TROISIEME ORDRE DES MAMMIFERES
Ils forment une réunion considérable et variée de quadrupèdes onguiculés, qui possèdent, comme l'homme et les quadrumanes , les trois sortes de dents, mais qui n'ont pas de pouces opposables à leurs pieds de devant. Ils vivent tous de matières animales, et d'autant plus exclusivement, que leurs mâchelières sont plus tranchantes. Ceux qui les ont en tout ou en partie tuberculeuses, prennent aussi plus ou moins de substances végétales , et ceux qui les ont hérissées de pointes coniques se nourrissentprincipalement d'insectes. L'articulation de leur mâchoire inférieure, dirigée en travers, et serrée comme un gond, ne lui permet aucun mouvement horizontal : la bouche ne peut que se fermer et s'ouvrir.
Leur cerveau , encore assez sillonné , n'a point de troisième lobe , et ne recouvre point le cervelet, non plus que dans les familles suivantes; leur orbite n'est point séparé de leur fosse temporale dans le squelette ; leur cran aest rétréci et leurs arcades zygomatiques sont écartées et relevées pour donner plus de volume et plus de force aux muscles de leurs mâchoires. Le sens qui domine chez eux est celui de l'odorat, et leur membrane pituitaire est généralement étendue sur des lames osseuses très multipliées. L'avant-bras peut encore tourner dans presque tous, quoique avec moins de facilité que dans les quadrumanes,
(1) Comparez le Tarsius fuscomanus. Fischer, Anat. des Makis , pi. m. et le Tarsius lancanus. Horsfield, Jav.
N. B. Les voyageurs devront rechercher quelques annimaiix dessinés par Commerson , et que M. Geoffroy a fait graver , Ann. du mus. XIX , x, sous le nom de ckeirogaletts. Ces figures semblent annoncer un nouveau genre ou sous-genre de quadrumanes.
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et ils n'ont jamais aux pieds de devant, de pouces opposables aux autres doigts. Leurs intestins sont moins volumineux, à cause de la nature substantielle de leurs aliments, et pour éviter la putréfaclion que la chair éprouverait en séjournant trop lonplemps dans un canal prolongé.
Du reste, leurs formes et les détails de leur organisation varient beaucoup et entraînent des variétés analogues dans leurs habitudes, au point qu'il est impossible de ranger leurs genres sur une même ligne , et que l'on est obligé d'en former plusieurs familles, qui se lient diversement entre elles par des rapports multipliés.
Première Famille des Carnassiers.