC0. ( Sun. argentata. L. ) Buff. XV , xvui.

Gris-blanc argenté, quelquefois tout blanc; la queue brune. De la rivière des Amazones.

Les Makis [Lemur. L.)

Comprennent , selon Linnœus , tous les quadrumanes qui ont à l'une ou à l'autre mâchoire les incisives en nombre différent de quatre , ou du moins autrement dirigées que dans les singes. Ce caractère négatif ne pouvait manquer d'embrasser des êtres assez différents, et ne réunissait même pas tous ceux qui doivent aller ensemble. M. Geoffroy a établi dans ce genre plusieurs divisions mieux caractérisées. Ces animaux ont les quatre pouces bien développés et opposables , et le premier doigt de derrière armé d'un ongle pointu et relevé; tous les autres ongles sont plats. Leur pelage est laineux ; leurs dents commencent à nous montrer des tubercules aigus , engrenant les uns dans les autres , comme dans les insectivores.

Les Makis proprement dits {Lemur. )

Ont six incisives en bas, comprimées et couchées en avant; quatre en haut, droites, dont les intermédiaires sont écartées l'une de l'autre; des canines tranchantes , six molaires de chaque côté en haut, six en bas ; des oreilles peu volumineuses. Ce sont des animaux très agiles, que l'on a nommés singes à 77iuseau de renard, à cause de leur tête pointue. Ils vivent de fruits. Les espèces en sont nombreuses, et n'habitent que dans l'île de Madagascar, où elles paraissent remplacer les singes, qui, dit-on, n'y existent pas. Elles ne diffèrent guère entre elles que parles couleurs.

Le Mococo. ( Lemur catta. L. ) Buff. XIII, xxii.

Gris-cendré, à queue annelée de noir et de blanc.

Le Fari. ( Lemur macaco. L. ) Buff. XIII , xxvii.

Varié par grandes taches de noir et de blanc.

Le Maki rouge. {Lemur ruber. Pérou. )Fr. Cuv. Mammif.

Roux-marron vif, la tête, les quatre mains, la queue et le ventre noirs, ime tache blanche sur la uuque , une touffe rousse à chaque oreille.

Le Alojigous. {Lemur mongos.L.) Buff. XIII, xxvi.

Tout brun, avec le visage et les mains noires; et d'autres espèces voisines ou variétés , telles que :

(1) Le S. Iconina, Hiimb. Obs. I, pi. 5, est brun et a la face noire et les lèvres blancbes , comme cette espèce ; mais il paraît que les poils de son cou sont plus épais, et forment une crinière comme aux viarikïna. — Aj. Mtdas chrijsopygus. Natterer.

Le Mongous à front blanc. ( Lemiir albifrons. Geoff. ) Audeb. Makis, pi. m. Brnn ; le front blanc , etc. (1).

Les L-SDRIS ( LlCHANOTUS. llig. )

Ont les dents comme dans les précédents , excepté qu'il n'y en a que quatre en bas.

On n'en connaît qu'une espèce , sans queue , de trois pieds de haut , noire, à face grise , à derrière blanc {Lemur indri) , Sonnerat, II^ Voy., pi. lxxxvi, que les habitants de Madagascar apprivoisent et dressent comme un chien pour la chasse (2).

Les LoRis , vulg. Singes paresseux. ( Stenops. llig. )

Ont les dents des malds , seulement des pointes plus aiguës aux mâchelières ; le museau court d'un doguin , le corps grêle, point de queue, de grands yeux rapprochés, la langue rude.

Us se nourrissent d'insectes, quelquefois de petits oiseaux ou de quadrupèdes, et sont d'une lenteur excessive à la marche; leur genre de vie est nocturne. M. Carlisle leur a trouvé , à la base des artères des membres , la même division en petits rameaux que dans les vrais paresseux.

On en connaît deux espèces , l'une et l'autre des Indes Orientales.

Le Loris paresseux ou le Paresseux du Bengale. { Lemur tardlgradus. L. ) Buff. Sup. VII, XXXVI.

Gris-fauve ; une raie brune le long du dos. Il lui manque quelquefois deux incisives en haut (5).

Le Loris grêle. { Lemur gracills. ) Buff. XIII , xxx, et mieux , Seb. I , xlvii.

Gris-fauve , sans raie dorsale , un peu plus petit que le précédent , à nez plus relevé par une saillie des intermaxillaires (4).

LcsGalago, Geoff. ( Otolicnus. IHig.)

Ont les dents et le régime insectivore des précédents; des tarses alongés, qui donnent à leurs pieds de derrière une dimension disproportionnée; une longue queue touffue ; de larges oreilles membraneuses; de grands yeux qui annoncent une vie nocturne.

On en connaît plusieurs espèces, toutes d'Afrique (5). Il paraît que l'on

(1) K].\emahinoir. (L. «îV/er,Edw. 218.) — Le maki à front tioir (L. ntgrtfrons, Geoffr.). • — Lcmakià tête noire (L. vtelanoccphalus), Fr. G. — Le mahi à fraise . — Le maki roiir^ Audeb., pi. 2, etc. Mais il n'est pas certain que plusieurs de ces espèces ne rentrent les unes dans les autres. Voyez Geoffr. , Ann. du Mus., XIX, p. 160 et p.

(2) LHndri à longue queue ou maki à bourre [Lemur laniger, Gin.); Sonnerat, 2e Yoy., pi. Lxxxvii , a besoin d'être revu.

(ô) Sa démarche lente , qui l'avait fait prendre pour un paresseux, a engagé quelques auteurs à soutenir , contre Buffon et contre la vérité , que le genre des paresseux existe aussi en Asie.

(4) Sur cette différence du nez , Geoffroy fait, de la première espèce, son genre nyc- TiCF.BUs ; delà seconde , son genre lokis.

(5) Le grand galago , de la taille d'un lapin (Galagn crassicatidaftis , Geoffr.). — Le moyen , de la lixiWe iVun rat {Galago sencgnlonsis ^ id.),Schreb. XXXVIII, Bb. Audeb. Gai. pi. I. — Le petit , encore un peu moindre, Brown, ill. 44. — Comparez aussi le ja/rr^o rie Dcruidoff, Fischer , Méra. des Nat. de BIoscou , I ; pi. i.

doit y rapporter aussi un animal de ce pays-là {Lemur-potto, Gm.), Bosman. Voy. en Giiin. p. 252, n° 4, auquel on attribue une lenteur comparable à celle des loris et des paresseux.

Les Tarsiers. (Tarsius.)

Ont les tarses alongés et tous lesautres'détails de la forme des précédents; mais l'intervalle entre leurs molaires et leurs incisives est rempli par plusieurs dents plus courtes : les incisives mitoyennes d'en haut s'alongent et ressemblent à des canines. Leur museau est très court, et leurs yeux encore plus grands qu'à tous les précédents. Ce sont aussi des animaux nocturnes , et qui vivent d'insectes. Us viennent des Moluques. ( Lemvr speclrum. Pall.)Buff'. XIII^ ix (1).

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